samedi 29 décembre 2012

Le livre des nuages de Fabienne Loodts


"Le Livre des Nuages" raconte le séjour de deux ans de Tatiana, une jeune mexicaine qui s'exile à Berlin. 
A travers les rencontres et les expériences qui émaillent le séjour du quotidien de la jeune fille, on découvre Berlin, une ville où le passé se mélange étrangement au présent. 
 Solitaire, loin des siens, Tatiana en chaîne les petits boulots jusqu'à travailler pour Herr Weiss, un vieil universitaire qui étudie la "mémoire des lieux". En mission pour lui, elle rencontrera un jeune météorologue  qui a grandit dans l'est de Berlin, derrière le mur...  (Warum)

"Le livre des nuages" est un roman graphique adapté par Fabienne Loodts du livre éponyme de Chloé Aridjis ayant reçu le prix du Premier Roman étranger en 2009.

C'est en août 1986, à l'occasion d'un voyage familial et alors que le mur sépare encore la ville en deux entités bien distinctes, que Chloé découvre la ville de Berlin.
Elle est même d'ailleurs persuadée d'avoir aperçu Hitler dans le métro sous les traits d'une vieille femme.
Puis, c'est à l'occasion d'une bourse universitaire que Tatiana va retourner à Berlin : "La première année, je m'égarai dans une sorte de mue, à l'image de la ville. Peu à peu, les nuits se sont mêlées au jour.", pour finalement s'y installer quelques années.
En août 2007, Tatiana est une trentenaire vivant seule, enchaînant les petits boulots jusqu'à cette période de vache maigre qui va la conduire à travailler pour Herr Weiss, un vieil universitaire dont elle va retranscrire sous forme de notes les enregistrements sonores, sa mémoire du passé et des lieux de Berlin : "Ce serait presqu'aussi révoltant que ce qu'ils ont fait avec la villa où s'est tenue la conférence de Wansee. Pendant trente-six ans après la guerre, cette villa a servi de foyer pour les enfants de la ville. Imaginez le genre d'énergie qu'ont absorbée ces enfants en jouant dans la pièce où la solution finale avait été exposée. Ou en nageant dans les eaux souillées du lac donnant sur le jardin ...".

Si la ville de Berlin est au coeur de ce roman graphique, elle l'a aussi été au cours de sa conception puisque Fabienne Loodts est partie s'y installer et qu'il y a été réalisé en utilisant la technique du contretype, ce qui lui donne cet aspect poussiéreux.
Résultat, il se dégage une ambiance forte de ce livre, que ce soit au niveau de la représentation de Berlin mais également pour le lecteur, c'est en tout cas ce que j'ai ressenti au cours de ma lecture : la sensation de basculer dans une autre ville, un Berlin moderne mais encore fortement marqué par son passé : le régime nazi et le mur qui a séparé la ville en deux entités est et ouest pendant 28 années.
Cette séparation entre deux mondes diamétralement opposés est d'ailleurs magnifiquement représentée sous la forme d'un coeur, avec une partie saine et claire, la RFA, et une autre malade et grise, la RDA.
C'est un Berlin quelque peu fantasmagorique qui est d'ailleurs montré, mêlant indistinctement le passé et le présent, des lieux sombres et chargés d'une terrible histoire, des personnages hors du temps, des apparitions, des fantômes qui peuplent des appartements, un peu à l'image des stations de métro fantômes de Berlin Est, avec au milieu une Tatiana qui vit et qui ressent tout ce passé.
C'est un aspect du livre que j'ai beaucoup apprécié, cela bouscule les codes traditionnels jusqu'à frôler la ligne entre la raison et la folie, ce sentiment est de surcroît appuyé par le graphisme en noir et blanc.
Il n'y a aucune couleur pourtant les dessins ont une vie et une forme de couleur bien à eux, tout comme la ville de Berlin qui est omniprésente et qui impose au lecteur sa présence grâce aux traits de crayon de Fabienne Loodts.
A côté de la noirceur de la ville, il y a aussi un côté enchanteur amené par le personnage d'un jeune météorologue ayant passé toute sa jeunesse dans Berlin Est.
Ce dernier est fasciné par les nuages, il l'a d'ailleurs été dès son plus jeune âge : "Quand j'étais petit, l'observation du ciel était la seule chose qui me donnait un sentiment de liberté ... J'adorais prédire ce qui qui allait venir.[...] J'imaginais que j'avais un jardin de nuages que je nourrissais chaque jour. Et quand les nuages étaient grands et forts, je les détachais de leurs racines ... et les laissais s'envoler dans le ciel.", il vient contrebalancer le personnage de Tatiana et amène un autre regard sur l'histoire.
Finalement, la place de personnage principal de l'histoire balance entre Berlin et les nuages.
"Vous savez, une existence entière pourrait se réduire à ça, monter doucement rejoindre un banc de nuages, se fondre dans le lent troupeau ... et, en quelques instants, sans avoir laissé la moindre empreinte sur le monde, rendre à l'atmosphère les éléments brièvement empruntés.", je ne sais pas si finalement Tatiana laissera son empreinte sur le monde, mais elle choisit à la fin de quitter Berlin pour retourner auprès des siens, tournant ainsi une page de sa vie et quittant le lent troupeau berlinois pour retrouver le Mexique.

