vendredi 28 décembre 2012

Je suis une légende de Francis Lawrence




Robert Neville était un savant de haut niveau et de réputation mondiale, mais il en aurait fallu plus pour stopper les ravages de cet incurable et terrifiant virus d'origine humaine. Mystérieusement immunisé contre le mal, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York. Peut-être le dernier homme sur Terre... Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu.
Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne - on les appelle les "Infectés" - rôdent dans les ténèbres... observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur. Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang.
Ses innombrables ennemis lui en laisseront-ils le temps ? Le compte à rebours touche à sa fin... (AlloCiné)

Adapté du livre culte de Richard Matheson, Francis Lawrence propose une version retravaillée de l’histoire tout en conservant la trame originelle dans ses grandes lignes.


Je dirai que le film se découpe en deux parties : la première montre au spectateur un Robert Neville errant dans les rues de New-York peuplées de créatures qui s’éveillent à la tombée de la nuit accompagné de son fidèle chien, tandis que la deuxième réintroduit l’humanité par le biais des personnages d’Anna et Ethan qui s’étaient mis en quête de Robert Neville, ayant capté son message quotidien sur les ondes de radio.


 La première partie est assez fidèle dans l’esprit au livre de Richard Matheson.
Ce qui fait la force de l’œuvre de Richard Matheson, c’est la solitude extrême de son personnage qui sombre doucement dans la folie jusqu’à sa rencontre avec un chien, la première trace d’humanité depuis plusieurs années qui croise son chemin.
Là, le chien joue un rôle de frein, empêchant le personnage de Richard Neville de sombrer dans la folie pure d’autant qu’il a été à ses côtés dès le début de l’épidémie.
Avant, Robert Neville était un brillant savant de réputation mondiale, puis il y a eu cette formidable avancée de la science qui a permis de guérir les cancers, enfin il y a eu l’avènement d’un virus encore plus terrible, qui a très vite décimé les populations, les transformant en mutants photosensibles, ne pouvant se mouvoir que dans l’obscurité.


Visuellement, les mutants sont très réussis et correspondent à la représentation que je m’en faisais, ils ne sont pas non plus réduits à l’état de légume, ils ont une forme d’intelligence maligne qui les poussent à piéger Robert Neville, ou tout du moins à essayer.


New-York en ruine et dévasté est également une réussite, l’ambiance d’apocalypse transparaît bien des images et contribue à créer une atmosphère angoissante, avec la végétation et la nature qui ont repris leurs droits sur la cité de béton.
Certaines scènes sont d’ailleurs extrêmement haletantes et créent un sentiment de peur voire de malaise auprès du spectateur, notamment celle où Robert Neville entre dans une maison à la recherche de son chien.
La solitude du personnage et la routine qu’il a instaurée (passer un message sur les ondes radio, se rendre sur le lieu de rendez-vous, préparer à manger, laver le chien, faire du sport pour entretenir sa forme physique) sont des éléments clés pendant cette première partie, d’autant que la deuxième va tout chambouler.


La deuxième partie, si elle explore de façon plus approfondie la folie du personnage de Robert Neville dont les vannes cèdent suite à un élément déclencheur, s’éloigne par contre de l’esprit de l’œuvre de Richard Matheson pour tomber dans les travers d’un film hollywoodien dégoulinant de bons sentiments.
A partir de l’élément déclencheur, Robert Neville perd tous ses repères et commence à sombrer dans une folie.
Les flashbacks expliquant au spectateur ce qui s’est passé il y a trois ans de cela s’arrêtent pour laisser place à l’actualité, au fait que le héros est en train d’être doucement rongé par la folie, et qu’il a perdu l’habitude du contact humain, comme le démontrent certaines scènes avec Anna et Ethan.
A noter que le personnage d’Anna est lui aussi fortement marqué par ce qu’il a vu, il ne fait plus confiance à personne et est prêt à se défendre, par n’importe quel moyen.


C’est une façon intéressante de montrer les ravages que la solitude peut causer, ainsi qu’une humanité entièrement, ou presque, dévastée.
Je reproche toutefois au film de tomber dans les travers du cinéma américain, et c’est fort regrettable.
Déjà, fallait-il à tout prix une fin heureuse ?
Non, je ne le crois pas, elle n’était pas de rigueur et de toute façon, dans le monde tel qu’il est devenu, ce ne peut-être que provisoire, sauf que là, le savant a trouvé juste au dernier moment le remède miracle pour guérir du virus.
Et bien comme cela peut se constater dans le monde réel, lorsqu’un remède est trouvé à un virus c’est un autre plus dangereux qui se développe.
Inutile de crier à la victoire, certes le remède à ce virus est trouvé, mais c’est un autre qui verra le jour, et ceci, Richard Matheson l’avait bien compris en écrivant la fin de son livre, une fin qui est logique.
Cette deuxième partie est trop convenue, surtout la fin qui ne peut s’empêcher de tomber dans les bons sentiments dégoulinants, pourtant l’interprétation des acteurs est plutôt bonne.
Les scénaristes ont choisi d’adapter ainsi l’œuvre de Richard Matheson, je trouve cela dommage car cela partait bien pour finalement s’éloigner de l’esprit de l’auteur lorsqu'il a créé son histoire.

Au final, "Je suis une légende" est un film agréable à regarder, servi par une ambiance et des décors angoissants mais dont l’adaptation finit par trop s’éloigner de l’œuvre littéraire pour se conclure sur une fin bien trop prévisible et conventionnelle, ce que je regrette.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire