jeudi 29 août 2013

Le cycle de Cyann Tome 1 La sOurce et la sOnde de François Bourgeon et Claude Lacroix


Le seigneur Olsimar décide de confier à sa fille, la belle et effrontée Cyann, la direction de la première expédition à destination de la lointaine planète IlO. Mais le vaisseau spatial de Cyann, composé de deux modules, se disloque brutalement lors de l’atterrissage. 
Un long voyage s’engage alors en terre inconnue où l’hostilité ambiante ne va cesser de se manifester... (12Bis)

Cyann est jolie, très jolie même, mais elle est aussi égoïste, plus séductrice qu’amante, tête brûlée au fort caractère et issue d’une haute famille dirigeant Olh : "On t’a pondue sur un sommet que tu n’as rien fait pour atteindre.".
Mais voilà, les hommes meurent sur sa planète de mystérieuses fièvres pourpres, et c’est son père, malade lui-même, qui charge Cyann d’une mission : trouver un remède à ces fièvres sur Ilo : "Tu as peut-être hérité d’une grande gueule et d’un petit châssis à faire bander un mort, mais tu as aussi hérité d’un nom ! Si ton père a besoin de toi, tu ne peux pas te défiler ! C’est ça aussi être Olsimar !".
Il faut dire que les relations père-fille sont tendues, chacun ratant l’autre et ne le comprenant pas au même moment : "Ton père et toi, c’est du pareil au même. La crainte des conflits entrave vos discussions et un mur de fierté isole vos deux vies.".
Et puis il y a aussi Nacara, la meilleure amie de Cyann, qui la pousse dans cette mission, issue d’une classe modeste et désireuse d’aventures.

Ce premier tome du cycle de Cyann est complexe à plus d’un titre.
Tout d’abord dans le contexte, il y a la Source et la Sonde, qui s’entendent mais sont aussi en conflits latents, dans les différentes classes de la planète et même dans le code vestimentaire.
Il y a énormément d’idées, mais un petit explicatif n’aurait pas été superflu car j’ai eu l’impression d’être balancée en plein milieu d’une histoire et j’ai mis un certain temps à comprendre qui était qui et qui faisait quoi.
Mais les relations entre les différents personnages sont elles aussi complexes, à commencer par Cyann et son père.
Ces deux-là passeront leur vie à se rater et à se comprendre après coup.
Cyann est elle-même un personnage complexe : elle provoque, ne s’attache jamais vraiment, passe son temps à agacer son entourage mais aussi la population d’Olh qui en fait tout de même sa championne : "Du jour au lendemain, je porte les espoirs et deviens la championne de tout un peuple … qui me hait.".
Autant dire qu’un peu de plomb dans la cervelle ne lu iferait pas de mal et que le pari était risqué de faire aimer du lecteur un tel personnage qui a plutôt tendance à irriter.
Le processus créatif de cette bande dessinée est quelque peu original : François Bourgeon et Claude Lacroix à la conception mais c’est François Bourgeon seul à la réalisation.
Le résultat est réussi, c’est créatif et les dessins magnifiques, fourmillant de détails et de créations originales.

"La SOurce et la SOnde" est une entrée en matière un peu complexe dans le cycle de Cyann mais qui se découvre avec plaisir et renferme une bande dessinée de science-fiction aussi réussie qu’originale.

Livre lu dans le cadre du Challenge ABC Critiques 2012/2013 - Lettre L

Noir dehors de Valérie Tong Cuong


Une nuit d'août étouffante à New York. Soudain, c'est la panne générale. Tout s'arrête. Naomi, la si jolie " pute à crack " enfermée en compagnie de l'énigmatique Bijou, dans un bar clandestin de Brooklyn, Simon, l'avocat médiatique, bloqué au 36e étage d'une tour déserte du Financial District, et Canal, ainsi baptisé depuis qu'on l'a trouvé nourrisson sur le trottoir de Canal Street, à Chinatown, voient leur destin basculer. La ville qui ne dort jamais devient une scène chaotique où s'entrechoquent les plus extrêmes solitudes. (Le Livre de Poche)

New York est une ville cosmopolite, emblématique du melting pot des populations : "C’était ça, New York. Des gens de toutes les couleurs, de tous les âges, de tous les genres.".
Aussi, il ne serait pas aberrant d’y faire se rencontrer des personnes qui n’ont rien en commun entre elles.
C’est ce que réussit brillamment Valérie Tong Cuong dans ce roman choral.