Au final, j'ai surtout été marquée par les dessins de Fabienne Loodts qui sont extrêmement beaux, j'ai ainsi pu découvrir une jeune illustratrice prometteuse.
Quant à l'histoire, elle est par moment trop elliptique pour captiver totalement le lecteur et se retrouve reléguer au second plan tant la splendeur des dessins, ceux de Berlin et des nuages en tête, l'emporte sur le reste.
"Le livre des nuages" est un beau roman graphique sur fond d'une riche palette de noir/blanc/gris mêlant passé et présent, douleur et bonheur, noirceur et luminosité, en conclusion, une belle découverte.

Je remercie Babelio et les éditions Warum pour l'envoi de ce livre dans le cadre d'une opération masse critique.

vendredi 28 décembre 2012

Citizen Kane d'Orson Welles




A la mort du milliardaire Charles Foster Kane, un grand magnat de la presse, Thompson, un reporter, enquête sur sa vie. Les contacts qu'il prend avec ses proches lui font découvrir un personnage gigantesque, mégalomane, égoïste et solitaire. (AlloCiné)


Mais qui était donc Charles Foster Kane et que signifie sa dernière parole "Rosebud" alors qu’il meurt dans son manoir de Xanadu ?
Voilà un mystère que tente de résoudre un reporter en enquêtant sur la vie de ce riche magnat de la presse.


Construit comme un puzzle, ce premier film d’Orson Welles a, en son temps, révolutionné le cinéma sur bien des aspects.


Tout d’abord, il y a une narration omniprésente qui ne cesse de s’évertuer du début à la fin de percer le mystère de Kane.
Le reporter va, pour se forger une idée, interroger un certain nombre de personnes ayant côtoyé Kane, le problème, c’est que chaque personne a une vision différente de qui était Kane.
Génial homme d’affaires, il se révèle médiocre dans sa vie quotidienne, homme à la limite du détestable pour les femmes qui ont partagé sa vie.


Le scénario construit méthodiquement un puzzle dont le spectateur a, il faut bien l’avouer, beaucoup de mal à assembler, jusqu’à la scène finale qui permet de tout dénouer.
Ce film est donc construit intégralement sur les flashbacks or, à l’époque, cela était contraire aux traditions cinématographiques.
Première révolution, la deuxième intervenant également dans la forme du flashback, une même histoire est racontée du point de vue de deux personnes différentes, autant de pièces pour brouiller le reporter, et le spectateur.
Ensuite, le recours systématique à une longue profondeur de champ casse aussi les codes du cinéma de l’époque.


Enfin, Orson Welles se permet d’inverser l’utilisation de la contre-plongée qui certes, illustre des moments d’exaltation, mais en même temps montre un Kane écrasé par la puissance, dans le doute et/ou l’échec.
Et pour finir, le réalisateur a eu recours à des effets spéciaux pour enrichir son film.

Non, je n’ai pas appris par cœur le manuel du parfait réalisateur, mais il se trouve qu’après le visionnage de ce film j’ai été poussée par la curiosité à me renseigner sur le tournage du film étant donné que j’avais été fortement marquée par la mise en scène.


Car si l’histoire est tortueuse, la mise en scène elle est formidable et j’ai trouvé que ce film comportait de très belles scènes merveilleusement filmées et je dois bien reconnaître qu’à l’heure actuelle il est plutôt rare de voir des films avec une mise en scène aussi soignée et innovatrice.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de voir une leçon de cinéma et ce film d’Orson Welles en est une tant elle innove dans la façon de filmer les scènes et de faire circuler l’histoire entre les images à l’écran et le spectateur.
C’est uniquement en noir et blanc mais ça n’a pas pris une seule ride, quant aux acteurs, ne serait-ce que pour le jeu d’Orson Welles ce film mérite d’être vu, les autres acteurs, issus majoritairement du théâtre, étant eux aussi excellents et justes dans leur rôle.


"Citizen Kane" est à n’en pas douter un monument de cinéma que je ne regrette pas d’avoir vu car c’est, à mon humble avis, un film qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour la modernité dont il a fait preuve en son temps.
C’est également un film qui devrait inspirer un certain nombre de réalisateurs actuels qui ont bien besoin de se reprendre une petite leçon de cinéma.

Je suis une légende de Francis Lawrence




Robert Neville était un savant de haut niveau et de réputation mondiale, mais il en aurait fallu plus pour stopper les ravages de cet incurable et terrifiant virus d'origine humaine. Mystérieusement immunisé contre le mal, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York. Peut-être le dernier homme sur Terre... Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu.
Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne - on les appelle les "Infectés" - rôdent dans les ténèbres... observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur. Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang.
Ses innombrables ennemis lui en laisseront-ils le temps ? Le compte à rebours touche à sa fin... (AlloCiné)

Adapté du livre culte de Richard Matheson, Francis Lawrence propose une version retravaillée de l’histoire tout en conservant la trame originelle dans ses grandes lignes.


