lundi 11 novembre 2013
L'ABC des chiens de Julie Eugène
Cet album nous propose 26 races de chiens que l’auteure et illustratrice, Julie Eugène, a su croqué avec talent et humour. Cet ouvrage à la fois ludique et informatif éveillera les plus jeunes tout en surprenant agréablement les parents. (Editions L'Edune)
Heureuse propriétaire d'un Poodle Barbone, plus communément appelé caniche, c'est avec joie et bonheur que j'ai parcouru ce livre destiné aux enfants et aux parents, retraçant 26 races de chiens, et bien entendu, accompagnée de mon fidèle compagnon à quatre pattes.
Ce joli livre cartonné est ludique, bien fait, avec un descriptif des principales caractéristiques de chaque race, quelques dessins illustrant le chien et des mises en situation, ainsi que des touches d'humour.
Cela m'a replongée vingt ans en arrière (déjà !), à l'époque où je regardais les différentes races de chien dans un livre plus sérieux avec mes parents pour choisir celle de mon futur et premier chien (qui fut un caniche).
Que ce soit pour son côté ludique pour les enfants, leur apprendre à reconnaître les différentes races de chien, ou pour son côté plus instructif, ce livre est bien fait et bien documenté.
Sans connaître en détail toutes les races de chien, j'ai retrouvé dans les descriptifs des anecdotes qui m'ont été racontées par des propriétaires de chien.
Ainsi, pour le Jack Russell et son côté increvable : "Méfiez-vous du Jack Russell ! Autrefois il poussait à bout le renard afin de le faire sortir de son terrier. Aujourd'hui c'est le maître qui sera mené au bord de la crise de nerfs s'il n'est pas ferme."; sur le bouledogue : "Ouï-dire : chien qui bave, ronfle et pète ...", il rote également; pour le caniche et son côté presque parfait : "Considéré comme l'un des chiens les plus savants, le Poodle Barbone ou Caniche est l'animal de compagnie idéal.".
Il y a de l'humour également dans les dessins, ainsi le Yorkshire est comparé à un balai, le teckel à une saucisse de Frankfurt, le Pinscher nain est qualifié de "chien très souriant !".
J'ai même découvert quelques races que je ne connaissais pas, comme le xoloitzcuintle ou chien nu du Mexique et l'U Cursinu ou chien corse.
Le format cartonné du livre convient très bien aux jeunes enfants, il tient bien en main et ne s'abîme pas après plusieurs lectures de cet ouvrage.
J'ai découvert par la même occasion la maison d'édition L'Edune qui propose un catalogue diversifié pour les enfants, j'en profite pour les remercier du gentil petit mot glissé à l'intérieur de l'album.
Le seul frein est à mon sens le prix de ce livre, un peu élevé pour l'usage qui en sera fait.
"L'ABC des chiens" est un livre ludique, bien pensé et bien fait à destination des enfants et des parents, croquant avec malice 26 races de chiens, qui se lit facilement et avec grand plaisir.
Julie Eugène est une illustratrice basée dans la région Midi-Pyrénées dont le trait de crayon est agréable et certainement promise à un bel avenir dans le monde littéraire de la jeunesse.
J'ai pris en tout cas beaucoup de plaisir à parcourir son "ABC des chiens", une belle découverte littéraire.
Je remercie Babelio et les Editions L'Edune pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique.
Livre lu dans le cadre du Challenge Totem
Le caniche est donc la meilleure race au monde, de l'univers et même d'ailleurs, de chien.
(A titre personnel je ne fais pas faire des tontes aussi élaborées à ma chienne qui est surtout un chien d'extérieur et non d'intérieur, car oui, le caniche n'est pas un chien de salon à sa mémère.)
Mieux vaut éviter de sortir sous la pluie l'Italian Greyhound.
Non, le carlin ne s'est pas mangé une porte dans la gueule.
Little Children de Todd Field
Little Children entrecroise les vies, les destinées contrariées, les secrets, les rêves, les fantasmes et les angoisses de personnages dans la quiétude trompeuse d'une banlieue bourgeoise de la côte Est. (AlloCiné)
D'un côté, il y a les femmes bourgeoises aux petits soins pour leur progéniture, les emmenant au parc, les faisant goûter à heure fixe, pendant que leur mari gagne honnêtement et sans doute grassement de quoi faire vivre toutes ces belles petites familles; et de l'autre, il y a le loup qui entre dans la bergerie, en la personne d'un délinquant sexuel condamné pour exhibition devant une petite fille, revenant chez sa mère après avoir été libéré.
Autant dire que cela met en émoi ce quartier si paisible d'une ville de la côte Est des Etats-Unis.
