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dimanche 19 juin 2016

Péchés capitaux de Jim Harrison


À la suite de son enquête sur le Grand Maître, l'inspecteur Sunderson, désormais à la retraite, n'aspire qu'à se mettre au vert dans un bungalow du Nord Michigan. Aussitôt installé, il découvre que ses voisins, la famille Ames, sèment la terreur dans toute la région. Les autorités locales avouent leur impuissance face à ce clan qui vit en dehors des lois et commet les crimes les plus crapuleux. Quand une série de meurtres éclate en pleine saison de pêche à la truite, Sunderson est contraint de reprendre du service. (Flammarion)

De Jim Harrison, j'ai lu le très beau recueil de nouvelles "Légendes d'automne", c'est pourquoi j'avais hâte de relire cet auteur mais en essayant cette fois-ci un roman policier.
Aïe, énorme erreur, j'aurai dû rester sur ma bonne impression et ne pas me lancer dans la lecture d'un policier de Jim Harrison, car cela n'a rien avoir avec ses nouvelles.
Déjà, son personnage, l'inspecteur Sunderson, est récurrent, commencer par le dernier livre n'était peut-être pas la meilleure des idées mais qu'importe, s'il n'y avait que ça !
Sunderson est surtout un personnage hautement détestable, non pas qu'il soit antipathique mais il ne pense qu'au sexe, à manger, à pêcher, au sexe, à dormir, au sexe, à pécher, au sexe, à manger, bref c'est un homme vieillissant qui est pris du démon de midi car bien évidemment il ne s'intéresse qu'aux jeunes femmes, tout en cultivant le secret espoir de reconquérir Diane, son ex-femme, une vraie femme celle-là.
Mais en attendant ce sont des gamines qui l'intéressent, il mâte sa voisine faisant son yoga et pour couronner le tout il couche avec sa fille adoptive (qui auparavant était sa voisine qu'il mâtait).
Mais quel monsieur charmant, qu'est-ce qu'il a pu me dégoûter avec ses pensées malsaines et obsédantes.
Sunderson nourrit aussi une obsession pour la Bible, particulièrement sur les sept péchés capitaux, dans lesquels il se vautre allègrement et j'ai doucement envie de rire quand il songe à relire le Nouveau Testament histoire de tester sa foi : "Il se rappela distraitement qu'il avait l'intention de relire le Nouveau Testament pour voir s'il croyait encore à l'un de ces trucs sacrés qu'enfant il avait appris à l'église.".
Sinon comme il est à la retraite il décide d'acheter un chalet pour pêcher (et pécher !) à sa guise, évidemment il ne choisit rien de mieux que d'avoir pour voisin la famille Ames, à la terrible réputation : "Au cours de sa longue carrière d'inspecteur de police, Sunderson avait entendu qu'un certain nombre de familles de criminels vivaient dans les vastes étendues boisées de la Péninsule Nord, mais aucune n'avait plus mauvaise réputation que les Ames.".
Brusquement la famille Ames est décimée mais personne ne pleure les morts, pourtant Sunderson va enquêter.
Enfin, enquêter est un grand mot car il va prendre cela en dilettante comme ses parties de pêche, et c'est aussi ce que je reproche à Jim Harrison auteur de roman policier : il n'y a pas vraiment d'intrigue, pas de suspens, et ça finit en jus de boudin, bref aucun intérêt là-dedans.
J'ai eu envie plusieurs fois d'arrêter ma lecture, parce que je n'accrochais à rien dans ce roman, j'ai lu en diagonale certains passages et je suis arrivée au bout, mais quelle déception.
Alors une chose est sûre : je ne lirai certainement pas les autres romans de Jim Harrison mettant en scène Sunderson, je me contenterai de ses romans et nouvelles de nature writing.

"Péchés capitaux" fut une belle désolation littéraire, un scénario plat, un personnage repoussant par ses attitudes, il va me falloir vite oublier cet aspect littéraire de Jim Harrison dont si je n'avais pas lu "Légendes d'automne" j'abandonnerai purement et simplement la découverte.

Livre lu dans le cadre du Club des Lectrices

dimanche 8 novembre 2015

Manderley for ever de Tatiana de Rosnay


« La nuit dernière, j’ai rêvé que je retournais à Manderley », cette phrase mythique a transporté des générations de lecteurs. Rebecca ou Les Oiseaux, immortalisés par Alfred Hitchcock, ont enthousiasmé des millions de spectateurs. Mais que sait-on réellement de la vie de Daphné du Maurier ? Tatiana de Rosnay, en admiratrice inconditionnelle, s’est lancée sur ses traces. Sans rien occulter, allant de découvertes en surprises, elle dresse le portrait d’une romancière énigmatique, auteur d’une œuvre sombre souvent dérangeante. Attachée à ses racines françaises, fille d’un père adoré gloire du théâtre londonien, épouse du général Browning, Daphné du Maurier eut en apparence la vie lisse d’une mère de famille. Mais le goût du secret qui caractérise ses romans se reflète dans ses liaisons clandestines dont certaines avec des femmes. Manderley forever raconte une histoire haletante, qui débute à Mayfair, sous le signe de Peter Pan, et s’achève à Kilmarth, la maison du bord de l’océan, après un détour par Menabilly, manoir de Cornouailles, pour lequel Daphné du Maurier nourrissait une passion dévorante. Plus qu’une biographie littéraire, Manderley forever est le roman vrai d’une femme libre persuadée que le bonheur n’est pas un objet à posséder mais un état d’âme. (Albin Michel)

Daphné du Maurier fait partie de mes auteurs préférés, j'ai lu quelques-uns de ses romans, en commençant bien évidemment par "Rebecca", j'en ai même déjà relu plusieurs, et cette biographie signée par Tatiana de Rosnay ne m'était pas inconnue.
Pourtant, j'aime énormément cette auteur, je savais qu'elle avait des ancêtres Français, mais je ne m'étais jamais intéressée plus que cela à sa vie.
C'est d'ailleurs le cas de la grande majorité des auteurs que je lis, je les apprécie pour leurs œuvres, le reste est secondaire.
Après tout, pourquoi ne pas pousser la porte et visiter l'envers du décors.

