dimanche 15 décembre 2013
Valérian Tome 18 Par des temps incertains de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin
Vivaxis, consortium aux agissements aussi lucratifs que souterrains, suscite la convoitise de bien puissants personnages. Un être mystérieux, ancien archange d’Hypsis (le diable ?) veut en prendre le contrôle, tandis qu’un autre le menace de ses foudres... Divines. Au coeur de ce drame céleste, Valérian et Laureline tentent de remettre les pendules spatio-temporelles à l’heure. (Dargaud)
Dans ce nouvel opus des aventures de Valérian et Laureline, ex-agents spatio-temporel depuis la disparition de Galaxity, Valérian déprime.
La terre, Galaxity lui manquent et à la différence de Laureline il n'arrive pas à se sentir bien quelque part : "Tu ferais mieux de prendre la vie comme elle vient. Moi, je suis bien partout et n'importe quand, là où je suis ... C'est mon côté licorne, tu sais cela, non ?".
Tandis qu'il broie du noir et que Laureline essaye de lui remonter le moral, les Shingouz mettent les petits plats dans les grands pour les joindre et leur faire parvenir deux informations importantes : Vivaxis, un consortium, met en péril l'équilibre de la Terre au début du XIème siècle; et Satan, un archange déchu d'Hypsis, vient de sortir des bas fonds de Point Central.
Et pendant ce temps, sur Hypsis Dieu est dans une colère noire vis-à-vis de Vivaxis qui se prend pour Lui et s'apprête à frapper de ses foudres ce consortium : "Mes foudres vont frapper tout ce qui me gêne ! Et d'abord cette raclure d'enfer venue contrecarrer mes plans.", tandis que son Fils et le Saint Esprit sont prêts à le suivre.
Il y a du bon et du moins bon dans cette aventure.
Commençons par le moins bon : je n'ai pas bien saisi l'intérêt de cette histoire, hormis pour les révélations à la fin qui mettent Valérian et Laureline sur une piste quant à la disparition de Galaxity. L'intrigue tourne un peu en rond, elle ne ramène que des personnages déjà rencontrés dans des tomes précédents : Dieu, son Fils et le Saint Esprit sur Hypsis, les doubles-détectives chasseurs de primes, les super héros de l'Equinoxe, voire même des personnages issus des toutes premières aventures.
J'ai la nette impression que les auteurs étaient en manque d'inspiration, à la fois sur le plan scénaristique que dans de nouvelles inventions graphiques.
Pour les bons côtés, il y a beaucoup d'humour et de situations drôles, à commencer avec les Shingouz dont l'un a craqué pour Laureline, il est incapable de lui résister : "Je vous dis qu'elle me pousse à la faute !", résultat : il lui divulgue les informations gratuitement.
Enfin, il faut reconnaître que les Shingouz se sont attendris avec le temps, ils ont presque des scrupules à monnayer leurs informations à Valérian et Laureline, d'autant plus que cette dernière leur propose de leur donner quelque chose qui n'a pas de prix : "Et moi, les bestioles, ce que j'ai à vous donner, c'est mon affection. Ca vaut cher aussi !", c'est qu'elle est dure en affaire la demoiselle !
La résolution de l'affaire entre Dieu, Satan et Vivaxis donne également lieu à une scène relevée via un conseil d'administration qui dégénère.
Et puis, il y a les perspectives finales qui laissent à penser que l'histoire va redémarrer dans le volume suivant, bien que j'ai l'impression que les auteurs commencent un peu à patiner, ce qui est dommage.
"Par des temps incertains" porte assez bien son nom, l'avenir pour Valérian et Laureline est quelque peu incertain, ce tome oscillant entre des scènes humoristiques et une intrigue qui stagne et se contente d'aller rechercher des personnages croisés dans les volumes précédents, avec un Lucifer qui vient faire on ne sait trop quoi dans l'intrigue.
Il faut espérer que les auteurs retrouvent l'inspiration dans le prochain tome.
samedi 14 décembre 2013
Malavita de Tonino Benacquista
Une famille d'Américains s'installe à Cholong-sur-Avre, en Normandie. Fred, le père, se prétend écrivain et prépare un livre sur le Débarquement. Maggie, la mère, est bénévole dans une association caritative et se surpasse dans la préparation des barbecues. Belle, la fille, fait honneur à son prénom. Warren enfin a su se rendre indispensable pour tout et auprès de tous. Une famille apparemment comme les autres, en somme. Une chose est sûre, s'ils emménagent dans votre quartier, fuyez sans vous retourner... (Folio - Gallimard)
En une nuit, la famille Blake prend possession de sa nouvelle maison dans la petite ville normande (fictive) de Cholong-sur-Avre, pour le plus grand malheur des habitants de cette bourgade si tranquille mais ça, ils ne le savent pas encore.