Et puis, il y a aussi Sarah Pierce, une jeune femme pas très jolie, mal habillée, mal dans sa peau, s'occupant de sa fille et en décalage avec les autres mamans; et celui que toutes les femmes ont surnommé "le roi du bal" : Brad Adamson, un père de famille au foyer.
Traiter l'envers d'une banlieue bourgeoise n'est pas une nouveauté dans le cinéma américain et il est à regretter que ce film ne se démarque pas plus de ses congénères.
"Little Children" n'a pas la puissance et la beauté d'un "American Beauty" ou "Les noces rebelles", il est moins grinçant et caustique, et contient une violence et des frustrations encore trop refoulées qui n'arrivent jamais à s'épanouir totalement.
Même la présence d'un homme au foyer au milieu de cette basse-cour n'amène rien de très original, hormis une attirance et une part de mystère pour les femmes que le personnage de Sarah percera.
Car il ne faut pas se leurrer, sous l'apparence du mystère et de l'attrait, toutes ces femmes se moquent de cet homme, le surnom de "roi du bal" est loin d'être un compliment dans leur bouche, d'autant plus que Brad est un raté : il a échoué plusieurs fois à l'examen du barreau, il n'est pas plus motivé que ça pour le repasser, il vit aux crochets de sa femme qui le castre par ailleurs en portant à sa place la culotte; et il ne fait rien pour inverser la courbe de son existence.
Pas plus que Sarah d'ailleurs, frustrée dans sa vie d'épouse et de mère au foyer.
A partir de ce constat, il n'est pas étonnant que ces deux êtres se soient trouvés et compromis dans une relation adultérine qui redonne pendant un temps du piment et un sens à leur vie.
Autour de ce couple adultère, il y a leurs enfants respectifs qui nouent une amitié, ainsi que tous les autres enfants du quartier, avec le spectre de Ronnie, le délinquant sexuel concentrant toutes les craintes et les peurs de cette communauté, lui-même persécuté par Larry, un ancien policier qui a décidé que sa mission de bienfaisance serait de pourrir la vie de Ronnie en le réveillant en pleine nuit, en punaisant son portrait sur les arbres du quartier et en distribuant des tracts invitant à la prudence, voire au lynchage public.
Tout ce petit monde vit dans un microcosme dont Sarah et Brad envisagent de s'échapper, mais la poudre aux yeux finit par s'estomper, à commencer pour Kathy, la femme de Brad; tout comme Ronnie s'avère ne pas se résumer qu'à un délinquant sexuel mais est aussi un homme éprouvant des sentiments, l'ennemi d'hier n'est peut-être pas si monstrueux que cela.
L'ensemble du film est finalement trop lisse et manque de relief, de réelle volonté de s'affranchir de cette bourgeoise étouffante et bien pensante, la fin est d'ailleurs à cette image et sans réelle surprise.
Quant au titre, il se rapporte à la fois aux enfants qui jouent un rôle dans cette tragédie et aux adultes qui se comportent pendant un temps comme de petits enfants.
La perle de ce casting est sans nul doute Kate Winslet.
Honnêtement, cette actrice tournerait un film passant l'aspirateur et récurant la vaisselle, elle remporterait encore un Oscar pour ce rôle.
C'est une actrice vraiment très douée, dont ces rôles de mère au foyer lui font particulièrement bien, elle a le physique qui avec ce genre de rôle et le courant passe bien entre les enfants et elle.
D'une façon plus générale, Kate Winslet est l'une des actrices les plus douées de sa génération et c'est toujours un plaisir de la voir évoluer à l'écran avec un jeu toujours juste.
Elle illumine en grande partie ce film, les quatre autres belles surprises viennent de Patrick Wilson dans le rôle de Brad Adamson, un acteur peu vu jusqu'à présent, et de Jennifer Connelly dans le rôle de sa femme, de Noah Emmerich dans celui de Larry et enfin Jackie Earle Haley dans celui de Ronnie.
Quant à Todd Field, même si son "Little Children" n'est pas complètement abouti, il est dommage qu'il n'ait pas depuis fait reparler de lui, car c'est un réalisateur (entre autres) avec du potentiel.
"Little Children" est un film s'attachant une fois de plus à décrire les travers de la bourgeoisie de banlieue, mais malgré une intensité dramatique, le scénario utilise des ficelles déjà éprouvées et ne renouvelle pas ce genre cinématographique.
