Affichage des articles dont le libellé est Un jour une histoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Un jour une histoire. Afficher tous les articles

dimanche 21 février 2016

La bataille de Verdun (1916)

Aujourd'hui, nous sommes le 21 février 2016.
Il y a 100 ans jour pour jour, presque heure pour heure, commençait la bataille dans la région de Verdun, en Lorraine.
A travers cette bataille, les troupes Allemandes voulaient mettre à mal les troupes Françaises.
Au final, ce fut l'une des plus longues et des plus dévastatrices batailles de la Première Guerre Mondiale.
Mais en ce matin du 21 février 1916, qui aurait pu se douter que c'était le début d'une apocalypse sur les rives de la Meuse, d'un orage de feu et d'acier qui allait durer 300 jours ?


Soldats Français sortant de leur tranchée en 1916 pour monter à l'assaut pendant la bataille de Verdun

Durée de la bataille de Verdun 21 février 1916 - 19 décembre 2016 : 9 mois, 3 semaines et 6 jours, soit dans les 300 jours de combat.

Plus de 2 millions de belligérants : plus de 1,1 million de soldats Français, bénéficiant d'un système de relève et de rotation, plus de 1,2 million de soldats Allemands, ne bénéficiant pas d'un système comme les Français, ce sont donc à peu près les mêmes soldats qui ont combattu pendant près de 10 mois.

70% de l'armée Française, dont d'importantes forces coloniales, ont participé à la bataille de Verdun.

1 700 pièces d'artillerie et 80 avions du côté Français, 2 200 pièces d'artillerie et 300 avions du côté des Allemands.

Environ 23 millions d'obus tirés côté Français, 30 millions côté Allemands (environ 10% de ces obus n'ont pas explosé et sont toujours présents dans le sol de Verdun).

Il est dit que la "côte 304" à cause des bombardements aurait perdu quelques mètres pour ne faire que 297 mètres fin 1916.


Soldats Français sur la "côte 304"

Jusqu'à 8 000 véhicules par jour ont alimenté en renforts et en ravitaillement les soldats, en passant par la "voie sacrée", la route reliant Bar-le-Duc à Verdun.

9 villages ont été rayés définitivement de la carte et sont aujourd'hui des fantômes n'existant qu'administrativement à titre symbolique.

Quelques 163 000 tués ou disparus et plus de 215 000 blessés côté Français, environ 143 000 morts et 196 000 blessés côté Allemand.


Le champ de bataille de Verdun 100 ans après portant les stigmates de la violence des combats

Chaque famille, Française ou Allemande, a au moins eu un membre tué ou blessé ou "miraculé" de cette terrible bataille de Verdun.
Ce n'est pas la bataille que nous commémorons aujourd'hui, mais le souvenir, et surtout la paix.

Pour aller plus loin : 
- Diffusé sur France 2 ce soir un numéro d'Apocalypse consacré à la bataille de Verdun
- Le magasine Géo Histoire consacre son nouveau numéro à Verdun

vendredi 6 juin 2014

Un jour, une histoire - Opération Overlord, D-Day ou Jour J, 6 juin 1944

"Les sanglots longs des violons d’automne bercent mon cœur d’une langueur monotone.", Verlaine excusera certainement la double digression faite à sa première strophe du poème Chanson d’automne qui a servi à annoncer début juin sur les ondes de Radio Londres ce qui reste à ce jour la plus grande opération maritime jamais réalisée, et on espère bien l’unique.


Depuis 1943, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne œuvraient à organiser un débarquement sur le continent européen visant à le libérer de la domination du IIIème Reich.
Les Alliés ont longuement étudié les lieux pour organiser ce débarquement : le Pas-de-Calais offre de grandes plages et la proximité de l’Allemagne mais cette zone est bien trop surveillée pour offrir toutes les garanties d’un succès ; il reste alors l’ouest de la Normandie, offrant la possibilité de gagner Paris et surtout deux ports en eaux profondes : Cherbourg et le Havre.
C’est donc la Normandie qui est retenue.
Mais une fois le lieu choisi, le plus dur restait à faire : construire les navires, les équipements, les armes, recruter et préparer des soldats, bâtir la logistique, établir des cartes détaillées des plages choisies, obtenir des renseignements précis sur les allemands, leur emplacement, leur nombre, les armes dont ils disposent pour défendre ces plages, et faire avec un élément non maîtrisable et non des moindres : la météo.
Par ricochet, non seulement la météo devait être favorable, mais le débarquement ne pouvait alors lieu que par une nuit de pleine lune afin d’assurer un effet de surprise et par un coefficient de marée important afin de débarquer les hommes et les équipements au plus près des côtes.