Car les Blake ne sont pas une famille ordinaire, à 'origine ils s'appellent Manzoni, avec Giovanni (aka Fred), le père et ancien grand chef de la mafia New-yorkaise désormais repenti, sa femme Livia (aka Maggie), et leurs deux enfants : Belle et Warren.
Toute cette jolie petite famille vit donc cachée par le programme de protection des témoins du FBI et n'a surtout plus intérêt à remettre les pieds à New York ou dans le New Jersey pour les, disons 3 à 4 générations à venir.
Mais voilà, à force de vivre sous une autre identité et de ne pas avoir le droit de faire tant de choses que cela, l'ennui s'installe.
C'est pourquoi Fred se découvre une passion pour l'écriture via une vieille machine à écrire et se met alors à rédiger ses mémoires de chef de la Cosa nostra : "La machine, elle, ne ferait pas le tri, elle prendrait le tout, en vrac, le bon et le mauvais, l'inavouable et l'indicible, l'injuste et l'odieux, car tous les événements étaient vrais, c'était bien ça le plus incroyable, ces blocs de vérité dont personne ne voulait étaient tous authentiques.", au grand dam de sa famille et du FBI qui n'y comprennent rien; tandis que Maggie se lance dans les œuvres caritatives de bienfaisance pour racheter en quelque sorte le passé de son mafieux de mari à défaut de pouvoir remettre un jour les pieds dans un église et prier Dieu; tandis que Belle séduit tout le monde par sa beauté naturelle et que Warren se révolte d'être considéré comme un cliché d'américain de base : "Il supportait de plus en plus mal qu'on ne voie en lui un futur obèse au QI inférieur à celui d'une huître de l'Oyster Bar, prêt à tout sacrifier à son dieu dollar, un être inculte qui se pensait autoriser à régner sur le reste du monde.", bien décidé à perpétuer la tradition familiale et à reprendre un jour les rênes de la mafia New-yorkaise, en attenant il s'entraîne sur ses petits camarades de classe en se posant comme un parrain auprès d'eux pour résoudre tous leurs soucis.
C'est pourquoi très vite les Blake deviennent la coqueluche de ce petit village normand : "Les Blake se souciaient peu d'attirer les faveurs. Et pourtant, chacun à sa manière avait vu grimper sa cote de popularité dans des cercles sans cesse grandissants, qui parfois communiquaient. [...] Ils n'étaient question que d'eux, au lycée, au marché, et jusqu'à la mairie, si bien qu'une rumeur avait gagné la ville entière : cette famille-là était exceptionnelle.", mais comme le dit la quatrième de couverture : s'ils emménagent près de chez vous, fuyez !
Tonino Benacquista, sous couvert d'une histoire assez loufoque, brosse un portrait assez réussi de la Cosa nostra à travers ce mafieux repenti qui livre ses mémoires sur une machine à écrire.
Le personnage de Giovanni Manzoni est sans doute le plus réussi, celui qui cristallise bien la facilité de vie offerte par sa situation de haut gradé dans la mafia et aujourd'hui son ennui d'avoir dû faire un trait sur son pays, sa famille, ses amis, entraînant avec lui dans sa chute sa femme et ses enfants.
Mais l'adage "Chassez le naturel il revient au galop" est aussi vrai, car Fred aura beau se bercer de l'illusion de devenir un écrivain, c'est finalement Giovanni qui reprendra le dessus et qui devra tout mettre en oeuvre pour sauver sa peau et celle de sa famille.
Fred croit pouvoir utiliser les mots pour tirer un trait sur son passé dans une forme de confession ultime, mais ne serait-ce pas plutôt Giovanni qui cherche à retrouver les heures de gloire perdues ?
Fred se lance dans une grande réflexion sur l'utilité et l'usage du point virgule, mais Giovanni ne s'embarrasse pas de telles questions, prônant l'éloquence de la violence à celle verbale : "Giovanni Manzoni prônait l'art de l'éloquence à coups de barre à mine, et les joies de la dialectique se traduisaient en général par une recherche d'arguments sophistiqués allant du chalumeau à la perceuse.".