Un film qui mérite toutefois d'être vu , ne serait-ce que pour admirer le jeu toujours juste de Kate Winslet, et qui laisse entrevoir un bel avenir pour son réalisateur qui manque encore un peu de maturité dans le traitement de son histoire mais certainement pas dans sa mise en scène.
dimanche 10 novembre 2013
Black Swan de Darren Aronofsky
Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lilly... (AlloCiné)
Nina est une jeune femme qui ne vit que pour la danse et qui est dévorée à l'intérieur par son ambition et sa volonté de réussir, d'avoir enfin un rôle en haut de l'affiche.
Pour cela, elle est prête à tout ... enfin presque, c'est-à-dire qu'elle est prête à travailler sans relâche, à refaire encore et encore les mêmes pas, le même enchaînement, mais est-elle prête à travailler sur elle et se libérer de son carcan de rigueur, de son perfectionnisme ?
Car c'est sa quête de perfection qui la perd et qui fait douter Thomas Leroy de lui confier le double rôle de la Reine des Cygnes.
Il le reconnaît, elle incarnerait sans problème le Cygne Blanc, mais qu'en est-il de son double maléfique, le Cygne Noir ?
Pour cela, Nina va s'enfoncer dans sa noirceur, aller puiser au plus profond d'elle-même pour s'affranchir de sa vraie nature et trouver les ressources pour se diaboliser et incarner le Cygne Noir.
L'opposition Cygne Blanc/Cygne Noir n'est pas que dans le ballet, elle l'est également dans la vraie vie, entre Nina et la troublante et sensuelle Lilly.
Lilly ne danse pas avec la perfection de Nina, mais elle est tout ce que Nina n'est pas et qu'il va lui falloir assimiler.
Le propos est intéressant, tout comme le travail sur les angoisses qui rongent Nina, qui se mêlent peu à peu à la réalité jusqu'à brouiller les sens de Nina ainsi que les perceptions du spectateur.
Mais à trop vouloir en faire, cela finit dans l'excès et perd le spectateur qui ne sait plus que croire : est-ce la réalité ou l'imagination de Nina ?
Son esprit ne se disperse-t-il pas comme la peau de ses mains qui s'arrache d'un bloc ?
Fallait-il autant insister sur cet aspect que le spectateur a bien compris et saisis ?
Mais voilà, le réalisateur est aussi diabolique que le Cygne Noir quant au sort qu'il réserve à la douce et fragile Nina, qui pourrait bien finir broyée par la machine tout comme Beth, la précédente étoile du ballet, une sorte de miroir du futur de Nina.
De New York, il en est essentiellement question par son métro si caractéristique et bien peu d'autres vues extérieures permettent de deviner que le film s'y déroule.
Il faut dire que sans être vraiment un huis-clos, l'intrigue se joue dans le milieu hermétique de la danse, et que le seul horizon pour Nina c'est le New York City Ballet et l'appartement qu'elle partage avec sa mère, qu'elle voit parfois comme un soutien et parfois dominatrice.
Point de réelle création musicale, la partition de Tchaïkovski suffit à elle seule pour accompagner la descente aux enfers de Nina.
Visuellement sombre et réglé au millimètre près, notamment dans les scènes de ballet, la mise en scène de Darren Aronofsky est remarquable et digne d'un ballet de danse, alternant entre les chorégraphies, les disputes et les moments forts où Nina se cherche, ose, rêve et se met ensuite à le mélanger avec la réalité.
Nina fait penser à une marionnette manipulée par Thomas, un chorégraphe trouble qui arrive à faire d'elle ce qu'il veut.
D'une façon générale, Nina est facilement influençable et manipulable, elle suit sans hésiter Lilly, dans une forme de naïveté troublante, elle ne conçoit pas toujours que les autres cherchent à lui faire du mal, à la détrôner pour prendre sa place.
Il faut ajouter à cela que Nina est également névrosée, au-delà de l'anxiété, et s'est enfermée dans un cercle sans fin de quête de la perfection, pensant qu'elle seule pourra lui permettre de réussir et d’atteindre ses objectifs.
Dans une certaine mesure, il y a également transfert entre les rêves avortés de la mère de Nina pour cette fille qu'elle a choisie d'avoir en lieu et place d'une hypothétique carrière et qu'elle reporte sur Nina.
Complexe est un mot qui qualifie très bien l'histoire de ce film interprété par des actrices (et acteur) au sommet de leur art.
Natalie Portman y est tout simplement éblouissante et son double Mila Kunis est une révélation, la proximité physique de ces deux actrices étant accentuée jusqu'au point de quasiment les confondre.
Quant à Winona Ryder, elle est difficilement reconnaissable dans ce rôle d'une femme déchue et pétrie de névrose, et une french touch est donnée à ce film en la personne de Vincent Cassel qui marque et se creuse un chemin dans le cinéma américain.
