mardi 28 juin 2016

Top Ten Tuesday #159


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani, puis désormais par Froggy.

Les 10 romans à mettre dans sa valise cet été

1) "Simple" de Marie-Aude Murail
2) "Par un matin d'automne" de Robert Goddard
3) "Je vous écris d'Italie" de Michel Deon
4) "L'amie prodigieuse" d'Elena Ferrante
5) "Retour à Little Wing" de Nickolas Butler
6) "Annihilation" de Jeff Vandermeer
7) "Magnus" de Sylvie Germain
8) "L'île sous la mer" d'Isabel Allende
9) "Quoi qu'il arrive" de Laura Barnett
10) "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" de Harper Lee

dimanche 26 juin 2016

Challenge d'été 2016 - Destination PAL par Lili Galipette

Ce Challenge est désormais devenu un classique, orchestré de main de maître par la formidable Lili Galipette, elle est heureuse de nous accueillir à bord d'Air Galipette pour une nouvelle destination estivale vers notre PAL (Pile A Lire).

Cette année le Challenge commence le 1er juin (a commencé donc)  et s'achève le 15 septembre, encore plus de temps pour faire chuter drastiquement notre PAL.

Cette année j'ai choisi de participer avec une PAL d'été, sélectionnée à la fois dans mes livres "papier" et dans mes lectures numériques.
Je vais partir sur une PAL importante histoire de me laisser un peu de marge dans mes sélections, il est aussi possible que je décide de lire un livre non inscrit ci-dessous et faisant pourtant partie de ma PAL (et pour tout dire au moment où j'ai rédigé cette PAL je n'y ai pas encore intégré des livres se trouvant chez mes parents).

Ma PAL papier

Quoi qu'il arrive de Laura Barnett
Chambre 2 de Julie Bonnie
Cher pays de notre enfance d'Etienne Davodeau et Benoît Collombat
Je vous écris d'Italie de Michel Déon
Par un matin d'automne de Robert Goddard
Black messie de Simonetta Greggio
Jours d'orage de Kathrine Kressman Taylor
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee
L'héritage d'Esther de Sándor Márai
Simple de Marie-Aude Murail
Stupeur et tremblements d'Amélie Nothomb
Infidélités de Vita Sackville-West
Shosha d'Isaac Bashevis Singer
Une vie entre deux océans de M. L. Stedman
Ronde de nuit de Sarah Waters

Ma PAL numérique

Orgueil et préjugés de Jane Austen
Otages intimes de Jeanne Benameur
HHhH de Laurent Binet
Le diner de Babette de Karen Blixen
Retour à Little Wing de Nickolas Butler
Le facteur sonne toujours deux fois de James M. Cain
La ballade de Lila K de Blandine le Callet
L'amie prodigieuse d'Elena Ferrante
Le nouveau nom d'Elena Ferrante
Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé
A la table des hommes de Sylvie Germain
Magnus de Sylvie Germain
Kinderzimmer de Valentine Goby
Péchés capitaux de Jim Harrison
Un sac de billes de Joseph Joffo
Au revoir là-haut de Pierre Lemaître
Journal d'un vampire en pyjama de Mathias Malzieu
Yeruldegger de Ian Manook
La terre qui penche de Carole Martinez
Prendre Lily de Marie Neuser
Le diable au corps de Raymond Radiguet
La mare au diable de George Sand
La case de l'oncle Tom de Harriet Beecher-Stowe
Annihilation de Jeff Vandermeer
D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan

Ma PAL étant à jour, il ne me reste plus qu'à embarquer, décoller, et vous souhaiter un bon vol !

jeudi 23 juin 2016

Être sans destin d'Imre Kertész


De son arrestation, à Budapest, à la libération du camp, un adolescent a vécu le cauchemar d’un temps arrêté et répétitif, victime tant de l’horreur concentrationnaire que de l’instinct de survie qui lui fit composer avec l’inacceptable. Parole inaudible avant que ce livre ne la vienne proférer dans toute sa force et ne pose la question de savoir ce qu’il advient, quand l’homme est privé de tout destin, de son humanité. (Actes Sud)