Si les américains et les anglais ont énormément œuvré à la réussite de cette opération en dégageant des moyens financiers importants, en faisant des opérations de reconnaissance aérienne afin de cartographier le plus précisément possible les plages, les cartes postales d’avant-guerre ont également été utilisées, et les réseaux de Résistance français basés en Normandie ont fourni de précieuses informations à Londres.
Le D-Day ou Jour J, initialement fixé au 1er mai 1944 a été repoussé au 1er juin puis au 5 juin afin de gagner un mois pour la production de barges de débarquement.
Les conditions météorologiques du 5 juin étant mauvaises, le débarquement a été repoussé au 6 juin, faute de quoi il n’aurait pou avoir lieu qu’un mois après afin de réunir toutes les conditions favorables.
Cinq plages ont été choisies et rebaptisées pour l’occasion, le nom attribué leur est depuis resté :
- Utah et Omaha Beach pour les américains
- Gold Beach pour les britanniques
- Juno Beach pour les canadiens et britanniques
- Sword Beach pour les britanniques et français (le commando Kieffer)


Dans la nuit du 5 au 6 juin, plusieurs parachutages ont lieu : 6ème division britannique sur le flanc est du canal de Caen à la mer et à Ranville, 101ème et 82ème divisions aéroportées américaines dans le nord-est du Cotentin, ces parachutages ont pour but d’aider le débarquement maritime à venir, notamment dans le secteur d’Utah Beach ; des parachutages ont également lieu en Bretagne.
Deux sous-marins britanniques (les X-Craft) viennent se positionner près des plages pour guider la flotte.
Une opération de déminage de chenaux à travers la Manche a lieu afin de dégager des couloirs pour acheminer les bateaux vers les plages.
Partis de plusieurs ports d’Angleterre, des milliers de navires convergent vers le point de ralliement maritime baptisé Piccadilly Circus.
A 6 heures débute le bombardement naval de la côte Normande.
Un brouillard artificiel est créé afin de cacher l’approche des navires des plages, et à 6h30 (l’heure H) commence le débarquement sur les plages des troupes américaines.
Pour des raisons de marée, c’est à H+1, soit 7h30, que les troupes canadiennes et britanniques débarquent.


Au soir du 6 juin, environ 156 000 hommes avaient pris pied sur le sol normand : 17 000 parachutés, 56 000 débarqués sur Omaha et Utah Beach, 83 000 sur Gold, Juno et Sword Beach.
Les pertes s’élevaient à 10 300 hommes dont le tiers de tués.
Côté matériel : 2 navires de guerre, 131 LCT (Landing Craft Tank), 117 LCA (Landing Craft Assault), 43 LCI (Landing Craft Infantry), 27 avions perdus et 63 endommagés.
Omaha Beach est sans doute la plage la plus connue et ce, pour de funestes raisons.
Baptisée Omaha la Sanglante (Bloody Omaha), elle doit son triste surnom aux nombreuses pertes humaines dues à des bombardements aériens et navals ayant raté leur cible, à une mer agitée et à un vent fort qui ont rendu les conditions de débarquement très périlleuses.
La quasi-totalité des chars amphibies ont coulé et des difficultés de navigation ont déporté par le courant les barges, ceci ayant pour conséquence que beaucoup de soldats en sortant des barges ont coulé et sont morts noyés, tandis que ceux arrivant sur la plage, les défenses allemandes étant cachées, se sont fait tirer dessus.
La première vague est restée clouée sur place, incapable d’avancer, et a subi de lourdes pertes (90% des hommes furent tués ou blessés), la situation sur Omaha devenait critique et la désorganisation régnait, ce qui a fait dire au colonel Taylor : "Il n'y a plus que deux genres de soldats sur cette plage ; ceux qui sont morts et ceux qui vont mourir ! Alors bougeons-nous de là !".
A la fin du premier jour, les objectifs étaient loin d’être atteints, les pertes matérielles étaient importantes tout comme celles humaines (environ 1 000 tués et 2 000 blessés et disparus, dont de nombreuses noyades).
Omaha Beach avec Juno sont les plages les sanglantes de ce 6 juin 1944.


Au-delà du débarquement humain et matériel, la mise en place d’une logistique afin d’assurer l’approvisionnement en hommes, en matériel et en carburant a été mis en place.
Cela s’est traduit par la construction de 2 ports artificiels : Mulberry A (port américain) et Mulberry B (port britannique).
Suite à une tempête aux alentours du 16 juin, les ports ont été endommagés et Mulberry A a été détruit et n’a finalement que peu servi.
De façon pratique, le débarquement a majoritairement continué par les plages jusqu’à la remise en service du port de Cherbourg.
Pour acheminer le carburant, l’opération PLUTO prévoyait la construction d’un oléoduc sous la Manche.
Par la suite et durant tout l’été 1944, des hommes, du matériel, ne cessèrent de débarquer par la Normandie.


