mardi 1 août 2017

Ava de Léa Mysius

     
     

Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l'océan quand elle apprend qu'elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite. (AlloCiné)


Ava (Noée Abita) a 13 ans, elle est en vacances avec sa mère Maud (Laure Calamy) lorsqu’à l’occasion d’une visite chez l’ophtalmologue elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu, que ce n’est qu’une question de semaines.
Ava et sa mère affrontent chacune le problème à leur manière, pour la mère c’est faire comme si de rien n’était tandis que pour Ava c’est s’entraîner à se diriger les yeux bandés.
Et puis Ava croise sur la plage un grand chien noir qui appartient à Juan (Juan Cano), un gitan en marge de sa communauté, et qu’elle finit par voler.


Léa Mysius est à l’origine scénariste, elle signe sa première réalisation avec "Ava", et sans doute l’un des films les plus attachants de cet été.
Pour un premier film, il n’y a finalement pas grand-chose à dire, la mise en scène est bien construite, la réalisatrice joue entre la cécité à venir d’Ava pour laquelle elle se prépare et un monde encore visible à ses yeux sous un chaud soleil d’été.
La façon de traiter cette cécité progressive est bien amenée, avec une Ava dessinant chaque jour un cercle noir, le périmètre de sa vision, qui ne cesse de se réduire de jour en jour.
Il y a Ava et sa mère évanescente, passant d’un flirt à l’autre et pleurant à l’idée que sa fille va prochainement perdre la vue (et sans doute moins pouvoir garder le bébé tandis qu’elle part flirter à droite et à gauche).
Puis, il y a Ava et le grand chien noir, qu’elle n’hésitera pas à voler, pour avoir enfin de la compagnie avec elle et une véritable présence.
Enfin, il y a Ava et Juan, ce jeune gitan en marge de sa famille et en fuite.
Une étrange relation va se nouer entre ces deux-là, et offrir les plus beaux moments et les plus belles images de ce film.
Car d’un sujet sérieux, le film prend une tournure quelque peu différente et part dans une direction quasi fantastique avec Ava et Juan, entraînant le spectateur dans leur folie.
Après cette apothéose, le film reprend un autre chemin, et sans doute que cette fin un peu trop ouverte est la seule faiblesse que j’aurai à lui reprocher.
Pour le reste, le casting est excellent, Noée Abita signe une première prestation remarquée, quant à Laure Calamy j’ai mis un moment à remettre où j’avais déjà vu cette actrice : dans la série "Dix pour cent" évidemment !
Pour camper les gitans, la réalisatrice a fait appel à de véritables gitans et non des acteurs, résultat les personnages et les situations collent parfaitement à la situation et ancrent encore plus le film dans la réalité.
Et puis le film est bercé par cette chanson hypnotique d'Amadou et Mariam.


"Ava" est une première réalisation juste et touchante sur une période charnière où le personnage bascule de l’enfance à l’adolescence, avec les premiers émois amoureux et la découverte de son corps, mais est aussi sur le point de perdre la vue. Léa Mysius est en tout cas une réalisatrice à ne pas perdre de vue.


     
     

     
     

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