J'ai longtemps repoussé ma lecture de l'oeuvre d'Imre Kertész parce que je me disais que j'avais encore le temps, que l'auteur était encore en vie, que ça pouvait bien attendre une prochaine lecture.
Et puis Imre Kertész est mort.
Je me suis alors rappelée que personne n'est éternel, que désormais j'allais découvrir ses récits sur la Shoah alors que lui n'était plus de ce monde, j'avais perdu l'opportunité de le faire de son vivant.
Et puis je suis allée à Auschwitz-Birkenau.
Et avant d'y aller, et parce que j'y allais et que l'année dernière j'étais en Hongrie, je me suis enfin décidée à ouvrir l'un de ses récits.
J'ai donc commencé avec "Être sans destin", sans doute son roman le plus connu, parce qu'il est autobiographique.

"Être sans destin" ne ressemble à aucun livre que j'ai lu jusqu'à présent sur la Shoah, en fait aucun ne se ressemble parce qu'ils ont chacun le style propre à leur auteur, parce qu'Imre Kertész utilise un style narratif qui éloigne le lecteur et ne lui permet à aucun moment de se rapprocher du narrateur.
Et c'est là la plus grande force de ce récit, car en utilisant un tel style distancié Imre Kertész donne toute la dimension de cruauté à son récit, une cruauté mêlée d'une forme d'humour absurde frôlant parfois le cynisme.
Oui, je suis restée totalement étrangère à ce récit, oui c'est un texte qui mérite sans nul doute d'être relu plusieurs fois pour en saisir toutes les nuances, et pourtant j'ai réussi à approcher ce que me racontait le narrateur, justement parce qu'il me tenait éloignée.
Le narrateur est un jeune garçon de quinze ans vivant en Hongrie, à Budapest, avec son père et sa belle-mère, ses parents étant divorcés.
De la guerre il n'en connaît pas grand chose, jusqu'à ce que son père parte en internement dans un camp.
Lui est insouciant, il partage une bonne camaraderie avec ses compagnons de travail, et puis un beau matin un piège est tendu, il est arrêté avec d'autres, mais là encore lui et les autres jeunes garçons ne prennent pas trop cela au sérieux, ils en rient entre eux, ne comprenant pas pourquoi on en voudrait autant aux Juifs, et puis c'est l'entassement dans des wagons à bestiaux en direction d'Auschwitz-Birkenau.
Le narrateur ne restera que quelques jours à Auschwitz, il n'aura qu'un aperçu limité du camp et pourtant il saura tout ce qui s'y passe : "Et pourtant - au milieu de tous ces hommes et aussi à cause la lumière éblouissante - je ne pouvais pas m'en faire une idée vraiment précise : je pouvais tout juste distinguer au loin des bâtiments tapis sur le sol, ça et là quelques constructions en forme de poste d'affût, des encoignures, des tours, des cheminées.".
Au début, le narrateur donne raison aux Allemands, il voit tout positivement, et puis il finit par apprendre ce qu'est en réalité ce lieu.
D'Auschwitz ça n'est pas la fumée incessante jour et nuit des crématoires qu'il retiendra, mais l'ennui : "Cet ennui, avec cette étrange attente : je crois que c'est cette impression-là, à peu près, oui, qui en réalité caractérise vraiment Auschwitz - à mes yeux, en tout cas.".
Puis c'est le départ pour Buchenwald où petit à petit le narrateur finit par se transformer en "musulman", il raconte son agonie, la mort qu'il croit certaine, mais finalement il est soigné et sauvé, et revient à Budapest.
De ces années, le narrateur en restera profondément marqué : "Je l'avais déjà entendu dire, et je pouvais désormais en témoigner : en vérité, les murs étroits des prisons ne peuvent pas tracer de limite aux ailes de notre imagination.", il a pleine conscience de ce qu'il a vécu : "Ce n'est que maintenant que tout semble fini, défini, irrévocable, définitif, tellement rapide et si terriblement flou, comme si c'était "arrivé" : maintenant, après coup seulement, quand on regarde en arrière, à rebours. Et puis aussi, bien sûr, quand on connaît d'avance le destin.".
Alors quand des Juifs survivants qui n'ont rien connu de tout cela lui disent qu'il doit oublier et continuer à vivre, voici ce qu'il leur répond : "Moi aussi, j'ai vécu un destin donné. Ce n'était pas mon destin, mais c'est moi qui l'ai vécu jusqu'au bout, et j'étais incapable de comprendre que cela ne leur rentre pas dans la tête : que désormais je devais en faire quelque chose, qu'il fallait l'adapter à quelque chose, maintenant, je pouvais ne pas m’accommoder de l'idée que ce n'était qu'une erreur, un accident, une espèce de dérapage, ou que peut-être rien ne s'était passé.", et c'est là toute la raison d'être de ce livre, et de l'oeuvre d'Imre Kertész.
A travers ce ton détaché et ce côté parfois cynique, Imre Kertész raconte la disparition des Juifs de Hongrie, mais aussi de l'impact que cette période de sa vie a eu sur lui, sur ce qu'il est devenu et ce qu'il a fait de sa vie.
En lisant cette oeuvre, j'ai beaucoup pensé à l'oeuvre de Charlotte Delbo, plus particulièrement à son livre "Une connaissance inutile", très personnel dans l'écriture, mais également à "Mesure de nos jours" dans lequel elle parlait des personnes revenues des camps, de leur réadaptation, mais aussi de l'attitude des personnes qui les voyaient revenir et qui n'avaient rien connu de tel.
Il faut attendre le dernier chapitre pour que "Être sans destin" prenne tout son sens, mais quel sens.

