samedi 2 novembre 2013
Le cycle de Cyann - Hors série La clé des confins : D'Olh à Ilo et au-delà de François Bourgeon et Claude Lacroix
Cet ouvrage donne un aperçu thématique de la vaste documentation dans laquelle ont puisé les auteurs du Cycle de Cyann pour créer et donner vie à la à la série.
Un lexique complète ce livre, au long duquel le lecteur se plaira à retrouver un mot, un objet, un détail, une anecdote qui auront éveillé sa curiosité en lisant les autres volumes de cette grande saga de science-fiction. (12 Bis)
"Contemplatif parmi les contemplatifs, et dénué de toute ambition, le Vê se contente de surveiller que rien ne vienne troubler l'harmonie des mondes.", c'est pourquoi dans ce hors série du "Cycle de Cyann" François Bourgeon et Claude Lacroix ont confié la narration à un Vê, plus précisément celui qui chargera Cyann de sa grande mission.
Le Vê est très différent des humains, tant sur le plan physique que psychologique, il sait des choses que les humains ne connaissent pas et pour aller même plus loin, ne se rendent pas compte : "Les rêves des hommes ne sont déçus que parce qu'ils sont petits.".
Le Vê n'est sans doute pas parfait, mais c'est ainsi qu'il est présenté : plus sage, plus philosophe, ayant la capacité de se déplacer dans le temps et dans les mondes; mais il aime aussi prendre des risques, puisqu'à l'inverse de l'opinion de tous, le Vê choisit Cyann pour accomplir une mission de la plus haute importance : "On affirme que cette CYANN n'ira pas loin ... On se trompe.".
Le lecteur apprend par la même occasion que c'est depuis longtemps que le choix du Vê s'était porté sur Cyann : "La fille de Leutée fait son apparition sur le pont principal. Elle ne se sait pas observée et regarde la mer en fredonnant une de ces comptines que l'on entend parfois sur les rives du fleuve. C'est quand elle est seule que je sais pourquoi je choisirai la Cyann.", mais cela sous-entend également que Cyann, pas plus qu'une autre personne, n'est maître de son destin.
Elle est moins marionnette que les autres mais elle n'est sans doute pas aussi libre qu'elle le croit.
Ce hors série permet d'avoir une autre vision du personnage de Cyann. Alors que dans la bande dessinée elle apparaît comme égoïste, frivole, insouciante, fuyant les responsabilités, le Vê en racontant le passé et en justifiant son choix offre un nouvel éclairage sur ce personnage.
Il est en effet énormément question de Leutée, la mère de Cyann, mystérieusement disparue et ayant laissé son époux Lazuli Olsimar inconsolable, et surtout ses deux filles encore jeunes.
"Bien plus meurtrie qu'elle ne le laisse paraître, la CYANN conserve ce sens de la vie qui me l'a fait remarquer. Elle n'est pas de ceux qui laissent passer leur chance. Le pacte que je lui propose est cette chance. Et peut-être mieux que moi l'a-t-elle pressenti.", l'une des failles de Cyann réside donc dans l'absence de cette mère et d'avoir dû grandir aux côtés d'un père qui n'a jamais su montrer qu'il l'aimait et qu'il croyait en elle.
Sous cet éclairage, le comportement de Cyann devient plus compréhensible et contribue à lui gagner la sympathie du lecteur et ce, de façon durable.
Ce tome est aussi l'occasion de découvrir les discussions qui ont eu lieu entre Cyann et le Vê, les vérités apprises par la jeune fille sur la disparition de sa mère notamment et la confiance qu'elle a dans le Vê : "Dites-moi ce que vous avez appris sur mon père et ma mère ... Dites-moi qui est responsable de la mort de Leutée ... Je sais que vous ne me mentirez pas ... Je sais aussi que vous saurez trouver les mots qui ne me laisseront pas habitée par la haine.".