Je dirai que le film se découpe en deux parties : la première montre au spectateur un Robert Neville errant dans les rues de New-York peuplées de créatures qui s’éveillent à la tombée de la nuit accompagné de son fidèle chien, tandis que la deuxième réintroduit l’humanité par le biais des personnages d’Anna et Ethan qui s’étaient mis en quête de Robert Neville, ayant capté son message quotidien sur les ondes de radio.


 La première partie est assez fidèle dans l’esprit au livre de Richard Matheson.
Ce qui fait la force de l’œuvre de Richard Matheson, c’est la solitude extrême de son personnage qui sombre doucement dans la folie jusqu’à sa rencontre avec un chien, la première trace d’humanité depuis plusieurs années qui croise son chemin.
Là, le chien joue un rôle de frein, empêchant le personnage de Richard Neville de sombrer dans la folie pure d’autant qu’il a été à ses côtés dès le début de l’épidémie.
Avant, Robert Neville était un brillant savant de réputation mondiale, puis il y a eu cette formidable avancée de la science qui a permis de guérir les cancers, enfin il y a eu l’avènement d’un virus encore plus terrible, qui a très vite décimé les populations, les transformant en mutants photosensibles, ne pouvant se mouvoir que dans l’obscurité.


Visuellement, les mutants sont très réussis et correspondent à la représentation que je m’en faisais, ils ne sont pas non plus réduits à l’état de légume, ils ont une forme d’intelligence maligne qui les poussent à piéger Robert Neville, ou tout du moins à essayer.


New-York en ruine et dévasté est également une réussite, l’ambiance d’apocalypse transparaît bien des images et contribue à créer une atmosphère angoissante, avec la végétation et la nature qui ont repris leurs droits sur la cité de béton.
Certaines scènes sont d’ailleurs extrêmement haletantes et créent un sentiment de peur voire de malaise auprès du spectateur, notamment celle où Robert Neville entre dans une maison à la recherche de son chien.
La solitude du personnage et la routine qu’il a instaurée (passer un message sur les ondes radio, se rendre sur le lieu de rendez-vous, préparer à manger, laver le chien, faire du sport pour entretenir sa forme physique) sont des éléments clés pendant cette première partie, d’autant que la deuxième va tout chambouler.


La deuxième partie, si elle explore de façon plus approfondie la folie du personnage de Robert Neville dont les vannes cèdent suite à un élément déclencheur, s’éloigne par contre de l’esprit de l’œuvre de Richard Matheson pour tomber dans les travers d’un film hollywoodien dégoulinant de bons sentiments.
A partir de l’élément déclencheur, Robert Neville perd tous ses repères et commence à sombrer dans une folie.
Les flashbacks expliquant au spectateur ce qui s’est passé il y a trois ans de cela s’arrêtent pour laisser place à l’actualité, au fait que le héros est en train d’être doucement rongé par la folie, et qu’il a perdu l’habitude du contact humain, comme le démontrent certaines scènes avec Anna et Ethan.
A noter que le personnage d’Anna est lui aussi fortement marqué par ce qu’il a vu, il ne fait plus confiance à personne et est prêt à se défendre, par n’importe quel moyen.


C’est une façon intéressante de montrer les ravages que la solitude peut causer, ainsi qu’une humanité entièrement, ou presque, dévastée.
Je reproche toutefois au film de tomber dans les travers du cinéma américain, et c’est fort regrettable.
Déjà, fallait-il à tout prix une fin heureuse ?
Non, je ne le crois pas, elle n’était pas de rigueur et de toute façon, dans le monde tel qu’il est devenu, ce ne peut-être que provisoire, sauf que là, le savant a trouvé juste au dernier moment le remède miracle pour guérir du virus.
Et bien comme cela peut se constater dans le monde réel, lorsqu’un remède est trouvé à un virus c’est un autre plus dangereux qui se développe.
Inutile de crier à la victoire, certes le remède à ce virus est trouvé, mais c’est un autre qui verra le jour, et ceci, Richard Matheson l’avait bien compris en écrivant la fin de son livre, une fin qui est logique.
Cette deuxième partie est trop convenue, surtout la fin qui ne peut s’empêcher de tomber dans les bons sentiments dégoulinants, pourtant l’interprétation des acteurs est plutôt bonne.
Les scénaristes ont choisi d’adapter ainsi l’œuvre de Richard Matheson, je trouve cela dommage car cela partait bien pour finalement s’éloigner de l’esprit de l’auteur lorsqu'il a créé son histoire.