J'avoue avoir été piquée au jeu, dans le sens où ce roman a le mérite de rendre de plus en plus curieux le lecteur sur la vie de Daphné du Maurier.
Je ne savais pas à quel point son père avait été proche de James Barrie, l'auteur de "Peter Pan", ni qu'elle avait deux sœurs avec qui elle est restée proche toute sa vie.
La famille Du Maurier n'est pas ordinaire, très jeune les parents encouragent leurs aptitudes artistiques, la jeune Daphné restera d'ailleurs marquée par l'une des gouvernantes qu'elle utilisera plus tard dans son chef d'oeuvre "Rebecca" : "Jamais elle n'oubliera Milton Hall, ni la longue robe noire de Mme Parker.".
Daphné est une personne complexe, pendant longtemps elle tiendra plus du garçon manqué que de la fille coquette, elle sent le carcan qui entoure sa condition de femme et dès son plus jeune âge elle cherche à s'en débarrasser : "Pourquoi ne suis-je pas un homme ? Les hommes font toutes les choses qui demandent du courage.".
Une phrase résume assez bien la personnalité de Daphné du Maurier : "Elle préfère heurter les consciences que de laisser indifférent.".
Et il est sûr qu'elle va heurter les consciences, en développant des sentiments amoureux à l'égard de femmes, la première étant Mlle Fernande Yvon avec qui elle restera en relation toute sa vie durant, un aspect de sa vie qui sera pendant longtemps gardé secret; mais aussi en écrivant des romans sombres, qualifiés de romans gothiques, mettant en scène des personnages torturés psychologiquement avec une emprise là aussi psychologique sur d'autres personnages.
Qui aurait pu s'attendre à ce que tant de noirceur vienne d'une femme telle que Daphné du Maurier.
Dans ce livre, on ressent aussi que Daphné du Maurier, c'est la vie par l'écriture, et quasiment uniquement par ce biais.
Certes, elle aime son mari, mais elle le laissera pourtant seul bien souvent (ce qui ne sera pas sans impact sur sa vie conjugale), elle délaissera aussi ses deux filles pendant plusieurs années et s'attachera de façon prononcée à son fils, en somme pas tout à fait l'exemple d'une mère, elle n'hésitera pas non plus à se détacher de sa mère et de ses sœurs, tout ça pour réussir à mieux crééer et coucher sur papier toutes les idées d'histoires qui lui traversent l'esprit : "Comment leur faire comprendre, à tous, sans les blesser, sans les heurter, que sa priorité, ce n'est ni son enfant, ni son mariage, ni sa mère, ni ses sœurs, c'st écrire ?".
Sans l'écriture, Daphné du Maurier n'est plus grand chose : "Un romancier qui n'écrit plus est une entité sans vie. Un mort vivant.", il n'y a qu'à s'intéresser aux dernières années de sa vie pour le constater; mais dans ce livre elle est aussi présentée comme une personne dessinant nettement les contours de ce que doit être réellement un écrivain et de la façon dont il doit se comporter : "Daphné ne se laisse pas abattre; selon elle, un romancier doit être libre, ne doit pas écrire pour les autres, et doit apprendre à ne pas craindre les réactions d'autrui.".
Je partage assez son point de vue et j'ai trouvé intéressantes les parties qui concernent justement le comportement de Daphné du Maurier face aux critiques et à l’accueil de chacun de ses romans par le public du monde entier.
Tout comme celles qui traitent de l'adaptation cinématographique de plusieurs de ses romans, particulièrement par Alfred Hitchcock, dont elle apprécie très moyennement le résultat à l'écran.
Mais il y a deux choses qui m'ont le plus touchée dans ce roman : l'attachement viscéral de Daphné du Maurier pour Menabilly : "Son beau Boy aux yeux verts va sur ses cinquante ans, et les fait. Elle le regarde dormir et se demande où est passé le magnifique jeune homme sur le bateau blanc. Et elle dans tout ça ? Entre-temps, Lady Browning est tombée folle amoureuse d'une maison. Comment expliquer cela à son mari ? Cela ne s'explique pas, cela se vit.", une demeure qui l'a énormément inspirée d'un point de vue créatif, sans doute car c'est un sentiment que non seulement je comprends mais aussi ressens; et par dessus tout, le fait de connaître la genèse et la naissance de tous les écrits de cette auteur.
J'y ai pris d'autant plus de plaisir que j'en ai lu un certain nombre, et ce livre a une grande qualité : celui de pousser le lecteur a vouloir lire ou relire Daphné du Maurier.
Néanmoins, je ne suis pas sûre qu'un lecteur n'ayant jamais lu ou très peu de Daphné du Maurier pourrait ressentir autant d'émotions que j'ai pu en vivre.
Enfin, si je ne nie pas le long, fastidieux mais abouti travail de recherches de Tatiana de Rosnay, je dois reconnaître que le style narratif est banal.
D'un autre côté, je n'ai pas lu ce roman pour la plume de Tatiana de Rosnay (heureusement car je n'ai pas grand chose à dire d'un point de vue stylistique) mais pour en apprendre plus sur Daphné du Maurier, dans un sens ce roman a donc joué son rôle.

Je conseille "Manderley for ever" à tous les amateurs et connaisseurs de l'oeuvre de Daphné du Maurier qui souhaiteraient voir l'envers du décors et le processus créatif de cette auteur par rapport à ses histoires, et dans une moindre mesure aux novices de cette auteur, ne serait-ce que pour leur donner l'envie de découvrir les romans de Daphné du Maurier, est-il besoin de le dire, grande dame de la littérature Britannique.

En aparté de cette chronique, j'ai aussi décidé de parler des œuvres déjà lues de Daphné du Maurier (bien avant la création de ce blog et donc non chroniquées dessus), n'hésitez pas si vous y trouvez des envies de lecture à vous jeter sur ces romans.
Rien de bien original, j'ai découvert cette auteur par ma maman qui m'a incitée à lire "Rebecca", puis "Ma cousine Rachel".
J'étais plutôt jeune à l'époque, je dirai dans les 13/14 ans, ce sont deux romans que j'ai relus depuis lors (en Anglais notamment), et j'ai un attachement tout particulier à "Rebecca" (en menaçant les personnes ne l'ayant pas lu de ne plus leur parler par exemple, oui je suis comme ça).
J'adore la dimension psychologique et la noirceur de ces deux œuvres, entre une narratrice sans nom qui vit dans l'ombre de Rebecca et cette cousine mystérieuse dont on ne sait jamais si elle est ange ou démon.
J'ai à peu près dans la même période lu "L'auberge de la Jamaïque", "La crique du Français", sans doute le roman romantique de cette auteur, et "La maison sur le rivage", une formidable incursion de l'auteur dans le domaine du fantastique et du voyage dans le temps.
Je conseille vraiment ce dernier car il est surprenant par rapport aux autres écrits.
Quelques années plus tard, j'ai décidé d'aborder les biographies de Daphné du Maurier, en m'intéressant au roman "Les souffleurs de verre".
C'est bien mais je vais vous faire une confidence : ces écrits sont certes bien fouillés mais ils font plus ternes par rapport aux autres, je suis moins fan de Daphné du Maurier en tant que biographe (néanmoins je souhaite ardemment lire "Le monde infernal de Branwell Brontë", car je suis aussi une fervente admiratrice de la famille Brontë, Noël approche, n'hésitez pas !).
J'ai lu "Le bouc émissaire" dont j'ai peu de souvenirs (mais plutôt bons), le recueil de nouvelles "Les oiseaux", là aussi un véritable choc, je conseille vivement ce recueil de nouvelles, elles sont toutes plus excellentes les unes que les autres, ma préférence va à la nouvelle "Mobile inconnu" dont la première phrase me scotche toujours autant.
Puis, j'ai lu "Mary-Anne", une biographie romancée d'un des ancêtres de Daphné du Maurier, à lire parmi les derniers, car là aussi j'ai apprécié mais Daphné du Maurier à mes yeux n'excelle que moyennement dans l'art de la biographie, même romancée (mais je suis prête à changer d'avis avec celle de Branwell Brontë).
Enfin, je termine avec un roman avec lequel j'entretiens une relation particulière : "Le général du roi". J'ai énormément apprécié ce livre, je l'ai lu à une période de ma vie où j'étais plutôt immobilisée (à ce jour, et touchons du bois, ma seule hospitalisation), autant dire qu'avec une héroïne flamboyante qui se retrouve handicapée à vie et incapable de marcher j'ai été en symbiose total.
Je conseille ce roman qui est très vivant, et d'un certain côté follement romantique.
Je vous rassure, il me reste quelques romans de Daphné du Maurier à lire qui m'attendent sur les étagères de ma bibliothèque : "La poupée et autres nouvelles", "Les parasites" (en anglais), "Jeunesse perdue".
J'ai très envie de lire les autres recueils de nouvelles, en fait, je pense aller flâner d'ici quelques temps pour continuer à agrandir ma collection d’œuvres de cette auteur, j'ambitionne de tout lire et de tout avoir (et oui, je suis comme ça quand j'aime).