Aujourd’hui les plages de Normandie sont devenues des lieux de l’Histoire, de recueillement et d’hommage.
Si ce n’est déjà fait, je ne peux que vous inviter à y aller et à vous laisser porter par le poids du passé, à imaginer ce que c’était en ce 6 juin 1944 quand des milliers d’hommes y ont débarqué.
Ces lieux sont désormais des sanctuaires, pour les centaines de corps échoués sur les plages ou ceux présents sous la mer (il y a eu de nombreux morts par noyades lors du débarquement des barges), ainsi que le matériel militaire aujourd’hui présent et constituant un site archéologique intéressant.
La localité de Sainte-Mère-Eglise est également connue pour son parachutiste resté accroché 2 heures au clocher.


Si logistiquement cette opération est exceptionnelle et particulièrement bien pensée, elle l’est tout autant humainement, de par ces milliers de personnes qui sont venues libérer un continent qu’ils ne connaissaient que de nom ou presque, qui se sont engagées volontairement et par conviction, qui pour beaucoup y ont perdu la vie à un très jeune âge.
Aller dans un cimetière américain (ou britannique ou canadien) est toujours très émouvant, voir toutes ces rangées de croix blanches qui se succèdent les unes aux autres fait froid dans le dos et renvoie à des heures sombres de l’Histoire Européenne.
C’est pourquoi j’ai trouvé essentiel d’en parler aujourd’hui et de dire, une nouvelle fois, merci à toutes ces personnes, qu’elles y aient ou non laissé leur vie elles forment toutes individuellement ou en groupe des héros, et bien qu’elles refusent cette appellation c’est pourtant bien ce qu’elles sont et ce qu’elles demeureront dans la mémoire collective.


Pour aller plus loin :
- Le site internet du D-Day : http://www.dday-overlord.com/
- Le site internet Normandie Mémoire : http://www.normandiememoire.com/fr_FR/content/view/id-1-accueil
- Le bataillon du ciel, film tiré du livre de Joseph Kessel
- Le jour le plus long, film
- Au-delà de la gloire, film
- Il faut sauver le soldat Ryan, film
- Band of Brothers – Frères d’armes, série télévisée tirée du livre éponyme de Stephen Ambrose

Et également beaucoup de reportages à la télévision en ce moment, et d’excellents romans ou bandes dessinées (témoignages ou fictifs) ou récits d’historiens sur cette période qui seraient trop longs à tous lister.

mardi 10 décembre 2013

Un jour, une histoire - 10 décembre


Le 10 décembre est le 344ème jour de l’année du calendrier grégorien, le 345ème en cas d’année bissextile et c’était généralement le 20ème jour du mois de frimaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du hoyau.

Donc oyé braves gens !
(oui, elle était facile celle-là)

A travers les âges, que s’est-il passé de beau un 10 décembre ?

10 décembre 1356 le Dauphin, à Paris, promulgue une série de mandements monétaires après avoir renvoyé le 2 novembre les Etats-Généraux.
10 décembre 1792 s’ouvre à Paris le procès de Louis XVI.
10 décembre 1848 Louis-Napoléon Bonaparte est élu à la présidence de la République.
10 décembre 1901 : attribution des premiers Prix Nobel
10 décembre 1948 : adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme par l’ONU
10 décembre 1996 : nouvelle constitution en Afrique du Sud et fin définitive de l’Apartheid

Un focus sur la flopée de Prix Nobel attribués un 10 décembre (quelques uns car ils sont nombreux) :

1901 : Prix Nobel de littérature à Sully Prudhomme
1903 : Prix Nobel de physique à Antoine Henri Bacquerel, Marie et Pierre Curie
1904 : Prix Nobel de littérature à Frédéric Mistral et José Echegaray
1911 : Prix Nobel de chimie à Marie Curie
1917 : Prix Nobel de la paix à la Croix Rouge
1922 : Prix Nobel de physique à Albert Einstein
1934 : Prix Nobel de littérature à Luigi Pirandello
1952 : Prix Nobel de la paix à Albert Schweitzer
1957 : Prix Nobel de littérature à Albert Camus
1964 : Prix Nobel de la paix à Martin Luther King
1986 : Prix Nobel de littérature à Wole Soyinka
1993 : Prix Nobel de la paix à Nelson Mandela et Frederik de Klerk

Ils/elles sont né(e)s un 10 décembre :

1830 : Emily Dickinson, femme de lettres américaine
1851 : Melvil Dewey, bibliothécaire et inventeur du système de classement de livres Dewey
1914 : Dorothy lamour, actrice américaine
1923 : Jorge Semprun, écrivain espagnol
1946 : Catherine Hiegel, actrice française (à Montreuil)
1960 : Kenneth Branagh, acteur et réalisateur anglais
1974 : Paul Cleave, écrivain néo-zélandais
1978 : Summer Phoenix, actrice américaine

Cette année je vous épargnerai les Ils/elles sont mort(e)s un 10 décembre.