Derrière le ton détaché et ce roman proche de l'absurde, Imre Kertész livre un témoignage fort sur la Shoah et ses répercussions sur l'être humain, un roman qui mérite d'être lu au moins une fois et relu plusieurs tant il est évocateur et riche de détails qui en font toute sa beauté et le rendent indispensable.

mercredi 22 juin 2016

X-Men : Apocalypse de Bryan Singer

     
     

Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d'années et désillusionné par le monde qu'il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l'humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l'humanité d'une destruction totale. (AlloCiné)


Depuis "X-Men : Days of Future Past" c'est Bryan Singer qui a repris la direction des "X-Men" (au sens cinématographique du terme, sinon c'est toujours Charles Xavier à la tête de l'Institut), lui qui avait déjà officié dans la première trilogie.
Attendez, j'entends des voix qui s'élèvent : comment cela se fait-il que je me mette à parler tranquillement, ni vu ni connu de "X-Men" ?
Et bien parce dans le milieu des super-héros j'aime beaucoup ces personnages, leur genèse et la mythologie dont ils sont issus.
Vous ne l'aviez pas vu venir celle-là ?
Il faut dire que jusque-là je suis restée plutôt discrète sur le sujet, mais j'ai beaucoup aimé la franchise créée par Bryan Singer et ce dès le premier volet de "X-Men", même si le trois est moins bon.
Lorsque j'ai entendu parler d'un reboot j'ai fait la grimace, et puis j'ai regardé "X-Men : First Class" et comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, je suis revenue sur ma position car j'ai trouvé l'idée non seulement très bonne mais bien exploitée.
Je dois avouer que c'est grâce à ce film, et à "X-Men : Days of Future Past" vu juste avant (je vous en aprlerai), que j'ai commencé à voir le personnage de Raven/Mystique sous un jour différent, auparavant je ne l'appréciais pas mais désormais je la cite parmi mes X-Men favoris (oui bon, on ne va chipoter sur X-Men, Brotherhood etc.).
Et bien évidemment (et promis, après ça j'arrête de digresser sur le sujet pour en revenir à mes moutons), je m'attache toujours aux couples improbables, donc précédemment j'étais (je suis toujours) à fond pour Logan/Malicia, et là je suis complètement (et désespérément) à fond pour Raven/Charles, autant vous dire que rien de ce que je souhaite n'arrive, ces films me frustrent, mais à un point ... .