C’est une chaude journée d’août à New York, chacun est à son travail, dans sa petite vie, sans forcément se soucier des autres et soudain, c’est la panne général d’électricité : "Mais c’est la panne, le hasard de la vie ou peut-être la volonté mystérieuse du Seigneur.", et alors tout l’ordinaire est bousculé.
Naomi, une jeune fille prostituée de force dans un bar clandestin et veillée par Bijou, en profite pour s’échapper avec son amie.
Simon Schwartz, avocat riche et arrogant, se trouve coincé au trente-sixième étage d’une tour du Financial District proche de Ground Zero, victime d’une cheville douloureuse, à penser à son amour virtuel, à détester sa femme bien réelle, à être indifférent ou presque à ses deux enfants, et ne devant son secours qu’à un veilleur de nuit.
Quant à Canal, recueilli bébé par une famille de Chinatown et baptisé en l’honneur de l’endroit où il fut trouvé, Canal Street, il prend et découvre la liberté suite à un incendie qui ravage le magasin où il travaillait et vivait jusque là, ayant découvert par lui-même Confucius et guidant sa vie selon les préceptes du maître.
Tous ces destins vont se croiser dans une église, accueillant des réfugiés de cette panne.

Alternant les points de vue, Valérie Tong Cuong livre au lecteur les pensées les plus intimes de ces trois personnages, les faisant basculer dans l’introspection, la folie, la rédemption, se payant le luxe d’offrir au personnage de Noemi un coup de foudre sur celui de Canal : "Il avait les traits fins, peut-être vingt-cinq ou trente ans, et quelque chose d’aussi beau que naïf qui m’aurait fait du bien si j’avais eu la force d’être encore émue.".
Construit sur la base de monologues, ce roman est un chant à la vie, avec pour toile de fond une ville de New York où, pour une fois, les destins ne font pas que se croiser mais se mêlent aussi les uns aux autres et où les personnes prennent le temps d’en rencontrer d’autres.
C’est aussi le récit d’une entraide humaine qui tend vers la fraternité, la panne obligeant chacun à se soucier de l’autre.
C’est de plus très bien écrit, dans un style qui reflète toute la complexité des sentiments humains.

"Noir dehors" est non seulement l’œuvre qui m’a permis de découvrir Valérie Tong Cuong mais également de redécouvrir des quartiers typiques de New York dans une très belle histoire humaine racontée à plusieurs voix qui débouche sur un sentiment universel : l’amour, mais également l’espoir.

Livre lu dans le cadre du challenge New York en littérature 2013

mercredi 28 août 2013

Tess d'Urberville de Thomas Hardy


Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d'Urberville, un de ses jeunes maîtres. L'enfant qu'elle met au monde meurt en naissant. Dans la puritaine société anglaise de la fin du XIXe siècle, c'est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler. Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance. (Le Livre de Poche)

"On a péché contre vous plus que vous n’avez péché vous-même. ", là réside sans doute la synthèse du personnage de Tess, jeune héroïne de Thomas Hardy au destin tragique.

