jeudi 7 juin 2012

Polina de Bastien Vivès


Très douée pour la danse, la petite Polina Oulinov est sélectionnée pour suivre les cours de Nikita Bojinski, un maître d’une exigence absolue, à la fois redouté et admiré. Au fil de son enseignement, qu’elle suit des années durant, Polina devenue jeune fille développe avec son mentor une relation complexe, entre antagonisme et soumission – et finit par le quitter pour explorer de nouvelles expériences artistiques, en toute indépendance. (Casterman)


Polina est une petite fille très douée pour la danse, qui va se retrouver à suivre les cours de Bojinski, un grand maître de la danse, puis partira dans une institution qu’elle finira par quitter pour mieux s’épanouir dans des troupes de danse et atteindre le sommet de son art.

Avec cette histoire sur fond de danse, Bastien Vivès nous propose de suivre l’itinéraire de Polina, de l’enfance à l’âge adulte.
Polina n’est pas forcément très jolie, elle est plutôt ingrate petite et osseuse et tout en muscle adulte, mais voilà, quand elle danse il se dégage d’elle un charme et une grâce qui font tout s’éclipser.
Bojinski, quant à lui, est imposant et puissant et il est facile d’imaginer sa voix, son attitude et son ton dans ses paroles : "La souplesse et la grâce ne s'apprennent pas. C'est un don.".
Il sera tout au long de la carrière de Polina son mentor, son point de repère, et leur relation connaîtra une jolie évolution, passant de celle de maître/élève à une avec un respect mutuel.
Il n’y a pas de repère temporel dans le récit, mais il est facile de se repérer du fait de l’évolution graphique du personnage de Polina.
Pour dérouler son histoire, l’auteur a choisi la sobriété, en utilisant exclusivement du noir et blanc, avec des nuances de gris.
Le coup de crayon est sûr et précis, et il y a beaucoup de vie et de mouvement dans les dessins.
C’est un roman graphique très vivant, qui connaît de belles envolées avec les scènes de danse et où il y a sans cesse du mouvement, que ce soit au niveau des personnages où des lieux où ils se trouvent.
Et puis il y a aussi de très belles subtilités à travers le regard de Polina.
Pour elle, Bojinski reste toujours le même jusqu’à ces images vers la fin de l’histoire où Polina ne le regarde plus et où Bastien Vivès le représente tel qu’il est, âgé.
L’auteur a su jouer avec les nuances de noir et de blanc pour raconter l’histoire du point de vue de Polina, en tout cas d’une certaine façon, pour qui le mentor de son enfance reste toujours le même et ne connaît pas les affres du temps.
L’une des choses qui m’a marquée est la solitude quasi permanente de Polina, il n’est question de sa mère qu’en début de roman et c’est seule qu’elle va se construire et finir l’histoire, même lorsqu’elle est en couple il y a une certaine distance, comme si Polina pour mieux se découvrir et s’épanouir était condamnée à rester seule, comme une sorte de malédiction qui frappe les plus grands artistes dans les domaines de l’art.
C’est donc également un œil critique que Bastien Vivès pose sur le monde de la danse, ou du spectacle de façon plus générale.

Je regrette toutefois quelques fautes d’orthographe repérées à la lecture et également quelques petites erreurs dans les faits ou les noms.
C’est dommage, cela vient un peu gâcher la belle réussite de l’ensemble et laisse croire qu’il n’y a eu aucune relecture.

Si Polina est une danseuse émérite et douée, Bastien Vivès l’est tout autant dans une autre forme de l’art : la bande dessinée.
Avec "Polina", Bastien Vivès a atteint une forme de maturité et signe-là, à mon sens et avec ce que j’ai lu de lui, son album le plus abouti à ce jour.

La petite poule rouge vide son coeur de Margaret Atwood


"Le corps féminin type se présente muni des accessoires suivants : un porte-jarretelles, un panty, une crinoline, une camisole, une tournure de jupe, un soutien-gorge, un corsage, une chemise, une ceinture de chasteté, des talons aiguilles, un anneau dans le nez, un voile, des gants de Chevreau, des bas résilles, un fichu, un bandeau, une guêpière, une voilette, un tour de cou, des barrettes, des bracelets, des perles, un face-à-main, un boa, une petite robe noire, une gaine de soutien, un body en Lycra, un peignoir de marque, une chemise de nuit en flanelle, un teddy en dentelle, un lit, une tête. " Sur un ton drôlatique, vingt-sept façons de tordre la réalité, les croyances de chacun, les habitudes de chacune, ou l'art de se dévisser le cou pour se regarder droit dans les yeux. Un régal de mise en pièces de nos mythes, des plus anciens aux actuels, sans compter quelques utiles conseils ou recettes tels que Rendons grâce aux sottes et Fabriquer un homme. (Rocher/Serpent à plumes)