Plusieurs années se sont passées depuis les événements de "Days of Future Past" dans lequel je vous rappelle que Raven en changeant de décision contribuait à éviter une guerre contre les mutants plusieurs dizaines d'années après.
Charles Xavier (James McAvoy) a ré-ouvert l'institut avec son fidèle ami Hank McCoy (Nicholas Hoult) et y accueille de jeunes enfants avec des dons exceptionnels, dont la jeune Jean Grey (Sophie Turner) et le nouveau venu : Scott Summers (Tye Sheridan).
Erik (Michael Fassbender) est parti refaire sa vie dans un pays du bloc de l'Est, quant à Raven (Jennifer Lawrence) elle sauve désormais les mutants exploités pour leurs dons et est une véritable héroine dans le milieu.
Mais voilà que resurgit l'un des plus anciens, pour ne pas dire le premier, mutant de l'histoire de l'humanité (et sans doute le plus puissant) : Apocalypse, enfin le nom sous lequel il est vénéré est En Sabah Nur; et autant vous dire qu'après des siècles de sommeil il n'aime pas du tout, mais alors pas du tout ce qu'il voit.
Il décide donc de reforger le monde tel qu'il lui convient pour lui et les mutants (enfin, les plus puissants) et c'est là qu'entre en jeu le professeur Xavier et son équipe.


Ce film est assurément à grand spectacle, dès les premières images le ton est donné et cela ne s'arrêtera pas tout au long du film.
Certes, quasiment toutes les scènes ont été tournées sur fond vert, mais le résultat à l'image est impressionnant.
C'est sans doute l'un des films les plus destructeurs de la série, il y a énormément de violence et de destruction.
Il y a beaucoup de personnages qui interagissent et cela est la légère faiblesse du film car l'histoire peine un peu à se mettre en ordre de bataille.
Pendant au moins une grosse demi-heure le spectateur alterne entre tous les personnages qui sont tous à des endroits différents jusqu'à ce qu'ils convergent vers le même endroit : le manoir de Charles Xavier pour les "bons" mutants qui souhaitent sauver le monde, le Caire pour ceux qui rejoignent Apocalypse.
Notez que je ne qualifie pas ces derniers de "mauvais" car ils sont aveuglés par Apocalypse qui leur a promis - et offert - des pouvoirs d'une puissance incroyable, certains à l'image d'Ororo (Alexandra Shipp) finiront par s'en rendre compte.
Une fois que l'histoire est mise en place, le film commence enfin réellement et enchaîne les scènes d'action jusqu'à l'ultime bataille particulièrement jouissive à voir à l'écran.
Avant de vous dire à quel point j'ai trouvé ce film bien fait et divertissant, je vais vous dire ce que je lui reproche.
Tout d'abord Bryan Singer n'innove pas pour le personnage d'Erik, on rappelle encore une fois au spectateur d'où il vient et la naissance de son pouvoir (i.e. pour ceux qui ne savent pas il a été déporté plus jeune et c'est dans le camp d'Auschwitz que ses pouvoirs se sont manifestés), ce personnage aurait pu mieux être exploité ici ce n'est pas le cas car seulement une facette l'est, lorsqu'il bascule dans le côté obscur après un drame.
Là où j'ai failli hurler c'est devant la représentation du camp d'Auschwitz tel qu'il est censé être aujourd'hui, c'est une hérésie car ça n'est absolument pas ça et j'ai horreur que l'on déforme la réalité, franchement Bryan Singer aurait pu être plus vigilant ou alors situer l'action ailleurs, c'est une grossière erreur pour moi.
L'autre point négatif c'est d'avoir fait revenir le personnage de Moira MacTaggert (Rose Byrne), c'est bien simple : elle ne sert à rien, elle n'apporte rien à l'histoire, elle assiste stoïque aux scènes de combat, bref c'est la plante verte de service et ce personnage est pour moi totalement inutile.
Outre ces aspects, j'ai trouvé le film particulièrement bien réalisé, les scènes d'action sont au millimètre et on ne s'ennuie pas.
Les personnages sont toujours assez fouillés et c'est un plaisir de les voir évoluer (même si cela ne va pas forcément dans le sens que je souhaiterai), le personnage de Raven est ici présentée comme une héroïne dans le milieu des mutants, elle est féminine et forte, c'est un modèle et j'aime assez que ce personnage ait évolué ainsi.
Bon, entre nous je trouve aussi qu'en ayant fait évoluer certains personnages Bryan Singer saborde un peu sa précédente trilogie où ils apparaissaient différents, il y a un peu de quoi devenir dingue mais pourquoi pas, et disons que le futur a évolué suite à "Days of Future Past".
J'ai apprécié de retrouver certains personnages comme Vif-Argent (Evan Peters) ainsi que les nouveaux, c'est assez amusant de voir les personnages de Jean, Ororo et Scott jeunes.
Maintenant, je trouve que l'arc narratif depuis les deux précédents films entre certains personnages aurait pu être encore plus approfondi, mais le film fait déjà prêt de 2h30, espérons qu'il existe une version allongée avec des scènes coupées au montage.
Apocalypse est véritablement un méchant comme on aime à les détester au cinéma, et si vous avez l'occasion je vous invite à voir le film en version originale car outre son costume très imposant la voix a aussi été travaillée grâce à l'enregistrement de trois micros placés à différents endroits du visage de l'acteur, le résultat visuel et sonore est impeccable.