Jeune paysanne du Wessex ayant reçu une éducation, Tess oscillera toute sa vie entre deux mondes, celui des paysans et de la terre dont elle est issue : "Pour elle, le monde était le val de Blackmoor et les races, ses habitants.", et celui d’une bourgeoisie victorienne dans lequel elle ne se fera jamais une place ;
Inconsciente de sa beauté et de la sensualité qu’elle dégage, elle attirera deux hommes que tout oppose : Alec d’Urberville qui ne l’utilisera que pour son bon plaisir et Angel Clare qui l’idéalisera et la rejettera, une fois sa faute avouée.
Si l’un est un parasite, l’autre est un dilettante, mais ils se rejoignent en ce que ni l’un ni l’autre ne saura apprécier Tess à sa juste valeur : "Tess n’était pas une créature insignifiante dont on pouvait se jouer, quitte à la rejeter ensuite, mais une femme, vivant sa vie précieuse, de proportions aussi imposantes pour elle que l’est pour le plus puissant monarque la sienne propre.".

Sous-titré "Une femme pure", Tess l’est sûrement, bien qu’elle n’ait pas été épargnée par la vie et surtout qu’elle se soit laissée abuser dans ses amours : "Si Tess avait deviné la portée de cette rencontre, elle eût pu demander pourquoi la fatalité voulait qu’elle fût aperçue et convoitée ce jour-là par l’homme qui n’était pas fait pour elle, et non par quelque autre, par celui qui eût été désirable à tous égards, autant que l’humanité peut en fournir de ce genre ; et cependant, parmi ceux qu’elle avait rencontrés, l’homme qui se serait rapproché le plus de cet idéal ne conservait d’elle qu’une impression passagère, à demi oubliée.".
Thomas Hardy dresse-là le portrait d’une jeune femme entre deux époques, partagée entre son éducation religieuse et son côté païen, entre le monde de la campagne et celui de la bourgeoisie.
Il est extrêmement difficile de ne pas s’attacher à Tess, bien au contraire.
Le lecteur s’y attache d’autant plus facilement que Thomas Hardy a tout fait pour ne pas charger son héroïne.
Même Angel Clare est de cet avis pendant un temps : "La distinction ne consiste pas dans l’habitude facile d’un tas de conventions méprisables, mais dans l’assurance d’être au nombre de celles qui sont loyales, honnêtes, justes, pures, gracieuses et de bonne renommée … comme vous, chère Tess !", avant de se rétracter et de revenir sur ses propos, pour de nouveau revenir sur sa décision quand il comprend et accepte enfin toute la noblesse d’âme de Tess : "Elle aurait donné sa vie pour vous. Je ne pourrais pas faire plus.".
Quant à Alec d’Urberville, c’est un homme infect à tout point de vue qui use et abuse de sa puissance et de sa force de conviction pour satisfaire son plaisir égoïste : "J’ai été une fois votre maître ; je serai encore votre maître. Si vous êtes la femme de quelqu’un, vous êtes la mienne !".
Mais "Tess d’Urberville" est aussi un roman résolument moderne sur son époque, avec une Tess fille-mère ce qui n’était pas si courant à l’époque, sans parler du concubinage dans lequel elle va vivre.
J’ai d’ailleurs été surprise par l’aspect osé de certaines situations de l’héroïne en les remettant dans le contexte de l’époque.

C’est une histoire dure et triste, plus d’une fois j’ai eu mal au cœur pour Tess et j’ai limite maudit Angel Clare pour son attitude, mettant en lumière la société anglaise puritaine du XIXème siècle.
De plus, le récit contient beaucoup de notes pour expliquer les textes ou coutumes auxquels Thomas Hardy fait référence tout au long de son récit.
Le style n’est pas forcément très abordable tout de suite, la petite taille des caractères n’aidant pas, mais il devient très vite beau et les difficultés s’estompent.
Je conseille de le lire d’abord en français avant de se lancer dans la version originale qui pour le coup est complexe et pourrait en refroidir plus d’un, ce qui fut mon cas il y a quelques années.
Quant au découpage de l’histoire, il est fait en fonction des périodes charnières de la vie de Tess et donne du rythme au récit.
Au cours de la lecture, je revoyais des images du film de Roman Polanski et une fois la lecture achevée, j’ai envie de revoir ce film vu il y a plusieurs années et dont il ne me reste que des souvenirs.