Livre lu dans le cadre du Club des Lectrices

jeudi 23 juillet 2015

Les enfants du capitaine Grant de Jules Verne


Sur la foi d’un message trouvé dans une bouteille et à demi rongé par l’eau de mer, le Duncan, magnifique yacht anglais, part à la recherche du capitaine Grant naufragé. A son bord se trouvent les deux enfants du disparu, Mary et Robert. L’un des meilleurs géographes français, Jacques Paganel, personnage singulier et sympathique, fait aussi partie du voyage. Les lacunes du message et, plus encore, les hasards de la navigation et la traîtrise de certains faux amis, vont entraîner les membres de l’expédition dans des aventures tragiques ou comiques, sur terre et sur mer, de l’Amérique à l’Australie, comme seul Jules Verne sait les imaginer, dans leur captivante variété. (Le Livre de Poche)

Tout commence au cours d'une excursion au large de Glasgow de Lord et Lady Glenarvan qui, avec leur équipage, pêchent un requin qui contient dans son ventre une bouteille renfermant un message de détresse du Capitaine Grant.
Ils sont jeunes, ils sont riches, ils sont audacieux, ils décident donc de se lancer dans la recherche et le sauvetage du Capitaine Grant et appareillent pour cela à bord de leur yacht dernier cri et tout confort, le Duncan.
Avec eux partent notamment les deux enfants du Capitaine Grant : Mary et Robert, le jeune capitaine John Mangles, le Major Mac Nabbs et un invité de dernier minute et éternel étourdi : le géographe Français Jacques Paganel.

Une chose est sûre : l'aventure va être au rendez-vous dans ce roman assez volumineux découpé en trois parties : l'Amérique du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
Et comme tous les personnages demandaient de l'aventure, ils vont être servis : "Ni montagnes, ni fleuves ne firent dévier les voyageurs de leur imperturbable route, et ils n'eurent pas à combattre le mauvais vouloir des hommes, les éléments, souvent déchaînés contre eux, soumirent à de rudes épreuves leur généreuse intrépidité.".
J'ai assez bien aimé cet aspect du roman, j'ai pris un certain plaisir à lire leurs péripéties de voyages, même si j'ai fini par trouver que ça faisait beaucoup.
Et que certaines ficelles étaient un peu grosses et se devinaient facilement.
Les parties consacrées exclusivement à l'aventure et à la recherche du Capitaine Grant sont vivantes et écrites dans un style plutôt vif avec des dialogues.
Par contre, d'autres passages sont beaucoup plus longs, remplis de descriptions géographiques et tiennent plus de la leçon voire du manuel scolaire et là, j'ai beaucoup moins aimé.
Voire même ça m'a agacée et j'ai lu en diagonale certains passages, parce que si j'avais voulu un cours de géographie sur l'Australie ou les mœurs anthropophages des peuplades indigènes de Nouvelle-Zélande, j'aurais lu un livre adéquat, pas un roman d'aventure.
Trop de pédagogie tue la pédagogie, et le personnage de Jacques Paganel en est la parfaite illustration.
En somme, j'ai eu la sensation d'être sur des montagnes russes tout au long de ma lecture, avec des passages enthousiasmants et vivants et d'autres où je me suis fortement ennuyée.
L'autre aspect du roman qui m'a dérangée, c'est que tout est beaucoup trop prévisible, et les personnages se sortent toujours bien trop facilement des situations délicates.
Le hasard fait très bien les choses, d'ailleurs il n'y même que ça : du hasard et de la chance, et même Jules Verne a fini par le reconnaître et l'écrire : "Et, quelques instants après, les dix fugitifs, sans savoir comment, sans y rien comprendre, étaient tous en sûreté à bord du Duncan.".
Je me suis sentie un peu moins seule à ne rien y comprendre au fait que les personnages avaient toujours un coup de pouce du destin pour se sortir des pires situations.
Si cela passait à une époque, j'ai trouvé cet aspect à la limite du risible et quelque peu démodé.
En fait, c'est un roman de Jules Verne qui a vieilli, et pas dans le bon sens du terme.
Pourtant le titre était encourageant et m'avait intriguée, je n'ai apparemment pas tiré le bon lot dans la multitude des romans de Jules Verne pour relire cet auteur qui a pourtant su me séduire avec d'autres de ses romans comme "Le tour du monde en 80 jours".

"Les enfants du capitaine Grant" est un cru moyen de Jules Verne qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.
Peut-être plaira-t-il plus à un public jeune, pour ma part je le classe dans les romans démodés qui ne se lisent/relisent pas très bien et mon choix se portera la prochaine fois sur un roman de Jules Verne quelque peu différent de celui-ci.

Livre lu dans le cadre du Club des Lectrices


Livre lu dans le cadre du Plan Orsec 2015 pour PAL en danger / Chute de PAL



Livre lu dans le cadre du Challenge Destination PAL


dimanche 25 janvier 2015

Prix des Lectrices 2015

Comme on ne change pas une formule qui marche, le Club des Lectrices a décidé de relancer pour la troisième année le Prix des Lectrices (bientôt tous les magazines littéraires baveront devant ce Prix qui est chaque année un succès).

Le Prix 2015 est composé de 7 livres, dont 2 bandes dessinées, un logo qui arrive bientôt, et il y a un an pour les lire (et les auteurs féminines ont la part belle cette année !).

En 2015, les nominés pour le Prix des Lectrices sont :


"Long week-end" de Joyce Maynard, proposé par Anne-Pauline


"Le chardonneret" de Donna Tartt, proposé par Claire


"Tout seul" de Chabouté, proposé par Delphine


"Petits oiseaux" de Yôko Ogawa, proposé par Marjolaine


"Les ignorants" d'Etienne Davodeau, proposé par Sophie


"Le manteau de Greta Garbo" de Nelly Kapriélian, proposé par Violette


"Le livre de Dina" de Herbjørg Wassmo, proposé par moi-même

Prix des Lectrices 2014 : Et le(a) gagnant(e) est ...

Il y a un peu plus d'un an, le Club des Lectrices relançait son Prix des Lectrices pour l'année 2014.