"X-Men : Apocalypse" est un film d'action qui dépote, un très bon divertissement que j'ai apprécié dans son ensemble et qui plaira aussi bien aux fans inconditionnels des X-Men qu'aux personnes comme moi qui s'y intéressent plus ou moins (notez que j'ai très envie de lire les comics également).


     
     

     
     

mardi 21 juin 2016

Top Ten Tuesday #158


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani, puis désormais par Froggy.

Les 10 livres où il y a des scènes de sexe régulièrement

Alors là ... je n'ai pas souvenir d'avoir lu tant de livres avec des scènes de sexe régulières.

1) "Le démon des morts" de Graham Masterton (dans mon souvenir car je l'ai lu il y a longtemps)
2) "La bicyclette bleue" et ses suites de Régine Deforges
3) "Azteca" de Gary Jennings
4) "Péchés capitaux" de Jim Harrison (soft dans les descriptions mais pas dans les personnes avec qui il pratique ces actes)

lundi 20 juin 2016

Folles de joie (La pazza Gioia) de Paolo Virzi

     
     

Beatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif. Donatella est une jeune femme tatouée, fragile et introvertie. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient d'amitié. Une après-midi, elles décident de s'enfuir bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu'est le monde des gens « sains». (AlloCiné)


Il y a des films, il suffit de voir la bande-annonce pour savoir qu'ils font très certainement nous plaire et nous faire passer un bon moment.
Ce fut tout à fait le cas avec "Folles" de joie" dont la bande-annonce m'a tout de suite fait penser aux grandes comédies Italiennes, pourtant le sujet traité était loin d'être joyeux.
Beatrice (Valeria Bruni-Tedeschi) est une mythomane internée à la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour des femmes souffrant de troubles mentaux (c'est le système médical Italien qui est ainsi).
Elle est issue d'une riche famille, elle a beaucoup de relations, c'est en tout cas ce qu'elle dit, mais elle n'arrive pas à s'intégrer aux autres, elle passe son temps à leur parler de sa vie, de son ancien mari, des relations de ce dernier sans jamais lever le petit doigt pour faire quelque chose.
Et puis un beau jour arrive Donatella (Micaela Ramazzotti), une jeune femme tatouée, blessée physiquement et mentalement au passé douloureux et Beatrice va instantanément s'enticher de cette jeune femme.
Elle va lui parler, la prendre sous son aile, et l'entraîner dans son délire jusqu'à fuir avec elle de la villa pour l'emmener vers le bonheur.