"Black Swan", sans être qualifié de chef d'oeuvre, est un grand film qui brille par une mise en scène soignée et un jeu d'actrices irréprochable, transportant Natalie Portman au sommet de sa gloire et le spectateur dans l'envers du décors d'un ballet où la tragédie dansée finit par rejoindre la réalité pour ne plus former qu'un tout indissociable à l'issue fatale.
Ce film a été vu dans le cadre du Challenge New York 2014
La vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 d'Abdellatif Kechiche
À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve... (AlloCiné)
Librement adapté de la bande dessinée de Julie Maroh "Le bleu est une couleur chaude", le nouveau film d'Abdellatif Kechiche traite du parcours d'Adèle, dans un premier chapitre à l'âge de 15 ans où la jeune fille se découvre et dans un deuxième chapitre un peu plus âgée où la jeune femme va se perdre.
La construction cinématographique d'Abdellatif Kechiche est intéressante à plus d'un titre.
Tout d'abord, le bleu est une couleur omni-présente pendant tout le film : les cheveux d'Emma, le papier dans la chambre d'Adèle, comme un écho à la bande dessinée dont s'est inspiré le réalisateur.
Ensuite, les scènes d'ouverture et de clôture du film forment un parallèle tendant à transformer la vie d'Adèle comme un cycle voué à recommencer.
Le film s'ouvre sur Adèle partant de chez ses parents pour aller à l'école, il se termine par Adèle partant de l'exposition d'Emma pour certainement rentrer chez elle.
Le réalisateur, également scénariste, a choisi de modifier le prénom d'une des héroïnes pour garder celui de l'actrice l'incarnant, dans une volonté de créer une fusion entre fiction et réalité.
La présence de la littérature, particulièrement de Marivaux, est également une habitude chez Abdellatif Kechiche, et il est difficile de ne pas voir le parallèle entre le livre de Marivaux étudié par Adèle en classe, s'intéressant au coup de foudre et à la rencontre amoureuse, et son coup de foudre pour une jeune femme aux cheveux bleus croisée dans la rue.
Adèle se met au diapason de l'héroïne de Marivaux, mais dans une relation qui la fait s'interroger, douter, se chercher : pour elle à 15 ans, une fille va avec un garçon pas avec une autre fille.
Adèle va devoir s'affranchir des barrières et du carcan de ce qui est normal aux yeux des autres pour vivre une belle histoire d'amour avec Emma.
La façon de filmer d'Abdellatif Kechiche est crue, comme d'ordinaire il n'hésite pas à filmer ses actrices au plus près de leur visage, pour capter la moindre de leurs émotions.
Ainsi, il n'épargne rien au spectateur des larmes d'Adèle, de la violence d'une scène de dispute et de la tristesse d'une autre où les deux femmes se retrouvent, en vain; tout comme il ne cache pas la violence et le côté cru pouvant déranger des scènes d'amour entre les deux jeunes femmes.
Car oui, la passion ça peut être violent et souvent l'Humain retrouve son côté bestial pour accomplir un acte d'amour.
Et oui également, les histoires d'amour peuvent se finir mal, le décalage entre les deux personnages n'a jamais été caché, mais il faut aussi savoir profiter de l'instant et prendre la vie comme elle vient.
Quelle maîtrise, quel sens de la mise en scène, quelle perfection dans la façon de filmer et de mettre en scène ces deux actrices qui donnent le meilleur d'elles face à la caméra de leur réalisateur.
D'ailleurs, parlons-en des actrices, d'une Léa Seydoux incarnant avec justesse Emma, l'artiste aux cheveux bleus bien dans sa tête et dans sa peau, et la révélation, Adèle Exarchopoulos, campant une Adèle qui se cherche, se perd, se trouve, tout en fragilité, sans pudeur et sans toutefois tomber dans le racoleur, le moralisateur et le voyeurisme.
Pour livrer une telle interprétation elles ont dû souffrir et beaucoup travailler sur elles-mêmes, mais elles crèvent l'écran et l'illuminent de leur beauté, elles portent à elles deux le film sur leurs épaules et sont indissociables l'une de l'autre dans sa réussite.
Si l'histoire est belle, la musique l'est tout autant et a été particulièrement bien choisie pour coller aux images.
Et la durée du film n'est absolument pas un problème, pour ma part je n'ai pas vu filer ces trois heures et j'ai particulièrement apprécié l'ellipse du réalisateur pour passer du premier au deuxième chapitre.
Je n'ai pas encore lu "Le bleu est une couleur chaude" mais j'ai très envie de découvrir ce roman graphique, et je ne regrette qu'une chose par rapport à ce film, c'est le manque de drame présent à l'inverse dans la bande dessinée.
