samedi 12 octobre 2013

Adèle Blanc-Sec Tome 1 Adèle et la bête de Jacques Tardi


Dans ce premier épisode des AVENTURES EXTRAORDINAIRES D'ADÈLE BLANC-SEC, nous faisons connaissance avec la célèbre héroïne de Tardi. Dotée d'une personnalité hors du commun, Adèle nous entraîne dans un univers mystérieux (dans lequel Paris occupe une place de choix), peuplé de monstres et d'êtres étranges, qui fera le succès de cette série. (Casterman)

Adèle Blanc-Sec n'est pas une jeune femme ordinaire : elle sourit peu, il faut dire que les circonstances ne s'y prêtent pas, et puis elle est amenée à vivre des aventures extraordinaires, comme sauver de l'exécution un prisonnier avec l'aide de la machine mise au point par les Rabatjoie.
Pour cela, elle s'est entourée d'Albert et de Joseph, a kidnappé Edith Rabatjoie, mais malgré tout la chance n'est pas de son côté : "On tente de me livrer en pâture aux crocodiles. Joseph se fait défoncer le crâne et Albert me trahit, libérant Edith ma monnaie d'échange pour obtenir l'engin des Rabatjoie. Il est évident que je ne contrôle plus la situation ...".
Qu'importe ! Quand Adèle ne maîtrise plus la situation, elle se fait couler un bain pour réfléchir calmement.
Dans le même temps, Boutardieu, un scientifique doté de pouvoirs surnaturels, a réussi l'impensable : faire éclore un œuf de ptérodactyle au Muséum d'Histoire Naturelle du Jardin des Plantes de Paris.
Le petit hic, c'est qu'il contrôle à distance la bête par le seul biais de sa concentration, et que cela ne lui est pas toujours facile : "Ca me demande une concentration extrême, au-dessus de mes forces, pour garder le contrôle de son cerveau. Lorsque je le perds, il tue. C'est normal, il attaque tout ce qui bouge. C'est dans sa nature.".
Donc, nous avons d'un côté Adèle qui cherche à sauver un innocent de la mort, ses ex-complices qui tentent de la doubler pour mettre la main sur un trésor caché par le-dit innocent, et un ptérodactyle qui terrorise la belle ville de Paris, enfin plus pour très longtemps puisque le Président a ordonné que soit mis sur l'affaire la fine fleur de la police ainsi que Justin de St Hubert, un grand chasseur de fauves imbu de sa personne : "N'oublions pas que la tâche qui m'a été confiée est fort dangereuse. Le monstre semble féroce et je n'aurai assez de ma carabine à lunette chargée de balles explosives. Le monstre aura sa chance, moi de même. Messieurs, ce sera beau !".

Jacques Tardi ne se prend pas au sérieux dans son histoire et ce, pour le plus grand bonheur des lecteurs.
C'est peu crédible (la naissance d'un ptérodactyle), les mises en scène sont dignes du théâtre de boulevard, tout comme certaines répliques, quant aux dernières bulles elles s'adressent directement au lecteur en lui soumettant des questions et le mystère de l'album à venir, et c'est justement ce qui me plaît tant dans cette série.
C'est drôle, il y a de la dérision et parfois de l'ironie, Adèle Blanc-Sec est une héroïne très attachante qui a une propension inquiétante à côtoyer des criminels ou des savants plus ou moins fous, elle se laisse embarquer dans des histoires rocambolesques, ce qui lui permet par la suite de les écrire et de vivre ainsi de sa plume.
J'aime beaucoup le trait de crayon de Jacques Tardi de plus, ses histoires sont bien construites tant sur le plan narratif qu'historique.
Avec ces aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, Jacques Tardi offre au lecteur un panorama de Paris en 1911, avec les lieux et les costumes d'époque, avec un souci du détail extrêmement plaisant.

