samedi 26 janvier 2013

Entre ciel et terre de Jón Kalman Stefánsson


" Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d'autres des notes de violon. Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le coeur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires et que nous ne sommes peut-être ni vivants ni morts ". 
Parfois les mots font que l'on meurt de froid. Cela arrive à Bàrôur, pêcheur à la morue parti en mer sans sa vareuse. Trop occupé à retenir les vers du Paradis perdu du grand poète anglais Milton, il n'a pensé ni aux préparatifs de son équipage ni à se protéger du mauvais temps. Quand, de retour sur la terre ferme, ses camarades sortent du bateau son cadavre gelé, son meilleur ami, qui n'est pas parvenu à le sauver, entame un périlleux voyage à travers l'île pour rendre à son propriétaire, un vieux capitaine devenu aveugle, ce livre dans lequel Bàrôur s'était fatalement plongé, et pour savoir s'il a encore la force et l'envie de continuer à vivre. 
Par la grâce d'une narration où chaque mot est à sa place, nous accompagnons dans son voyage initiatique un jeune pêcheur islandais qui pleure son meilleur ami : sa douleur devient la nôtre, puis son espoir aussi. Entre ciel et terre, d'une force hypnotique, nous offre une de ces lectures trop rares dont on ne sort pas indemne. Une révélation... (Gallimard)

"Ceux qui habitent dans cette vallée ne voient que des fragments du ciel. Ils ont pour horizon les montagnes et les rêves.", et ceux qui n'habitent pas dans cette vallée partent pêcher la morue dans la mer glaciale, au péril de leur vie : "Les rames ploient presque sous l'effort, douze bras parfaitement entraînés, des muscles bandés qui, ajoutés les uns aux autres, déploient une sacrée puissance et voilà que, devant nous, le fjord s'ouvre sur la Mer Glaciale face à laquelle nous ne sommes rien, face à laquelle nous n'avons que notre foi en la miséricorde du Seigneur et peut-être aussi un soupçon de bon sens, de courage et de désir de vivre.".
De bon sens, Bàrôur va en manquer car hypnotisé par la poésie qu'il vient de lire il en a oublié sa vareuse, et c'est mort de froid qu'il reviendra de cette sortie en mer.
Son meilleur ami, armé de sa tristesse et du "Paradis perdu" de Milton va alors traverser l'île pour rendre ce livre à son propriétaire.

Je sors mitigée de cette lecture, avec l'impression d'être passée à côté de quelque chose mais sans non plus réussir à mettre la main sur quoi.
Je suis restée extérieure à cette histoire, j'ai eu beaucoup de mal avec les prénoms, ainsi qu'avec les différents personnages, les histoires s'emboîtant les unes dans les autres.
D'ailleurs les parties du livre sont inégales tout comme la longueur des chapitres, ceci ne m'a pas aidée à entrer dans l'histoire.
Je ne sais pas si c'était par manque d'attention ou si la période est peu propice mais je n'ai même pas eu trop envie de passer dix minutes à essayer de comprendre, c'est un style de narration qui n'est pas fait pour moi, tout du moins pas actuellement.
Pourtant, à certains moments j'ai cru pouvoir entrer dans la lecture, j'y suis même rentrée mais cela n'a duré que le temps d'un chapitre car au suivant je décrochais de nouveau en attendant la suite.
Parfois il y a de très beaux paysages, de très belles phrases emplies de vérité comme celles-ci : "L'enfer est un être défunt.", je ne peux pas non plus dire que je n'ai rien ressenti de la tristesse de ce garçon d'avoir perdu son meilleur ami, ni même de la forme de bêtise de cette mort, mais tout cela n'a pas suffi à me convaincre et à me faire adhérer à ce roman.
J'ai tout de même apprécié les passages concernant la pêche à la morue, ce sont des instants forts où j'ai réussi à voir toute la dureté et la dangerosité de ce métier, où j'ai eu froid et peur avec les personnages : "Ils rament et leurs coeurs pompent le sang, distillant en eux le doute sur le poisson et sur la vie, mais aucunement sur Dieu, non, car sinon, ils oseraient à peine monter sur cette coquille de noix, ce cercueil ouvert, posé à la surface de la mer, bleue en surface, mais noire comme le charbon en dessous.".
Ce livre contient une forme de poésie qui n'a pas su me conquérir ni me faire rêver aux grands espaces de l'Islande.

Une incursion plutôt rare de ma part dans la littérature islandaise avec "Entre ciel et terre" dont je ne ressors pas conquise, avec le sentiment d'être passée à côté de cette histoire et de cette lecture, peut-être parce que ce moment ne se prêtait pas à une telle lecture ou peut-être parce que cela ne me convient pas.
Je reconnais tout de même à ce roman de beaux passages forts et intenses en sentiment humain qui sans doute sauront plus toucher d'autres lecteurs.

Livre lu dans le cadre du Club des Lectrices

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