A travers "La petite poule rouge vide son cœur", livre au titre original et hautement intrigant, Margaret Atwood vide son cœur mais nous offre également un recueil de 27 nouvelles absolument géniales, parfois déjantées, tordant la réalité, s’attaquant aux mythes anciens et récents pour finalement permettre à chacun de porter un regard différent sur l’autre et sur soi-même.

Impitoyable, l’auteur l’est sans aucun doute dans son écriture, elle n’épargne rien ni personne et égratigne plus d’une fois, mais elle n’est jamais grinçante et trop cynique car elle utilise pour cela l’humour, une arme hautement efficace en littérature, ainsi que des métaphores.
Ainsi, j’ai pris un extrême plaisir à lire ce livre, j’ai souri plus d’une fois et j’ai été bien souvent surprise, mais dans le bon sens du terme.
J’ai adhéré au style d’écriture de Margaret Atwood, a son côté déjanté qu’elle montre à travers ces nouvelles et certaines chutes sont tout simplement fabuleuses : "Oh ! Oh ! A quoi penses-tu ? Claudius aurait tué ton père ? Eh bien ! ce n'est pas étonnant que tu te sois montré aussi grossier avec lui à table ! Si j'avais su cela, je t'aurais détrompé tout de suite. Parce que ce n'était pas Claudius, mon chéri. C'était moi."
Il faut dire que ces nouvelles sont toutes plus savoureuses les unes que les autres, mais j’ai particulièrement aimé "Rendons grâce aux sottes" qui m’a fait sourire et rire à la lecture et avec cette merveilleuse conclusion en pied de nez : "Ô mon hypocrite lectrice ! Ma semblable ! Ma soeur ! Rendons grâce aux sottes qui nous donnèrent la littérature."

"La petite poule rouge vide son cœur" est une très belle découverte littéraire, qui bouscule le lecteur et les idées reçues et joue avec la réalité pour la déformer, tout cela pour mieux permettre à Margaret Atwood de vider son cœur et d’emmener le lecteur à se poser des questions et à reconsidérer son point de vue sur la société.

Abécédaire de Monique Guetta


"Philosophie et art se rejoignent dans leur quête de liberté et encouragent à oser le refus… Né de l’utopie d’un monde où nous serions tous frères, ce recueil de poésie est un cri d’amour et de révolte, où se mêlent musique des mots et beauté de la nature. Alors il a glissé vers elle sur des rêves glacés L’infini mêlait ses étoiles jumelles à leurs jeux Alors il a glissé vers elle sur les cimes enneigées Aux pays de l’enfance Et dans le miel de leurs lèvres Ils ont tourné Comme deux astres" Dès qu’elle a su lire, Monique Guetta a commencé à écrire des histoires qui l’ont accompagnée durant toute sa vie, d’enfant délaissée, de femme et de mère (un de ses fils est le célèbre DJ David Guetta). Docteur en psychologie, elle a préparé notamment les élèves de l’ENSCI (École nationale supérieure de Création industrielle) à soutenir leur diplôme, grâce à ses travaux en expression corporelle alliée aux expressions écrites et orales. (Persée)


Avec "Abécédaire", Monique Guetta offre un recueil de poèmes déclinant quasiment toutes les 26 lettres de l’alphabet et traitant de l’amour, de la nature, de la liberté, parfois de tous ces thèmes à la fois : 
"J'ai eu un amant qui m'aimait
Comme le vent aime la mer
Comme la pluie coule à la terre
Comme l'éclair zèbre le ciel
Comme la vague couvre le sable
En passant"

La plupart des poèmes sont adressés directement au lecteur et prennent la forme d’une déclaration d’amour : "Dans les lits des bordels
Sous les ponts
Sur les quais
Dans les métros bondés
Dans les cafés de faim
Et dans les promenades
Pieds nus et meurtris
Je t'aime", 
ou d’un cri d’amour adressé à l’Humanité : 
"Je crie à la révolte d'à jamais refuser
La faim le froid la pauvreté
Et je dis aux jurés de ne pas condamner
J'appelle celui que j'aime j'appelle celui que j'aime"