Le personnage de Maggie n'est pas lui non plus dénué d'intérêt, elle est assez représentative de l'image que l'on se fait d'une épouse de mafieux, avec un rang à tenir, des soirées à organiser, à fermer les yeux sur les incartades de son mari et surtout, devoir apprendre à vivre avec son mode de vie et son drôle de métier qu'il exerce, si tant est que cela en soit un. Elle a dû, comme lui, abandonner ses amies et sa famille, mais depuis longtemps elle a aussi dû tirer un trait sur sa foi et sa croyance en Dieu, ne se sentant plus légitime à mettre les pieds dans une église ou à le prier tandis que son mari ôte la vie, règle ses comptes et gère ses affaires toutes plus ou moins louches les unes que les autres.
Warren est également intéressant, il est à la foi le digne héritier de son père mais il incarne aussi une forme de rédemption. Il a envie de devenir comme son père, de suivre ses traces, ce qui n'est pas si étonnant que cela puisqu'à ses yeux il n'a jamais eu d'autres exemples de vie, à ce titre j'ai d'ailleurs beaucoup aimé les passages où il se pose en parrain dans son école entouré de sa cour de quémandeurs, mais il a aussi la possibilité et surtout le choix de changer de voie et de vivre somme toute assez honnêtement.
Son père s'en rend d'ailleurs compte et si ces deux personnages ont pu sembler éloignés l'un de l'autre pendant une bonne partie du roman, la fin leur permet de retrouver un lien qui avait disparu entre eux depuis plusieurs années.
Le seul bémol que j'apporterais à cette galerie de personnages est celui de Belle qui n'a pas été assez exploité à mes yeux et qui est trop en retrait par rapport aux autres. Elle apporte peu à l'histoire et c'est dommage car elle fait un peu plus fade que le restant de sa famille.
Le style de Tonino Benacquista est plaisant à lire, cette histoire est loufoque et comporte des passages drôles qui prêtent à sourire, ce côté décalé m'a beaucoup plu.
Le titre est à la fois le nom du chien, mais signifie également "la mauvaise vie" en traduction littérale, tout en étant une forme d'argot pour désigner la pègre bref, vous l'aurez compris, ce roman est du 100% mafia.
Quant à l'adaptation qu'en a fait Luc Besson au cinéma, je ne me suis pas encore décidée si je souhaitais voir le résultat ou non, il semblerait toutefois que d'après la bande annonce le scénario soit fidèle au livre.
"Malavita" de Tonino Benacquista ne peut sans doute pas être qualifié de grand roman mais il m'a permis de passer un très bon moment de détente avec cette famille de mafieux perdue au fin fond d'un village français entraînant avec eux des situations loufoques mais également des scènes de tendresse familiale, le tout se terminant en apothéose dans un final explosif.
Une chose est sûre : s'ils emménagent près de chez moi, je déménage !
mercredi 11 décembre 2013
Prix Océans 2014
L'année dernière, j'ai eu le plaisir de faire partie du jury du Prix Océans, pour sa première édition, organisé par France Ô et Babelio.
Le Prix Océans récompense un roman écrit en français mettant en lumière les valeurs d'ouverture sur le monde, d'échanges, de dialogue des cultures et d'humanisme, publiés dans les douze mois précédant la sélection.
Le livre ayant reçu le Prix était "Notre Dame du Nil" de Scholastique Mukasonga.
Le Prix est relancé pour une seconde édition, et j'ai de nouveau la chance et le bonheur de faire partie du jury !
Le Prix a été lancé depuis hier et est doté cette année d'un site internet que vous pouvez consulter, il est actuellement en cours de finition et sera en ligne dans sa version définitive fin décembre-début janvier.
Comme l'an passé, le Parrain de ce Prix est Alain Mabanckou, un auteur qui s'est montré très sympathique et abordable l'année dernière durant les délibérations.
Et maintenant, place à la sélection qui est des plus alléchantes :
"Jeune fille vue de dos" de Céline Nannini, Mémoire d'Encrier
"De là, on voit la mer" de Philippe Besson, Julliard
"La grâce des brigands" de Véronique Ovaldé, L'Olivier
"Ballade d'un amour inachevé" de Louis-Philippe Dalembert, Mercure de France
"Mélo" de Frédéric Ciriez, Verticales
"Le peintre d'Eventail" de Hubert Haddad, Zulma
"Aux frontières de la soif" de Kettly Mars, Mercure de France
"Il faut beaucoup aimer les hommes" de Marie Darrieussecq, P.O.L
"Impossible de grandir" de Fatou Diome, Flammarion
"Les fourmis rouges" d'Edith Serotte, Présence Africaine
"Le bataillon créole" de Raphaël Confiant, Mercure de France
"L'invention de nos vies" de Karine Tuil, Grasset
Quelques livres dont j'ai entendu parler, d'autres totalement inconnus mais qui ont l'air très intéressants, de très belles découvertes en perspective, j'en suis sûre !
