dimanche 9 octobre 2016

Ava s'en va de Maïté Bernard


Ava va avoir dix-huit ans et n’est plus la jeune fille timide qui évitait à tout prix de se faire remarquer. C’est pour elle difficile à croire, mais elle plaît ! À Angharad, le consolateur du pays de Galles, avec qui elle partage son grand secret. Mais aussi aux autres consolateurs qui misent sur son image et sa notoriété pour dévoiler leur existence, et celle des fantômes, au monde entier. Pourtant Ava ne pense qu’à une chose, retrouver Harald. L’être qui compte le plus pour elle est parti sans laisser de traces. La découverte d’une tombe viking sur l’île de Sercq pourrait être une première piste. (Syros)

J’aurai tellement aimé apprécier plus ce dernier tome des aventures d’Ava que j’ai pourtant tant attendu.
Mais le constat est là, je n’ai été que moyennement emballée par l’ensemble et je ne suis finalement pas si triste que ça d’avoir dû dire au revoir au personnage d’Ava, en tout cas dans ces circonstances.
Si dans les précédents tomes il était question de fantômes à consoler, d’histoires à dénouer, ici la seule préoccupation d’Ava c’est de retrouver Harald, son meilleur ami, un sanguinaire viking devenu fantôme il y a des siècles de cela.
En fait, retrouver Harald est presque secondaire pour Ava, son occupation principale c’est son histoire d’amour avec Angharad, un consolateur Gallois.
Pas de doute, Ava a bien dix-huit ans ai-je envie de dire quelque peu ironiquement … .
Bon, Ava est aussi préoccupée par son avenir en tant que consolateur, apparemment elle est très douée pour son jeune âge et appelée à faire de grandes choses : "Mais je pense qu'un jour tu vas devoir sortir de ta cachette et assumer que tu veux devenir un consolateur, et je dirais même plus, assumer que tu veux devenir un grand consolateur.", mais tout le monde ou presque dans le milieu des consolateurs cherche à s’arracher la marque Ava pour faire connaître au grand jour (et au grand public) les consolateurs.
Et au passage, sur l’île de Sercq sur laquelle Ava passe son été il y a un ouvrier qui est tué (qui devient donc un fantôme), et bien évidemment, Ava et Angharad sont bien décidés à faire toute la lumière sur ce meurtre, d’autant qu’une bonne amie à elle se retrouve accusée : "Oui, un avocat, c'était bien, mais Ava avait aussi son réseau, et dès ce soir, ses fantômes et elle seraient de retour sur la scène de crime.".

L’île de Sercq n’a pas la beauté ou la magie de Jersey et Guernesey, Ava n’a pas changé mais ce n’est pas la présence d’Angharad qui lui donne son aura auprès du lecteur.
En fait, sans Cecilia et sans Harald Ava a beaucoup perdu à mes yeux, elle en devient presque banale alors que ce n’était pas le cas dans les tomes précédents.
J’ai trouvé que dans ce tome ce personnage manque d’envergure, il en devient presque invisible, ou alors l’auteur s’essoufflait et ne savait plus trop quoi faire de cette jeune fille qu’elle a fait grandir en même temps qu’une partie de son lectorat.
J’ai été quelque peu déçue de constater également que les fantômes étaient beaucoup moins présents que dans les tomes précédents.
Ava s’est ici transformée en Agatha Christie et l’auteur a quelque peu délaissé son aspect de consolateur.
Pourtant, j’aimais beaucoup les histoires de tous ces fantômes et les interactions qu’ils avaient avec Ava, c’était à la fois un choc générationnel et culturel.
Avoir fait disparaître Harald apparaît finalement comme une erreur, d’autant plus lorsque la raison est donnée à la fin.
Parlons-en justement de cette fin, je n’ai pas apprécié d’être laissée ainsi, le roman s’arrête sur un point qui n’est pas final et même si l’imagination est laissée pour le devenir d’Ava j’attendais autre chose, une véritable conclusion par exemple.
Ce roman aborde beaucoup d’aspects de la vie future d’Ava, par exemple la révélation de l’existence des consolateurs au monde, sans aller jusqu’au bout.
Il y a des éléments intéressants mais qui ne sont pas complètement exploités, j’ai trouvé que dans l’ensemble ce tome manquait de cohésion, un reproche que je n’avais pas fait à cette série jusque-là.
Alors, peut-être que ce n’est pas plus mal qu’Ava s’en aille.
Et dire que je pensais être triste à la pensée d’abandonner ce personnage auquel je m’étais tant attachée, mais il aura au moins eu le mérite de me faire connaître Maïté Bernard, une auteur jeunesse dont je garde précieusement le nom.

Ava s’en va n’a pas su me plaire et m’enthousiasmer comme les précédents tomes de cette série, j’en garde une impression mi-figue mi-raisin et ne suis finalement pas si déçue que cela de quitter Ava.
Dommage, l’au revoir n’a pas été à la hauteur de mes attentes.

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