jeudi 18 juillet 2019

BlackKklansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan de Spike Lee

       
     

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l'histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions. (AlloCiné)


Pourquoi, mais pourquoi, ai-je autant tarder à parler de ce film que j’ai adoré ? Sans doute parce que je ne savais pas par quel bout le prendre, noter que je ne le sais pas plus aujourd’hui mais à un moment donné il faut bien se lancer. Spike Lee, j’aime, beaucoup, mais il se faisait rare à l’écran.
Evènement quand il est venu présenter son film à Cannes, déception qu’il reparte sans la Palme d’Or (juste le Prix du Jury) mais comme parfois cela arrive, il y a des Prix du Jury qui sont des Palmes, en tout cas pour les spectateurs.


Qui dit Spike Lee dit un engagement maximum, avec cette histoire détonante on se demanderait bien où il a été pécher une idée pareille : et bien d’un roman, celui de Ron Stallworth, premier officier Noir de la police à Colorado Springs et qui a infiltré le Ku Klux Klan.
Vous l’avez deviné, il s’agit tout bonnement d’une histoire vraie. C’est dingue, mais ça s’est réellement passé, et pour infiltrer cette si "joyeuse" organisation, Ron Stallworth (John David Washington) a commencé au téléphone, et comme le courant passait très bien avec le grand manitou des hommes vêtus de blanc, c’est Flip Zimmerman (Adam Driver), un collègue, qui se rendra aux réunions en chair et en os en se faisant passer pour Ron. Plutôt couillu, non ?


C’est du Spike Lee, c’est donc un mélange de pleins de genres, c’est drôle par moment, violent à d’autres, dangereux, crispant, bref tout un panel d’émotions.
Le film utilise à fond l’imagerie et la musique des années 70 mais est très moderne dans sa mise en scène. Le suspens monte, la tension aussi, j’ai adoré la mise en scène, et tout particulièrement les scènes d’ouverture et de clôture, issues d’une réalité malheureusement très proche et qui foutent la chair de poule et font froid dans le dos.
C’est incisif, violent, provocateur, engagé, militant, politique, bref c’est du Spike Lee de génie, d’autant plus si vous aviez oublié ce réalisateur.
Quant à son casting, c’est du cinq étoiles plus plus, avec du peu/pas connu et un Adam Driver génial.
Cet acteur ne cesse décidément de m’étonner et de m’épater de film en film, va-t-il finir un jour par être récompensé ?
C’est une évidence pour ma part.


Avec "BlackKklansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan" Spike Lee frappe un grand coup avec ce film qui suscite la réflexion, et comme il y a peu de chance qu’il passe encore en salle pourquoi ne pas investir dans un support numérique pour le voir ou le revoir ?

mardi 16 juillet 2019

Vice d'Adam McKay

       
     

Fin connaisseur des arcanes de la politique américaine, Dick Cheney a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l'homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd'hui. (AlloCiné)


Après un long passage à la comédie, Adam McKay a pris un virage à 180 degrés en se tournant vers un registre plus dramatique, jusqu’à ce biopic consacré à Dick Cheney, l’homme qui même s’il n’a jamais été élu a bel et bien été l’homme le plus puissant du pays.
Derrière tout grand homme il y a une grande femme, voilà un dicton qui se vérifie une fois de plus : si Lynne (Amy Adams) n’avait pas été derrière son mari (Christian Bale) il n’aurait certainement pas connu le même destin.
Il a su louvoyer dans les arcanes du pouvoir, s’allier aux bonnes personnes quand il le fallait : Donald Rumsfeld (Steve Carell), Gerald Ford, Georges W. Bush (Sam Rockwell), jusqu’à pousser ce dernier à le nommer vice-président, et à modifier les textes réglementaires pour lui accorder les pleins pouvoirs (si vous vous posez la question, sachez que cela est encore possible à l’heure actuelle aux Etats-Unis).
Nous devons, entre autres, à cette charmante personne : l’invasion de l’Irak, la mise en lumière d’un des chefs d’Al-Qaida, ce qui a contribué à poser les germes du futur Etat islamique.
Merci Monsieur Dick Cheney ! (et si je devais écrire le fond de ma pensée, je serai vulgaire)