On pourrait facilement croire qu'il s'agit d'une histoire à la Thelma et Louise à l'Italienne, mais en fait ce film va plus loin.
En prenant comme personnages principaux deux femmes marquées par la vie, à des degrés plus ou moins importants, Paolo Virzi construit une histoire un peu folle, toujours drôle malgré un fond extrêmement dramatique.
Il y a une véritable détresse qui se dégage du personnage de Donatella, le film s'ouvre d'ailleurs sur elle mais le spectateur ne le sait pas encore.
Tout comme il y a une certaine détresse, un besoin d'amour, qui se dégage de Beatrice.
J'ai beaucoup aimé l'histoire de ces deux femmes, leur rencontre improbable tout comme leur amitié.
Et puis malgré le sujet tragique traité dans le film il y a beaucoup de rire, beaucoup de situations ou de répliques drôles.
Parmi tous les moments drôles je crois que celui que je retiendrai c'est lorsque Beatrice retourne chez son ex-mari, elle est accueillie avec joie par les femmes de chambre parce qu'elle apporte avec elle son grain de folie et ces dernières sont tristes lorsqu'elle s'en va.
C'est sûr, avec Beatrice il y a toujours de l'animation.
La mise en abîme de ces deux femmes que l'on dit folles dans un monde soit-disant normal où tout le monde se révèle plus ou moins fou est intéressante.
Finalement personne n'est réellement sain d'esprit, et ces deux femmes plutôt que d'être dangereuses pour la société le sont surtout pour elles-mêmes, c'est en cela aussi qu'elles sont touchantes.
J'ai eu l’impression de revoir la grande époque de la comédie Italienne et ça, c'était très plaisant.
Le film tient aussi beaucoup grâce à la mise en scène du réalisateur ainsi que par le jeu des deux actrices principales.
J'ai littéralement découvert Micaela Ramazzotti, elle n'a pas un rôle facile mais elle s'en sort à merveille, j'ai d'ailleurs hâte de la découvrir dans d'autres rôles.
Quant à Valeria Bruni-Tedeschi, je trouve que la langue Italienne lui va si bien, mieux que la Française, elle n'est jamais aussi brillante que dans le cinéma Italien, c'est en tout cas mon point de vue (même si elle est aussi très bien dans le cinéma Français).
Et puis il y a les paysages Italiens, rien que pour cela je serai allée voir ce film.


Érasme disait : "Un fou a un grand avantage sur le sage, il est heureux à peu de frais.", voilà une citation qui ma foi pourrait s'appliquer à ce film dans lequel Beatrice est en quête du bonheur et entraîne dans son sillage la blessée Donatella, et le spectateur.
"Folles de joie" fait souffler un charmant et plaisant grain de folie sur le cinéma de ce printemps, il serait dommage de s'en priver.

dimanche 19 juin 2016

Péchés capitaux de Jim Harrison


À la suite de son enquête sur le Grand Maître, l'inspecteur Sunderson, désormais à la retraite, n'aspire qu'à se mettre au vert dans un bungalow du Nord Michigan. Aussitôt installé, il découvre que ses voisins, la famille Ames, sèment la terreur dans toute la région. Les autorités locales avouent leur impuissance face à ce clan qui vit en dehors des lois et commet les crimes les plus crapuleux. Quand une série de meurtres éclate en pleine saison de pêche à la truite, Sunderson est contraint de reprendre du service. (Flammarion)

De Jim Harrison, j'ai lu le très beau recueil de nouvelles "Légendes d'automne", c'est pourquoi j'avais hâte de relire cet auteur mais en essayant cette fois-ci un roman policier.
Aïe, énorme erreur, j'aurai dû rester sur ma bonne impression et ne pas me lancer dans la lecture d'un policier de Jim Harrison, car cela n'a rien avoir avec ses nouvelles.
Déjà, son personnage, l'inspecteur Sunderson, est récurrent, commencer par le dernier livre n'était peut-être pas la meilleure des idées mais qu'importe, s'il n'y avait que ça !
Sunderson est surtout un personnage hautement détestable, non pas qu'il soit antipathique mais il ne pense qu'au sexe, à manger, à pêcher, au sexe, à dormir, au sexe, à pécher, au sexe, à manger, bref c'est un homme vieillissant qui est pris du démon de midi car bien évidemment il ne s'intéresse qu'aux jeunes femmes, tout en cultivant le secret espoir de reconquérir Diane, son ex-femme, une vraie femme celle-là.
Mais en attendant ce sont des gamines qui l'intéressent, il mâte sa voisine faisant son yoga et pour couronner le tout il couche avec sa fille adoptive (qui auparavant était sa voisine qu'il mâtait).
Mais quel monsieur charmant, qu'est-ce qu'il a pu me dégoûter avec ses pensées malsaines et obsédantes.
Sunderson nourrit aussi une obsession pour la Bible, particulièrement sur les sept péchés capitaux, dans lesquels il se vautre allègrement et j'ai doucement envie de rire quand il songe à relire le Nouveau Testament histoire de tester sa foi : "Il se rappela distraitement qu'il avait l'intention de relire le Nouveau Testament pour voir s'il croyait encore à l'un de ces trucs sacrés qu'enfant il avait appris à l'église.".
Sinon comme il est à la retraite il décide d'acheter un chalet pour pêcher (et pécher !) à sa guise, évidemment il ne choisit rien de mieux que d'avoir pour voisin la famille Ames, à la terrible réputation : "Au cours de sa longue carrière d'inspecteur de police, Sunderson avait entendu qu'un certain nombre de familles de criminels vivaient dans les vastes étendues boisées de la Péninsule Nord, mais aucune n'avait plus mauvaise réputation que les Ames.".
Brusquement la famille Ames est décimée mais personne ne pleure les morts, pourtant Sunderson va enquêter.
Enfin, enquêter est un grand mot car il va prendre cela en dilettante comme ses parties de pêche, et c'est aussi ce que je reproche à Jim Harrison auteur de roman policier : il n'y a pas vraiment d'intrigue, pas de suspens, et ça finit en jus de boudin, bref aucun intérêt là-dedans.
J'ai eu envie plusieurs fois d'arrêter ma lecture, parce que je n'accrochais à rien dans ce roman, j'ai lu en diagonale certains passages et je suis arrivée au bout, mais quelle déception.
Alors une chose est sûre : je ne lirai certainement pas les autres romans de Jim Harrison mettant en scène Sunderson, je me contenterai de ses romans et nouvelles de nature writing.

