dimanche 22 septembre 2019

Ad astra de James Gray


L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers. (AlloCiné)


J'avais particulièrement apprécié le dernier film de James Gray, "The Lost city of Z", un virage dans la cinématographie de ce réalisateur, qui en prend ici un nouveau et offre, une nouvelle fois, un sublime moment de cinéma.
Après l'histoire vraie d'un explorateur en Amazonie, James Gray signe son premier film de science-fiction.
La science-fiction est ici abordée, comme c'était le cas dans son précédent film, comme un territoire métaphorique, privilégiant le poétisme au réalisme.
Voilà une science-fiction comme je l'aime, aucunement dans le spectaculaire mais tout dans l'imaginaire et l'introspection.
D'autant que la conclusion finale va à l'encontre de la SF habituelle.
Le but du voyage n'est pas tant de retrouver son père et mettre fin à un programme d'exploration spatiale qui aujourd'hui menace la Terre, mais un lent voyage psychanalytique pour Roy McBride (Brad Pitt), un moment de solitude extrême lui permettant de faire le point sur sa vie, lui-même, ses relations aux autres.
Plus il s'éloigne de la Terre, plus il prend conscience de ce qu'il laisse derrière lui, de ce qu'il a arrêté, de ce qu'il aurait dû mieux faire.
Il a recherché la solitude, aujourd'hui qu'il la vit elle l'affecte comme il n'aurait jamais pu l'imaginer.
A l'image des derniers astronautes filmés au cinéma ces dernières années (notamment dans "First Man"), le personnage de Roy McBride promène son chagrin et ses regrets, son spleen, il a certes la tête dans les étoiles mais des idées sombres.


Pourtant, les premières notes de la bande originale ont réveillé en moi l'ouverture de "Blade Runner", finalement la bande son s'éloigne assez vite de son aîné pour écrire sa propre partition et accompagner les images en apesanteur et ce voyage à la fois cosmique et intérieur.
J'ai aimé que les personnages secondaires ne fassent que peu d'apparitions, souvent uniquement par le biais d'images interposées, et que le personnage principal occupe tout l'écran, partage ses sentiments avec la compagnie spatiale mais aussi le spectateur.
Plus il s'éloigne de la Terre plus il sonde son âme intérieure, et même si la quête est lente elle est aussi ponctuée de frissons, à l'image de cette course-poursuite sur la Lune haletante et superbe, ou encore de cette course pour rejoindre la navette en partance pour Mars.
En moins d'un mois Brad Pitt se retrouve deux fois à l'écran, deux fois dans des rôles forts qu'il éclabousse de son talent, et cela faisait bien longtemps qu'on ne l'avait point vu sur les écrans.
Si Brad Pitt signe une retour en force, j'ai également beaucoup apprécié les seconds rôles, notamment Ruth Negga ou Tommy Lee Jones (qui fait d'ailleurs un clin d’œil au film "Space Cowboys" en apparaissant dans la même combinaison orange), ou encore Liv Tyler qui rôde sans cesse dans les pensées de Roy.
Et comme nous sommes chez James Gray, les relations familiales sont aussi au cœur de l'intrigue, avec une relation père-fils plus que déséquilibrée et s'illustrant par un manque flagrant d'amour d'un côté.
Non mais c'est vrai ça, j'ai encore une fois failli oublier que je regardais un film de James Gray, réalisateur qui arrive à maintenir de film en film une grande maîtrise et qualité dans la réalisation ainsi que le fil conducteur de ses différents histoires.


Les images de Neptune resteront longtemps gravées dans mon esprit, tout comme ce film absolument sublime, triste, flamboyant, un véritable coup de cœur et sans doute le plus beau film de James Gray à ce jour.

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