"Tess d’Urberville" est un roman incontournable à plus d’un titre, reflétant l’univers social de l’Angleterre du XIXème siècle à travers le personnage d’une jeune fille pure qui sera pourtant mal aimée tout au long de sa vie.

Livre lu dans le cadre du Prix des lectrices

La mort à Venise suivi de Tristan et de Le chemin du cimetière de Thomas Mann


La Mort à Venise est le récit de la passion folle et fatale qui saisit un écrivain d’âge mûr à l’apparition d’un gracieux adolescent d’une extraordinaire beauté. Dans Tristan, le dilemme qui s’offre à l’héroïne est de tenter de vivre en étouffant ses dons d’artiste ou « mourir de musique ». La fin de Lobgott Piepsam dans Le Chemin du cimetière prouve que la vie est dure aux faibles, mais que la mort vaut mieux que la débâcle d’une constante lâcheté. C’est peut-être dans ses nouvelles que Thomas Mann, l’un des plus célèbres écrivains allemands de ce siècle, a mis le meilleur de sa verve ironique et de sa sensibilité musicale, de son émotion discrète et dominée, qui se drape volontiers de sarcasme. (Le livre de poche)

Gustave Aschenbach est un artiste d’âge mûr : "L’alliance d’une conscience professionnelle austère et de troubles, d’impulsives ardeurs, avait fait de lui un artiste, cet artiste qu’il était.", homme ayant vécu et qui sans doute pense que plus rien ne pourra l’atteindre.
Mais voilà qu’il se décide à voyager : "Il n’avait, tout au moins depuis qu’il pouvait explorer le monde, en tirer profit et en jouir à sa guise, considéré les voyages que comme une mesure d’hygiène qu’il lui fallait ça et là prendre en se faisant violence.", et choisit pour destination Venise, une ville qui par le passé ne lui a pas convenu.
Alors qu’il en est de même cette fois-ci et qu’il s’apprête à partir, il croise un jeune homme étranger, et c’est le coup de foudre.
Gustave Aschenbach ne comprend pas ce qui lui arrive, et c’est avec un certain amusement que le lecteur suit les tribulations de ce cœur, jusqu’à ce que la révélation frappe l’intéressé : "Mais au même instant il sentit ce banal souhait de bienvenue s’effondrer dans le silence devant la révélation sincère de son cœur, il sentit le feu de ses veines, la joie et la souffrance de son âme et comprit que c’était Tadzio qui lui avait rendu le départ si dur.".

Le thème de l’amour homosexuel, sans doute non réciproque, y est traité pudiquement mais avec une forme d’ironie dans le style narratif de l’auteur envers son personnage.
Outre l’ironie, quasi présente dans les trois nouvelles composant ce recueil, cette première nouvelle est truffée de références hellénistes et de mythologie grecque, ce qui renforce le thème sous-jacent de cette nouvelle.
Mais ce que Thomas Mann évoque dans ces trois nouvelles, c’est aussi la fragilité de l’existence, le fait qu’un petit rien peut enrayer la machine et conduire à la perte de l’être humain et de la vie.
Il y a la maladie, dans "La mort à Venise" ou "Tristan", précédée d’une passion sans limite que la mort vient stopper net.
Il est également ironique de constater le dilemme devant lequel Thomas Mann plonge son héroïne de "Tristan" : ou elle cède à sa passion de la musique et meurt, ou elle se refreine et survit, peut-être.

Finalement, tout cela offre une vision plutôt pessimiste de la vie, mais en grattant l’ironie et le sarcasme dont l’auteur a drapé sa plume c’est une sensibilité à fleur de peau qui se dégage de ces trois nouvelles aussi agréables à lire les unes que les autres.