Au final, "Je suis une légende" est un film agréable à regarder, servi par une ambiance et des décors angoissants mais dont l’adaptation finit par trop s’éloigner de l’œuvre littéraire pour se conclure sur une fin bien trop prévisible et conventionnelle, ce que je regrette.

mardi 25 décembre 2012

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows


Janvier 1946.Tandis que Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale, Juliet Ashton, jeune écrivain, compte ses admirateurs par milliers. Parmi eux, un certain Dawsey, habitant de l'île de Guernesey, qui évoque au hasard de son courrier l'existence d'un club de lecture au nom étrange : « Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates »… Passionnée par le destin de cette île coupée du monde, Juliet entame une correspondance intime avec les membres de cette communauté. Et découvre les moyens fantaisistes grâce auxquels ces amis bibliophiles ont résisté à l'invasion et à la tragédie. Jusqu'au jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey. Pour Juliet, la page d'un nouveau roman vient de s'ouvrir, peut-être aussi celle d'une nouvelle vie… (10/18)

"J'ai grande envie d'en apprendre davantage sur ce Cercle d'amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates, et pas seulement pour satisfaire ma curiosité malsaine - il est désormais de mon devoir professionnel de fourrer mon nez là-dedans.", voilà une phrase qui illustre relativement bien ce qui m'a poussée à enfin lire ce livre.
Je dis bien "enfin" car depuis le temps que ce livre est devenu un phénomène littéraire grâce au bouche à oreille il était temps que je me penche sérieusement dessus.

Au final, qu'y ai-je découvert ?
Un livre écrit sous forme épistolaire dont l'histoire se passe en 1946, juste au sortir de la Seconde Guerre Mondiale.
Le personnage principale est Juliet, une anglaise trentenaire qui durant toute la guerre a signé une chronique dans un journal sous un nom de plume et qui reçoit un beau jour un courrier d'un habitant de l'île de Guernesey qui est entré en possession d'un de ses anciens livres de Charles Lamb.
S'ensuit alors une correspondance entre Juliet et Dawsey qui très vite lui parle du club de littérature qui a vu le jour à Guernesey durant l'occupation allemande : le cercle d'amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates, alors qu'à l'origine il ne s'agissait que d'un repas clandestin : "Je crois qu'ils s'ennuyaient tellement avec ce couvre-feu et les autres vilaines lois nazies que ce cercle n'était qu'un prétexte pour passer une nuit dehors. Ils ont choisi la lecture comme ils auraient pu choisir autre chose.".
Mais les membres de ce club se sont très vite piqués au plaisir de la littérature et leur club a pris une envergure, après Dawsey ce sont d'autres membres du club qui vont correspondre avec Juliet, jusqu'à la venue de celle-ci sur l'île.

"Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais.", lire des livres moyens vous permet par contre d'apprécier les bons à leur juste valeur.
Ce livre est pour moi catalogué dans la catégorie des livres moyens, c'est mignon et relativement plaisant mais ça ne casse pas non plus quatre pattes à un canard.
L'histoire est gentille, j'ai fini par me prendre au jeu de la correspondance et à vouloir en apprendre plus sur les habitants de Guernesey et sur les membres de ce club littéraire, mais il n'y a rien derrière d'exceptionnel, juste une belle histoire humaine d'amour et d'amitié qui manque toutefois d'un petit je ne sais quoi pour en faire une grande histoire.
Ce livre se lit rapidement et avec une certaine curiosité mais il souffre aussi de quelques défauts, à commencer par un ton uniforme quelque soit le personnage écrivant.
Or, c'est problématique car la plume n'est pas tenue que par Juliet mais également par d'autres personnages mais jamais le style ne change, il reste le même or, chaque personne a un style littéraire différent et toutes n'expriment pas la même chose de la même façon.
Ce livre a pourtant été écrit à quatre mains mais j'ai eu l'impression tout au long de ma lecture que c'était une seule et même personne qui l'avait écrit et qui racontait les évènements.
J'aurai aimé des styles différents, des personnages plus tranchés et plus affirmés dans leur style narratif et pas seulement du point de vue de leur caractère.
Ensuite, les ficelles de l'histoire sont assez grosses et la fin se devine assez facilement, sans doute est-ce dû au quatrième de couverture qui en dévoile un peu trop.
Je dirai qu'il y a deux personnages principaux : Juliet, présente physiquement du début à la fin du roman, et Elizabeth, présente moralement quasiment du début jusqu'à la fin.
Elizabeth est sans doute le personnage qui m'a le plus intriguée et je trouve que par moment ce personnage n'est qu'effleuré, c'est dommage car c'est sans doute celui qui a le plus de relief et le plus apte à construire une histoire autour.
Ils sont tous attachants à leur façon, mais Elizabeth est vraiment le noyau de l'histoire et j'ai eu le sentiment en refermant ce livre que toutes les facettes du personnage n'avaient pas été présentées.
Quant au contexte historique, il est certes intéressant mais pas non plus forcément bien exploité. Les personnages racontent l'occupation de l'île, Juliet les bombardements et la destruction d'une partie de Londres, mais tout cela ne reste que des mots et je n'ai jamais ressenti une réelle émotion poignante à lire ces descriptions, il a toujours subsisté une barrière entre le récit et moi, je le regrette car selon moi l'un des objectif d'un roman est justement de faire tomber les barrières entre le récit et le lecteur.
Il est vrai que les auteurs ont privilégié les ellipses narratives, là il y avait un peu trop de place à l'imagination pour que je puisse ressentir toutes les émotions des mots.
Certaines lettres sont extrêmement bien réussies et poignantes, d'autres un peu moins, par contre j'ai apprécié le point de vue diamétralement opposé d'Adelaide Addison, ceci apporte une petite touche d'humour au récit.