"Adèle et la bête" est une entrée en matière relevée qui plante le décors et l'héroïne de cette série amusante et addictive créée par Jacques Tardi, dont j'ai, bien entendu, commencé à lire la suite.

jeudi 10 octobre 2013

La malédiction des colombes de Louise Erdrich


Depuis toujours, la petite ville de Pluto, Dakota du Nord, vit sous "la malédiction des colombes" : les oiseaux dévorent ses maigres récoltes comme le passé dévore le présent. Nous sommes en 1966 et le souvenir de quatre innocents lynchés cinquante ans auparavant hante toujours les esprits. En écoutant les récits de son grand-père indien qui fut témoin du drame, Evelina, une adolescente pleine d’insouciance, prend conscience de la réalité et de l’injustice… (Albin Michel)

Premier livre que je lisais dans le cadre du Challenge Romancières américaines que j'organise et énorme déception.
Pour tout dire, j'ai même arrêté de lire ce livre arrivée à sa moitié, j'ai fini par le feuilleter et lire les parties qui m'intéressaient le plus, cela m'arrive tellement peu souvent (une fois tous les 4/5 ans) que c'est à noter.
Je reproche à ce livre et à cette auteur ce qui partout ailleurs est mis en avant comme sa qualité : une chorale narrative, une multitude de voix pour raconter une histoire qui se déroule petit à petit.
D'ordinaire, j'aime assez ce principe, mais là, les voix narratives sont inégales et seule celle d'Evelina a su capter mon attention, un peu moins celle du juge, quant aux autres je les ai trouvées sans aucun intérêt.
L'histoire est trop emberlificotée : il est question au début du roman de la présence de colombes vécue comme une malédiction, voilà qui a éveillé ma curiosité, et bien il n'en est plus question pendant quelques centaines de pages et il faut attendre la fin du roman pour qu'il en soit de nouveau question; ensuite il y a la scène d'ouverture qui est mystérieuse et prenante, puis l'histoire du lynchage d'un jeune indien par d'autres hommes, apparemment en rapport avec cette scène d'ouverture, mais tout cela est d'un compliqué que les changements de voix de personnage et les aller-retour dans le passé n'aident pas à rendre plus clair pour le lecteur.
En fait, toutes les parties qui m'intéressaient réellement ne sont à chaque fois qu'effleurées et il faut attendre des pages et des pages pour apprendre la suite. J'aime bien le suspens, mais à dose raisonnable, ici cela a eu raison de ma patience.
Le traitement des Indiens est en filigrane de tout le roman, leur intégration dans la société ou bien leur rejet et l'incompréhension des autres personnes face à leur mode de vie et à leurs croyances, c'est un aspect intéressant bien que développé de façon succincte, mais c'est l'une des rares qualités de ce livre que je retiendrai.
Ils ont appris à vivre sans se soucier de ce que pensent les autres : "Tu crois que je me soucie de ce que pensent les gens ? Je ne me soucie pas de ce que pensent les gens !"
L'autre point positif, c'est le personnage d'Evelina qui est le seul à avoir su éveiller mon intérêt et dont le parcours de l'enfance à l'âge adulte est intéressant de suivre, tout comme l'évolution du personnage dont la santé mentale se dégrade : "Joseph me prend la main sans rien dire, ce qui est encore pire. Que votre frère vous prenne la main. Ça ressemble à une expérience vécue sur un lit de mort.", ainsi que son rapport aux autres et à son passé.
Pour le reste : trop brouillon, trop dispersé, pas assez ordonné, rien qui n'a réussi à me faire tenir pour achever sereinement cette lecture.

J'ai un goût d’amertume par rapport à cette lecture qui devait être ma première dans le cadre de ce challenge, je n'ai même pas l'impression d'un rendez-vous manqué mais plus celle d'une publicité mensongère sur cette auteur dont j'ai pu lire le plus grand bien un peu partout.
"La malédiction des colombes" marque-t-il une malédiction par rapport à Louise Erdrich et vais-je essayer de la vaincre ?
Seul l'avenir le dira et pour l'instant c'est clairement non.

Livre lu dans le cadre du Challenge Romancières américaines

mercredi 9 octobre 2013

Opération vent printanier - L'intégrale de Philippe Richelle et Pierre Wachs


16 et 17 juillet 1942 : sous le nom de code "Opération vent printanier", le gouvernement de Vichy organise une rafle à l'encontre des juifs dans un très grand nombre de villes de la zone occuppée. À paris, 9 000 policiers et gendarmes sous les ordres de René Bousquet arrêtent 13 000 personnes, dont 4 000 enfants que les nazis n'avaient pas formellement réclamés. La moitié d'entre eux est parquée dans un camp de Drancy, les autres au Vélodrome d'Hiver de la rue Nétalon. Quelques jours plus tard, ils seront convoyés vers les camps d'extermination. (France Loisirs)