Au-delà des relations entre les personnages, les auteurs ont décidé d'offrir au lecteur un aperçu de la vaste documentation élaborée pour bâtir l'histoire et les dessins de la bande dessinée.
Ainsi, le lecteur découvre en détail Olh, des cartes des lieux de l'action, la faune et la flore des deux premiers volumes de la série, les principaux animaux rencontrés, la vie animale et la gastronomie sur Olh, les habits, coiffures et accessoires en fonction des castes, les engins spatiaux.
De plus, cette bande dessinée est pourvue d'un lexique permettant de retrouver tous les animaux croisés dans l'aventure de Cyann, les rites funéraires, les planètes.
"La clé des confins" a répondu en grande partie aux questions que je me posais lors de la lecture des cinq premiers volumes du "Cycle de Cyann" et permet d'éclaircir quelques situations balayées aussitôt après avoir été abordées mais ma curiosité n'est pas non plus totalement satisfaite.
J'attendais un peu plus de ce hors série qui est plus descriptif que narratif, j'y ai toutefois retrouvé avec plaisir le personnage de Cyann ainsi que la plume de qualité de François Bourgeon, et bien qu'il apporte certains éclaircissements sur les deux premiers volumes un deuxième hors série ne serait pas superflu une fois la série achevée.
vendredi 1 novembre 2013
Challenge New York 2014
Pour la troisième année consécutive, je me lance dans le Challenge New York organisé par Emily.
Mais attention, cette année le challenge déménage sur Café Powell, un webzine culturel, et s'élargit.
Auparavant, le challenge était littéraire, cette année il devient culturel : littérature, cinéma, expositions, événements ayant trait à New York.
En trois ans de challenge, j'ai découvert des auteurs, j'ai approfondi ma connaissance de certains, et j'ai toujours des livres en attente dans ma PAL : Colum McCann (pour la troisième année, ça finit par être peu glorieux), William Styron (idem), et je n'ai toujours pas lu d'autres œuvres de Paul Auster.
Du côté de la littérature, j'ai de quoi m'occuper.
Mais cette année j'ai aussi été 9 jours à New York en mai, en solo, j'ai fait une foultitude de choses et j'ai arpenté Manhattan en long, en large, en travers et en carré, j'ai passé des heures dans les musées ou le nez en l'air à regarder les buildings, j'ai pris de la hauteur avec les observatoires du Top of the Rock et de l'Empire State Building ainsi qu'un survol en hélicoptère, je suis allée voir une comédie musicale à Broadway, j'ai fait ma New-Yorkaise en lisant dans Central Park et j'ai aussi fait un peu de shopping, bref, j'ai plein d'anecdotes à raconter pour cette nouvelle année de challenge.
Et comme j'aime également le cinéma, je vais bien réussir à voir ou revoir quelques films se déroulant à New-York, sans parler des séries télévisées.
Ce challenge commence aujourd'hui pour une durée d'un an.
Mes découvertes New-Yorkaises
Découvertes littéraires
- L'invention de nos vies de Karine Tuil
- La femme du magicien de Jérôme Charyn et François Boucq
- Rien que du bonheur de Laurie Colwin
- Les entremetteurs et autres nouvelles d'Edith Wharton
Découvertes cinématographiques
- Black Swan de Darren Aronofsky
Découvertes culturelles
- L'Empire State Building
- Petit guide pratique sur le métro à New York
Et n'oubliez pas :
XoXo
Mais attention, cette année le challenge déménage sur Café Powell, un webzine culturel, et s'élargit.
Auparavant, le challenge était littéraire, cette année il devient culturel : littérature, cinéma, expositions, événements ayant trait à New York.
En trois ans de challenge, j'ai découvert des auteurs, j'ai approfondi ma connaissance de certains, et j'ai toujours des livres en attente dans ma PAL : Colum McCann (pour la troisième année, ça finit par être peu glorieux), William Styron (idem), et je n'ai toujours pas lu d'autres œuvres de Paul Auster.