La semaine dernière, le Club des Lectrices s'est réuni pour la première fois en 2015 pour parler littérature et surtout élire le fameux livre qui remporterait le Prix en 2014.

Le vote a été serré et quatre livres ont dû être départagés :
- "Pour seul cortège" de Laurent Gaudé
- "Quelques minutes après minuit" de Patrick Ness
- "Les locataires de l'été" de Charles Simmons
- "Mudwoman" de Joyce Carol Oates

Après trois tours de vote, le Prix des Lectrices 2014 a été décerné à :


"Quelques minutes après minuit" de Patrick Ness

La troisième édition du Prix des Lectrices a été lancée dans la foulée et une nouvelle fois, la sélection est des plus alléchantes ! 

dimanche 26 janvier 2014

Au pays de Tahar Ben Jelloun


A quelques mois de la retraite, Mohamed n'a aucune envie de quitter l'atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu'il est parti du bled. Afin de chasser le malaise diffus qui l'envahit, il s'interroge sur lui-même avec simplicité et humilité. Il pense à son amour profond pour l'islam, dont il n'aime pas les dérives fanatiques ; il se désole de voir ses enfants si éloignés de leurs racines marocaines ; il réalise surtout à quel point la retraite est pour lui le plus grand malheur de son existence. 
Un matin, il prend la route de son village natal, décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants. 
Un retour "au pays" qui sera loin de ressembler à ce qu'il imaginait. (Folio)

Mohamed est un homme perdu : marocain de naissance il est venu avec sa femme et ses enfants en France pour leur offrir une vie meilleure, aujourd'hui proche de la retraite il ne veut pas en entendre parler et n'arrive pas à imaginer sa vie sans aller travailler à l'atelier tous les jours, d'autant plus que presque tous ses enfants ont quitté le domicile familial pour vivre une vie qu'il ne comprend pas, une vie complètement occidentalisée et loin de celle à laquelle il rêvait pour eux.
Mohamed ne sait plus ni que faire ni que penser pour faire revenir à lui ses enfants, c'est la chute de cet homme que Tahar Ben Jelloun décrit dans ce roman, une chute qui l'enfermera dans une forme de folie dont le lecteur pressent l'issue.
Mohamed porte un regard juste sur les conditions de vie des immigrés en France : regroupés dans des HLM ils font l'objet de méfiance et de racisme de la part de certains français mais également d'autres immigrés, à tel point que Mohamed ne sait plus d'où vient le racisme : "Mohamed ne savait plus si le racisme était suscité par par la couleur de la peau ou par l'extrême pauvreté.", mais que tout cela est lié au climat général qui règne dans ces cités : "Mais la pauvreté, l'insécurité et la promiscuité ne laissaient pas de place au dialogue et à la tolérance. Les gens étaient à bout et ne contrôlaient plus rien.".
Cette analyse en début de roman est particulièrement juste et donne le ton de ce que sera la suite des réflexions de Mohamed qui réussit si bien à comprendre tout ce qui est du domaine de l'impersonnel mais qui est perdu lorsqu'il s'agit de sa dimension personnelle et de sa sphère familiale.
Mohamed s'interroge beaucoup, il cherche à comprendre le comportement de ses enfants et ne les comprend pas, il a tout fait pour leur donner une bonne éducation mais ces derniers préfèrent se perdre dans la culture occidentale plutôt que de retrouver leurs racines marocaines; il se pose d'autant plus de questions que la retraite lui fait peur.
Sa femme ne dit rien, parce que c'est son éducation et qu'elle soutient son mari en tout, mais elle, à la différence de lui, a tout compris : "Elle avait compris depuis longtemps que ses filles et garçons ne leur appartenaient plus, qu'ils avaient été engloutis dans le tourbillon de la France, qu'ils aimaient leur vie et qu'ils n'avaient ni remords ni regrets.".
Ce personnage féminin restera muet en permanence mais se révélera finalement le plus clairvoyant.
Mohamed se définit également par sa religion : "Ma religion est mon identité, je suis musulman avant d'être marocain, avant de devenir immigré; l'islam est mon refuge, c'est lui qui me calme et me donne la paix; c'est la dernière religion révélée, elle est arrivée pour clore un long chapitre que Dieu a commencé il y a très longtemps. Ici, ils ont leur religion et nous avons la nôtre. Nous ne sommes pas faits pour eux et ils ne sont pas faits pour nous.", un point de vue intéressant et bien développé, tout comme j'ai apprécié de suivre ce personnage dans ses interrogations, son retour au pays, sa quête désespérée de vivre sa retraite entouré de sa famille, dans son pays et dans son village qu'il aime tant.

De Tahar Ben Jelloun, j'avais lu le très beau "Cette aveuglante absence de lumière".
Ce roman, bien que posant des questions pertinentes, n'a pas la beauté de ce dernier et ne m'a pas touchée de la même façon.
J'ai été légèrement dérangée par une construction manquant parfois de logique : le passé se mélange au présent, à un moment il est à la retraite à un autre il est question de sa retraite.
Dommage que les événements se télescopent parfois, sans perdre le fil je mettais quelques instants à retrouver le fil de la pensée de Mohamed.
Il y a de très beaux passages, extrêmement émouvants, notamment lorsque Mohamed raconte à quel point il aimait regarder ses enfants travailler leurs devoirs le soir à la maison, ou lorsqu'il aborde le sujet de son dernier enfant qui n'est en fait pas le sien mais celui de sa sœur qu'il a pris avec lui car étant handicapé il avait plus de possibilités d'étudier et de s'épanouir en France qu'au bled.
Il en ressort tout l'amour que Mohamed éprouve à l'égard de ses enfants, même si aujourd'hui il ne parle plus à une de ses filles car elle a épousé un européen, un homme qui ne lui plaisait pas du tout.
Le lecteur perçoit également très bien la complexité de l'âme de ce personnage, il cherche à imposer à autrui une vision archaïque et dépassée de la vie tel que lui la conçoit sans prendre le temps un instant de considérer que celle d'autrui est aussi valable.
Mohamed est un homme qui reste buté sur ses positions et ne se remet pas toujours de la bonne manière en cause, ce sont ses imperfections qui le rendent humain et proche du lecteur.
La plus belle partie de ce roman, mais aussi la plus dure, est à mon sens le retour au bled de Mohamed, là où son entêtement et son aveuglement atteignent des sommets, à tel point qu'il s'attire la pitié du lecteur.
J'avais mal pour lui, de le voir s'enterrer ainsi en perdant tout sens de la mesure et de la raison.
Il n'empêche que j'ai aussi trouvé qu'avant d'en arriver là il fallait trop de temps au récit pour introduire cette notion qui pourtant me paraissait essentielle et plus intéressante à développer qu'en quelques pages.
Il y a donc eu des passages où j'accrochais totalement et d'autres moins, le style de Tahar Ben Jelloun étant toujours aussi agréable à lire, d'autant plus que les questions qu'il soulève dans son roman sont toutes plus pertinentes les unes que les autres et, malgré les années qui passent, toujours d'actualité.