Aujourd’hui nous fêtons les Romaric (du latin Roma, Rome), le soleil s’est levé à 8h33 et se couchera à 16h53, la lune est en premier quartier et à 5h28 ce matin Mercure est entré dans la constellation d’Ophiuchus.

Et j’allais oublier un événement, il paraît que le 10 décembre une certaine blogueuse a vu le jour ... .

Bonne journée du 10 décembre à toutes et à tous !

mardi 10 septembre 2013

Un jour, une histoire : 10 septembre 1919 #15

Près de trois mois après le Traité de Versailles entre les Alliés et l’Allemagne, le traité de Saint-Germain-en-Laye met fin, le 10 septembre 1919 à l’Autriche-Hongrie.


Les Alliés refusent aux Autrichiens de langue allemande le droit de s’unir à l’Allemagne.
Cédant à la pression des indépendantistes tchèques, ils créent une petite Autriche indépendante de 7 millions d’habitants dont la capitale, Vienne, regroupe à elle seule 2 millions d’habitants.

17 ans à peine s’écouleront avant que Hitler ne décide de la rattacher au IIIè Reich.

lundi 2 septembre 2013

Un jour, une histoire : 2 septembre 1666 #14

Londres brûle-t-il ?


En cette année 1666, Londres est une métropole active de près de 500 000 habitants et qui se relève d’une épidémie de peste l’année précédente.
Un fléau ne venant jamais seul, un feu se déclenche le 2 septembre dans l’arrière-boutique d’un boulanger du nom de Faryner.
L’incendie gagne plusieurs demeures mais le maire, Sir Thomas Bludworth, ne voit aucune raison de s’affoler.
Le feu gagne alors des entrepôts de chanvre et de poix au bord de la Tamise et se propage rapidement, dépassant les sauveteurs.
Dix mille maisons et près d’une centaine d’églises sont la proie des flammes, et si seulement huit victimes sont à déplorer, 100 000 personnes se retrouvent sans abri.
Pour éteindre l’incendie, les sauveteurs sont contraints d’abattre des maisons pour étouffer le feu et le roi Charles II Stuart vient prêter main forte aux sauveteurs.


L’incendie de Londres durera six jours et une grande partie de la capitale sera à reconstruire.

mercredi 28 août 2013

Un jour, une histoire : 28 août 1963 #13

En ce 28 août 1963, le pasteur Martin Luther King prononce à Washington, sur les marches du Mémorial Lincoln et devant 250 000 personnes, un discours qui fera date dans l’histoire : "I have a dream".

Message de paix et appel à la tolérance et à la lute contre le racisme, de nos jours Martin Luther King aurait encore bien des raisons de faire ce genre de rêves.


"I have a dream that one day little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers …"


samedi 24 août 2013

Un jour, une histoire : 24 août 79 #12

Fondée au VIè siècle avant Jésus Christ, Pompéi est une ville prospère de Campanie, au cœur d’une région que les Romains qualifiaient de Terre des dieux pour sa fertilité, sa proximité de la mer et son climat.

La fertilité des terres de Pompéi est due au volcan qui domine cette région : le Vésuve, seigneur de la baie de Naples, mais les Romains ne savent pas la bombe à retardement au pied de laquelle ils vivent, ne serait-ce que parce qu’en latin il n’y a pas de terme pour désigner un volcan.
Pour eux, c’est une montagne, ils n’en connaissent ni sa vraie nature ni sa dangerosité, il faut dire que le Vésuve est un volcan caractérisé par de très longues faces de sommeil et des périodes d’éruption dévastatrices.

En 62 après Jésus Christ, Pompéi et les sites proches connaissent un important tremblement de terre qui détruit ou endommage une partie des bâtiments.
Le lien entre ce tremblement de terre et les évènements suivants n’a jamais été clairement établi.
Qu’il s’agisse d’un signe annonciateur ou non, les habitants de la baie s’attèlent à la reconstruction des bâtiments endommagés et la vie reprend son cour paisible.

Dans les années 70 après Jésus Christ, la ville connait une série de secousses telluriques.
Les Pompéiens ne le savent pas encore, mais leur destin est d’ores et déjà scellé.

A une date fixée au 24 août 79 (certains historiens datent l’éruption au 24 octobre 79), la longue nuit de Pompéi commence.


Le Vésuve entre dans une éruption volcanique dite de type plinien, ensevelissant également les villes voisines de Herculanum, Oplontis et Stabies.

Cette éruption a traversé les siècles grâce aux lettres de Pline le Jeune racontant son expérience de l’éruption de Misène, tandis que son oncle Pline l’Ancien est parti tenter de sauver des amis à Pompéi et assister à l’évènement au plus près, son corps sera retrouvé après l’éruption, victime supposée mais non prouvée de l’éruption.