"Péchés capitaux" fut une belle désolation littéraire, un scénario plat, un personnage repoussant par ses attitudes, il va me falloir vite oublier cet aspect littéraire de Jim Harrison dont si je n'avais pas lu "Légendes d'automne" j'abandonnerai purement et simplement la découverte.

Livre lu dans le cadre du Club des Lectrices

mercredi 15 juin 2016

Carol de Patricia Highsmith


Thérèse, vendeuse dans un grand magasin, rencontre Carol, qui est belle, fascinante, fortunée. Elle va découvrir auprès d'elle ce qu'aucun homme ne lui a jamais inspiré : l'amour. Une passion naît, contrariée par le mari de Carol, lequel n'hésite pas à utiliser leur petite fille comme un moyen de chantage. (Le Livre de Poche)

Thérèse est vendeuse dans un grand magasin à l'approche des fêtes de Noël, un travail temporaire car Thérèse espère travailler dans le milieu du théâtre à créer des décors.
Thérèse a un amoureux, mais elle ne ressent pas grand chose pour lui, d'ailleurs elle n'a jamais ressenti quoi que ce soit pour un homme.
Et puis un beau jour elle se retrouve face à une femme, Carol, belle, fascinante, riche, mariée, qui vient lui acheter un cadeau pour sa fille.
Entre elles deux c'est une passion qui naît, mais contrariée par le mari de Carol qui utilise leur fille comme moyen de chantage dans leur divorce, par le petit ami de Thérèse et par la société quasi entière qui condamne à cette époque l'amour entre deux personnes de même sexe.