"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" est un livre sympathique à lire qui finit par piquer l'intérêt du lecteur, mais ce n'est pas non plus un grand livre, dans le sens où il n'a pu me toucher qu'en partie et non complètement.
Il suscite sans doute de l'enthousiasme auprès de nombreux lecteurs, auprès de moi c'est un enthousiasme limité.
Je regrette toutefois que Mary Ann Shaffer soit décédée juste avant la publication du livre qu'elle a co-écrit avec sa nièce, sa plume aurait sans doute gagné en maturité au fur et à mesure de ses écrits.
Ce livre est donc un premier roman, cela se ressent à la lecture, mais c'était un galop d'essai tout de même relativement réussi, dommage qu'il ne puisse désormais plus se concrétiser.
J'invite toutefois qui le veut à lire et découvrir ce livre afin de se forger sa propre opinion.

Livre lu dans le cadre du club de lecture Babelio - Décembre 2012

The Reader de Stephen Daldry



Allemagne de l'Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle. Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture. Il découvre peu à peu le plaisir qu'elle éprouve lors de ce rituel tandis qu'il lui lit L'Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien. Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé. Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna... sur le banc des accusées. Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour... (AlloCiné)

J'attendais avec impatience de voir cette adaptation du livre de Bernhard Schlink et bien le résultat était à la hauteur de mes attentes.
Cette adaptation est extrêmement fidèle au livre et c'est un véritable plaisir de la regarder, bien que je doive reconnaître que le fait de savoir le fin mot de l'histoire m'a fait regarder le film sous un angle sans doute différent que si j'avais découvert l'intrigue.
L'histoire est donc scrupuleusement respectée, l'Allemagne de l'après-guerre est très bien reconstituée et les images illustrent exactement les scènes que je me représentais en lisant le livre.



Il se dégage autant d'émotions du film que du livre et les personnages sont interprétés avec justesse par les acteurs.
Comme dans le livre, il n'y a pas un côté moralisateur ou une prise de position quelconque, c'est l'un des atouts de cette histoire car l'histoire de Hanna est présentée de façon brute au spectateur, il la voit sous différents angles et points de vue et au final, c'est chacun qui établit sa vision, sans juger Hanna ou la position prise par Michael, à noter que de toute façon il n'est jamais cherché d'excuses à Hanna, il ne faut surtout pas prendre l'histoire ainsi car ce n'est à aucun moment le but recherché.



Comme dans le livre, la lecture occupe une grande place dans le film et ces moments sont très bien retranscrits à l'image, qu'il s'agisse de lectures au lit ou bien dans la baignoire, le livre est transposé de façon juste et finalement, le film ne met que des images sur ce que le lecteur imaginait en lisant le livre, c'est en tout cas ce que j'ai ressenti.



Le personnage de Hanna occupe également une place centrale, c'est un personnage difficile à saisir et à suivre, avec un côté dur l'emportant sur celui doux, à aucun moment elle n'est ni totalement mauvaise ni totalement bonne, elle semble être une carapace impossible à fissurer qu'aucun sentiment n'atteint.
En clair, c'est le genre de personne qui ne peut que marquer les personnes qui l'ont côtoyée, Michael restera d'ailleurs marqué à vie par la rencontre avec cette femme.



C'est une femme rongée de l'intérieur par un secret honteux et qui ne ressent pas vraiment d'émotions, ou alors c'est parce qu'elle les a enfuis au plus profond d'elle-même, il est très difficile de la définir et de la caractériser, elle reste une énigme du début à la fin.



Kate Winslet interprète avec brio ce personnage et son Oscar était amplement mérité pour ce rôle, elle campe une Hanna insaisissable, souvent froide et qui s'emporte sans prévenir sur un sujet tout à fait anodin.
Face à elle, il y a David Kross qui interprète Michael adolescent. Le jeu des deux acteurs fonctionnent en symbiose et le décalage de caractères entre les deux personnages transparaît bien à l'écran.
Quant à Ralph Fiennes, il interprète un Michael plus âgé, ayant traversé la vie sans s'attacher réellement à personne hormis sa fille, lui aussi est devenu en quelque sorte distant des personnes et des émotions, sans doute un héritage de sa relation avec Hanna.
Je n'ai qu'un reproche à faire au film, reproche que je considère d'ailleurs comme une faute de réalisation, l'histoire se passe en Allemagne et les protagonistes parlent et lisent donc en allemand, or, lorsqu'il y a des gros plans sur les livres ou sur les échanges épistolaires, tout est écrit en anglais.
Grosse erreur et faute de goût, un effort aurait pu être fourni à ce niveau-là, tout le restant du film étant de qualité.