A Pompéi, la matinée a commencé comme d’ordinaire, mais sous terre l’éruption a commencé.
A 13 heures, le bouchon de lave qui bloquait la cheminée du Vésuve saute et génère un nuage en forme de pin parasol constitué de matériaux volcaniques et de gaz plus légers que l’air.
C’est une nuit qui va durer un peu plus de 24 heures qui s’est abattue sur Pompéi et sa région.
Le nuage s’élève jusqu’à une hauteur de 32 mètres et les matériaux finissent par être emportés par les vents dominants vers Pompéi.
Commence alors sur Pompéi une pluie de pierres ponces blanches qui a durer environ 7 heures, au rythme de 15 centimètres par heure s’accumulant sur 1,30 à 1,40 mètres.
Les Pompéiens qui n’ont pas fui se sont réfugiés dans leur maison, ils signent là leur arrêt de mort.
Vers 8 heures du soir, la composition du magma change et ce sont des pierres ponces grises qui désormais tombent sur Pompéi, l’épaisseur atteignant 2,80 mètres.
Si les lapilli, pierres légères ne tuent pas, l’accumulation des pierres ponces va provoquer l’effondrement des toits des maisons et prendre au piège les Pompéiens.
Mais l’horreur n’est pas finie et le pire reste à venir.

Au petit matin, la colonne éruptive ne peut plus supporter la charge en fragments et s’effondre sur elle-même, donnant naissance à des écoulements plus ou moins denses de matériaux incandescents et de gaz appelés nuées ardentes ou coulées pyroclastiques.
Herculanum est rayée de la carte par les deux premières nuées ardentes.
Les suivantes, appelées surges du fait de leur taille importante, se dirigent sur Pompéi, entraînant la mort de tout ce qui est encore vivant du fait de cendre fine mêlée de gaz entraînant l’asphyxie.
Recouverte par les cendres, Pompéi disparaît et finit par être oubliée, jusqu’au 17ème siècle où la Cité commence à être redécouverte.


Le site est identifié en 1763, Karl Weber est le premier à dresser un plan des fouilles et met surtout un terme à la destruction de tout ce qui était jugé inintéressant.
Pompéi, comme Herculanum, devient un lieu de visite et d’intérêt en Europe, mais il faut attendre 1860 pour les fouilles soient orientées vers une approche scientifique.
C’est Giuseppe Fiorelli, directeur du musée national de Naples, qui est le directeur des fouilles de Pompéi et Herculanum.
Il divise Pompéi en 9 régions elles-mêmes divisées en ilots (à Pompéi on se repère donc par REG et INS suivis de chiffres romains), établit un plan des rues et met au point la méthode du moulage grâce à laquelle les habitants de Pompéi reprennent forme dans l’attitude où la mort les a surpris.


Aujourd’hui, Pompéi est, au même titre qu’Herculanum et Oplontis, classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, et draine chaque année des milliers de visiteurs du monde entier qui déambulent dans ses rues et découvrent avec ravissement cette cité antique.

Mais pour bon nombre de personnes, le plus grand danger de Pompéi actuellement n’est pas un réveil du Vésuve, mais un manque cruel de ressources et une gestion calamiteuse du gouvernement italien pour restaurer le site et le maintenir dans un état décent afin que les générations futures puissent elles aussi bénéficier de ce témoignage historique d’une importance et d’une richesse sans précédent.

jeudi 15 août 2013

Un jour, une histoire : 15 août 30 avant Jésus Christ #11

Soi-disant Cléopâtre aurait eu un long mais très beau nez (ce n'est pas moi qui le dit mais Astérix).


Une chose est sûre : Cléopâtre, ou plus précisément Cléopâtre VII, est restée une femme insoumise jusqu’au bout de sa vie, y compris dans sa propre mort qu’elle orchestre.

En ce 15 août 30 avant JC, la reine d’Egypte Cléopâtre, recluse dans son palais, apprend qu’Octave, le nouveau maître de Rome, vient de débarquer, et est bien décidé à la faire figurer dans son triomphe, comme le fit jadis César avec sa sœur Arsinoé.

Seule depuis le suicide de son amant, Marc-Antoine, Cléopâtre demande et obtient de se faire livrer un panier de figues avec un aspic à l’intérieur.
Elle se suicide par piqûre de serpent, suivie dans la mort par ses deux fidèles servantes.



Octave fait inhumer Cléopâtre aux côtés de son amant, dans un tombeau aujourd’hui disparu et dont la découverte serait un évènement archéologique sans précédent, en espérant qu’après la malédiction du tombeau de Toutânkhamon il n’y ait pas celle du tombeau de Cléopâtre sous la forme d’aspics.

mardi 6 août 2013

Un jour, une histoire : 6 août 1945 #10

Alors que l’Allemagne nazie a capitulé, le Japon s’entête et les pertes humaines américaines dans cette bataille du Pacifique sont importantes (7 600 morts pour la prise de l’île d’Okinawa) et le seraient encore, selon des estimations, si la guerre était amenée à continuer.

