mercredi 25 juin 2014

Tintin au Congo de Hergé


A peine rentré d'URSS, Tintin repart pour le Congo. Sorcier du royaume des Babaoro'm, en lutte contre une bande de gangsters à la solde d'Al Capone, le plus célèbre de nos reporters sortira bien sûr triomphant de toutes ces aventures. Pour notre plus grand plaisir à tous. (Casterman)

"Tintin au Congo" est la deuxième aventure du jeune reporter, beaucoup moins médiatisée que les autres tomes elle n'a pas fait l'objet d'une adaptation en dessin animé et pour cause !
A lui seul ce volume dégoûterait quiconque de s'intéresser un tant soit peu aux aventures du jeune Tintin et de son fidèle chien Milou tant il prône le colonialisme et la violence avec les nombreux animaux morts.
Tintin, flanqué de Milou, part au Congo sous couvert d'effectuer des reportages, mais les ennuis commencent dès la traversée en mer.
C'est en véritable héros que Tintin est accueilli : il voyage sur une chaise à porteur et ce sont quatre Noirs qui le portent tandis qu'un jeune garçon est dédié à son service, en somme il a le comportement typique du colonialiste qui se considère chez lui et transforme la population locale en esclave.
Mais ce qui m'a le plus choquée, ce sont tous les sévices affligés aux animaux.
Tintin ne se rend pas au Congo pour des reportages mais plutôt pour chasser et ramener le maximum de trophées.
Tous les animaux ou presque y passent : éléphants, lions, rhinocéros (particulièrement atroce), et même un singé tué dans l'unique but d'être dépouillé de sa peau afin que Tintin puisse se déguiser pour récupérer Milou : "J'ai une idée ! Mais avant tout, découvrir un autre singe. En voilà un ! Feu sur lui ! Parfait ! Et maintenant, dépouillons-le de sa peau.".
Le Tintin humaniste et refusant l'utilisation d'armes à feu est bien loin, ici il tue avec plaisir et use et abuse de son arme et presque de sa position.
Quant à Milou, il est arrogant dans ses propos et dans son attitude.
Bien entendu, Tintin s'attire des ennuis : "Ce petit Blanc li a pris trop d'autorité. Bientôt, li Noirs n'écouteront plus moi, leur sorcier. Il faut en finir avec li petit Blanc.", il est poursuivi par un mystérieux homme, passager clandestin du navire, mais le lecteur ne comprend pas bien pourquoi Tintin était sa cible dès le début, d'ailleurs l'intrigue est reléguée au second plan.
C'est du soulagement que j'ai ressenti au moment où Tintin s'en va : "Adieu, Afrique, où il me restait encore tant de choses à voir !", et plutôt que d'endroits à voir il faut comprendre d'animaux à tuer pour agrandir ses trophées de chasse.
Malgré les dessins et les quelques tentatives d'humour mon impression est plus que mitigée sur ce tome que j'ai découvert mais que je ne relirai sans doute pas, ou alors dans très longtemps, et dans lequel je n'ai retrouvé aucune des qualités de cette série de bande dessinée.

Si la suite des aventures de Tintin avait dû être dans la continuité de ce tome, il est à parier que la série n'aurait pas connu le même succès voire même se serait arrêtée d'elle-même.
"Tintin au Congo" fait partie de la genèse des aventures du reporter et s'illustre fâcheusement en mettant en avant le colonialisme et en faisant l'apologie de la chasse aux animaux d'Afrique, il est sans doute nécessaire de lire ce tome ayant toujours fait polémique mais il faut aussi garder à l'esprit qu'il ne reflète absolument pas l'esprit de cette série.
Lu avec la nausée je préfère lire et relire les autres aventures nettement plus humanistes que celle-ci.

Livre lu dans le cadre du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger


Aucun commentaire:

Publier un commentaire