La construction du film peut dérouter sur plusieurs aspects, le film commence par les attaques de 2001 et fait un bond dans le passé, puis se permet une conclusion et un générique en plein milieu si Dick Cheney avait pris une certaine solution, sauf que comme ce n’est pas le cas, le film reprend.
Personnellement, j’aime beaucoup, c’est original et ça amène une dose de fraîcheur à ce biopic.
Côté historique, pour nous Européens le film a le mérite de mettre en lumière une personne dont on a forcément entendu parler mais dont on était loin de savoir toute la vérité sur ses magouilles et ses trahisons, car des scrupules il n’en a point, y compris pour sa propre famille.
D’un point de vue personnel, cela m’a apporté un autre éclairage sur l’histoire des Etats-Unis depuis presque vingt ans désormais.
Du côté du casting, c’est un sans-faute, avec un Christian Bale bluffant dans sa transformation physique (dommage que l’Oscar lui ait échappé) mais aussi vocale, et un Sam Rockwell plus vrai que nature.
Voilà un film satirique et cruel à souhait, je trouve quelque peu regrettable que l’on en ait pas plus parlé que cela car il méritait d’être mieux connu.


"Vice" est un film à vomir, non pas parce qu’il est raté, bien au contraire, mais parce que c’est la réaction qu’engendre invariablement la personne au cœur de l’histoire. Sans doute l’un des films politiques fort de 2019.

dimanche 14 juillet 2019

Green Book : Sur les routes du sud de Peter Farrelly

       
     

En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité. (AlloCiné)


Tout le monde, ou presque, connaît et a au moins vu une des comédies potaches des frères Farrelly. Alors quand on annonce que Peter Farrelly revient derrière la caméra, c’est potentiellement une bonne nouvelle, mais qu’il adapte une histoire vraie et qu’il s’agira d’un film traitant de la ségrégation cela a de quoi surprendre.
Car il est quasiment improbable que Peter Farrelly revienne à la réalisation avec ce type de sujet, ni même qu’il ose.
C’est à cela, ai-je envie de dire, que l’on reconnaît les grands metteurs en scène, ceux qui osent, prennent des risques, et sortent de leur zone de confort.
Et bien, pour une première c’est un carton plein, une réussite sur toute la ligne et l’un des beaux films de 2019 (sorti en début d’année, c’est dire), qui a remporté quelques jolies statuettes aux Oscars.


Outre l’histoire particulièrement intéressante, c’est sans nul doute la performance des deux acteurs : Viggo Mortensen et Mahershala Ali, qui illumine tout le film.
Dire qu’ils sont très bons est un doux euphémisme, ils jouent dans deux registres différents et se complètent à la perfection (d’un côté, vu le niveau des acteurs, ce n’est pas non plus surprenant).
Cette histoire a su me toucher, dans un sens parce que l’on a beau être le meilleur dans son domaine si on a la mauvaise couleur de peau les portes se referment devant soi ; mais aussi parce qu’elle aborde la ségrégation et tout particulièrement ce fameux Green book si méconnu aujourd’hui et qui a bel et bien existé (et il n’y a pas si longtemps que ça).
 La probabilité que ces deux personnes s’entendent était faible, ils viennent de milieu différent et n’ont pas la même vision de la vie, ils n’empêchent que chacun va apprendre de l’autre et ressortir grandi de cette expérience.
C’est drôle, il y a Viggo, c’est émouvant, il y a Viggo, c’est bien mis en scène, et vous ai-je dit qu’il y avait Viggo ?
Apparemment, je n’étais pas la seule à vouloir voir Viggo, car la programmation de ce film a été timide au début, j’ai raté une séance qui était complète et ait dû attendre le lendemain.
Bilan des courses : une salle pleine et une nouvelle programmation du film quelques semaines après, un succès qui était peut-être attendu mais pas à ce niveau-là, l’année 2019 commençait vraiment bien au cinéma.