Dans le plus grand secret, les américains ont travaillé sur une arme d’un tout nouveau genre et ont procédé le 16 juillet 1945 à un premier essai nucléaire dans le désert du Nouveau Mexique.
Le 26 juillet, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine adressent un ultimatum au japon qui reste sans réponse.


Les Etats-Unis prennent alors la décision de mettre fin à la Guerre en utilisant leur nouvelle arme nucléaire et en ce matin du 6 août 1945, le bombardier Enola Gay part en direction du Japon avec dans sa soute une bombe à l’uranium dénommée Little Boy de quatre tonnes et demi.
La cible est Hiroshima, en raison de conditions météorologiques favorables.

La bombe est larguée à 8h15.


A 8h16, après environ 43 secondes de chute libre, la bombe explose à 580 mètres à la verticale de l’hôpital Shima, en plein cœur de l’agglomération et en quelques secondes se forme un champignon atomique.
70 000 personnes sont tuées, la majorité meurt dans les incendies consécutifs à la vague de chaleur, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont gravement brûlées et beaucoup d’autres personnes mourront quelques jours, semaines ou années plus tard des suites des radiations.


Mais le Japon ne cède pas.
Une deuxième bombe sera larguée sur Nagasaki le 9 août 1945.
Ce seront les victimes d’Hiroshima et de Nagasaki qui convaincront le gouvernement japonais de mettre fin à la guerre.


Le Japon capitule sans condition le 2 septembre 1945.


Désormais le monde est en paix, mais le spectre de la guerre nucléaire est présent dans tous les esprits.

jeudi 1 août 2013

Un jour, une histoire : 1er août 1914 #9

En juin 1914, la poudrière des Balkans explosait suite à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et de son épouse.
L’engrenage de la Première Guerre Mondiale était enclenchée et en ce samedi 1er août 1914, à 16 heures, tous les clochers de France font entendre le tocsin : c’est la mobilisation générale.


La veille, Jean Jaurès a été assassiné au café du Croissant à Paris.
Il est coutume de dire qu’en trois coups de revolver l’Europe s’est embrasée : celui de Henriette Caillaux en mars 1914 qui tue Gaston Calmette, directeur du Figaro ; celui de Princip à Sarajevo et enfin celui de Raoul Villain.

Toute l’Europe se mobilise et en ce 1er août en Allemagne, le chancelier Bethmann-Hollweg, alarmé par la mobilisation russe, se laisse convaincre par son chef d’Etat-Major et par son ministre de la Guerre de déclarer la guerre à la Russie.


Et en France, si quelques uns partent avec à l’esprit une guerre rapide, facile et victorieuse, la majorité des appelés prend au contraire avec sérieux et détermination cette mobilisation générale.

mercredi 24 juillet 2013

Un jour, une histoire : 24 juillet 1967 #8

En ce 24 juillet 1967, le Général de Gaulle est en visite dans la Belle Province, à savoir le Québec.
Il effectue le trajet de Québec à Montréal par le "Chemin du Roy" et est acclamé tout le long du chemin par des "Vive le Canada français" ou "Québec libre ! ".
Reçu par le maire Jean Drapeau à l’Hôtel de Ville, il termine son discours par une phrase qui restera dans l’histoire : "Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec … libre ! Vive le Canada français et vive la France ! ".

Ni une ni deux, c’est clairement un encouragement à la revendication d’autonomie du Québec, autonomie défendue notamment par l’Union Nationale du Premier ministre québécois Daniel Johnson (au passage, à l’origine de l’invitation du Général à venir au Québec).

Quant aux Canadiens anglophones, ils y voient là un appui au mouvement indépendantiste de René Lévesque qui d’ailleurs échouera à faire triompher le référendum sur l’indépendance en 1980. 

vendredi 19 juillet 2013

Un jour, une histoire : 19 juillet 64 #7

Rome brûle-t-il ?


Parti d’une boutique située près du Circus Maximus, au pied du Palatin, un incendie va ravager Rome pendant six jours, détruisant la plus grande partie de la ville, y compris des monuments dont le palais impérial, et faire plusieurs milliers de victimes.

La rumeur voudrait que ce soit Néron, alors empereur, qui a lui-même déclenché l’incendie (et il paraît même qu’il aurait composé des vers tout en regardant l’incendie).
Rendons à Néron ce qui lui appartient : il a au contraire hâté la reconstruction de Rome et a amélioré les constructions et l’insalubrité des rues.

Mais pour se défendre, Néron a laissé accuser les Chrétiens d’en être à l’origine et c’est le début des premières persécutions chrétiennes.

dimanche 14 juillet 2013

Un jour, une histoire : 14 juillet 1789 #6


"Ah ! Ca ira, ça ira, ça ira !
Les aristocrates à la lanterne
Ah ! Ca ira, ça ira, ça ira !
Les aristocrates on les pendra !"