"Opération vent printanier" est une bande dessinée qui porte mal son nom.
De la-dite opération, plus connue sous l'appellation de Rafle du Vel d'Hiv les 16 et 17 juillet 1942 à Paris et sa proche banlieue, il n'en est finalement que peu question et plutôt de manière elliptique.
"Chroniques de l'Occupation à Paris" aurait sans doute été un titre plus approprié.
Je m'attendais à une histoire centrée sur cette rafle, au final j'ai lu une histoire retraçant les années d'Occupation à Paris à travers le prisme de plusieurs personnages : Charlotte, une jeune parisienne faisant des études pour être dactylo et dont le père est policier, Lucien, un jeune homme juif qui s'occupera de sa petite sœur après l'arrestation de leur parent au cours de la Rafle du Vel d'Hiv, Walter, un jeune soldat allemand qui se liera d'amitié avec Charlotte au point de lui confier le secret qui le ronge et qui causera sa perte, et d'autres parisiens, qui choisissent de collaborer ou bien d'entrer dans la résistance.
Charlotte a l'insouciance de son âge et de la jeunesse, elle fait ses études, sort avec ses ami(e)s, croise le chemin de Walter avec qui elle se lie d'une amitié sincère les conduisant l'un et l'autre à se confier leurs secrets : "Elle ne peut pas concevoir qu'un garçon et une fille soient simplement de bons camarades. Comme je n'arrivais pas à la convaincre, j'ai failli lui dire que vous ... enfin ... mais je n'ai rien dit, rassurez-vous ...", et tombe amoureuse de Lucien dont elle sera séparée par les événements consécutifs à la Rafle : "Le problème, c'est que la seule idée que je pourrais ne plus le revoir me terrorise.".
Il y a donc les gentils, les méchants, et ceux qui restent neutres et se laissent porter par le courant.
C'est donc globalement gentil, d'autant plus que l'histoire met un peu de temps à se mettre en place et ne décolle réellement que dans la deuxième partie.
Outre le fait que la Rafle soit finalement si peu présente à l'image, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup d'ellipses narratives et que le temps passait finalement trop vite, ceci étant flagrant dans le deuxième volume qui s'empresse presque de s'achever et laisse quelque peu le lecteur sur sa fin.
Le scénario de Philippe Richelle n'est pas toujours bien exploité : certains événements sont passés sous silence alors que d'autres, comme le rôle des policiers dans la Rafle et le fait que certains aient prévenu des Juifs des rafles à venir : "Parmi nos collègues, un certain nombre ont obéi aveuglément. D'autres, comme votre père et moi, n'ont pas hésité à se mettre en porte-à-faux par rapport à leur hiérarchie pour sauver des innocents ... il en allait de la fierté de la police française, n'est-ce pas ?", sont mis en valeur.
Au final, je m'interroge si l'objectif de cette bande dessinée était de revenir sur le drame de la Rafle du Vel d'Hiv ou bien de mettre en avant le fait que certains policiers ont refusé l'obéissance passive aux ordres d'arrêter leurs concitoyens, ou alors les deux à la fois.
Quant aux enfants, il n'en est finalement que peu question et c'est regrettable, tout comme les quelques dernières lignes sur le devenir de Walter, laissant à penser que Charlotte a complètement oublié son ami et ne soucie même plus de son sort, ce qui n'est pas le cas du lecteur.
Les dessins de Pierre Wachs sont quant à eux réussis, j'ai particulièrement aimé le soin qu'il a apporté à montrer les vêtements et les coiffures d'époque, surtout chez les femmes.

"Opération vent printanier" n'est pas une bande dessinée révolutionnaire sur la Seconde Guerre Mondiale, elle se revendique de mettre en lumière la Rafle du Vel d'Hiv ce qui au final n'est pas si vrai, mais elle a le mérite de présenter une chronique de la vie sous l'Occupation à Paris qui n'est pas totalement dénuée d'intérêt.
A lire plus pour son histoire romancée que pour la grande Histoire qui ne sert que de toile de fond et qui n'apporte finalement pas de nouvelle(s) connaissance(s) au lecteur.

mardi 8 octobre 2013

Top Ten Tuesday #17


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.