Car oui, la tension dramatique monte et j'attendais quelque chose de grave et de triste qui n'est jamais venu et qui selon moi aurait dû être présent.
Mais c'est bien le seul petit point de détail sur lequel j'ai trouvé à redire.
Vous l'avez bien compris, il faut passer outre les polémiques autour de ce film, ainsi que de sa Palme d'Or surprenante car pour la première fois de l'histoire du Festival de Cannes elle n'est pas attribuée qu'à un film mais également aux deux actrices interprétant les rôles principaux, "La vie d'Adèle" tutoie la perfection et cela faisait extrêmement longtemps que je n'avais pas eu la chance de voir une telle perle cinématographique.
"La vie d'Adèle" est sans nul doute la plus belle surprise et le plus beau film au niveau mondial de cette année 2013, un film d'Abdellatif Kechiche particulièrement inspiré et au sommet de son art qu'il faut aller voir de toute urgence.
Ce film a reçu la Palme d'Or du Festival de Cannes 2013
samedi 9 novembre 2013
Porco Rosso de Hayao Miyazaki
Dans l'entre-deux-guerres quelque part en Italie, le pilote Marco, aventurier solitaire, vit dans le repaire qu'il a établi sur une île déserte de l'Adriatique. A bord de son splendide hydravion rouge, il vient en aide aux personnes en difficulté. (AlloCiné)
"Porco Rosso" est une oeuvre d'Hayao Miyazaki plutôt méconnue se situant à mi-parcours des créations de ce génial réalisateur de films d'animation et considéré comme un Dieu (ou presque) au Japon.
Dans ce dessin animé, j'ai trouvé de très bonnes choses et d'autres moins, me laissant comme sentiment que ce réalisateur n'était pas encore parvenu à sa maturité au moment où il l'a fait.
Marco, désormais connu sous le nom de Porco Rosso, est un pilote émérite mais vivant reclus dans son repaire sur une île de l'Adriatique avec la particularité d'être un cochon, au sens littéral du terme.
C'est l'une des marques de fabrication chez Hayao Miyazaki : un personnage est marqué physiquement pour une raison bien précise.
Le problème présentement, c'est que je m'attendais à une explication claire sur cette transformation en porcin, et surtout (c'est mon côté midinette) que ce personnage retrouve son apparence humaine.
Au final, j'ai tiré d'une anecdote la raison de cette transformation mais il n'est jamais dit explicitement que c'est bien depuis ce jour-là que Marco est devenu un cochon, quant au retour à son apparence humaine, c'est le flou le plus complet, à chacun d'y voir ce qui l'arrange.
Et autant le dire, je n'aime pas être laissée dans l'incertitude et la fin m'a particulièrement déplu tant elle arrive comme un cheveu sur la soupe et soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses.
Pourtant, le personnage de Marco Pagotto m'a plu et ému, il a du bagout, il séduit, il n'est d'ailleurs pas sans rappeler des acteurs américains tel que Cary Grant ou Humphrey Bogart, je m'y suis très vite attachée.
Autour de lui gravitent de belles et courageuses femmes, à l'image de Gina, son amie de longue date secrètement amoureuse de lui, et la jeune et pétillante Fio Piccolo, une mécanicienne hors pair qui arrivera à faire sortir ce qu'il y a de plus beau chez Marco.
Mais, encore une fois et au risque de me répéter, j'ai été particulièrement déçue par la fin et le traitement qu'Hayao Miyazaki a fait de ces deux personnages féminins gravitant autour de ce pilote héroïque.
Quant à Donald Curtis, un pilote américain doué et tombant amoureux de toutes les femmes qui croisent son chemin, c'est la touche d'humour de ce dessin animé, avec les terribles (?) pirates de l'air, les Mama Aiuto.
Heureusement qu'il y a quelques passages légers dans ce dessin animé, car sous ses apparences légères il cache une réalité bien plus dure.
Hayao Miyazaki est un pacifiste et dénonce dans nombre de ses créations la guerre, son absurdité, sa violence et les pertes humaines qu'elle engendre, "Porco Rosso" n'est pas une exception.
L'histoire est nommément située dans l'Europe de l'entre-deux guerres, la politique est en toile de fond, le fascisme est en train de monter en Italie, cela ne présage rien de bon pour la suite et c'est à se demander si Porco Rosso n'a pas eu raison de perdre foi dans l'humanité.
L'Italie est pauvre et subit une crise économique, dans l'entreprise Piccolo où Marco va faire réparer son hydravion il n'y a plus que des femmes qui y travaillent, les hommes sont partis ailleurs chercher du travail pour faire vivre leur famille.