(Petit anachronisme, car ce couplet n’a été chanté qu’après le 14 juillet 1790.)
(En France, on aime les chants menaçants : entre ça et "La Marseillaise" …)

Peuple affamé, peuple en colère …

Quarante jours plus tôt, les Etats Généraux se sont réunis à Versailles et ont décidé d’écrire une nouvelle Constitution (en France, on aime remettre tout à plat et recommencer), et le 9 juillet l’assemblée à Versailles s’est proclamée Assemblée Nationale Constituante (en France, on aime donner des noms pompeux aux institutions).

A Paris, la rumeur se répand le 13 juillet que les troupes royales vont entrer en force dans la capitale pour mettre les députés aux arrêts (le Roi, il n’a pas franchement aimé l’Assemblée Nationale Constituante et la veille il a renvoyé Necker, son contrôle général des finances, banquier populaire par-dessus le marché).

Au matin du 14 juillet, des émeutiers (artisans et commerçants) se rendent à l’hôtel des Invalides, en quête d’armes, et le gouverneur cède en leur ouvrant les portes.
C’est désormais armés que les émeutiers décident de se rendre à la Bastille, où la rumeur prétend que la poudre aurait été entreposée (en France, on réagit très vite à la rumeur), et il faut dire que le peuple avait aussi un compte à régler avec ce bâtiment.


Le marquis de Launay, gouverneur de la Bastille, tente de garder le contrôle de la situation en s’engageant à ne pas tirer sous réserve que les émeutiers ne cherchent pas à entrer dans la Bastille, et essaye de gagner du temps en retenant trois délégués des émeutiers à déjeuner (en France, manger c’est important).
Mais une explosion se fait entendre, la foule crie à la trahison et pénètre dans l’enceinte de la Bastille, de Launay perd son sang froid et ouvre le feu, c’est un carnage.
Arrivent deux détachements de gardes françaises qui décident de se rallier aux émeutiers.
Ils ont de l’expérience, de Launay décide de faire sauter les magasins de poudre et d’ouvrir le feu à outrance, mais la garnison de la Bastille décide de parlementer et les émeutiers prennent alors la Bastille, déçus de n’y trouver que quelques prisonniers de peu d’importance.


Le marquis de Launay tente de se suicider, se rate, est traîné dans les rues de Paris avant d’être décapité par un boucher et sa tête promenée sur une pique.
C’est le basculement de la Révolution dans la violence car désormais cela deviendra une habitude d’exhiber au bout d’une pique les têtes des personnes assassinées.
Le soir du 14 juillet, Palloy réunit 800 ouvriers et s’attache à démolir la forteresse.
A Versailles, Louis XIV indique "Rien" dans son journal à cette date, mais il ne s’agit que du résultat de sa chasse.


Le 14 juillet 1790 deviendra la Fête de la Fédération et en 1880 le 14 juillet deviendra la Fête Nationale de la France.

mercredi 10 juillet 2013

Un jour, une histoire : 10 juillet 1940 #5

En ce 10 juillet 1940, dans le casino de la ville d’eaux de Vichy, la Chambre élue en 1936 sous les couleurs du Front Populaire vote les pleins pouvoirs au maréchal Philippe Pétain.


Celui-ci méprisant les députés n’a pas voulu se déplacer et c’est dans une lettre lue par Pierre Laval, vice-président du Conseil, qu’il demande, et obtient, les pleins pouvoirs en vue de préparer une nouvelle constitution.
Mais à peine le vote terminé, la Chambre est dissoute et le maréchal Pétain s’accorde les pleins pouvoirs, devenant ainsi dictateur, pendant qu’un culte autour de sa personnalité se développe, celui-ci étant perçu par une partie de la population comme le vainqueur de Verdun et donc pleinement capable de redresser la France.


C’est la fin de la IIIè République et le début du Régime de Vichy.

lundi 1 juillet 2013

Un jour, une histoire : 1er juillet 776 avant Jésus Christ #4

Le 1er juillet 776 avant JC, les premiers Jeux Olympiques sont officiellement nés à Olympie, sanctuaire consacré à Zeus.


Le but de ces Jeux était de rapprocher les Grecs et de suspendre les guerres entre les cités.
A Olympie, les vainqueurs recevaient une couronne en rameau d’olivier tressé.


Les Jeux Olympiques ont été abolis par l’empereur romain Théodose 1er, en 393 après JC et après 1 000 ans d’existence, et restaurés à la fin du 19ème siècle par le baron Pierre de Coubertin.

vendredi 28 juin 2013

Un jour, une histoire : 28 juin 1914 #3

Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois, et son épouse la duchesse de Hohenberg, sont assassinés à Sarajevo par le jeune nationaliste serbe de Bosnie Gavrilo Princip.


Cette date de visite du 28 juin avait été choisie pour plusieurs raisons : jour de Vidovdan, une fête religieuse importante chez les Serbes orthodoxes, date anniversaire de la bataille de Kosovo Polje en 1389 qui vit la défaite des Serbes devant l’armé turque et l’annexion de leur royaume à l’empire Ottoman pour plus de 450 ans, date du quatorzième anniversaire de mariage du couple princier.