"Au pays" est un roman intéressant pour les réflexions qu'il porte et son côté humain, servi par la plume fluide et agréable de Tahar Ben Jelloun, mais auquel il manque, de mon point de vue, un certain degré de beauté pour en faire un réel coup de cœur.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lectrices 2014


Livre lu dans le cadre du Plan Orsec pour PAL en danger 2014




dimanche 19 janvier 2014

Pour seul cortège de Laurent Gaudé


En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre. Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille. Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père… Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée. Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l’Histoire, leur ouvrant l’infini de la légende. (Actes Sud)

Alexandre fut Grand en repoussant les frontières de son Empire là où aucun homme ne s'était aventuré jusqu'à présent, aujourd'hui il s'écroule en plein banquet à Babylone et est mourant.
Avec lui, c'est l'Empire qui agonise, avant les inévitables déchirements entre ses amis d'hier qui deviendront les ennemis de demain et se battront tels des charognes pour cet Empire si durement acquis.
Au milieu de cette fratrie masculine et guerrière, il y a Dryptéis, vivant désormais recluse du monde, que l'on vient pourtant chercher pour qu'elle amène avec elle sa grand-mère, seule personne capable de prédire la vie ou la mort à Alexandre : "C'est l'Empire. Il ne me laissera jamais en paix. Il fait mine de m'oublier, puis me reprend, joue avec moi sans cesse, où que je me cache, du bout de la patte, avec la cruauté d'un chat. Je ne m'appartiens pas.".

"Pour seul cortège" est un livre choral mêlant plusieurs voix : celle d'Alexandre qui même mort continuera à parler à ses proches, de Dryptéis en tant que figure féminine du récit, d'Ericléops en fidèle compagnon d'Alexandre prêt à l'ultime sacrifice pour servir ce dernier.
Alternant les points de vue et de narration, ce récit se lit d'une seule traite tant il est animé par un souffle qui pousse le lecteur à avancer, tel le cortège funéraire de pleureuses d'Alexandre.
Son avancée est lente et pourtant il y a beaucoup de rythme dans ce récit, particulièrement à travers le regard du personnage de Dryptéis présent du début à la fin, femme prise entre deux feux et partagée entre son devoir de mère et celui pour l'Empire : "Le convoi progresse avec une lenteur d'insecte. Les femmes pleurent toute la journée, le regard dans le vide, comme en transe. Dryptéis se laisse bercer par leurs voix. Elle essaie de se concentrer sur l'idée qu'elle est là pour disparaître. Elle se fond dans la foule et elle sait que c'est le meilleur endroit pour se dissimuler aux yeux du monde. Elle n'est plus rien. Elle accepte d'être une pleureuse pour mieux semer l'Empire.".
Alexandre lui aussi est tiraillé par sa conscience guerrière et son corps qui le lâche, il lutte et résiste à la mort, il ne sait pas mourir, il ne veut rien lâcher tel le guerrier et le conquérant qu'il est, mais la mort finira par être plus forte que lui : "Alexandre et la mort vont rester face à face pour se jauger. Tout le monde quitte la salle, tête basse, sidéré de voir qu'un homme peut conserver, à l'instant de mourir, avec une telle force, le plein éclat du vivant.".
Alexandre a du panache et c'est ainsi que l'auteur le présente au lecteur, même mort il se drape encore de dignité et en impose par sa prestance.
Quelle est la part de vérité et celle d'imaginaire dans tout cela ?
Difficile à dire, certainement un subtil mélange des deux dont seul Laurent Gaudé a la recette exacte.
La vérité, c'est qu'il a réussi à redonner vie à Alexandre le Grand ainsi qu'à tous ces compagnons d'une manière très vivante et que son récit avance au rythme du cortège funéraire, tout comme il a su recréer la Perse, l'Egypte, l'Inde, d'une façon si réaliste qu'il transporte littéralement le lecteur dans ces pays antiques.
Laurent Gaudé a du style et une très belle plume, il a su insuffler à la fois la vie et la mort dans ce récit s'étirant comme un long chant funéraire, ultime éloge à Alexandre avant la chute et le démantèlement de son Empire.

"Pour seul cortège" de Laurent Gaudé est une mise en scène savamment orchestrée de la mort d'Alexandre et de la chute inéluctable de son Empire, un roman au souffle épique digne d'intérêt et servi par une plume de toute beauté.


Aristote et Alexandre


Les reines de Perse aux pieds d'Alexandre de Charles Le Brun


L'entrée d'Alexandre le Grand dans Babylone de Charles Le Brun

Livre lu dans le cadre du Prix des Lectrices 2014


Livre lu dans le cadre du Plan Orsec pour PAL en danger 2014


samedi 18 janvier 2014

Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro


"Les grands majordomes sont grands parce qu'ils ont la capacité d'habiter leur rôle professionnel, et de l'habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants. Ils portent leur professionnalisme comme un homme bien élevé porte son costume. C'est, je l'ai dit, une question de "dignité"." 
Stevens a passé sa vie à servir les autres, majordome pendant les années 1930 de l'influent Lord Darlington puis d'un riche Américain. Les temps ont changé et il n'est plus certain de satisfaire son employeur. Jusqu'à ce qu'il parte en voyage vers Miss Kenton, l'ancienne gouvernante qu'il aurait pu aimer, et songe face à la campagne anglaise au sens de sa loyauté et de ses choix passés... (Folio)