J’ai été frappée par la vie qui se dégage de ces poèmes, chacun en traite un aspect et même si l’amour est dominant il n’y a jamais de redite.
La nature est également omniprésente, ce qui contribue à rendre les poèmes très visuels, d’autant que certains ont été illustrés par l’auteur.
Concernant ces illustrations, je regrette un peu qu’elles soient uniquement en noir et blanc, j’aurai bien vu pour certaines de la couleur comme pour l’illustration sur la couverture de ce recueil.
Cette couverture est d’ailleurs très réussie, elle attire le regard et s’accorde à merveille avec le titre et le contenu de l’ouvrage.
Dans une autre dimension illustrative, j’ai beaucoup aimé certaines images utilisées par l’auteur, tout comme les jeux de mots qu’elle s’est parfois permis et qui nécessitent une lecture pour en saisir toute la subtilité : "Demain de boue nous serons revêtus"

Il se dégage aussi une certaine musique des mots choisis par l’auteur, cela crée une dynamique dans la lecture et lui donne un rythme.
Néanmoins pour moi cette partition n’est pas parfaite du fait de l’absence totale de ponctuation dans tout le recueil.
Peut-être est-ce un choix délibéré de la part de l’auteur, mais même la plus belle symphonie ou le plus grand concerto se ménage des instants de respiration pour reprendre son souffle.
Là le rythme n’est cassé à aucun moment et c’est dommage, d’autant plus lorsque l’on passe ces poèmes en récitation orale.

"Abécédaire" de Monique Guetta est un recueil de poèmes où l’art se mêle à l’amour, à la nature, pour tendre vers la liberté.
Une belle découverte et aventure littéraire, qui se lit très vite et permet de s’évader dans un monde rêvé quasi idéal où tout le monde serait frère.


Je remercie le site Les agents littéraires et Les éditions Persée pour l'envoi de ce livre.
Pour information, le blog des Agents littéraires a été créé fin mars 2011 pour aider les livres des éditeurs indépendants ou des auteurs auto-édités à se faire connaître grâce au web.

Blade Runner de Philip Kindred Dick


L'androïde Nexus 6 n'est pas un simple robot. Son intelligence est bien supérieure à celle de certains êtres humains. Et parce qu'ils ne supportaient plus l'âpreté de la vie sur Mars, huit d'entre eux ont assassiné leurs gardiens avant de s'enfuir sur Terre. La brigade spéciale des blade runners a mis Rick Deckard, son meilleur chasseur d'androïdes, sur l'affaire. Les renégats seront difficiles à coincer, même avec le test standard... Mais la paie proposée devrait lui permettre de concrétiser son rêve : remplacer son simulacre électrique de mouton par un vrai ! Cependant, quand surgit face à lui la belle Rachel, toutes ses certitudes sont remises en cause... (J'ai Lu)

Originellement appelé "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" le livre a été rebaptisé "Blade runner suite à la sortie du film de Ridley Scott.
Certes, ce titre était certainement moins accrocheur, mais il avait le mérite de refléter le contenu du livre et surtout les questions philosophiques sous-jacentes tout au long du récit.

Avec ce livre, Philip K. Dick offre un formidable roman de science-fiction qui pourrait apparaître comme démodé mais qui finalement ne l'est pas et recèle au contraire des richesses, avec une philosophie et de vrais questionnements derrière l'histoire, notamment à travers les personnages des androïdes.
Dès le début se met en place une ambiance oppressante, avec la quête perpétuelle de posséder un véritable animal domestique et non un robot, puisque cela est symbole de richesse et d'ascension sociale.
Rick Deckard n'y échappe pas, il cache que son mouton est un robot et veut à tout prix posséder un animal, c'est même l'une de ses motivations pour rechercher et éliminer les androïdes venus sur Terre.
Finalement, le lecteur sait peu de choses sur les humains partis dans les colonies de l'espace, il n'y a que trois catégories de personnages : ceux dits sains car non contaminés, les spéciaux et les androïdes, et l'un des aspects dominants est la distinction qui est faite entre ces trois catégories.
Cela n'est pas sans rappeler la quête de l'Homme parfait, du monde idéal, où ceux sortant du rang doivent être éliminés.
D'ailleurs, peut-être que les colonies représentent le monde idéal.