Livre lu dans le cadre du challenge Il Viaggio


Livre lu dans le cadre du challenge Destination PAL

Un jour, une histoire : 28 août 1963 #13

En ce 28 août 1963, le pasteur Martin Luther King prononce à Washington, sur les marches du Mémorial Lincoln et devant 250 000 personnes, un discours qui fera date dans l’histoire : "I have a dream".

Message de paix et appel à la tolérance et à la lute contre le racisme, de nos jours Martin Luther King aurait encore bien des raisons de faire ce genre de rêves.


"I have a dream that one day little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers …"


mardi 27 août 2013

Top Ten Tuesday #11


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.

Les 10 personnages secondaires les plus mémorables


Je ne suis pas sûre de bien répondre au thème, certains personnages cités n’étant pas forcément classés comme secondaires, tout dépend du sens que l’on donne à ce terme.

1) De façon générale la ville de New York dans l’œuvre d’Edith Wharton ;
2) Le docteur Watson dans "Sherlock Holmes" de Sir Arthur Conan Doyle ;
3) Idéfix dans "Astérix" de René Gosciny et Albert Uderzo ;
4) Gollum dans "Le seigneur des anneaux" de J.R.R Tolkien ;
5) Nymphadora Tonks et Remus Lupin dans "Harry Potter" de J.K Rowling ;
6) Milou, Bianca Castafiore, le Général Alcazar, Séraphin Lampion dans "Tintin" de Hergé ;
7) Haydée dans "Le comte de Monte Cristo" d’Alexandre Dumas
8) Le colonel Brandon dans "Raison et sentiments" de Jane Austen ;
9) Paul dans "Les malheurs de Sophie" et "Les vacances" de la Comtesse de Ségur ;
10) Le lapin blanc dans "Alice au pays des merveilles" de Lewis Carroll.

samedi 24 août 2013

Un jour, une histoire : 24 août 79 #12

Fondée au VIè siècle avant Jésus Christ, Pompéi est une ville prospère de Campanie, au cœur d’une région que les Romains qualifiaient de Terre des dieux pour sa fertilité, sa proximité de la mer et son climat.

La fertilité des terres de Pompéi est due au volcan qui domine cette région : le Vésuve, seigneur de la baie de Naples, mais les Romains ne savent pas la bombe à retardement au pied de laquelle ils vivent, ne serait-ce que parce qu’en latin il n’y a pas de terme pour désigner un volcan.
Pour eux, c’est une montagne, ils n’en connaissent ni sa vraie nature ni sa dangerosité, il faut dire que le Vésuve est un volcan caractérisé par de très longues faces de sommeil et des périodes d’éruption dévastatrices.

En 62 après Jésus Christ, Pompéi et les sites proches connaissent un important tremblement de terre qui détruit ou endommage une partie des bâtiments.
Le lien entre ce tremblement de terre et les évènements suivants n’a jamais été clairement établi.
Qu’il s’agisse d’un signe annonciateur ou non, les habitants de la baie s’attèlent à la reconstruction des bâtiments endommagés et la vie reprend son cour paisible.

Dans les années 70 après Jésus Christ, la ville connait une série de secousses telluriques.
Les Pompéiens ne le savent pas encore, mais leur destin est d’ores et déjà scellé.

A une date fixée au 24 août 79 (certains historiens datent l’éruption au 24 octobre 79), la longue nuit de Pompéi commence.


Le Vésuve entre dans une éruption volcanique dite de type plinien, ensevelissant également les villes voisines de Herculanum, Oplontis et Stabies.

Cette éruption a traversé les siècles grâce aux lettres de Pline le Jeune racontant son expérience de l’éruption de Misène, tandis que son oncle Pline l’Ancien est parti tenter de sauver des amis à Pompéi et assister à l’évènement au plus près, son corps sera retrouvé après l’éruption, victime supposée mais non prouvée de l’éruption.