Je vous invite à suivre l'actualité de ce Prix sur le site internet qui lui est consacré ainsi que dans la presse, sur le blog des autres membres du jury, et vous retrouverez bien entendu toutes mes chroniques sur ce blog.
Le Prix Océans récompense un roman écrit en français mettant en lumière les valeurs d'ouverture sur le monde, d'échanges, de dialogue des cultures et d'humanisme, publiés dans les douze mois précédant la sélection.
Le livre ayant reçu le Prix était "Notre Dame du Nil" de Scholastique Mukasonga.
Le Prix est relancé pour une seconde édition, et j'ai de nouveau la chance et le bonheur de faire partie du jury !
Le Prix a été lancé depuis hier et est doté cette année d'un site internet que vous pouvez consulter, il est actuellement en cours de finition et sera en ligne dans sa version définitive fin décembre-début janvier.
Comme l'an passé, le Parrain de ce Prix est Alain Mabanckou, un auteur qui s'est montré très sympathique et abordable l'année dernière durant les délibérations.
Et maintenant, place à la sélection qui est des plus alléchantes :
"Jeune fille vue de dos" de Céline Nannini, Mémoire d'Encrier
"De là, on voit la mer" de Philippe Besson, Julliard
"La grâce des brigands" de Véronique Ovaldé, L'Olivier
"Ballade d'un amour inachevé" de Louis-Philippe Dalembert, Mercure de France
"Mélo" de Frédéric Ciriez, Verticales
"Le peintre d'Eventail" de Hubert Haddad, Zulma
"Aux frontières de la soif" de Kettly Mars, Mercure de France
"Il faut beaucoup aimer les hommes" de Marie Darrieussecq, P.O.L
"Impossible de grandir" de Fatou Diome, Flammarion
"Les fourmis rouges" d'Edith Serotte, Présence Africaine
"Le bataillon créole" de Raphaël Confiant, Mercure de France
"L'invention de nos vies" de Karine Tuil, Grasset
Quelques livres dont j'ai entendu parler, d'autres totalement inconnus mais qui ont l'air très intéressants, de très belles découvertes en perspective, j'en suis sûre !
Je vous invite à suivre l'actualité de ce Prix sur le site internet qui lui est consacré ainsi que dans la presse, sur le blog des autres membres du jury, et vous retrouverez bien entendu toutes mes chroniques sur ce blog.
mardi 10 décembre 2013
Un jour, une histoire - 10 décembre
Le 10 décembre est le 344ème
jour de l’année du calendrier grégorien, le 345ème en cas d’année
bissextile et c’était généralement le 20ème jour du mois de frimaire
dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du hoyau.
Donc oyé braves gens !
(oui, elle était facile celle-là)
A travers les âges, que s’est-il passé
de beau un 10 décembre ?
10 décembre 1356 le Dauphin, à Paris,
promulgue une série de mandements monétaires après avoir renvoyé le 2 novembre
les Etats-Généraux.
10 décembre 1792 s’ouvre à Paris le
procès de Louis XVI.
10 décembre 1848 Louis-Napoléon
Bonaparte est élu à la présidence de la République.
10 décembre 1901 : attribution
des premiers Prix Nobel
10 décembre 1948 : adoption de
la Déclaration universelle des droits de l’Homme par l’ONU
10 décembre 1996 : nouvelle
constitution en Afrique du Sud et fin définitive de l’Apartheid
Un focus sur la flopée de Prix Nobel
attribués un 10 décembre (quelques uns car ils sont nombreux) :
1901 : Prix Nobel de littérature
à Sully Prudhomme
1903 : Prix Nobel de physique à
Antoine Henri Bacquerel, Marie et Pierre Curie
1904 : Prix Nobel de littérature
à Frédéric Mistral et José Echegaray
1911 : Prix Nobel de chimie à
Marie Curie
1917 : Prix Nobel de la paix à
la Croix Rouge
1922 : Prix Nobel de physique à
Albert Einstein
1934 : Prix Nobel de littérature
à Luigi Pirandello
1952 : Prix Nobel de la paix à
Albert Schweitzer
1957 : Prix Nobel de littérature
à Albert Camus
1964 : Prix Nobel de la paix à
Martin Luther King
1986 : Prix Nobel de littérature
à Wole Soyinka
1993 : Prix Nobel de la paix à
Nelson Mandela et Frederik de Klerk
Ils/elles sont né(e)s un 10 décembre :
1830 : Emily Dickinson, femme de
lettres américaine
1851 : Melvil Dewey,
bibliothécaire et inventeur du système de classement de livres Dewey
1914 : Dorothy lamour, actrice
américaine
1923 : Jorge Semprun, écrivain
espagnol
1946 : Catherine Hiegel, actrice
française (à Montreuil)
1960 : Kenneth Branagh, acteur
et réalisateur anglais
1974 : Paul Cleave, écrivain
néo-zélandais
1978 : Summer Phoenix, actrice
américaine
Cette année je vous épargnerai les
Ils/elles sont mort(e)s un 10 décembre.