Les 10 meilleures et/ou pires fins de séries

1) "Le retour du roi" de J.R.R Tolkien : une belle conclusion à cette trilogie ;
2) "La petite fille Bois-Caïman" de François Bourgeon : riche idée de l’auteur de refaire un nouveau cycle, la conclusion des "Passagers du vent" laissait un goût d’inachevé que vient combler ce dyptique ;
3) "Les larmes de Tlaloc" de Patrice Pellerin : la fin de ce premier cycle est très bien, mais pour une raison personnelle je l’ai trouvée frustrante, néanmoins, l’auteur a commencé un deuxième cycle donc j’attends de voir la suite ;
4) "Sophie ou la fin des combats" de Henri Troyat : c’est une très belle conclusion à la série romanesque "La Lumière des justes" qui apaise et permet à l’héroïne de revenir en quelque sorte au point de départ ;
5) "Les noisettes sauvages" de Robert Sabatier : bien qu’il ait écrit d’autres livres dans sa série "Le roman d’Olivier" je considère ce livre comme le dernier, les autres étant moins bons et moins intéressants ;
6) "La reine dans le palais des courants d’air" de Stieg Larsson : je ne vais peut-être pas me faire des ami(e)s, mais ce n’est pas plus mal que la série "Millenium" se termine ainsi, je trouve que le souffle commençait à retomber et la conclusion n’est pas trop mal ;
7) "Les vacances" de la Comtesse de Ségur : j’aime énormément cette conclusion et c’est mon récit préféré de la trilogie entamée avec "Les malheurs de Sophie" ;
8) "Hannibal" de Thomas Harris : la fin est dans un certain sens formidable et je me suis demandée tout au long de ma lecture si l’auteur allait oser : et bien oui ! A tous ceux que cette fin dérange … tant pis, je la trouve logique ;
9) "Breaking Dawn" de Stephenie Meyer : je ne l'ai pas encore lu, je me réserve la surprise de voir si c'est très bon ou très mauvais ou médiocre;
10) "Harry Potter et les reliques de la mort" de J. K Rowling : je ne l’ai pas encore lu, je fais durer le suspens pour voir si c’est tout bon ou tout mauvais.

dimanche 6 octobre 2013

Petite descente en librairie ce samedi



Ce samedi, j'ai fait une petite descente en librairie.
Il y a pire et moins inavouable me direz-vous, d'autant que j'avais (comme toujours) d'excellentes raisons d'y aller.

Tout a commencé il y a quelques jours en discutant avec une collègue de travail.
Je me suis rendue compte qu'elle n'avait pas lu certains livres que j'estime quasiment indispensables dans la vie de tous les jours (j'exagère sans doute un peu, ils ne permettent pas, notamment, de survivre seule(e) sur une île déserte), je lui ai donc proposé de faire un petit tour aux occasions chez Gibert afin de garnir sa bibliothèque.
Ca, c'était la première excuse.
La deuxième, c'est qu'il fallait que je me procure le livre du mois d'octobre pour le Club des lectrices.
Et puis tant qu'à faire, j'avais une petite liste de livres que je souhaitais lire, l'occasion faisant le larron ...

Résultat des courses (et tout d'occasion) :
- "Jeanne" de Jacqueline de Romilly pour le Club des Lectrices;
- "Le guépard" de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, pour le challenge Il Viaggio si j'ai le temps de le lire avant sa fin;
- "Monteriano" et "Howards End" d'E. M Forster, j'ai tellement aimé "Avec vue sur l'Arno" que je suis repartie avec deux livres de cet auteur, d'autant plus qu'il y en avait beaucoup d'occasions cette fois-ci;
- "Les fleurs de lune" de Jetta Carleton, je l'avais proposé au Club des lectrices pour la lecture d'octobre, il n'a pas été retenu mais le résumé me tentait beaucoup;
- "Mon Antonia" deWilla Cather, à lire pour le challenge que j'organise "Romancières américaines";
- "Un heureux évènement" de Flannery O'Connor, idem, pour le challenge "Romancières américaines";
- "Dexter revient !" de Jeff Lindsay, un an après avoir lu le premier tome, je me suis dit qu'il était temps de passer au deuxième.