Et que dire de Gina qui chante "Le temps des cerises", hormis que le réalisateur y a mis un côté personnel, ayant souhaité pendant longtemps être communiste et venant de réaliser que cette idéologie n'était pas possible à appliquer.
Mais ce dessin animé est également un hommage à l'aviation, d'ailleurs je note que dans bon nombre des films de ce réalisateur il est question de machines volantes.
Certaines scènes d'action sont vraiment bien menées, à l'image de la fuite en hydravion des ateliers Piccolo, ou encore la scène d'ouverture avec le kidnapping d'enfants par les pirates de l'air.
Visuellement ce dessin animé est particulièrement réussi et plaisant à regarder, les paysages sont de toute beauté et extrêmement réalistes, à l'image des personnages et du moindre détail sur les avions.
J'ai par contre été interpellée par les nombreuses références explicites faites à des marques : Porco Rosso fume des Gitanes, les marques Fiat et Shell sont visibles à un moment, c'était la première fois que je voyais cela chez cet auteur.
Quant à la musique, elle est, comme d'ordinaire, signée par Joe Hisaishi et absolument magnifique.
"Porco Rosso" n'est sans doute pas le meilleur dessin animé d'Hayao Miyazaki, en tout cas pas le plus abouti, son plus grand défaut étant à mes yeux sa fin trop elliptique et son manque d'explications sur certains points; mais il est tout de même réussi sur de nombreux autres aspects, à commencer par le message sous-jacent et son ancrage fort dans la réalité, et mérite à ce titre d'être vu et connu.
L'année du volcan de Jean-François Parot
1783, l’éruption gigantesque d’un volcan en Islande provoque d’importants changements climatiques. La terre se réveille : tremblements de terre, tempêtes… affaiblissent tous les pays d’Europe, la France en particulier. Le royaume commence à vaciller, les caisses se vident. Nicolas est convoqué par la Reine. Il est chargé d’enquêter sur la mort violente d’un de ses proches : le Vicomte de Trabard. L’homme est mystérieux, il fréquente le monde de la finance. Ne cherche-t-il pas à camoufler une affaire de fausse monnaie ? Tous les moyens sont-ils bon pour combler l’immense déficit du Trésor royal ? Voilà une affaire qui n’est pas sans nous rappeler quelques événements contemporains…
Les investigations de Nicolas vont le conduire une nouvelle fois en Angleterre et le mener à deux personnages le Comte de Cagliostro et la Comtesse de la Motte, chacun au cœur d’affaires où, là aussi, l’argent est en jeu. Dans ces mondes nouveaux que Nicolas va découvrir, la mort plane encore plus proche… (JC Lattès)
Les aventures de Nicolas le Floch se suivent et ne se ressemblent pas ... pour ce qui est de l'intrigue en tout cas.
Cette nouvelle aventure se déroule en 1783, Louis XVI est un roi plutôt méconnu et terne en comparaison de ses aïeux, qui peine à s'imposer : "Le feu roi avait le jugement sain, mais s'en remettait, hélas, à ceux qui parlaient haut, estimant trop mal son propre bon sens et ses capacités. Louis XVI détenait cette même qualité de discerner le bien et le meilleur, cependant, quelle que fût sa certitude ou son raisonnement, il les conservait par-devers lui, renonçant à trancher et, en fin de compte, à imposer.", et dont la fonction lui pèse plus qu'autre chose : "Gouverner, c'est toujours faire des choix entre des inconvénients, fussent-ils rudes pour une âme tendre.".
La Reine confie une mission sous le sceau du secret au commissaire le Floch : enquêter sur la mort du Vicomte de Trabard, piétiné par un cheval, ce qui conduira le commissaire aux Affaires extraordinaires notamment en Angleterre où il n'y a pas que des amis, et à rencontrer deux personnages mystérieux : le Comte de Cagliostro et la Comtesse de la Motte.
Nicolas le Floch vieillit, il est revenu sur certaines de ses illusions mais ne mène pas pour autant une vie moins trépidante et n'en côtoie pas moins la mort : "La mort est notre attente. C'est un chemin difficile sur lequel on avance à reculons. La distance qui nous en sépare est toujours trop courte. Il faut s'y résigner.".
Il s'adoucit auprès d'Aimée d'Arranet, une jeune femme vive d'esprit aux idées féministes et rêvant d'égalité entre hommes et femmes : "N'avons-nous pas le droit je juger des choses et des gens ?", et recueille toujours des bons conseils auprès de son ami Aimé de Noblecourt, qui lui aussi vieillit et se laisse séduire par les nouvelles idées et courants de pensée qui émergent : "Janus a deux faces, Noblecourt épousait alors son siècle. Le sentiment le portait à regretter un passé qui se confondait avec sa jeunesse, mais la raison lui faisait admettre la nécessité d'un changement que les idées des philosophes et sa propre aménité imposaient.".