Aujourd’hui nous fêtons les Romaric
(du latin Roma, Rome), le soleil s’est levé à 8h33 et se couchera à 16h53, la
lune est en premier quartier et à 5h28 ce matin Mercure est entré dans la
constellation d’Ophiuchus.
Et j’allais oublier un événement, il paraît que le 10 décembre une certaine blogueuse a vu le jour ... .
Bonne journée du 10 décembre à toutes
et à tous !
Top Ten Tuesday #26
Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.
Les 10 livres à lire cet hiver (votre PAL pour cet hiver)
"Mouahah" fut ma première réaction à l'énoncé du thème, quand je vois comment j'ai tenu mes PAL d'été et d'automne le résultat pourra difficilement être pire pour celle d'hiver.
1) "Le sillage de l'oubli" de Bruce Machart
2) "La petite fille Bois-Caïman" Livre 2 de François Bourgeon
3) "Le coeur est un chasseur solitaire" de Carson McCullers
4) "Chocolat amer" de Laura Esquivel
5) "Une fenêtre au hasard" de Pia Petersen
6) "A l'ouest rien de nouveau" d'Erich Maria Remarque
7) "Kyôto" de Yasunari Kawabata
8) "Un heureux événement" de Flannery O'Connor
9) "L'accompagnatrice" de Nina Berberova
10) "Mesure de nos jours" de Charlotte Delbo
dimanche 8 décembre 2013
Challenge Petit Bac 2014
Enna a lancé depuis 2011 le Challenge Petit Bac se déroulant du 1er janvier au 31 décembre de l'année considérée.
Ce Challenge propose 10 catégories + un bonus facultatif, à nous de trouver le mot correspondant à chaque rubrique dans un titre de livre.
Le mot doit rentrer dans la catégorie sorti de son contexte (il peut donc avoir un sens différent dans le titre du livre).
Pour finir le challenge, il suffit de finir une ligne, c'est-à-dire avoir lu 10 (ou 11) titres correspondant à chaque catégorie.
Attention, un titre ne peut compter que pour une seule catégorie.
J'avais repéré ce challenge l'année dernière mais trop tardivement pour pouvoir m'y inscrire.
Comme il s'agit de ma première participation j'ai décidé de ne pas me lancer dans une ou plusieurs lignes thématiques (par exemple jeunesse, bande dessinée).
Je vais surtout en profiter pour faire descendre ma PAL qui me permet de remplir beaucoup de catégories si ce n'est toutes.
Le Challenge Petit Bac 2014 débute le 1er janvier 2014 et s'achèvera le 31 décembre 2014, les catégories cette année sont les suivantes :
Prénom : masculin ou féminin, surnom, diminutif (mais de nom de famille)
"Le livre de Dina Tome 1 Les limons vides" de Herbjorg Wassmo
Lieu : réel ou imaginaire (ville, pays, état, continent, fleuve, mer, lieu naturel, construit, aménagé, "ici" et "là" sont acceptés)
"Monteriano" d'Edward Morgan Forster
Animal : réel ou imaginaire (de l'insecte au dinosaure en passant par les licornes et les sirènes, et les mots associés comme "animal", "bête", "bestiole")
"Les fourmis rouges" d'Edith Serotte
Objet : petits ou gros du moment qu'ils sont transportables (le mot "objet" est accepté mais pas "maison" ou "immeuble")
"Une lettre de vous" de Jessica Brockmole
Couleur : toutes les couleurs que l'on peut trouver dans les catalogues de peinture sont acceptées, et aussi les mots "couleur", "teinte", "nuance" etc.