Une première tentative d’attentat a lieu le matin mais n’atteint pas l’archiduc, c’est une erreur d’itinéraire du chauffeur qui oblige la voiture à ralentir, donnant ainsi l’occasion à Gavrilo Princip d’ouvrir le feu sur le couple.

Avec deux coups de revolver, il tue sur le coup l’archiduchesse tandis que son mari décède dix minutes plus tard.

Tout commence dans la capitale de la Serbie, Belgrade, où le chef des services de renseignements, le colonel Dimitrievitch, dirige une organisation terroriste secrète : la Main Noire.
Celle-ci souhaite la réunion de tous les Slaves du Sud (i.e les Yougoslaves) autour de la Serbie, principal état slave balkan.
A l'étranger, elle encourage des mouvements politiques comme celui dont fait partie Princip.

Les conséquences de cet attentat seront dramatiques : rupture des relations diplomatiques entre l’Autriche-Hongrie et la Serbie, déclaration de guerre "préventive" de l’Autriche-Hongrie à la Serbie qui, par le jeu des Alliances, mènera à la Première Guerre Mondiale où l’Europe s’enfoncera pendant quatre années sombres.

vendredi 21 juin 2013

Un jour, une histoire : 21 juin 1943 #2

Jean Moulin, né le 20 juin 1899, est surtout connu pour ses faits de Résistance et le rôle majeur qu’il a joué dans l’unification des mouvements de Résistance et la création du Conseil National de la Résistance.
Mais sans tout cela, il aurait de toute façon laissé son nom à la postérité puisque de 1925 à 1930 il fut le plus jeune sous-préfet de France, en poste alors à Albertville ; et en janvier 1937 il est devenu le plus jeune préfet de France en étant nommé préfet de l’Aveyron.
Révoqué de son poste de préfet d’Eure-et-Loir par le Régime de Vichy en 1940, il décide très vite d’aller à Londres où il gagne la confiance du Général de Gaulle qui le charge alors d’unifier les mouvements de résistance et tous leurs différents services (propagande, renseignements, sabotage, entraide) sur le territoire Français.
C’est aussi dans cette année 1940 que se trouve la raison du port de son écharpe : arrêté en juin 1940 par les Allemands, il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un rasoir par peur de céder sous la torture et de parler.


En février 1943, Jean Moulin se rend à Londres et revient en France le 21 mars 1943, avec pour mission de créer le Conseil National de la Résistance dont la première réunion en séance plénière se tiendra à Paris le 27 mai 1943.

Mais son destin bascule le 21 juin 1943, une journée après son quarante-quatrième anniversaire.
C’est dans une maison à Caluire-et-Cuire, en banlieue lyonnaise, louée par le Docteur Dugoujon, que se tient une réunion avec plusieurs responsables de la Résistance : Albert Lacaze, Raymond Aubrac, André Lassagne, Bruno Larat.
Non convoqué, René Hardy se rend aussi à cette réunion.
Mais en milieu d’après-midi, la Gestapo, dont le chef local est Klaus Barbie, connu aussi comme "le boucher de Lyon" encercle la maison et arrête tous ses occupants.


Arrêté et interrogé au Fort Montluc par Klaus Barbie, Jean Moulin alias Max ne dira rien, mais la Gestapo finit par identifier cet homme comme le chef de la Résistance.
Il est transféré à la Gestapo de Paris où il est torturé.
Il meurt le 8 juillet 1943 des suites des tortures et des interrogatoires subis dans le train qui le conduisait en Allemagne.

Le 19 décembre 1964 il entre au Panthéon des grands Hommes de la République Française accompagné d’un discours resté célèbre d’André Malraux dont voici un extrait :

"Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... "

vendredi 14 juin 2013

Un jour, une histoire : 14 juin 1791 #1

Promulguée en France le 14 juin 1791, la Loi Le Chapelier, du nom de l’avocat au Parlement de Bretagne puis député patriote aux Etats-Généraux, interdit les organisations ouvrières, notamment les corporations des métiers, les rassemblements paysans et ouvriers et le compagnonnage.


Cette loi est la suite logique du décret d’Allarde des 2 et 17 mars 1791 et interdit les coalitions de métiers et les grèves.
L’article second de cette loi énonce que "Les citoyens d'un même état ou profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, se nommer ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibération, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs".


Cette loi révolutionnaire avait été pensée à l’origine pour mettre fin aux dérives corporatistes de l’Ancien Régime mais entravera au 19ème siècle la création de syndicats.

Elle sera abrogée en deux temps : le 25 mai 1864 par la loi Ollivier qui abolit le délit de coalition, et le 21 mars 1884 par la loi Waldeck-Rousseau qui légalise les syndicats.