"The Reader" est une adaptation très fidèle du livre de Bernhard Schlink.
Ce film est réussi car servi par une mise en scène irréprochable, hormis en ce qui concerne la langue de lecture et d'écriture des protagonistes, les acteurs interprétant brillamment leur personnage.
Ce film est à l'image du livre : émouvant, pudique, sincère, poignant, laissant le spectateur maître de son propre jugement sur les personnages, à commencer par celui de Hanna, en somme un film qui comme le livre ne laisse personne indifférent.

lundi 24 décembre 2012

Cendrillon de Wilfred Jackson, Hamilton Luske, Clyde Geronimi



Cendrillon, servante de sa marâtre et de ses demi-soeurs reçoit un jour la visite de sa marraine fée qui la pare d'une robe de princesse à l'occasion d'une réception donnée par le prince. N'ayant que la permission de minuit, elle s'enfuit et perd une pantoufle de verre. Le prince tombé amoureux tentera de la retrouver grâce à cette pantoufle oubliée, trop petite pour un pied ordinaire. (AlloCiné)

Pour la première fois hier soir, la télévision française a diffusé le dessin animé de Walt Disney dans une version restaurée.
J'en ai donc profité pour le regarder.



Je ne vais pas m'attarder sur l'histoire de Cendrillon : elle vivait heureuse avec son père qui pensait qu'il lui fallait absolument une présence féminine, d'où son remariage avec une femme mère de deux filles du même âge que Cendrillon.
Son père meurt, elle se retrouve avec sa belle-mère et ses deux belle-soeurs qui la transforment en leur bonne à tout faire.
Puis le prince organise un bal, Cendrillon y va grâce à l'aide de sa marraine la fée, elle perd l'une de ses chaussures, le prince décide alors de la faire essayer par toutes les jeunes filles à marier du royaume, promettant qu'il épousera celle qui pourra enfiler la chaussure.



Comme dans tout bon Walt Disney qui se respecte, il y a une histoire bien triste qui finit heureusement très bien, il y a des petits compagnons, ici des souris, qui aident la pauvre héroïne, et des chansons.



"Cendrillon" fait partie de l'ancienne génération des dessins animés de Walt Disney, celle qui selon moi est la plus belle, la plus féerique et la mieux réussie.
Les dessins sont de toute beauté, la qualité du graphisme est excellente et Cendrillon, comme tous les personnages d'ailleurs, présente des traits du visage gracieux et non taillés à coup de serpe, des lignes généreuses et non une maigreur inquiétante, bref, c'est une personne somme toute normale et à qui le spectateur peut facilement s'identifier.
C'était donc l'époque où Disney proposait de vrais dessins et non des dessins dits modernes pas très agréables à regarder visuellement (type Pocahontas ou Hercule, ceci n'engage que moi).


L'histoire est très plaisante à regarder, d'autant qu'elle est servie par de très belles images, de la magie bien entendu, et également une très belle musique.
Celle-ci tient une place importante dans un dessin animé et "Cendrillon" ne déroge pas à cette règle.
Il y a également de l'humour, notamment grâce aux souris et au chat Lucifer, mais je regrette aussi que le côté méchant soit trop adouci, ceci étant certainement dû au fait que j'ai regardé ce dessin animé avec des yeux plus âgés que ceux d'un enfant.
Maintenant, il me reste à relire les contes dont est tiré ce dessin animé pour prolonger le rêve.


"Cendrillon" est un très beau dessin animé qui convient parfaitement à la période de Noël et c'est avec beaucoup de plaisir que je l'ai vu.
A voir par les petits et les plus grands !


Ce film a été vu dans le cadre du challenge La face cachée des Disney

Cendrillon de Christian Duguay



A Rome, dans les années 1950. Depuis la mort de sa mère, la jeune Aurora vit avec son père, Valerio Montefoschi, un chef d'orchestre célèbre, et partage avec lui son goût pour la musique au point d'envisager de devenir pianiste plus tard. Le remariage de Valerio avec l'acariâtre Irène, flanquée de deux filles, Lucia et Teresina, gâche ce bonheur déjà fragile. La mort de Valerio la ruine complétement. Aurora se retrouve à la merci de l'infernal trio constitué par Irène et ses deux demi-soeurs, dont elle devient la domestique humiliée...  (Télé-Loisirs.fr)

La chaîne de télévision italienne de la Rai a proposé en 2011 cette mini-série, une transposition de l'histoire de Cendrillon dans la Rome des années 50.

La jeune Aurora vit avec son père, grand musicien et veuf, et se rêve concertiste lorsqu'elle sera plus âgée.
Par chantage affectif, Irène se fait épouser de Valerio, et c'est ainsi qu'elle et ses deux filles Lucia et Teresina entrent dans la vie d'Aurora.
Pour situer le contexte, le début de l'histoire se passe dans l'après-guerre et le fait qu'une femme vive sous le même toit qu'un homme était mal interprété.
Le rêve se brise très vite : le père d'Aurora décède d'une crise cardiaque alors qu'Aurora est tombée dans le jardin des voisins et s'est perdue dans leur labyrinthe, elle devra son salut à l'arrivée du jeune Sebastian qui lui livrera le secret du labyrinthe.
Aurora se retrouve toute seule avec sa belle-mère qui pour épurer les finances décide de transformer la grande maison en hôtel où Aurora se retrouvera bonne à tout faire.
Les années passent, Aurora vit dans le rêve de revoir son mystérieux voisin et tout pourrait bien changer, car la maison voisine abrite de nouveau des occupants alors que dans le même temps une vieille dame vient loger à l'hôtel et se lie avec Aurora.