"Le bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh
Matière : métaux, cuirs et peaux, tissus, matières naturelles, pierres, plastiques, papiers etc.
"Reflets dans un œil d'or" de Carson McCullers
Verbe : à l'infinitif ou conjugué (sauf être et avoir)
"Impossible de grandir" de Fatou Diome
Sphère familiale : le cercle familial (enfants/parents, fils, fille, oncle, tante, grand-père/grand-mère, beau-fils, gendre etc.), famille, époux/épouse, femme/mari
"Oncle Daniel le généreux" d'Eudora Welty
Moment / Temps : tout ce qui découpe le temps qui passe (minutes, heures, jours, semaines, mois, années, matin, midi, soir, après-midi, passé, présent, futur, moment, maintenant, avant, après etc.)
"Quelques minutes après minuit" de Patrick Ness
Bâtiment : tout ce qui est construit (maison, immeuble, école, hôpital, musée, église, cathédrale, collège) et des monuments connus (Tour Eiffel, Big Ben etc.)
"Je vous écris du Vél d'Hiv" de Karen Taieb
Gros mot : bonus facultatif assez libre puisque tout ce qui peut être dit d'un ton insultant ou méprisant est accepté
"Le laquai et la putain" de Nina Berberova
Putain de guerre ! L'intégrale 1914-1919 de Jacques Tardi et Jean-Pierre Verney
Tardi, dessinateur, et Verney, historien, proposent une vision incroyable et forte de la Première Guerre mondiale vue par le prisme d’un soldat anonyme. Un hommage aux milliers de jeunes gens précipités dans une boucherie absurde. (France Loisirs)
"L'expérience a fait ses preuves, la victoire est certaine, je vous en donne l'assurance, l'ennemi l'apprendra à ses dépens.", phrase prononcée par Nivelle, le nouveau généralissime, en décembre 1916, qui, outre sa grande stupidité, n'a fait qu'augurer du contraire, à savoir une année 1917 qui allait être aussi difficile que les deux précédentes, avec son lot de morts et de blessés.
Il faudra attendre Georges Clemenceau, dit "le tigre", pour réussir insuffler une lueur d'espoir à l'armée française : "J'affirme que la victoire dépend de nous ... Il reste aux vivants à parachever l'oeuvre des morts." et pour qu'enfin cesse ce bourbier ultra meurtrier de quatre années.
Jacques Tardi est reconnu pour son travail sur la Première Guerre Mondiale à travers de nombreuses bandes dessinées.
C'est avec l'historien Jean-Pierre Verney qu'il a créé cette "Putain de guerre !" qui porte, il faut bien le reconnaître, parfaitement son nom.
Le récit commence en août 1914, dans les premiers jours de la guerre : "Petit soldat du mois d'août, avec tes grimpants garance, tu essaies bien de te planquer, mais derrière les coquelicots 'y a pas des masses de place. Tu faisais ton entrée dans l'Histoire, grimé en comique troupier d'opérette, petit mort du mois d'août.", avec comme narrateur un soldat anonyme qui croisera plusieurs fois au cours des quatre années suivantes son reflet de l'autre côté du miroir, à savoir un soldat allemand sensiblement du même âge que lui.
Ce choix d'un quidam est délibéré, il est au cœur des événements et il subit de plein fouet les décisions toutes plus absurdes les unes que les autres ainsi que la désorganisation des hautes instances militaires qui n'ont pas hésité à conduire à la boucherie des centaines de milliers de soldats : "Je ferais un très bon mort, "évaporé" dans la confusion. Une sorte de putréfaction anonyme, un disparu. Qui s'inquiéterait d'un ouvrier tourneur aux établissements Biscorne de la rue des Panoyaux - Paris XXè arrt ? Après tout, un pauvre ça crève dans l'indifférence totale.".
Dans ce récit, le manque d'organisation et l'absurdité des batailles pour gagner quelques kilomètres au prix de nombreuses vies humaines sont dénoncés : "Par nécessité ou par obstination, nos chefs, peu économes en vies humaines et en obus, ont donné l'ordre à la grosse artillerie sur rail de détruire Vaux et Douaumont, histoire que ces magnifiques, coûteuses et inutiles forteresses redeviennent françaises.", ça balance sévère et personne n'est épargné.
Il est question des décisions irréfléchies de certains chefs militaires, mais également des révoltes de certains soldats, des fusillés pour l'exemple, des procès sommaires où des soldats étaient condamnés à mort alors que dans un sens, ils l'étaient déjà; mais aussi de l'engagement dans ce conflit des anglais, des américains, des canadiens, des italiens, des africains des colonies françaises.