"Green Book : Sur les routes du sud" est un voyage dans une histoire pas si lointaine que cela servi par deux comédiens au sommet de leur art.

vendredi 12 juillet 2019

Le grand bain de Gilles Lellouche

       
     

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie... (AlloCiné)


Depuis le temps que j’entendais parler de ce film, première réalisation de Gilles Lellouche.
Je m’attendais à sourire, à du drame, à une histoire humaine, au final énorme déception, tout ça pour ça avec beaucoup de situations improbables.
Gilles Lellouche s’est fait plaisir pour sa première réalisation, il a invité ses copains à participer à son film, et justement, cela se ressent trop à l’écran.
Tiens, Guillaume Canet, comme par hasard, tiens dans un rôle plutôt détestable, comme par hasard … mon avis : il s’agissait d’un renvoi d’ascenseur suite au film "Les petit mouchoirs", ou alors le scénario a cruellement manqué d’imagination pour offrir un rôle différent, des personnages plus sensibles et qui surtout finissent par attendrir le spectateur (personnellement je suis restée de marbre).
L’histoire n’est pas crédible pour deux sous, et qu’est-ce que je n’aime pas quand on essaye de me vendre du rêve alors que ce n’est absolument pas possible dans la réalité.
Et puis il y a aussi les histoires qui n’ont été qu’effleurées, comme celle de Delphine, dommage cela aurait un peu changé de ces mecs qui essayent de laisser leurs problèmes au vestiaire pour créer une cohésion dans l’eau.
Heureusement, il y a Philippe Katherine, seule éclaircie dans ce film, enfin un rôle à la hauteur de son talent de comédien et qui a été justement récompensé.
C’est bien le seul qui a su m’émouvoir un tantinet dans cette histoire de groupe apprenant à nager (en synchronisé) en eau claire.


Plutôt que d’aller dans une salle obscure voir "Le grand bain", contentez-vous d’aller à la piscine ou à la mer, vous passerez un meilleur moment que devant ce film qui n’a pas réussi à me toucher.

mardi 9 juillet 2019

Nous finirons ensemble de Guillaume Canet

       
     

Préoccupé, Max est parti dans sa maison au bord de la mer pour se ressourcer. Sa bande de potes, qu’il n’a pas vue depuis plus de 3 ans débarque par surprise pour lui fêter son anniversaire ! La surprise est entière mais l’accueil l’est beaucoup moins... Max s’enfonce alors dans une comédie du bonheur qui sonne faux, et qui mettra le groupe dans des situations pour le moins inattendues. Les enfants ont grandi, d’autres sont nés, les parents n’ont plus les mêmes priorités... Les séparations, les accidents de la vie... Quand tous décident de ne plus mettre de petits mouchoirs sur les gros bobards, que reste-t-il de l’amitié ? (AlloCiné) 


Je ne vais pas mentir, au début je ne pensais vraiment pas aller voir ce film, et puis j’ai décidé de lui laisser sa chance. Comme beaucoup de monde, j’avais été voir "Les petits mouchoirs" à sa sortie, un des gros succès de Guillaume Canet en tant que réalisateur.
J’avais été frappée par la justesse d’analyse des rapports humains, cette bande de potes qui en fait ne se fait pas de cadeau et se balance des vacheries, ces gens déroutés par l’accident de leur copain mais qui n’ont pas non plus envie de renoncer à leurs vacances, des humains tout simplement.
Contrairement à beaucoup de monde, je ne m’attendais pas à une vision Bisounours de l’amitié, voilà sans doute pourquoi je n’avais pas été déroutée par le film.


Dans cette suite, plusieurs années se sont passées, la bande de copains a pris de la distance, certains ont divorcé, d’autres ont eu des enfants, beaucoup ont été désabusés par la vie à en devenir cynique et aucun n’a pu se remettre de la mort de leur pote.
Pourtant, ils décident de faire une surprise à Max, de renouer avec lui, et contrairement à dix ans en arrière ils ne mettent plus de petits mouchoirs sur les bobards mais balancent les vérités.
Certains diront que Guillaume Canet a une vision quelque peu cynique de l’amitié et de la vie en général, je crois surtout que par son vécu il analyse plutôt finement les situations et montre ce que tout le monde n’a pas forcément envie de voir.
Il y a quelques longueurs dans son film, mais dans le fond il a su faire évoluer ses personnages, ou non à l’image de celui de Laurent Lafitte encore plus loser que précédemment, à l’image de l’évolution de chacun face à la vie, aux bonheurs et aux accidents qui la jalonnent (le personnage de Marie est sans doute l’un des plus touchants car aux antipodes du précédent film, et tout à la fois son évolution se comprend, au passage Guillaume Canet offre une nouvelle fois un très beau rôle à Marion Cotillard).
J’ai aimé que les personnages changent, évoluent, mûrissent, le fond est toujours aussi dense, les acteurs aussi excellents dans leur personnage. Guillaume Canet a bien fait de revenir à cette histoire de bande de potes, ce fut une surprise plutôt agréable en sortant de la salle de cinéma.