Du côté de la littérature, j'ai de quoi m'occuper.
Mais cette année j'ai aussi été 9 jours à New York en mai, en solo, j'ai fait une foultitude de choses et j'ai arpenté Manhattan en long, en large, en travers et en carré, j'ai passé des heures dans les musées ou le nez en l'air à regarder les buildings, j'ai pris de la hauteur avec les observatoires du Top of the Rock et de l'Empire State Building ainsi qu'un survol en hélicoptère, je suis allée voir une comédie musicale à Broadway, j'ai fait ma New-Yorkaise en lisant dans Central Park et j'ai aussi fait un peu de shopping, bref, j'ai plein d'anecdotes à raconter pour cette nouvelle année de challenge.
Et comme j'aime également le cinéma, je vais bien réussir à voir ou revoir quelques films se déroulant à New-York, sans parler des séries télévisées.
Ce challenge commence aujourd'hui pour une durée d'un an.
Mes découvertes New-Yorkaises
Découvertes littéraires
- L'invention de nos vies de Karine Tuil
- La femme du magicien de Jérôme Charyn et François Boucq
- Rien que du bonheur de Laurie Colwin
- Les entremetteurs et autres nouvelles d'Edith Wharton
Découvertes cinématographiques
- Black Swan de Darren Aronofsky
Découvertes culturelles
- L'Empire State Building
- Petit guide pratique sur le métro à New York
Et n'oubliez pas :
XoXo
mardi 29 octobre 2013
Top Ten Tuesday #20
Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.
Les 10 couvertures les plus
effrayantes
Je n’ai pas forcément lu tous les
livres nommés (enfin, cela vaut pour 3), il faut dire que certaines couvertures
ne me donnent pas vraiment envie de me plonger dedans, mais elles sont toutes
plus ou moins dérangeantes, voire pour l’une d’entre elles réaliste.
1) "Hannibal les origines du mal" de Thomas Harris
2) "Le chuchoteur" de Donato Carrisi
3) "Ca" Tome 1 de Stephen King
4) "Ca" Tome 3 de Stephen King
5) "Le démon des morts" de Graham Masterton
6) "Si c'est un homme" de Primo Levi
7) "Le livre de la mort" Anonyme
8) "Birdman" de Mo Hayder
9) "Le cauchemar d'Innsmouth" de HP Lovecraft
10) "Shining" de Stephen King
1) "Hannibal les origines du mal" de Thomas Harris
2) "Le chuchoteur" de Donato Carrisi
3) "Ca" Tome 1 de Stephen King
4) "Ca" Tome 3 de Stephen King
5) "Le démon des morts" de Graham Masterton
6) "Si c'est un homme" de Primo Levi
7) "Le livre de la mort" Anonyme
8) "Birdman" de Mo Hayder
9) "Le cauchemar d'Innsmouth" de HP Lovecraft
10) "Shining" de Stephen King
lundi 28 octobre 2013
Le syndrome Olivier Martinez
D’en avoir reparlé dimanche m’a fait
penser qu’il était temps d’écrire sur le syndrome Olivier Martinez (et non, je
ne prends pas mon blog pour le canapé d’un psy sur lequel évacuer toutes mes
frustrations, entre autres), dont je suis victime (et sans doute pas la seule).
Tout d’abord, Olivier Martinez c’est
qui ?
Un beau brun ténébreux ayant fait de
la publicité pour un parfum, oui mais pas que.
Un beau brun ténébreux faisant
surtout parler de lui pour sa vie people, entre Mira Sorvino, Kylie Minogue et
plus récemment Halle Berry, il a enchaîné les conquêtes de femmes connues (et
je suis au courant de tout cela sans même avoir lu des magazines people, c’est
dire s’il fait parler de lui par ses frasques amoureuses). Et là encore, pas
que.
Le beau brun ténébreux qui incarnait
le colonel Angelo Pardi dans "Le hussard sur le toit" de Jean-Paul
Rappeneau, et donc oui, quand monsieur ne se parfume pas ou n’alimente pas la
presse people il est acteur.