"Plus atroces seront nos plaies et meilleure sera notre place dans les nuages de gaz phosgène, à la droite de notre "saigneur".", car il ne faut jamais oublier à quel point la guerre de 14-18 fut une boucherie.
Pour la première fois, le conflit n'est pas que terrestre mais également maritime, aérien, avec de nouvelles armes de guerre qui sont expérimentées et surtout l'utilisation des gaz.
Les dessins sont non seulement fortement évocateurs, mais ils sont très violents et n'épargnent aucun détail des crânes qui explosent, des viscères qui s'étalent, des cadavres en putréfaction dans les tranchées.
C'est l'une des premières fois que j'ai lu un récit aussi explicite à ce sujet, le format de bande dessinée convient d'ailleurs très bien car les images parlent souvent d'elles-mêmes, ce qui est d'ailleurs le cas ici puisque la narration est plutôt concise au profit d'images nombreuses.
Très fouillée historiquement, cette bande dessinée est très agréable à lire car elle couvre une large période, de 1914 à 1919, évoquant non seulement la guerre mais également l'après-guerre et le difficile retour à la vie.
Chaque année est illustrée par les batailles marquantes : "Je venais de participer à la bataille de la Marne. Je n'avais rien compris aux astucieuses stratégies, il faut dire qu'on ne m'avait rien expliqué. Je ne savais donc pas que je venais de rentrer victorieusement, et les deux pieds dans la merde, dans l'histoire de France !", mais il est aussi question tout du long des désastreuses conditions de vie et d'hygiène dans les tranchées, des difficultés du ravitaillement, de la violence des affrontements, de la peur qui tiraille en permanence et de cet infime espoir toujours présent de rentrer un jour chez soi : "La guerre nous brûlait les boyaux et, dans la puanteur de nos existences dérisoires, je me cramponnais à un espoir : rentrer à la maison, qu'on la perde ou non cette guerre qui n'était pas la mienne !".
Et puis, dans les horreurs de cette guerre, il n'y a pas que les morts, il y a aussi les blessés souvent mutilés à vie, à ce titre j'ai trouvé très émouvantes les deux pages consacrées à des "gueules cassées".
"Putain de guerre !" n'est pas une énième bande dessinée sur la Première Guerre Mondiale, elle est très intéressante à plus d'un titre.
Tout d'abord, elle est très précise d'un point de vue historique et remet bien tous les éléments dans leur contexte, je salue d'ailleurs l'excellente idée de Jean-Pierre Verney de présenter de façon détaillée chaque année du conflit en 5/6 pages, mais également dans la façon de parler (ne pas hésiter à se reporter au lexique des expressions dans les tranchées) et de penser de tous ces soldats qui, sans avoir rien demandé, se sont retrouvés à se battre dans l'un des conflits les plus sanglants du vingtième siècle.
La précision n'est pas qu'historique, elle l'est également par rapport à l'utilisation des armes et aux améliorations qui y sont apportées durant ces quatre années.
Ensuite, elle met le doigt là où ça fait mal et n'hésite pas à dénoncer les erreurs commises ainsi que les fusillés pour l'exemple.
Plutôt que de voir cette bande dessinée comme une mise en avant de la guerre, il faut plutôt y lire un plaidoyer pour la paix.
Et puis, il y a la si jolie plume de Jacques Tardi qui, sous des traits fluides, parvient à transcrire avec justesse toute l'horreur de ces quatre années avec des personnages extrêmement réalistes ainsi que le recours à une décoloration progressive jusqu'à ne plus coloriser qu'en noir et blanc, à l'exception du rouge sang par moment, montrant ainsi la perte de l'espoir et l'enlisement de ce conflit dans des actions de plus en plus sanglantes et de plus en plus noires.
"Putain de guerre !" brosse un portrait incroyablement réaliste et fort de ce que fut la Première Guerre Mondiale, il serait regrettable de passer à côté de cette si belle et indispensable bande dessinée.
En guise de conclusion, je citerai cette phrase de Francesco Nitti, président du Conseil Italien de 1919 à 1920 qui résume parfaitement ce conflit : "La guerre européenne, devenue plus tard mondiale, a été un horrible événement : elle n'a été illuminée par aucun principe, par aucune pensée, par aucune grande idée.".