Parfois, il arrive qu'un beau roman fasse un film merveilleux, c'est tout à fait le cas avec "Carol" que j'ai d'abord vu avant de le lire.
Si j'avais été envoûtée par la mise en scène de Todd Haynes et le jeu de Cate Blanchett (Carol) et Rooney Mara (Thérèse), je l'ai été tout autant par l'écriture de Patricia Highsmith et ses deux héroïnes.
Pour remettre l'histoire dans son contexte, ceci est le deuxième roman de Patricia Highsmith, écrit juste après "L'inconnu du Nord-express" et publié en 1952 après avoir essuyé le refus de son éditeur de le publier (sous le titre "Les eaux dérobées").
Non seulement l'auteur changeait complètement de registre mais elle osait écrire une histoire d'amour entre deux femmes, ce qui était très culotté de sa part.
Le véritable succès de ce livre est venu au moment de sa sortie au format poche, l'auteur n'a alors cessé de recevoir des lettres de personnes la remerciant d'avoir écrit sur un tel sujet, et d'avoir choisi une issue plutôt heureuse, en tout cas que le lecteur se plaît à croire heureuse, ce qui ne s'était alors encore jamais fait à l'époque dans les quelques écrits portant sur le même thème.
Si le film a pu utiliser le jeu des actrices, particulièrement celui de Rooney Mara pour l'ingénue Thérèse, pour faire passer les émotions qui leur traversent l'esprit, elles sont ici décrites et décortiquées dans les moindres détails, en tout cas pour ce qui est de Thérèse, car Carol reste un personnage mystérieux et que le lecteur voit donc tel que Thérèse la perçoit.
Thérèse est ingénue, elle est jeune, quelque peu influençable, elle se cherche, manque parfois de caractère, et surtout ne sait pas ce qu'est l'amour avant de croiser la route de Carol : "Cela ressemblait à l'amour, ce qu'elle ressentait pour Carol, sauf que Carol était une femme. Ce n'était peut-être pas du délire, mais elle était bel et bien dans un état de béatitude. Le terme était idiot, sans doute, mais comment imaginer bonheur plus grand que ce qu'elle vivait depuis jeudi ?".
A partir du moment où son regard a croisé celui de cette femme elle est totalement subjuguée par Carol, elle connaît le grain de sa peau, ses taches de rousseur, ses attitudes, sait déchiffrer son humeur, et ne vit plus que dans l'espoir des moments qu'elle va passer avec elle.
Thérèse est d'une naïveté touchante, elle se pose beaucoup de questions : "Que voulait dire aimer quelqu'un ? Pourquoi l'amour prenait-il fin ou pas ? Là étaient les vraies questions; et qui pouvait y répondre ?", et c'est le personnage qui va connaître la plus grande évolution.
De chrysalide elle va se transformer en papillon, et quel magnifique papillon !
Comme elle, et grâce à la narration de Patricia Highsmith, j'ai été assez fascinée par le personnage de Carol, cette femme qui a tout pour elle et qui pourtant passe par bien des drames parce que son seul tort est d'aimer une femme plutôt que son mari (ou que les hommes en général).
Carol est une victime de son époque, comme Thérèse l'est aussi mais d'une façon différente.
Carol n'a plus la naïveté de Thérèse, un aspect de la jeune femme qui l'a séduit, elle est plus mûre mais son cœur bat à l'unisson de celui de Thérèse.
Et c'est beau, mais alors qu'est-ce que c'est beau !
Face à cet amour, il y a le jugement des autres, leurs reproches et leurs méchancetés face à un amour qu'ils ne comprennent pas et qu'ils jugent contre-nature, à l'image des propos tenus par le petit-ami de Thérèse lorsque celui-ci a compris que non seulement elle ne l'a jamais aimé mais qu'elle ne l'aimera jamais et que son coeur va à une femme : "Ton comportement est infantile et hors de la réalité, comme de se nourrir de fleurs de lotus ou de sucreries écœurantes au lieu du pain et de la chair de la vie.".
Thérèse est jugée infantile, tel un enfant qui agirait sans savoir ce qu'il fait et sans en mesurer les conséquences, c'est un pauvre petit être féminin qui a besoin d'un homme pour être guidée dans la vie, on retrouve bien évidemment l'image de la femme dans les années 50, particulièrement dans une Amérique puritaine.
Quant à Carol, son mari la fait passer pour une mauvaise mère, n'hésitant pas à utiliser tous les moyens à sa disposition pour la faire juger par rapport à ses mœurs et non à son attitude envers sa fille.
Certes, ces femmes ne sont pas internées mais c'est bel et bien leur liberté que l'on cherche à emprisonner et à faire entrer dans le moule de la société.
C'est donc aussi une histoire de liberté que nous conte Patricia Highsmith, d'une écriture très pudique et très sensible, une plume qui sait dès les premiers instants et envoûte jusqu'au point final du récit.

"Carol" est un roman aussi envoûtant et beau que peut l'être le film, si vous l'avez vu vous aimerez assurément ce roman, si vous l'avez lu vous apprécierez le film, et si vous ne connaissez ni l'un ni l'autre et bien il ne vous reste plus qu'à découvrir cette très belle histoire signée par Patricia Highsmith, qui démontre par ailleurs qu'elle n'était pas que la reine du roman policier.