Comme dans d'autres récits de science-fiction, la religion est également très présente et a une forte influence sur les personnages lorsqu'ils y croient ou alors aucune lorsqu'ils la rejettent. Il n'y a pas de demi mesure, soit on croit soit on ne croit pas.
La religion est ainsi un point de repère pour certains, tandis que d'autres s'en affranchissent, ce qui est le cas de Rick Deckard avant un retournement en fin d'histoire. Il sait que ce qu'il fait est mal, mais il doit le faire : "Mercer a dit que c'était mal, mais je devais le faire quand même."
Car la religion développée par Philip K. Dick est le mercerisme qui via des boîtes à empathie permet la fusion de chacun avec Wilbur Mercer, un homme capable d'inverser le temps.
Que ce soit la quête d'avoir un véritable animal ou celle de la religion, de la recherche de la fusion via la boîte à empathie, ce n'est au fond qu'une quête perpétuelle de la non solitude où chacun essaie de ne pas être seul. Paradoxalement, les humains dits normaux ne se tournent pas vers les androïdes, et cette quête apparaît comme désespérée, et si au fond tout cela n'était que le reflet d'une Humanité qui se meurt ?

L'histoire est rythmée et ne s'essouffle jamais, d'autant qu'il y a des scènes très fortes et hautement symboliques.
Deux scènes m'ont particulièrement marquées : lorsque Rick Deckard fait passer le test Voight-Kampff à Rachel, et lorsque Rick Deckard se fait dénoncer par une androïde à la police et que celle-ci lui met alors un doute dans la tête, prétendant n'avoir jamais entendu parler de lui ni de son supérieur, lui affirmant même que le quartier général des Blade runners n'est pas à l'adresse qu'il indique mais à une autre.
Pendant toute cette partie, l'auteur a réussi à semer le doute dans ma tête, et je me suis demandée si Rick Deckard n'était pas en fait lui-même un androïde, un de ces Nexus 6 si performants.
C'est pour moi l'un des moments les plus forts du récit, d'ailleurs cette interrogation est également sous-jacente dans la version cinématographique.
J'ai également trouvé un côté misogyne à ce récit car les femmes n'ont pas le beau rôle.
Elles sont présentées comme pénibles (la femme de Rick Deckard), pour les humaines, et manipulatrices (Rachel, Priss Stratton, Irmgard Baty), pour les androïdes.
Elles ne sont pas franchement dotées de qualité et sont même plutôt dépeintes sous un mauvais jour, d'autant que Rachel est une séductrice, qu'elle le sait, et qu'elle joue de son charme sur les Blade runners pour les court-circuiter et les rendre inaptes à leur fonction.

"Blade runner" est l'un de ces livres incontournables, un des piliers de la science-fiction, et j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire.
Il soulève de vraies questions et propose une dimension philosophique au récit, ce qui le rend riche et extrêmement plaisant à lire.
Je pense même qu'il faut en faire plusieurs lectures pour saisir toutes les subtilités développées par l'auteur.
Un très bon moment de lecture et d'évasion dans un monde futuriste quelque peu angoissant, oppressant mais intrigant et attachant.

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge ABC critiques 2011/2012 - Lettre D


mercredi 6 juin 2012

Juin - Everyday is a winding road de Sheryl Crow

Pour le mois de juin, ça sera Sheryl Crow avec "Everyday is a winding road", so enjoy the show ! 

I hitched a ride with a vending machine repair man 
He says he's been down this road more than twice 
He was high on intellectualism 
I've never been there but the brochure looks nice 
Jump in, let's go Lay back, enjoy the show 
Everybody gets high, everybody gets low, 
These are the days when anything goes 

(Refrain) 
Everyday is a winding road 
I get a little bit closer 
Everyday is a faded sign 
I get a little bit closer to feeling fine 

He's got a daughter he calls Easter 
She was born on a Tuesday night 
I'm just wondering why I feel so all alone 
Why I'm a stranger in my own life 
Jump in, let's go 
Lay back, enjoy the show 
Everybody gets high, everybody gets low 
These are the days when anything goes 

(Refrain) 

I've been swimming in a sea of anarchy 
I've been living on coffee and nicotine 
I've been wondering if all the things I've seen 
Were ever real, were ever really happening 

(Refrain)

Borgia Tome 1 - Du sang pour le pape de Milo Manara et Alexandro Jodorowski


Rome n'est plus une ville sainte, mais un chaos sans foi ni loi. La Mafia Borgia, les premiers parrains de l'Histoire, en sont les maîtres. (Vent des Savanes)

Ce premier tome s'attache à planter les bases de ce que sera l'histoire des Borgia dans cette version en bande dessinée.
Dès les premières images, il se dégage une ambiance quasi malsaine de recherche du pouvoir et de moeurs plutôt dissolues qui ne quittera plus le récit.
Mais il n'y a rien d'étonnant à cela, puisque : "Rome n'est plus une ville sainte mais un lupanar sans foi ni loi !" et que les auteurs ont développé l'histoire de la famille Borgia.