Ici, point de badinage.
Mr. Stevens est un majordome de la vieille école, c'est-à-dire qu'il croit à son métier et qu'il ne vit que pour lui, il le sacralise et dévoue son corps, son âme et ses actes pour le glorifier : "Les grands majordomes sont grands parce qu'ils ont la capacité d'habiter leur rôle professionnel, et de l'habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants. [...] C'est, je l'ai dit, une question de "dignité".".
Aujourd'hui quelque peu dépassé et enfermé dans sa quête de perfection du majordome, Mr. Stevens est au service d'un riche américain qui amène avec lui une forme de modernité et de décontraction qu'il ne connaît pas.
Il faut dire que pendant très longtemps à Darlington Hall, Mr; Stevens a été le majordome de Lord Darlington, un personnage ayant joué un rôle dans l'Europe des années 20/30 en recevant chez lui le gratin européen dans une volonté d'empêcher une nouvelle guerre.
Mr. Stevens a vécu le paroxysme de sa carrière durant ces années : "En jetant sur ma carrière un regard rétrospectif, je tire ma plus grande satisfaction de ce que j'ai accompli au long de ces années, et aujourd'hui, je ne ressens que fierté et gratitude à l'idée d'avoir bénéficié d'un tel privilège.", et c'est avec nostalgie qu'il s'en souvient et qu'il se remémore tous les événements auxquels il a assisté à Darlington Hall.
Mais ce n'est pas parce qu'il est vieillissant et nostalgique du passé que tout cela lui revient en mémoire, c'est en allant rendre visite à Miss Kenton, l'ancienne gouvernante de Darlington Hall, qu'il se rappelle son passé et les moments vécus avec elle.
Depuis, elle s'est mariée, elle est partie loin de Darlington Hall et elle n'a plus donné de nouvelles que de façon épisodique et épistolaire.
Mr. Stevens se rend-il compte à un moment donné qu"il est complètement passé à côté de cette femme et des sentiments qu'elle avait pour lui ?
Non, et c'est là toute la cruauté de cette histoire, lui restant prisonnier de son carcan de majordome et la haute estime qu'il a de ce métier : "Un majordome d'une certaine qualité doit, aux yeux du monde, habiter son rôle, pleinement, absolument; on ne peut le voir s'en dépouiller à un moment donné pour le revêtir à nouveau l'instant d'après, comme si ce n'était qu'un costume d'opérette.", uniquement focalisé sur le bon déroulement de son travail et des employés sous sa responsabilité, est finalement passé à côté d'un pan de sa vie; quant à Miss Kenton, lassée de cet homme aveuglé par son métier qui se réfugie derrière pour annihiler tout sentiment : "Pourquoi, Mr. Stevens, pourquoi, mais pourquoi faut-il toujours que vous fassiez semblant ?", elle a fini par partir et choisir une vie médiocre dans laquelle elle n'est finalement pas heureuse et où les années s'écoulent lentement mais inexorablement.
Porté par un style maîtrisé et une narration très anglaise, c'est avec bonheur que le lecteur se glisse entre les lignes et assiste, impuissant, à la perdition de ces deux personnages qui n'ont jamais su se parler franchement et se trouver.
Tout comme il regarde Mr. Stevens empêtré dans sa vision de majordome, incapable de se débarrasser de sa rigueur et de s'ouvrir aux autres par une autre forme de communication que celle de relations de travail, mal à l'aise dès qu'il sort de sa fonction et, en quelque sorte, impatient de retrouver son costume.
Mais au-delà de ces deux personnages forts, c'est aussi toute une partie de l'histoire de l'Europe qui est décrite en toile de fond avec un beau renversement de situation entre l'Angleterre et les Etats-Unis.
En effet, lors d'une réunion dans les années 20/30, un américain avait fustigé l'attitude de Lord Darlington en signifiant qu'il n'était pas à la hauteur du rôle qu'il essayait de tenir et avait été mis de côté par tous pour ses propos, aujourd'hui c'est un américain qui est propriétaire de Darlington Hall.
Kazuo Ishigiro a sans conteste une très belle plume et fait partie de la nouvelle génération d'auteurs anglais qui portent haut les couleurs de la littérature anglaise, un écrivain que je relirai avec plaisir.
Désormais, il ne me reste qu'à voir l'adaptation cinématographique de ce livre par James Ivory dont le seul nom laisse présager une réussite.

"Les vestiges du jour" est un roman au charme typiquement britannique qui brille par ses non-dits et ses secrets, dans lequel il faut voir au-delà des phrases la vérité qui s'y cache, le tout sous la très belle plume de Kazuo Ishiguro.
Une très belle lecture empreinte de nostalgie qui n'a pourtant rien de vieillotte et de démodée.

Livre lu dans le cadre du Club des Lectrices


jeudi 26 décembre 2013

Du côté de Castle Rock d'Alice Munro


Alice Munro retrace le destin de ses ancêtres, partis d’Écosse au XVIIIe siècle pour rejoindre la terre de toutes les promesses : l’Amérique. Menant l’enquête dans le passé familial, elle découvre des hommes et des femmes avides de liberté, qui ont tenté de se soustraire aux contraintes de leur époque. Mais Du côté de Castle Rock n'est pas un livre de mémoires. C'est avant tout le portrait intime d'une jeune fille qui s'évade dans la lecture et se prend au jeu de la fiction au point d'en faire son métier. Alice Munro nous raconte des histoires, tout en livrant leur part autobiographique au pouvoir de l’imaginaire. Elle pose sur ces vies minuscules ou légendaires son regard sensible d’écrivain, sans jamais perdre sa férocité. (Editions de l'Olivier)

J'ai essayé, j'ai pris sur moi, j'ai fait des efforts pour m'accrocher à ce livre, mais en vain.
Entre Alice Munro et moi, le courant n'est pas passé.
Je me suis énormément ennuyée à lire cette biographie/autobiographie de la vie et de la famille de l'auteur.
Tout d'abord, la première moitié du livre s'attache à ses ancêtres et à leur départ d'Ecosse au 18ème siècle.
J'avoue que cela ne m'a pas franchement intéressée, je me demandais l'intérêt de remonter aussi loin, mais le pompon fut décroché lorsque je lus : "A l'exception du journal de Walter et des lettres, l'histoire est tout entière de mon invention.".
Là, j'ai eu envie d'envoyer promener le livre au milieu de la pièce et je m'y suis totalement (ou presque) désintéressée.
S'il y a bien une chose que je n'apprécie pas, c'est de faire des efforts pour entrer dans un livre et une histoire et découvrir qu'en fait tout cela ne relève que de la pure imagination.
Néanmoins, j'avais quelques raisons pour ne pas m'arrêter à la moitié du livre, j'ai donc continué ma lecture mais en diagonale, je le reconnais.
J'ai aussi été dérangée par le ton abrupt et exempt de tout sentiment utilisé parfois par Alice Munro.
Ainsi, lorsqu'elle parle de la rencontre entre son père et sa mère, cela donne : "Dans les renards elle ne vit aucun lien romanesque avec la vie sauvage; mais bien une industrie nouvelle, la possibilité de richesses. Elle avait quelques économies qui permettraient d'acheter une terre où tout cela pourrait commencer pour de bon. Elle devint ma mère.".
Manque total de romantisme, réalité trop abrupte, ça m'a fait tout drôle de lire une telle phrase, limite j'ai pensé qu'elle ne devait pas beaucoup aimer sa mère pour en parler de façon aussi matérialiste et détachée.
Je ne peux pas dire non plus que ce récit soit totalement bon à jeter aux orties, il est constitué de petites histoires qui assemblées les unes aux autres forment un tout incohérent et maladroitement construit, avec des va et vient entre différentes époques qui m'ont quelque peu perdue, outre l'arbre généalogique dans lequel je n'ai jamais réussi à me retrouver.
J'ai toutefois apprécié quelques unes de ces historiettes mais je n'ai jamais réussi à trouver le fil conducteur.
A certains passages, Alice Munro se livre un peu plus au lecteur et je n'ai pu m'empêcher de relever une certaine forme de poésie dans ses mots, en tout cas un style intéressant qui donne lieu à quelques belles phrases :  "Je méprisais l'idée tout entière de s'instrumenter soi-même ainsi, de se rendre dépendant de la réaction d'autrui, d'user de la flatterie avec tant d'adresse et de naturel qu'on ne voyait même plus que c'était de la flatterie. Et tout cela pour de l'argent. [...] Je croyais - ou pensais croire - qu'il fallait travailler dur, avoir de la fierté, se moquer d'être pauvre et même nourrir un subtil sentiment de supériorité pour ceux qui avaient la vie facile.".
Je n'ai pu qu'entrapercevoir entre les lignes la personnalités de l'auteur : "La passion, au contraire, entière, destructrice même, était ce que je recherchais. Exigence et soumission. Je n'excluais pas une certaine forme de brutalité, mais sans confusion, sans duplicité, sans surprise ni humiliation d'une nature sordide. Je pouvais attendre, et tout ce qui m'était dû me viendrait, quand je serais épanouie.", dommage j'attendais autre chose de ce récit : apprendre des choses que l'auteur, découvrir un contexte historique avec la construction du Canada, un style de vie.
Au final, il n'y a pas eu grand chose à part de l'ennui et une lecture fastidieuse.