Et l'énormissime surprise, celle à laquelle je ne m'attendais pas et à laquelle je ne croyais plus ... (roulement de tambours) ...
- "L'épervier - Intégrale du premier cycle" de Patrice Pellerin

Je n'ai pas hurlé comme une hystérique (mais j'aurais pu), honnêtement j'ai regardé sans m'attendre à quoi que ce soit, ça a été le coup de chance incroyable.
Pour tout dire, je cherchais cette intégrale depuis plus d'un an, je l'avais commandée dans une grande enseigne mais ma commande avait été annulée pour cause de rupture d'édition, j'avais dû me batailler plus de six mois pour récupérer l'argent de ma commande, j'avais écrit à la maison d'édition pour demander si une nouvelle ré-édition était envisageable, ma demande était restée lettre morte, j'avais quasiment fait une croix sur la possibilité de la trouver.
L'édition est certes d'occasion mais elle n'est pas abîmée et ne donne pas l'impression d'avoir été lue et relue.
Autant vous dire que depuis hier elle ne me quitte plus, je n'ai quand même pas été jusqu'à dormir avec mais j'aurais pu (remarquez, j'ai dormi cette nuit avec le tome 1 d'Adèle Blanc-Sec à côté de moi, pas terrible de se réveiller avec un ptérodactyle près de l'oreiller).

Ayant fait récemment baisser ma PAL j'ai estimé avoir droit à un petit plaisir, il ne me reste plus qu'à lire tous ces livres et je trouve que j'ai été raisonnable (je ne mérite sans doute pas une médaille mais ça aurait pu être pire).
Je vais tâcher de faire baisser ma PAL avant les prochains achats.
Deux déceptions : je souhaitais trouver d'occasion "Les années douces" d'Hiromi Kawakami, il y en avait une pile mais aucun d'occasion, idem pour "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee.
Pour une prochaine fois sans doute !
Au passage, j'inaugure un nouveau logo : "Mes descentes en librairie", qui me servira à illustrer mes achats futurs.

Sur ce, je vais retrouver Yann de Kermeur et m'assurer qu'il n'a pas pris le large sans moi.

Légendes d'automne de Jim Harrison


Au fil de ces trois novelas puissantes et sauvages, Jim Harrison compose une tragédie moderne ou la violence, la rédemption et l'amour vibrent à chaque page. De Cochran, l'ancien militaire laissé pour mort, à Tristan Ludlow, parti pour le front de 1914, la vengeance, immuable, est au cœur de leur destin. (10/18)