Ce premier tome se focalise sur Rodrigo Borgia, cardinal tout en ayant une maîtresse et des enfants et qui affiche clairement son ambition de devenir pape, c'est-à-dire dès que l'actuel, moribond malgré sa quête de la jeunesse à travers d'horribles procédés, aura enfin passé l'arme à gauche.
"Du sang pour le pape" ne laisse pas indifférent, il comporte un cocktail explosif et sulfureux qui ne demande qu'à se répandre dans les tomes suivants. La violence, le sang, le sexe, la mort, transpirent de chacune des bulles et créent une fascination qui ne m'a plus quittée.
J'ai été prise par cette débauche de couleurs et d'horreurs, par la vie et les mouvements qui se dégagent de chacune des images, d'autant plus que l'histoire des Borgia plaît ou ne plaît pas, mais ne laisse pas indifférente.
Les auteurs sont sans concession et certaines scènes pourraient mettre mal à l'aise (la mort du pape, ou juste déjà son physique), il n'empêche, j'ai hâte de lire la suite.
J'ai apprécié le scénario, bien mené avec des scènes fortes, et la qualité du graphisme et le choix des couleurs.

Ce premier tome est une très bonne entrée en matière et plante le décors pour les trois suivants.
Une nouvelle version de l'histoire des Borgia, cette fois-ci en bande dessinée, à découvrir pour pénétrer dans un univers particulier et redécouvrir la vie d'une des familles les plus puissantes d'Italie.

Livre lu dans le cadre du challenge Il Viaggio


Le Festival de Cannes et moi


Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer le Festival de Cannes ?
C’est … c’est … ce sacré Jean Zay en 1946 alors qu’il était ministre de l’Education Nationale et des Beaux-Arts (au passage, elle est facile, mais à quand un ministère du redressement de l’Education, de la Culture et de l’Art en France ?).

Cannes, ses rues, la mer, son festival, son Palais des Festivals et des Congrès (qui m’a valu de me manger un poteau car je regardais ledit Palais et non plus où je mettais les pieds), son tapis rouge, sa montée des marches et surtout son tapis de stars internationales se donnant systématiquement rendez-vous tous les ans pendant douze jours.
Cannes en mai, c’est THE place to be, le rendez-vous international du cinéma et c’est sans nul doute le festival le plus relayé médiatiquement et connu dans le monde.
Et qui dit festival dit sélection, et là, le credo de Cannes c’est de refléter la production cinématographique mondiale et donc de mettre en avant le cinéma d’auteur ou de recherche.