"Du côté de Castle Rock" n'a pas su trouver un écho en moi et me séduire, se résumant à une rencontre littéraire ratée au cours de laquelle je me suis longuement ennuyée à tel point que je n'ai même pas envie de lire un autre livre d'Alice Munro.

Livre lu dans le cadre du Club des lectrices

samedi 14 décembre 2013

Malavita de Tonino Benacquista


Une famille d'Américains s'installe à Cholong-sur-Avre, en Normandie. Fred, le père, se prétend écrivain et prépare un livre sur le Débarquement. Maggie, la mère, est bénévole dans une association caritative et se surpasse dans la préparation des barbecues. Belle, la fille, fait honneur à son prénom. Warren enfin a su se rendre indispensable pour tout et auprès de tous. Une famille apparemment comme les autres, en somme. Une chose est sûre, s'ils emménagent dans votre quartier, fuyez sans vous retourner... (Folio - Gallimard)

En une nuit, la famille Blake prend possession de sa nouvelle maison dans la petite ville normande (fictive) de Cholong-sur-Avre, pour le plus grand malheur des habitants de cette bourgade si tranquille mais ça, ils ne le savent pas encore.
Car les Blake ne sont pas une famille ordinaire, à 'origine ils s'appellent Manzoni, avec Giovanni (aka Fred), le père et ancien grand chef de la mafia New-yorkaise désormais repenti, sa femme Livia (aka Maggie), et leurs deux enfants : Belle et Warren.
Toute cette jolie petite famille vit donc cachée par le programme de protection des témoins du FBI et n'a surtout plus intérêt à remettre les pieds à New York ou dans le New Jersey pour les, disons 3 à 4 générations à venir.

Mais voilà, à force de vivre sous une autre identité et de ne pas avoir le droit de faire tant de choses que cela, l'ennui s'installe.
C'est pourquoi Fred se découvre une passion pour l'écriture via une vieille machine à écrire et se met alors à rédiger ses mémoires de chef de la Cosa nostra : "La machine, elle, ne ferait pas le tri, elle prendrait le tout, en vrac, le bon et le mauvais, l'inavouable et l'indicible, l'injuste et l'odieux, car tous les événements étaient vrais, c'était bien ça le plus incroyable, ces blocs de vérité dont personne ne voulait étaient tous authentiques.", au grand dam de sa famille et du FBI qui n'y comprennent rien; tandis que Maggie se lance dans les œuvres caritatives de bienfaisance pour racheter en quelque sorte le passé de son mafieux de mari à défaut de pouvoir remettre un jour les pieds dans un église et prier Dieu; tandis que Belle séduit tout le monde par sa beauté naturelle et que Warren se révolte d'être considéré comme un cliché d'américain de base : "Il supportait de plus en plus mal qu'on ne voie en lui un futur obèse au QI inférieur à celui d'une huître de l'Oyster Bar, prêt à tout sacrifier à son dieu dollar, un être inculte qui se pensait autoriser à régner sur le reste du monde.", bien décidé à perpétuer la tradition familiale et à reprendre un jour les rênes de la mafia New-yorkaise, en attenant il s'entraîne sur ses petits camarades de classe en se posant comme un parrain auprès d'eux pour résoudre tous leurs soucis.
C'est pourquoi très vite les Blake deviennent la coqueluche de ce petit village normand : "Les Blake se souciaient peu d'attirer les faveurs. Et pourtant, chacun à sa manière avait vu grimper sa cote de popularité dans des cercles sans cesse grandissants, qui parfois communiquaient. [...] Ils n'étaient question que d'eux, au lycée, au marché, et jusqu'à la mairie, si bien qu'une rumeur avait gagné la ville entière : cette famille-là était exceptionnelle.", mais comme le dit la quatrième de couverture : s'ils emménagent près de chez vous, fuyez !

Tonino Benacquista, sous couvert d'une histoire assez loufoque, brosse un portrait assez réussi de la Cosa nostra à travers ce mafieux repenti qui livre ses mémoires sur une machine à écrire.
Le personnage de Giovanni Manzoni est sans doute le plus réussi, celui qui cristallise bien la facilité de vie offerte par sa situation de haut gradé dans la mafia et aujourd'hui son ennui d'avoir dû faire un trait sur son pays, sa famille, ses amis, entraînant avec lui dans sa chute sa femme et ses enfants.
Mais l'adage "Chassez le naturel il revient au galop" est aussi vrai, car Fred aura beau se bercer de l'illusion de devenir un écrivain, c'est finalement Giovanni qui reprendra le dessus et qui devra tout mettre en oeuvre pour sauver sa peau et celle de sa famille.
Fred croit pouvoir utiliser les mots pour tirer un trait sur son passé dans une forme de confession ultime, mais ne serait-ce pas plutôt Giovanni qui cherche à retrouver les heures de gloire perdues ?
Fred se lance dans une grande réflexion sur l'utilité et l'usage du point virgule, mais Giovanni ne s'embarrasse pas de telles questions, prônant l'éloquence de la violence à celle verbale : "Giovanni Manzoni prônait l'art de l'éloquence à coups de barre à mine, et les joies de la dialectique se traduisaient en général par une recherche d'arguments sophistiqués allant du chalumeau à la perceuse.".
Le personnage de Maggie n'est pas lui non plus dénué d'intérêt, elle est assez représentative de l'image que l'on se fait d'une épouse de mafieux, avec un rang à tenir, des soirées à organiser, à fermer les yeux sur les incartades de son mari et surtout, devoir apprendre à vivre avec son mode de vie et son drôle de métier qu'il exerce, si tant est que cela en soit un. Elle a dû, comme lui, abandonner ses amies et sa famille, mais depuis longtemps elle a aussi dû tirer un trait sur sa foi et sa croyance en Dieu, ne se sentant plus légitime à mettre les pieds dans une église ou à le prier tandis que son mari ôte la vie, règle ses comptes et gère ses affaires toutes plus ou moins louches les unes que les autres.
Warren est également intéressant, il est à la foi le digne héritier de son père mais il incarne aussi une forme de rédemption. Il a envie de devenir comme son père, de suivre ses traces, ce qui n'est pas si étonnant que cela puisqu'à ses yeux il n'a jamais eu d'autres exemples de vie, à ce titre j'ai d'ailleurs beaucoup aimé les passages où il se pose en parrain dans son école entouré de sa cour de quémandeurs, mais il a aussi la possibilité et surtout le choix de changer de voie et de vivre somme toute assez honnêtement.
Son père s'en rend d'ailleurs compte et si ces deux personnages ont pu sembler éloignés l'un de l'autre pendant une bonne partie du roman, la fin leur permet de retrouver un lien qui avait disparu entre eux depuis plusieurs années.
Le seul bémol que j'apporterais à cette galerie de personnages est celui de Belle qui n'a pas été assez exploité à mes yeux et qui est trop en retrait par rapport aux autres. Elle apporte peu à l'histoire et c'est dommage car elle fait un peu plus fade que le restant de sa famille.
Le style de Tonino Benacquista est plaisant à lire, cette histoire est loufoque et comporte des passages drôles qui prêtent à sourire, ce côté décalé m'a beaucoup plu.
Le titre est à la fois le nom du chien, mais signifie également "la mauvaise vie" en traduction littérale, tout en étant une forme d'argot pour désigner la pègre bref, vous l'aurez compris, ce roman est du 100% mafia.
Quant à l'adaptation qu'en a fait Luc Besson au cinéma, je ne me suis pas encore décidée si je souhaitais voir le résultat ou non, il semblerait toutefois que d'après la bande annonce le scénario soit fidèle au livre.