Ce qu'il ne savait pas, c'est que la suivante, vingt ans plus tard, serait encore plus horrible et allait être illuminée par le principe de la supériorité de certaines races sur d'autres, par la pensée de l'extermination de masse et par la grande idéologie nazie, plongeant une nouvelle fois l'Europe, et le monde, dans le chaos et dont les cortèges de millions de morts hantent encore les esprits.
La bataille de Verdun
Le chemin des Dames
La bataille de la Marne
14-18 La guerre des tranchées
Les lance-bombes B14
samedi 7 décembre 2013
Les garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne
Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : "Je t’embrasse ma chérie" ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus. (AlloCiné)
Certains passent des années en psychothérapie pour évacuer les traumatismes de leur enfance, pour Guillaume Gallienne, c'est à travers la scène et un spectacle devenu aujourd'hui un film qu'il a exorcisé ses démons.
Dernier rejeton d'une famille bourgeoise, il est mis de côté par son père car il n'aime pas le sport ou toute autre activité à consonance masculine, tandis qu'il cherche à briller aux yeux de sa mère, la femme qu'il admire le plus au monde et à laquelle il s'identifie, dans un souci de lui plaire car en dernier enfant elle aurait bien voulu une fille plutôt qu'un garçon, et que ses deux frères le chambrent pour son côté efféminé.
Heureusement qu'il y a sa grand-mère, sans doute la personne de sa famille qui le comprend le mieux et l'accepte tel qu'il est.
Sinon pour ses parents, particulièrement sa mère, il rate tout ce qu'il entreprend, passe son temps à geindre et à gémir sur son sort, bref, il faut éloigner cet enfant si peu conforme aux attentes en le mettant dans une pension en province, puis en Angleterre (plus c'est loin, mieux c'est).
Aux yeux de sa famille, Guillaume est homosexuel.
Mais ce n'est pas la raison pour laquelle il s'amourache de garçons dans sa pension privée anglaise très chic, puisqu'il est persuadé être une fille, il n'y a rien de plus normal pour une fille que d'être amoureuse d'un garçon.
Tout comme il n'y a rien de répréhensible à vouer une admiration sans borne à la mère de Sissi et par ricochet aux ducs de Bavière, et à aimer se déguiser avec sa couette pour en faire une robe.
Tout cela peut faire rire, d'ailleurs c'est réussi puisque le public rit énormément, mais derrière cela il y a beaucoup de gravité et une forme de malheur, de mal être.
A force d'entendre dire qu'il aime les garçons et qu'il ne peut pas en être autrement, Guillaume Gallienne s'est posé beaucoup de questions, il s'est cherché pendant longtemps, a suivi plusieurs thérapies et a essayé d'être avec des garçons, pour voir si le contact passait, si la petite étincelle était là.
Cela va chercher très loin, c'est grave d'en arriver au point de détruire ou presque psychologiquement son propre enfant parce qu'il n'est pas conforme à ce que l'on attendait.
Finalement, Guillaume a rencontré Amandine au cours d'un dîner chez une amie, depuis il vit très heureux avec elle.
"Les garçons et Guillaume, à table !" n'est pas qu'un film drôle, il y a de l'émotion et c'est ce juste mélange qui en fait toute sa force et sa beauté.
Il y a des passages extrêmement drôles, certains où il est même difficile de s'arrêter voire où on hurlerait de rire, cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri au cinéma; et puis à côté, il y a des passages très émouvants.
Guillaume Gallienne réussit la performance d’interpréter son propre rôle et celui de sa mère, c'en est bluffant.
C'est une véritable performance qu'il livre devant la caméra qu'il dirigeait lui-même, car comme le dit la maxime : "On n'est jamais mieux servi que par soi-même".
Il a un don remarquable pour raconter les gens et les choses sans jamais s'apitoyer sur son sort et en réussissant toujours à faire rire, ce n'est pas dû à tout le monde mais Guillaume Gallienne s'en sort haut la main pour sa première réalisation issue de son spectacle.
Le casting y est également pour beaucoup car les seconds rôles sont tous plus savoureux les uns que les autres et le manque d'artifice pour rajeunir les personnages ne gêne absolument pas, bien au contraire, comme c'était déjà le cas dans "Camille redouble".
Il n'est pas étonnant que "Les garçons et Guillaume, à table !" soit devenu un phénomène dès sa sortie, c'est une véritable bouffée d'oxygène dans le cinéma français et un très bon remède à la morosité ambiante, passer un bon moment est en effet une garantie.
Alors, si ce n'est déjà fait, il est encore temps de courir dans une salle obscure pour voir ce film français qui fait incontestablement partie des meilleurs de cette année 2013 !
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