Voilà où je voulais en venir, à la sélection et surtout aux films primés.
Parce que sur ce festival, il y a du très bon et il y a du moins bon, et, en règle générale, il y a du moins bon primé, qu’il m’arrive d’aller voir comme d’autres cinéphiles et amateurs de cinéma/crédules (rayez la mention inutile) et de regretter amèrement.
Ou alors il m’arrive de hurler (intérieurement) lors du Palmarès car des petits bijoux n’ont pas été récompensés à leur juste valeur, parce que là aussi, comme partout ailleurs, il y a du copinage et des us et coutumes difficiles à supprimer.
Ainsi, certains grands réalisateurs, voire monstres sacrés du cinéma, n’ont jamais reçu la Palme d’Or, pour n’en citer quelques uns : Ingmar Bergman, Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick, André Téchiné, François Truffaut, Alain Resnais, Claude Sautet, Douglas Sirk, Pedro Almodóvar, Jean-Luc Godard, Clint Eastwood (pour mieux réaliser la chose, relisez la liste une seconde fois).
Après on aime ou on n’aime pas, il n’empêche que toutes ces personnes ont marqué le cinéma.
Là il est facile de me rétorquer : "Et bien le palmarès c’est pareil, on aime ou on n’aime pas", mais quel est l’intérêt de récompenser un film aussitôt primé aussitôt oublié ? Ou qui n’apporte rien au cinéma ? Ou simplement parce que le réalisateur est un ami ? (Je ne parle pas d’Isabelle Huppert … oups) Et qui ne va pas rencontrer un public à sa sortie ? Voire même sera aussitôt retiré des salles ?
Pour certains films ayant reçu la Palme, je comprends l’attribution de ce prix, notamment pour Apichatpong Weerasethakul, mais dans d’autres cas, cela reste un mystère complet.
Et quel besoin de faire une allergie à des films "grand public" ? Ou de laisser de côté certains genres ? (qui a déjà vu un film d’horreur à Cannes ?)
Un film de Cannes doit donc forcément être torturé, noir, sombre, morbide, pénible ?
Vu le contexte actuel, ce n’est pas franchement le genre de films que les gens ont envie d’aller voir.
Certains réalisateurs refusant la concurrence n’acceptent pas que leur film soit projeté en compétition, c’est le cas de Woody Allen.
Et si c’était ça une partie de la solution ? Refuser la sélection officielle puisque de toute façon au final le film ne recevra rien ? Ou tout du moins pas la Palme ?
Remarquez que je ne m’étends même pas sur le fait qu’à ce jour une seule femme a obtenu la Palme : Jane Campion pour sa magistrale "Leçon de piano".
Et puis le jury est loin d’être neutre en opinion, preuves en sont les diverses polémiques depuis la création de ce Festival.

Et si ces dernières années j’étais plutôt satisfaite du palmarès, le jury ayant réussi à faire un savant équilibre entre films d’auteur et films grand public, je suis sincèrement déçue par le palmarès de cette année.
Une deuxième Palme à Michael Haneke !
Sérieusement, il n’y avait pas plus méritant et mieux ?
Voici un dialogue que j’ai eu avec une personne à ce sujet :
- Il doit être bien le film qui a eu la Palme !
- Pourquoi, parce qu’il a eu la Palme ? Tu sais dans les Palmes il y en a prendre et à laisser.
- Ca doit valoir le coup de le voir.
- Tu as déjà vu un film de Michael Haneke ?
- Non.
- Moi si, et c’est fini, définitivement fini. Je ne verrai plus aucun de ses films.
Et oui, cette personne aurait vu un film de Michael Haneke elle aurait compris ma réaction épidermique à cette Palme et à ce réalisateur.
Dans le genre film tordu où on ne comprend pas tout (voire rien), morbide, donnant envie de se pendre ou de se jeter sous le train à la sortie de la projection, il n’y a pas mieux ! (ou sans doute que si mais je n’ai pas encore vu)
De Michael Haneke, j’ai vu "La pianiste", film où Isabelle Huppert campe un professeur de piano vieille fille vivant avec une mère étouffante, aux pulsions sexuelles quelque peu déroutantes (elle veut du SM et aucun sentiment) et s’infligeant des mutilations, notamment sexuelles.
Apparemment ça ne m’avait pas suffi, je suis donc allée voir "Caché", histoire d’un couple qui découvre un beau jour par l’envoi d’une cassette vidéo qu’ils sont surveillés et épiés en permanence par quelqu’un. Là je n’ai rien compris au film, mais alors rien de rien ! A la fin on ne sait pas qui, ni comment, ni pourquoi, retour à la case départ.
Pourtant j’adore Juliette Binoche comme actrice, même si elle passait l’aspirateur et repassait le linge j’irai voir le film, mais là je n’ai pas trop compris ce qu’elle est allée faire dans ce film, la voir errer en quête d’un hypothétique voyeur m’a ennuyée, exécuter des tâches ménagères aurait été plus mouvementé (l’aspirateur va-t-il démarrer ?), c’est dire.
Voilà pourquoi je ne verrai plus de films de Michael Haneke.
Ensuite, Prix du scénario à Cristian Mungiu duquel j’avais vu l’assez bon "4 mois, 3 semaines, 2 jours".
Pourquoi n’irai-je pas voir "Au-delà des collines" ?
Parce qu’aller voir un film racontant l’histoire de lesbiennes dans un couvent roumain ça ne m’intéresse pas plus que ça, pour tout dire ça ne m’intéresse pas du tout (et pour utiliser une expression imagée : je m’en bats les paupières avec une pelle à tarte).
Il en va de même pour le restant de la sélection, sauf le film italien "Reality" qui tire peut-être son épingle du jeu.
Aucun film français primé, même pas Leos Carax qui dérange certes mais apporte une touche inédite au cinéma français, rien pour "Sur la route" alors que le livre était jugé inadaptable, rien pour Nicole Kidman qui, semble-t-il, renouait enfin avec un vrai rôle lui permettant de nous rappeler qu’elle est avant tout une actrice et non une people ex-adepte de la scientologie, et douée.