J'ai lu "Légendes d'automne" de Jim Harrison pour galoper sur un cheval les cheveux au vent avec Brad Pitt, ou dit plus sérieusement, pour découvrir Jim Harrison et la nouvelle à l'origine de ce très beau film.
Elle se mérite cette nouvelle, il faut d'abord lire la sombre mais belle "Une vengeance ..." et "L'homme qui abandonna son nom".
Un point commun entre ces trois nouvelles : la vengeance.
Parce qu'il aime la femme qui ne fallait pas, Cochran en paie le prix fort, tout comme l'objet de son désir.
Mais celui qui est laissé pour mort est finalement bien vivant et n'a plus qu'une idée en tête : se venger et retrouver la femme qu'il aime : "Sa détresse était celle d'un homme qui se laisse entraîner par sa passion aux plus profondes limites de l'être et qui sait qu'un voyage de retour est très improbable.".
Recueilli, soigné, le voilà prêt à reprendre la route : "Je vous souhaite d'échapper à vos ennemis et de trouver votre vengeance, si c'est cela que vous désirez.".
Cette histoire m'a énormément touchée, par son coté sombre et violent, mais également par la forme de beauté qui s'en dégage.
L'écriture de Jim Harrison est simple, précise, nette, et ne rend cette histoire que plus percutante.
C'est d'ailleurs une caractéristique que j'ai ressentie tout au long de ma lecture de ce livre.
Je ne m'attarderai pas trop sur la deuxième nouvelle, je n'ai pas accroché à l'histoire et au personnage, je l'ai trouvée plus fade que la première et sans grand intérêt, d'ailleurs son personnage principal fait également des découvertes sur lui et sur le monde en général qui ne présentent pas non plus un grand intérêt : "Assis sur la souche et pliant sous le poids de son deuil auquel s'ajoutait la mort imminente de cette voûte de feuilles déjà roussies, il comprit confusément que la vie n'était rien d'autre qu'une accumulation d'actes quotidiens et sans cesse répétés.".
Ou alors je suis passée à côté de quelque chose sans m'en rendre compte.
Quant à "Légendes d'automne", c'est une nouvelle d'une beauté troublante, tenue par le personnage de Tristan, un homme sauvage et proche de la nature qui connut dans sa vie des moments d'intense bonheur et à l'inverse, d'intense malheur
Il n'est pas facile de pénétrer dans le cœur de Tristan, Susannah pense y avoir réussi mais elle apprendra à ses dépens qu'il n'en est rien, et c'est la jeune et quelque peu sauvage Isabel II qui y réussira et partagera durant sept ans la vie de Tristan : "Ils dormirent enlacés l'un à l'autre et toute solitude disparut enfin de la terre.".
"Il y a peu de choses à dire au sujet du bonheur; il se contente d'être lui-même, placide, presque somnolent.", mais il y a beaucoup à dire du malheur et c'est presque ce qui se dégage le plus de cette nouvelle et qui viendra toucher si durement Tristan plusieurs fois dans sa vie : "Les anciens qui vivent toujours dans la région se demandent encore aujourd'hui si c'est l'alcool, la prison, le désespoir ou simplement l'avidité qui firent basculer Tristan hors des lois.".
L'amour y est présent à bien des niveaux : celui d'un père pour ses enfants, celui de trois frères, celui envers la nature et plus particulièrement le Montana, au cœur de cette nouvelle, celui d'hommes envers des femmes mais des amours qui ne sont pas toujours payés en retour.
Il est difficile de rester hermétique au personnage de Tristan ainsi qu'à la puissance de cette histoire, c'est sans nul doute celle qui m'a le plus touchée et transportée et si je devais lui faire un tout petit reproche, cela serait d'être trop elliptique à un moment donné.
Avec le recul, le film qui en a été tiré a su garder l'esprit et le côté sauvage de l'histoire et est donc à ce titre une réussite qui se regarde aussi bien avant ou après cette lecture.

Les trois histoires du recueil "Légendes d'automne" ne sont pas réellement des nouvelles mais plus des courts romans contenant une urgence de vie et une explosion de mots qui donnent un rythme effréné au récit et une certaine forme de brutalité qui secoue le lecteur mais dans le bon sens du terme.
L'écriture de Jim Harrison est vivante et passionnée et transporte le lecteur de la même façon, une très belle découverte qui ne peut laisser personne indifférent.

Blue Jasmine de Woody Allen



Alors qu’elle voit sa vie voler en éclat et son mariage avec Hal, un homme d’affaire fortuné, battre sérieusement de l’aile, Jasmine quitte son New York raffiné et mondain pour San Francisco et s’installe dans le modeste appartement de sa soeur Ginger afin de remettre de l’ordre dans sa vie. (AlloCiné)



Jasmine n'est pas une timide, il suffit que tu te trouves à côté d'elle pour qu'elle te raconte sa vie dans un long, très long, monologue.
Elle te racontera comment elle a rencontré son mari sur la chanson "Blue Moon", comment ils se sont aimés, comment ils ont vécu dans le luxe et l'opulence dans la rue la plus chic de New York dans un superbe appartement choisi rien que pour lui plaire, comment elle allait de cocktails en cocktails, de soirées mondaines en soirées mondaines, et puis aussi comment tout a fini par partir en sucette, ce qui explique pourquoi aujourd'hui elle débarque à San Francisco pour retrouver sa sœur et recommencer une nouvelle vie.
Dès les premières images le doute n'est pas possible : Jasmine est complètement barrée, paumée, dépressive, bref, elle est au bout du rouleau et ce n'est pas une nouvelle vie à San Francisco qui va y faire quelque chose.