Les prémices de 1789 se font déjà ressentir, le peuple commence à inquiéter certaines personnes, à commencer par Nicolas le Floch, tandis que son fidèle adjoint Bourdeau laisse échapper quelques phrases laissant prévoir ce qui se déroulera quelques années plus tard, à savoir un renversement de la bourgeoisie et du clergé par les gens du peuple.
"On pouvait tout espérer du progrès et des lumières de la raison.", des progrès se font à grand pas à cette époque et les Lumières des philosophes éclairent encore les salons les plus avisés, mais l'ombre de la Révolution plane, à l'image de ce ciel assombrit, de ce soleil obscurcit, de ces multiples orages ravageurs, de la chaleur étouffante, d'un air parfois irrespirable et semant la mort venant d'Islande et d'un volcan entré en éruption.
Il serait bien naïf de croire que Jean-François Parot s'est inspiré d'un autre volcan islandais ayant semé en 2010 une petite panique en Europe, le Laki est bien entré en éruption en 1783 et ce jusqu'en février 1784, causant de nombreux dégâts et morts en Islande mais également dans d'autres pays d'Europe, et provoquant un dérèglement climatique les années suivantes qui, entre les sécheresses, les hivers très rigoureux, les orages de grêle qui détruisirent les récoltes en 1788, causât famine et pauvreté, deux facteurs importants qui provoquèrent la Révolution Française.
A l'image des autres volets des enquêtes de Nicolas le Floch, les à-côtés de l'histoire sont toujours extrêmement documentés et précis, tout comme les recettes de cuisine qui égayent aussi bien le lecteur que les personnages et le parler et les expressions de l'époque.
Jean-François Parot maîtrise son sujet et il le montre, c'est l'une des forces de cette série qui permet par la même occasion d'apprendre des anecdotes tout en retraçant de façon fidèle la vie à l'époque et les règles qui prévalaient à Versailles.
D'un autre côté, je ne peux que constater dans cette nouvelle aventure ce que j'avais déjà remarqué dans de précédents volumes, à savoir une histoire qui s'étale en longueur, qui tarde à se mettre en place et à amener des pistes et qui se résout trop rapidement à la fin, un travers que je ne trouvais pas dans les premiers volumes de cette série.
Au final, il faut attendre longtemps, trop longtemps, pour que l'enquête sur la mort du Vicomte de Trabard se mette en place, encore plus pour avoir une ébauche de pistes et non de nouveaux tiroirs qui s'ouvrent et viennent alourdir l'intrigue, alors que la résolution et les tenants et les aboutissants sont expédiés en quelques pages.
Et avec un roman ayant pour titre "L'année du volcan", je m'attendais à en entendre parler beaucoup plus, alors que tout ceci n'est qu'évoqué à certains moments, ma curiosité sur ce point n'a pas été complètement satisfaite.
Il faut alors chercher la raison de ce titre dans les faits qui se jouent pendant l'année où le volcan est venu perturber l'Europe.
Par contre, la couverture est non seulement belle et bien choisie mais trouvera son explication dans l'épilogue de cette nouvelle aventure du commissaire aux Affaires extraordinaires.
"L'année du volcan" est un bon cru des aventures de Nicolas le Floch, j'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver ce personnage et son entourage ainsi que le Paris du 18ème siècle si bien rendu à la vie par Jean-François Parot, et malgré une intrigue qui tarde à se trouver et traîne en longueur ce n'est pas encore demain la veille que j'abandonnerai Nicolas le Floch à son destin, d'ailleurs, elle est pour bientôt sa nouvelle enquête ?
Les étranges sœurs Wilcox Tome 1 Les vampires de Londres de Fabrice Colin
Londres 1888. Qui sont ces deux orphelines qui s'aventurent la nuit dans les rues mal famées? Ignorent-elles qu'on peut y rencontrer Jack L'Éventreur? Que des créatures plus terrifiantes encore, goules et vampires, s'y livrent une lutte sans merci? Mais Amber et Luna Wilcox ne sont pas des jeunes filles comme les autres. Sous leur frêle apparence se cache un terrible secret. C'est pour cela qu'elles ont été choisies. Par qui ? Impossible d'en dire plus. Sinon que la survie de l'Empire britannique repose désormais sur les très étranges sœurs Wilcox... (Gallimard Jeunesse)
Bienvenue dans le Londres Victorien, à l'époque sanglante où Jack l'Eventreur sévissait dans les bas-fonds du quartier de Whitechapel et assassinaient des prostituées, tandis que dans les quartiers plus bourgeois on allait au théâtre, parlait littérature et recevait la bonne société à l'heure du thé et des scones, et qu'au 221B Baker Street Sherlock Holmes vit une retraite en apparence paisible avec son ami le docteur Watson.