Les bases de l'histoire de Cendrillon sont bien conservées, il y a bien un mystérieux prince dont la jeune fille tombe amoureuse, un bal masqué organisé par le-dit prince et la fameuse chaussure pour la retrouver aura une place importante.
Il n'y a pas de bonne marraine fée, par contre la vieille dame va jouer un rôle très important dans l'histoire d'Aurora mais chut, je n'en dévoile pas plus.
La transposition dans la Rome des années 50 donne un caractère enchanteur à cette histoire, d'autant plus que c'est en pleine période de gloire du cinéma italien et que les studios de Cinecittà tournent à plein régime, ils occupent d'ailleurs une place importante dans l'histoire.
J'aime énormément l'Italie en temps ordinaire, mais la promenade proposée par ce téléfilm dans la ville de Rome dans les années 50 est un véritable plaisir.
Il se dégage une ambiance de Dolce Vita toute italienne et finalement, tout cela offre un cadre enchanteur pour la transposition de l'histoire de Cendrillon.
De plus, les scénaristes lui ont donné un petit côté moderne, avec un prince dans les affaires essayant de vendre un nouveau produit : une télévision, ce qui place l'histoire dans un contexte réel.



Le scénario est donc réussi, le casting l'est tout autant.
C'est Vanessa Hessler qui prête ses traits à Aurora, tandis que le prince,Sebastian, est interprété par Flavio Parenti.
Je ne connaissais pas ces acteurs mais ils jouent en tout cas très bien leur rôle et ils vont très bien ensemble, la scène du bal masqué étant à ce titre particulièrement bien réussie.
Enfin, il y a une très belle musique composée par Andrea Guerra pour accompagner les images, la musique tient une grande place dans ce téléfilm.

"Cendrillon" de Christian Duguay est un téléfilm réussi, transposant l'histoire de Cendrillon dans la Rome des années 50, ce qui permet au téléspectateur de passer un agréable moment de rêve en le regardant.

Le site officiel de la série (en italien) Ici.


Ce téléfilm a été regardé dans le cadre du challenge La face cachée des Disney

dimanche 23 décembre 2012

Le Hobbit : Un voyage inattendu de Peter Jackson



Dans UN VOYAGE INATTENDU, Bilbon Sacquet cherche à reprendre le Royaume perdu des Nains d'Erebor, conquis par le redoutable dragon Smaug. Alors qu'il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris, Bilbon rejoint une bande de 13 nains dont le chef n'est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne. Leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Araignées géantes, des Métamorphes et des Sorciers… Bien qu'ils se destinent à mettre le cap sur l'Est et les terres désertiques du Mont Solitaire, ils doivent d'abord échapper aux tunnels des Gobelins, où Bilbon rencontre la créature qui changera à jamais le cours de sa vie : Gollum. C'est là qu'avec Gollum, sur les rives d'un lac souterrain, le modeste Bilbon Sacquet non seulement se surprend à faire preuve d'un courage et d'une intelligence inattendus, mais parvient à mettre la main sur le "précieux" anneau de Gollum qui recèle des pouvoirs cachés… Ce simple anneau d'or est lié au sort de la Terre du Milieu, sans que Bilbon s'en doute encore… (AlloCiné)

Dès les premières images, j'ai eu l'impression de ne pas avoir quitté la Terre du Milieu, et c'est tout un univers que je retrouvais avec beaucoup de plaisir.
Très vite, une autre pensée s'est imposée à moi : personne d'autre que Peter Jackson n'aurait pu adapter l'oeuvre de JRR Tolkien et c'est dommage qu'il y ait eu tant de tergiversations car le film serait plus vite sorti sinon.

Tout commence donc avec une discussion entre Bilbon et Gandalf, s'ensuit un débarquement en règle de nains dans le logis de Bilbon et le retour de Gandalf pour expliquer la présence des-dits nains ainsi que le rôle que Bilbon va jouer dans leur quête.



Petit problème néanmoins, Bilbon est un hobbit et comme tout hobbit qui se respecte, il n'aime pas l'aventure, il ne veut pas vivre d'aventures (rappelons qu'un hobbit aimant l'aventure est mis au ban de la communauté car considéré comme anormal).



Mais à petit problème petite solution, Gandalf va lui asséner quelques vérités (comme quoi il est très attaché à sa vaisselle et qu'il ne se souvenait pas d'un hobbit aussi futile), sur ce une nuit va passer, et la nuit portant conseil, Bilbon va se dépêcher de rejoindre le groupe pour partir avec eux à la reconquête du royaume d'Erebor et de son fabuleux trésor désormais gardé par Smaug, un redoutable dragon (pléonasme puisqu'il est admis par le commun des mortels qu'un dragon est dangereux, hormis celui de Shrek qui tombe amoureux de l'âne, mais ceci est une autre histoire).