"Malavita" de Tonino Benacquista ne peut sans doute pas être qualifié de grand roman mais il m'a permis de passer un très bon moment de détente avec cette famille de mafieux perdue au fin fond d'un village français entraînant avec eux des situations loufoques mais également des scènes de tendresse familiale, le tout se terminant en apothéose dans un final explosif.
Une chose est sûre : s'ils emménagent près de chez moi, je déménage !


samedi 7 décembre 2013

Les locataires de l'été de Charles Simmons


Cet auteur rare (un livre tous les huit ans depuis 1964), que la critique a comparé à J. D. Salinger, n’était connu jusqu’ici chez nous que par l’extraordinaire Wrinkles (Rides), publié il y a plus de vingt ans. Les Locataires de l’été confirme son ambition de toujours : creuser l’apparence anodine jusqu’à faire surgir entre les lignes le dessin (le dessein) secret de la vie. Un adolescent passe la belle saison au bord de la mer, tombe amoureux de la petite voisine, découvre que son père est lui aussi tourmenté par le désir, se trouve confronté à la mort... Simmons s’emploie à révéler tout ce qui dans la vie fait défaut : tout ce qui manque à l’amour, à l’amitié, à la tendre complicité entre un père et un fils pour désarmer ce qu’il faut bien appeler le malheur. (Phébus)

Comme le dit la chanson qui vient à l'esprit à la lecture de cette quatrième de couverture : "Quand vient la fin de l'été, sur la plage/Il faut alors se quitter/Peut-être pour toujours/Oublier cette plage/Et nos baisers".
Mais il n'est pas question d'oublier quoi que ce soit de cet été-là pour Michael, le narrateur de l'histoire, la première phrase est d'ailleurs lapidaire et annonciatrice de la suite : "C'est pendant l'été de 1968 que je tombai amoureux et que mon père se noya.".
Le ton est donné, le drame est latent durant tout le roman et va crescendo jusqu'à son paroxysme.
Mais il serait trompeur de s'arrêter à la simplicité apparente de l'histoire, il faut gratter le vernis pour que surgisse entre les lignes la vérité : celle d'une histoire cruelle sur la vie, l'amour, la mort.
C'est également un roman d'apprentissage, celui de Michael qui pour la première fois de sa vie va aimer, va souffrir, va se trouver en compétition avec d'autres garçons et va surtout découvrir que son père est lui-même habité par les même désirs que lui.
Un apprentissage rude de la vie : "Ce qu'on est, on n'y peut rien.", il faut faire avec et essayer en permanence de repousser le malheur pour vivre dans un semblant de bonheur.
Zina est un peu plus âgée que Michael, plus sage que lui, en tout cas c'est l'apparence qu'elle donne, elle va elle aussi le former d'une certaine manière, en lui apprenant des choses sur les femmes : "Une femme, pour faire l'amour avec un homme, il faut qu'elle soit amoureuse, vois-tu. C'est son exigence sacrée à elle.", et plus généralement sur l'Amour : "L'être aimé a une responsabilité à l'égard de qui l'aime.".
Michael va sortir de son cercle familial, se confronter à d'autres personnes venant d'univers différents du sien, mais c'est en s'ouvrant et en se frottant aux autres que l'on grandit, que l'on apprend des choses sur la vie et sur soi-même, tout en gardant une part d'innocence et de mystère comme le montre la dernière phrase : "J'ai maintenant l'âge qu'avait mon père lorsqu'il se noya. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours l'impression d'être un enfant."
Dans ce roman, il y a beaucoup d'amour, de désir, et tout ce qui avec à commencer par la jalousie, des hommes qui se laissent guider par leurs sentiments et leurs envies sexuelles, l'un n'allant pas forcément de pair avec l'autre, et des femmes indolentes qui se laissent porter par la tiédeur de l'été vers des hommes tandis que d'autres cherchent à défendre bec et ongles leur petit bonheur apparent; mais au final tout ce qui compte, c'est de sauver les apparences et de garder la face haute.
Il y a aussi des personnages finement élaborés, une tension qui monte et qui prend aux tripes le lecteur, difficile d'être à l'aise dans un tel climat mais difficile aussi de lâcher le livre avant la fin tant le lecteur est pris dans cette atmosphère et le drame qui s'y joue.
Durant cette lecture, une image s'est imposée à mon esprit : celle de Charlotte Rampling dans "Sous le sable" qui regarde désespérément vers la mer à la recherche de son mari disparu, emporté par les vagues.
Et au final, outre la très belle performance littéraire de Charles Simmons, je me suis fait comme réflexion que cette image que j'avais gardée à l'esprit durant toute ma lecture n'était finalement pas si éloignée que cela de l'esprit du roman.
D'ailleurs, il pourrait tout à fait être adapté par François Ozon tant l'histoire et le climat sont proches de l'univers de ce réalisateur qui ne manquerait pas, j'en suis sûre, de sublimer par l'image toute la grandeur et la beauté de ce récit.

"Les locataires de l'été" fait partie de ces livres petits par la taille mais grands par leur histoire, un récit porté par la beauté de la plume subtile de Charles Simmons, un auteur apparemment aussi rare que talentueux.
En tout cas, une très belle découverte littéraire qui ne peut laisser personne indifférent et qui m'a beaucoup touchée.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lectrices 2014


lundi 2 décembre 2013

Prix des Lectrices 2014

Je vous en parlais il y a peu, le Club des Lectrices, dont je fais partie, a décidé de relancer un Prix en 2014.


Je vous annonçais que la sélection était alléchante sans pouvoir en dire plus à ce moment-là, le suspens étant à son comble il est temps de dévoiler la sélection des lectrices.


"Quelques minutes après minuit" de Patrick Ness proposé par Accalia


"Malavita" de Tonino Benacquista proposé par Claire


"Le chœur des femmes" de Martin Winckler proposé par Delphine


"Mudwoman" de Joyce Carol Oates proposé par George


"Rue des voleurs" de Mathias Enard proposé par Hermine


"Le livre des nuits" de Sylvie Germain proposé par Lili Galipette


"Au pays" de Tahar Ben Jelloun proposé par Marjolaine


"Pour seul cortège" de Laurent Gaudé proposé par Miss Bouquinaix


"Les locataires de l’été" de Charles Simmons proposé par Violette


"Avec vue sur l’Arno" d’Edward Morgan Forster proposé par moi-même