"Il existe des moments où le hasard ressemble si fort au destin qu'aux yeux du monde, il se confond avec lui.", hasard ou coïncidences, allez savoir, mais il se trouve que les sœurs Wilcox, Amber et Luna, se réveillent chacune dans un cercueil enterrées dans un cimetière de Londres, apprennent qu'elles sont devenues des vampires, que leur père a disparu, que leurs protecteurs sont désormais Sherlock Holmes et le Docteur Watson, que Dracula est à Londres et cherche à renverser la royauté pour asseoir le règne de sa branche de vampires.
Cela fait beaucoup de choses à assimiler pour les deux jeunes filles qui se retrouvent bien malgré elles en vampires : "Celui ou celle qui a fait de nous ce que nous sommes devait être quelqu'un de très puissant.", à devoir sauver la Couronne d'Angleterre au beau milieu d'une guerre de clan de vampires.
De Fabrice Colin, j'avais lu "Bal de givre à New York" qui m'avait déçue, cette fois-ci, sans qualifier cette lecture de coup de cœur, j'ai plus apprécié ce récit qui s'adresse à la jeunesse.
L'histoire est plutôt bien construite, il y a du rebondissement et deux héroïnes féminines différentes l'une de l'autre mais tout aussi attachantes.
Ce livre s'adressant en premier lieu à un public jeune est bien fait, mêlant une intrigue qui va se développer sur plusieurs tomes (j'ai d'ailleurs été un peu frustrée par la fin du livre dont l'intrigue se prolonge clairement dans le deuxième tome et qui ne résout aucun point de l'intrigue soulevée) avec une écriture fluide et maîtrisée, mêlant personnages ayant réellement existé et ceux issus de la littérature, le tout se déroulant dans ce qui est sans doute la période la plus riche de Londres, la fin du 19ème siècle.
Les chapitres sont homogènes, ni trop courts ni trop longs, l'auteur a su décrire des moments graves et d'autres plus légers, avec des petites touches d'humour so british : "J'adore les tragédies, déclara le vampire. Elles nous rappellent que les humains sont mortels - contrairement à nous. Ah, si seulement Shakespeare avait pu être l'un des nôtres ! Mais il nous reste ses pièces.", la lecture est donc fluide et assez rapide avec une intrigue prenante même si j'ai pu deviner quelques ficelles un peu grosses.
Je n'aime pas forcément quand une histoire mélange des personnages piochés dans d'autres œuvres littéraires, ici le lecteur retrouve Sherlock Holmes, le Docteur Watson, Dracula, ainsi qu'Abraham Stocker qui rédigera plus tard la vie du Comte Dracula, même si pendant un temps je me suis demandée ce que venait faire pèle-mêle tous ces personnages j'ai fini par me prendre au jeu et me dire qu'après tout plus jeune j'aurais certainement apprécié ce trait narratif.
Parmi les bémols qui viennent nuancer cette lecture, je regrette que Londres n'est pas été plus présente, cette ville n'est qu'évoquée ou effleurée, j'aurais aimé lire plus d'action s'y déroulant et me permettant de retrouver des endroits connus; certaines actions ne sont elles aussi qu'évoquées et j'ai eu l'impression à certains moments qu'il manquait des passages, l'explication étant réglée en une phrase alors que l'auteur aurait pu prendre un peu plus de temps pour rentrer dans certains détails, tout comme le prologue dont la résolution n'intervient pas à la fin de ce premier tome et dont je m'interroge sur la réelle utilité.
Fabrice Colin s'est très certainement amusé à écrire cette histoire mêlant personnages de fiction créés par lui et par d'autres.
J'ai lu "Les vampires de Londres" pour me détendre et cette lecture a tout à fait répondu au but recherché, et malgré les quelques bémols qui nuancent mon avis, "Les étranges sœurs Wilcox" est à mon avis une bonne série littéraire jeunesse qui peut toutefois se lire à tout âge.
mardi 5 novembre 2013
Top Ten Tuesday #21
Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.
Les 10 endroits/univers que les
livres vous ont donnés envie de découvrir
1) L’Italie (notamment Rome,
Florence, Venise) ;
2) New York ;
3) La Terre du Milieu ;
4) La campagne anglaise ;
5) L’Ouest américain (ainsi que le
Wyoming) ;
6) Londres ;
7) Aldebaran, Betelgeuse et
Antares ;
8) L’Australie ;
9) Le Japon ;
10) La Russie.
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