J'avais quelques craintes avant de voir le film, lorsque j'ai appris qu'il y en aurait trois au lieu de deux, ma première pensée a été que cela devenait extrêmement commercial, puis j'ai entendu dire que Peter Jackson avait décidé d'ajouter une autre intrigue à celle originelle, là j'ai commencé à frissonner en craignant qu'il ne dénature complètement l'univers créé par JRR Tolkien, d'autant que greffer une histoire nouvelle inventée de toute pièce ou presque, c'était prendre un très gros risque.
Finalement, je ne peux que reconnaître que les scénaristes : Peter Jackson, Philippa Bowens, Frances Walsh et Guillermo del Toro, ont extrêmement bien respecté l'oeuvre de JRR Tolkien pour l'histoire tirée du livre "Bilbo le Hobbit" mais qu'ils ont aussi su créer une intrigue secondaire qui s'inscrit très bien dans l'univers originel et qui permet de gonfler le scénario pour lui donner de l'envergure et de la matière pour être déroulé sur trois films.
Les livres de JRR Tolkien ne pouvaient de toute façon n'être adaptés que par des connaisseurs de l'univers de JRR Tolkien et là c'est le cas, ce qui fait que la magie opère dès les premières images et que Peter Jackson a réussi à mettre en image les descriptions de l'auteur.
Il rend de façon très fidèle le livre, l'intrigue, les personnages, tout en rendant accessible à tous l'oeuvre foisonnante de JRR Tolkien.



Il y a des scènes de combat bien rythmées, ce qui fait qu'il n'y a aucun temps mort de tout le film, quant aux paysages ils sont à couper le souffle, tout comme les effets spéciaux et les créatures type trolls, orques ou gobelins.
L'histoire amorce également un début de noirceur, annonciateur de l'avènement prochain de Sauron, mais le ton est tout de même plus léger et joyeux que dans le "Seigneur des anneaux", ce qui rend cette oeuvre plus facilement abordable que la précédente.



Le début du film est visuellement réussi et captivant, il donne tout de suite le ton et l'ambiance générale, tout en ayant un côté un peu frustrant car le spectateur ne fait qu’entrapercevoir des bribes de Smaug sans jamais voir le dragon dans son intégralité.
Au moins, le contexte est mis en place dès le début, tout comme le côté imparfait des nains dont les richesses leur sont montées à l'esprit, les entraînant dans leur perte.

En ce qui concerne les personnages, Peter Jackson n'a bien entendu pas pu éviter de remettre Frodon avec un Bilbon âgé, il a aussi invité dans son film beaucoup de personnages de la première trilogie : Saroumane, Galadriel, d'autres sont à venir dans les deux prochains opus.
J'ai trouvé que Galadriel était encore mieux exploitée que dans la trilogie du "Seigneur des anneaux", elle dégage de la grandeur, de la puissance, de la sagesse, et sa relation avec Gandalf, voire même une forme de complicité, est plus montrée à l'écran que précédemment.
J'en suis venue à voir ce personnage sous un jour différent.



Quant à Elrond il reste égal à lui même, tout comme la magnifique cité de Rivendell.





Il y a beaucoup plus de nains que dans la trilogie, ce qui est logique puisqu'ils sont les héros de cette aventure.



Ils sont très bien représentés : courageux, forts, combattants, aimant bien manger, ce sont des compagnons assez gais puisqu'ils poussent même la chansonnette (j'ai craint que le film ne tourne à la comédie musicale pendant un temps), mais comme précédemment, Peter Jackson aurait-il une dent contre les nains ? En tout cas il n'hésite pas à les "charrier" gentiment dans ses films.



Le casting est comme d'habitude très réussi, Ian McKellen campe un Gandalf plus vrai que nature, Martin Freeman est un Bilbon jeune très réussi avec un jeu nuancé, l'accent est plus mis sur son courage que sur l'anneau magique qu'il a trouvé, quant à Richard Armitage c'est une découverte en Thorin, il a su donner de la profondeur et du caractère au personnage, c'est un héros fort et central de cette nouvelle trilogie.
Et bien entendu, je garde le meilleur pour la fin, j'ai eu l'occasion de retrouver le si charmant Gollum, égal à lui-même, toujours prêt à rendre service à son prochain. Il est un hôte d'accueil de marque pour Bilbon, l'invitant même à un petit jeu de devinettes fort distrayant.
Trêve de plaisanterie, ce personnage est toujours aussi sournois et retors, il est même plus dangereux que dans le "Seigneur des anneaux" car il est sous l'emprise de l'anneau, la duplicité du personnage est en tout cas bien montrée et l'acteur a encore une fois fait des merveilles pour donner vie à cet être.



Et pour finir, que dire de la splendide musique de Howard Shore, hormis qu'elle est réussie.
Il a repris quelques thèmes de la trilogie mais il a aussi su créer une musique collant parfaitement aux images et à la nouvelle histoire développée.

"Un voyage inattendu" est un film visuellement parfait, une adaptation très réussie et fidèle à l'oeuvre de JRR Tolkien qui procure plus de deux heures de plaisir visuel.
"La désolation de Smaug" c'est l'année prochaine au cinéma, alors à bientôt !