A Pompéi, la matinée a commencé comme d’ordinaire, mais sous terre l’éruption a commencé.
A 13 heures, le bouchon de lave qui bloquait la cheminée du Vésuve saute et génère un nuage en forme de pin parasol constitué de matériaux volcaniques et de gaz plus légers que l’air.
C’est une nuit qui va durer un peu plus de 24 heures qui s’est abattue sur Pompéi et sa région.
Le nuage s’élève jusqu’à une hauteur de 32 mètres et les matériaux finissent par être emportés par les vents dominants vers Pompéi.
Commence alors sur Pompéi une pluie de pierres ponces blanches qui a durer environ 7 heures, au rythme de 15 centimètres par heure s’accumulant sur 1,30 à 1,40 mètres.
Les Pompéiens qui n’ont pas fui se sont réfugiés dans leur maison, ils signent là leur arrêt de mort.
Vers 8 heures du soir, la composition du magma change et ce sont des pierres ponces grises qui désormais tombent sur Pompéi, l’épaisseur atteignant 2,80 mètres.
Si les lapilli, pierres légères ne tuent pas, l’accumulation des pierres ponces va provoquer l’effondrement des toits des maisons et prendre au piège les Pompéiens.
Mais l’horreur n’est pas finie et le pire reste à venir.

Au petit matin, la colonne éruptive ne peut plus supporter la charge en fragments et s’effondre sur elle-même, donnant naissance à des écoulements plus ou moins denses de matériaux incandescents et de gaz appelés nuées ardentes ou coulées pyroclastiques.
Herculanum est rayée de la carte par les deux premières nuées ardentes.
Les suivantes, appelées surges du fait de leur taille importante, se dirigent sur Pompéi, entraînant la mort de tout ce qui est encore vivant du fait de cendre fine mêlée de gaz entraînant l’asphyxie.
Recouverte par les cendres, Pompéi disparaît et finit par être oubliée, jusqu’au 17ème siècle où la Cité commence à être redécouverte.


Le site est identifié en 1763, Karl Weber est le premier à dresser un plan des fouilles et met surtout un terme à la destruction de tout ce qui était jugé inintéressant.
Pompéi, comme Herculanum, devient un lieu de visite et d’intérêt en Europe, mais il faut attendre 1860 pour les fouilles soient orientées vers une approche scientifique.
C’est Giuseppe Fiorelli, directeur du musée national de Naples, qui est le directeur des fouilles de Pompéi et Herculanum.
Il divise Pompéi en 9 régions elles-mêmes divisées en ilots (à Pompéi on se repère donc par REG et INS suivis de chiffres romains), établit un plan des rues et met au point la méthode du moulage grâce à laquelle les habitants de Pompéi reprennent forme dans l’attitude où la mort les a surpris.


Aujourd’hui, Pompéi est, au même titre qu’Herculanum et Oplontis, classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, et draine chaque année des milliers de visiteurs du monde entier qui déambulent dans ses rues et découvrent avec ravissement cette cité antique.

Mais pour bon nombre de personnes, le plus grand danger de Pompéi actuellement n’est pas un réveil du Vésuve, mais un manque cruel de ressources et une gestion calamiteuse du gouvernement italien pour restaurer le site et le maintenir dans un état décent afin que les générations futures puissent elles aussi bénéficier de ce témoignage historique d’une importance et d’une richesse sans précédent.

mardi 20 août 2013

Top Ten Tuesday #10


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.

Les 10 choses qui vous facilitent la vie en tant que bloggueur

1) Un carnet dans lequel je note mes impressions une fois une lecture achevée ;
2) Une plateforme pour blogger proposant une interface simplifiée
3) La possibilité de corriger ce que l'on a écrit
4) Le fait de pouvoir découvrir d'autres blogs et d'y piocher des idées de lecture notamment;
5) Un fournisseur d'accès internet non défaillant;
6) Les sites des maisons d'édition pour récupérer les résumés, les couvertures;
7) Des sites comme Babelio;
8) Un logiciel de traitement de texte Word;
9) Des challenges pour se motiver à reprendre des livres qui dorment dans la PAL;
10) Last but not least : un ordinateur.