"Nous finirons ensemble" est sans doute plus amer et plus noir que "Les petits mouchoirs" mais dresse une nouvelle fois un portrait fort réaliste de la vie, des relations humaines, si le propos reste dur il se nuance toutefois d’un peu de tendresse, de quoi illuminer quelque peu un chemin qui s’annonçait bien sombre.

dimanche 7 juillet 2019

La mule de Clint Eastwood

       
     

À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d'être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s'est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain. Extrêmement performant, il transporte des cargaisons de plus en plus importantes. Ce qui pousse les chefs du cartel, toujours méfiants, à lui imposer un "supérieur" chargé de le surveiller. Mais ils ne sont pas les seuls à s'intéresser à lui : l'agent de la DEA Colin Bates est plus qu'intrigué par cette nouvelle "mule". 
Entre la police, les hommes de main du cartel et les fantômes du passé menaçant de le rattraper, Earl est désormais lancé dans une vertigineuse course contre la montre. (AlloCiné)


Clint Eastwood avait dit qu’il ne ferait plus l’acteur, raté (oups) car il a décidé de se mettre en scène dans son dernier film.
Clint Eastwood ne s’est pas trop fait de nœuds au cerveau pour ses derniers films, il s’est inspiré d’histoires réelles (l’attaque du Thallys etc.), il en va de même pour l’histoire d’Earl Stone, octogénaire fauché qui va faire la mule.
Et si un jour il se décidait enfin à prendre à des risques en tant que réalisateur ?
Bon, à mon avis ça ne se fera jamais et dommage, car il a tendance à faire dans le facile à mettre en scène, rapide à réaliser pour passer tout de suite au suivant (Clint, il n’y a pas que la quantité, la qualité aussi c’est très important).
Entre nous, cela fait doucement sourire, et pas étonnant que cette histoire ait fini en film, les Américains sont friands de ce type d’anecdotes et c’est du pain béni à mettre en scène.
Mais voilà, comme à son habitude ces dernières années, Clint Eastwood tartine, et il en met des pelletées de sa vision des Etats-Unis, et il utilise encore une fois son film comme de la pseudo propagande.
Et qu’est-ce que ça m’enquiquine, qu’est-ce que je regrette le réalisateur des dernières dizaines d’années qui ne mettaient pas autant en avant ses convictions politiques dans ses films.
Résultat : son film manque cruellement de cœur, de sentiment, c’est bien filmé, c’est bien interprété, mais ça manque d’humanité, d’un petit plus qui aurait pu en faire un grand film.
C’est impeccable à l’écran mais j’ai eu le désagréable sentiment qu’il manquait quelque chose pour me transporter dans le film.
En d’autres termes, si Clint Eastwood continue sur cette lignée je me passerai bien volontiers de ses prochains films pour aller me replonger dans sa filmographie qui contient de belles pépites.


"La mule" est un film impeccable mais manquant d’un fond d’humanité pour toucher le spectateur, si visuellement c’est réussi sentimentalement il y a des lacunes.

vendredi 5 juillet 2019

Parasite de Bong Joon Ho

       
     

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne... (AlloCiné) 