 Cette année, le Festival de Cannes et moi serons donc un peu fâchés, avec un résultat qui ne fait pas souffler un vent de jeunesse, au contraire, et une sélection plus cloisonnée que ces précédentes années.
Il me reste un peu moins de 12 mois pour digérer le Palmarès et espérer que la sélection l’année prochaine sera plus intéressante et que le Palmarès sera, dans une certaine mesure, plus ouvert.

lundi 4 juin 2012

Swap Au-delà des océans pour l'Eldorado

Le swap "Au-delà des océans pour l'Eldorado" a été organisé par isallysun, avec pour thème principal la découverte du Québec, à travers un auteur québécois ou un livre se situant au Québec ou un livre portant sur l'histoire du Québec.
L'idée sous-jacente étant également de faire découvrir son pays et/ou sa région à son/sa swapé(e).

J'ai participé à ce swap dans la catégorie "D'une frontière à l'autre", ma swapée est Lightjok et elle habite en Belgique.

Après l'envoi des deux questionnaires, dont un limite pour ma part pour cause d'emploi du temps de ministre quelque peu chargé, des échanges par courriel, le choix des cadeaux pour le colis, l'emballage des-dits cadeaux (lamentable pour ma part, il est plus que nécessaire que je suive des cours "papier cadeau"), un passage par la Poste et un cierge allumé à la Sainte Poste protectrice des colis, nous avons réussi Lightjok et moi à faire partir nos colis le même jour.
Par un phénomène que je ne m'explique pas que je m'explique très bien (la Poste française n'est apparemment pas la Poste belge), j'ai reçu mon colis aujourd'hui (et pas ma swapée) !
Autant dire que cela a été très dur d'avoir le colis en main depuis 10 heures ce matin, de devoir l'amener avec moi à une réunion en extérieur (apparemment ça n'a choqué personne que je me promène avec un gros sac contenant un colis), de prendre les transports en commun sans me faire accuser de transporter une bombe, pour finalement arriver chez moi et le déballer !

Et là ... et bien je vous propose de découvrir cela en images !

Tout d'abord le colis :


Après ouverture, une vue d'ensemble :


Le tout déballé du colis :


Un éventail de marques-pages tous plus beaux les uns que les autres :


De quoi déguster pendant les lectures :


Les colis roses mystérieux :


De quoi déguster et écouter pendant les lectures :


Pour le CD il s'agit d'un disque 100% belge concocté par Lightjok, je sens que je vais découvrir des chanteurs.

Pour partir sur le Nil et s'évader avec les pharaons :


Des colis bleus mystérieux :


De la lecture, de la lecture et de la lecture :


Pour le Québec :
- Contes et légendes du Québec
- "Les portes de Québec 1 - Faubourg Saint-Roch" de Jean-Pierre Charland
Pour la wish-list :
- "Le mépris" d'Alberto Moravia
- "Le temps de l'innocence" d'Edith Wharton
- "La pluie de néon" de James Lee Burke (1ère enquête de Dave Robicheaux)
Pour la découverte :
- "Le top du chat" de Philippe Geluck (BD 100% belge)

Je remercie tout d'abord isallysun pour l'organisation de ce swap, c'était le premier auquel je participais et j'ai adoré cela, autant dire que je renouvellerai l'expérience.
Bravo et merci pour l'organisation !

Et surtout un énormissime merci à ma swapée de m'avoir autant gâtée, d'avoir été patiente quand je mettais un peu de temps à répondre, cela a été un plaisir de te découvrir et de découvrir tes goûts littéraires.
Ton colis m'a fait extrêmement plaisir et j'en ai d'ailleurs beaucoup pris à le déballer et à découvrir les trésors qu'il recelait.
Tu as tout bon sur toute la ligne, je te remercie de me faire découvrir autant de livres, je sens qu'un tirage au sort s'impose pour savoir par lequel je vais commencer !

J'espère que ton colis te fera autant plaisir, et pour voir ce que j'ai envoyé à Lightkok c'est ici.

Merci, merci et encore merci !