Le personnage de Jasmine, outre qu'il soit central, est complexe et son interprétation n'en était que plus difficile.
Jasmine est une mythomane : elle a changé de prénom, elle ment énormément, mais elle est aussi dépressive, paumée, elle parle toute seule, elle se bourre de médicaments, elle est ruinée mais se promène avec des vêtements de grand couturier; c'est une femme pour qui l'apparence compte énormément et qui cherche à tout prix à garder la face, une femme faite de contraires qui n'arrivent pas à vivre ensemble dans son corps et dans son esprit.
La relation avec sa soeur Ginger est également très intéressante à étudier.
Elles sont diamétralement opposées, adoptées toutes les deux Jasmine a toujours été la préférée car elle est lumineuse et attire les personnes vers elle, contrairement à Ginger qui a vécu dans son ombre et qui, tant que Jasmine avait de l'argent, ne comptait pas à ses yeux.
Jasmine reproche également à Ginger de ne pas se choisir un homme digne d'elle, qui la tire vers le haut plutôt que vers le bas.
Autant dire que si Ginger voit la venue de sa sœur comme une chance de se réconcilier avec, Jasmine le voit plutôt comme un tremplin pour sa nouvelle vie et entraîne sa sœur avec elle dans sa quête de l'homme parfait.



Le thème de la fraternité n'est pas une nouveauté chez Woody Allen, ce qui l'est moins, c'est que depuis quelques temps le réalisateur délaisse son New York fétiche pour venir en Europe.
Ici, il revient à New York, mais de façons épisodiques, pour se consacrer à San Francisco.
Si l'opposition entre les deux sœurs est nette, il en va de même entre ces deux villes.
L'une respire le chic, l'argent, l'opulence, la réussite, l'autre est un mélange de styles où le riche côtoie le pauvre, où les années hippies ne sont jamais très loin.
Que Jasmine finisse par s'y fondre, cela n'est pas une réelle surprise, elle a une capacité d'adaptation élevée (en grande partie grâce à sa façon de mentir pour tout), mais comme à New York sa chute ne surprend pas non plus.



Woody Allen a filmé de très près sa Jasmine : beaucoup de plans rapprochés, une focalisation importante sur son visage mais également sur sa tenue et son allure générale, d'une classe irréprochable.
Il a su montrer la décadence de cette femme de façon flagrante : tout se dégrade chez Jasmine, son état mental mais également son physique : elle finit le cheveu gras, non coiffée, mal habillée, le visage fatigué et chiffonné, très loin des premières images que le spectateur a pu voir de cette femme.
Ce personnage féminin est extrêmement intéressant, et Cate Blanchette non seulement l'interprète à merveille mais porte également le film à elle toute seule.
Je n'ai jamais douté du talent de Cate Blanchett, mais il explose littéralement dans ce film et dans la mise en scène de Woody Allen qui lui offre sans doute le rôle le plus complexe de sa carrière.
Je pense que même si l'on n'aime pas le travail de Woody Allen, ce film vaut d'être vu pour le jeu sans faute de Cate Blanchett qui, je l'espère, sera récompensée.
Et puis, en musique d'ambiance il y a le jazz, style musical cher au cœur de Woody Allen qui rehausse encore plus le film.



Je ne vais pas vous dire que "Blue Jasmine" est "le meilleur film de Woody Allen depuis ...", je me contenterai de vous dire que "Blue Jasmine" est un excellent film retraçant la vie d'une femme complètement paumée, alternant entre passé et présent, servi par un casting sans faute et une Cate Blanchett époustouflante, et dont il serait regrettable de passer à côté.
A voir de toute urgence.

mardi 1 octobre 2013

Top Ten Tuesday #16


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.

Les 10 raisons qui font que vous préférez les livres papier aux ebooks

Là je suis tout de suite plus inspirée que sur le thème des ebooks et des liseuses.

1) Avoir des rangées et des rangées de livres sur les étagères de la bibliothèque ;
2) Avoir de belles éditions de certains ouvrages ainsi que des livres dits de culture (peinture, catalogues d’exposition, régions de France ou pays du monde etc.) ;
3) Pouvoir feuilleter un livre quand je le souhaite ;
4) Pouvoir passer des minutes à farfouiller pour trouver ma prochaine lecture en fonction de mes envies ;
5) Pouvoir respirer l’odeur si particulière des vieilles éditions ;
6) Pouvoir tenir le livre entre mes mains ;
7) Pouvoir dénicher des trésors littéraires oubliés ;
8) Pour le plaisir de m’offrir une belle bibliothèque pour y ranger mes livres ;
9) Pouvoir flâner dans une librairie ou une bibliothèque pour y choisir des livres ;
10) Avoir des livres qui se transmettent dans la famille (prix gagnés à l’école etc.).