Le premier film qui me vient en tête c’est "Affreux, sales et méchants" d’Ettore Scola, pour cette famille qui vit de larçins, de tromperies, qui se dispute parfois et se crêpe le chignon.
Mais la comparaison s’arrête là, car "Parasite" c’est autre chose, c’est un film qui va beaucoup plus loin.
C’est un film qui traite de la lutte des classes, sincèrement je ne m’attendais absolument pas à cela, et qui le fait de façon moderne, en portant un regard juste et acéré sur une société qui va à vau-l’eau, le tout sous forme d’un film de maison.
Le jeu était risqué mais il en valait la chandelle, Bong Joon Ho passe avec style et réussite d’un genre à l’autre et surprend à chaque fois le spectateur (je n’ai toujours pas oublié le sublime "Okja" ou encore l’adaptation "Snowpiercer").
"Parasite" est un film imprévisible, qui surprend le spectateur prêt à l’être et qui a su se débarrasser de toutes ses idées préconçues en entrant dans la salle.
Des rebondissements, il y en a assurément, le film commence par suivre un chemin, puis un autre, et une nouvelle voie l’emmène encore ailleurs.
C’est surprenant, truffé d’inattendu, déroutant, en un mot : brillant.
Et un visionnage n’est pas suffisant pour en saisir toutes les nuances.
Je ne savais pas à quoi m’attendre en allant le voir, j’ai été retournée par ce film irrévérencieux et si bien maîtrisé, qui mélange tellement de styles qu’il est impossible de le classer.
Ou alors dans la catégorie chef d’œuvre.


"Parasite" est un excellent film et une Palme d’or méritée, mais surtout, aller le voir sans aucune idée, sans avoir rien lu à son sujet, l’expérience n’en sera que plus forte.

jeudi 7 mars 2019

Dark Matter de Blake Crouch


Un soir, en rentrant chez lui, Jason Dessen, professeur de physique, est agressé et kidnappé par un inconnu masqué. Quand il reprend connaissance, tout a changé : Daniela n’est plus sa femme, leur fils Charlie n’est jamais né, et Jason lui-même est un physicien de premier plan à l’aube d’une découverte fondamentale. Que lui est-il arrivé? Qui lui a volé sa vie, et pourquoi? Les réponses à ces questions entraîneront Jason sur les multiples chemins d’un voyage extraordinaire, au cours duquel il devra se confronter à son plus dangereux ennemi : lui-même. (J'ai Lu)

Le voyage dans le temps et la réécriture de sa propre histoire n'ont pas fini de faire parler d'eux, ni de faire couler l'encre.
On pourrait s'attendre à une énième version de ce type d'histoire, l'auteur a su être assez malin pour ne pas tomber dans le piège de la facilité et proposer une variation assez intéressante sur ce thème.
Le début est un peu poussif dans le sens où j'avais vite pigé les ficelles de l'intrigue et où la première réponse est longue, très longue, tandis que d'autres sont courtes alors que je serai bien restée un peu plus dans cet univers.
L'idée de départ est bonne mais Blake Crouch ne brille pas un style flamboyant, il faut bien le reconnaître.
C'est plat, le personnage manque de relief, de charisme, mon niveau d'empathie avec lui est resté proche de zéro.
L'auteur ne va pas non plus au bout de ses idées, il n'expose pas de réelles théories, si vous vous attendez à des révélations et à des explications, passez votre chemin.
Et la fin est d'un prévisible ... personnellement je l'avais vu venir tel un éléphant dans un corridor de métro.
Bref, tout cela est fort regrettable car la variation de départ était bien, mais le résultat lui ne l'est pas.
Et pourtant, on arrive à s'accrocher à la lecture car quelques idées sont bonnes et on finit par se piquer au jeu à vouloir connaître le fin mot de l'histoire.
Heureusement, car sinon j'aurai arrêter la lecture en cours de route et qu'importe ce qui arrivait au personnage.
Il y a clairement matière à en faire une adaptation cinématographique, mais en revoyant le scénario car sinon c'est un nanar assuré.
Et encore, le thème a déjà été abordé au cinéma ("Looper" par exemple), finalement oubliez l'adaptation et je m'en irai sans doute découvrir les romans "Wayward Pines" de cet auteur dont j'en ai entendu parler en grand bien.

"Dark Matter" appartient à la science-fiction médiocre alors que ce roman aurait pu être tellement meilleur et mieux explorer certaines pistes ainsi que développer des idées bonnes au départ mais trop vite laissées de côté.