Ai-je dit qu’il était un beau brun
ténébreux ?
Le syndrome Olivier Martinez, de quoi
s’agit-il exactement ?
Désormais, le terme de "syndrome
Olivier Martinez" est rentré dans tout bon manuel cinématographique qui se
respecte et sert à désigner un acteur avec un énorme potentiel qui finalement
ne confirme pas derrière et a du mal à percer.
Olivier Martinez, c’était le colonel
Angelo Pardi, LA révélation du "Hussard sur le toit", LE comédien de la
nouvelle génération qui grimpait en flèche et à qui je prédisais, et je n’étais
pas la seule, un merveilleux avenir dans le monde du cinéma.
Pour vous remettre dans le contexte,
lorsque j’ai vu au cinéma "Le hussard sur le toit" ça a été une
révélation, je suis tombée amoureuse d’Olivier Martinez et/ou du colonel Angelo
Pardi (voire des deux à la fois), mon cadeau de Noël cette année-là a été le
livre que j’ai dévoré, depuis je n’ai même pas rouvert un Jean Giono par peur
d’être déçue ou de ne pas retrouver toute la beauté de son écriture (enfin, je
vais prochainement y remédier) et pour aller jusqu’au bout de mon
raisonnement ma folie, je n’ai même jamais réussi à lire les autres livres
du cycle du Hussard par peur d’être déçue (oui parce que là aussi je me suis
amourachée du couple littéraire improbable, l’un des drames de ma vie).
Donc, pour en revenir au syndrome
Olivier Martinez, j’ai pensé, naïvement, après avoir vu ce film, que c’était un
acteur à suivre qui avait une belle carrière devant lui.
J’ai même gardé le numéro de Studio
de l’époque avec en couverture Olivier Martinez et Alain Delon et une interview
croisée très intéressante des deux acteurs.
Olivier Martinez était à ce moment-là
présenté comme le nouvel Alain Delon, avec la bénédiction de ce dernier (non
mais ça venait d’Alain Delon himself !).
Au final, qu’a fait Olivier
Martinez ?
Je l’ai vu dans "La femme de
chambre du Titanic" de Bigas Luna, j’ai ouï dire qu’il tournait de temps
en temps par-ci par-là mais rien, pas de grand film, pas de rôle notable.
Quel gâchis pour un acteur si
prometteur, auréolé du Prix Jean Gabin et d’un César du meilleur espoir
masculin.
Et plus généralement, quelle perte
pour le cinéma.
Car au-delà de tout ce que j’ai pu
dire et broder sur cet acteur, il faut reconnaître ce qu’il est : il a de
la gueule, de la prestance et un jeu remarquable.
Alors je ne comprends pas comment il
a pu se fourvoyer à ce point, à moins qu’il n’ait jamais eu de propositions
intéressantes après son interprétation du colonel Pardi dans "Le hussard
sur le toit" et qu’il ait été victime de son succès trop jeune et d’avoir
crevé l’écran trop tôt, c’est déjà arrivé par le passé.
A moins que ça ne soit de famille,
car son frère Vincent Martinez est lui aussi victime de ce syndrome, à la
différence qu’il n’a même pas un rôle notable où il aurait crevé l’écran à
inscrire à son palmarès ni de people à mettre à son tableau de chasse.
En attendant, il ne me reste plus,
pour me consoler, qu’à regarder "Le hussard sur le toit", faute d’un
autre grand film avec cet acteur et à garder espoir qu’un jour … oui un jour
peut-être il reviendra … .dimanche 27 octobre 2013
A tombeau ouvert, Cinq histoires du corps des Marines de William Styron
«Parfois, mon esprit vagabonde et je me rappelle la monotonie de cette vie, la torture de l’attente puis la précipitation obscène, la nourriture ignoble, la sueur et les insectes, le salaire de misère, l’anxiété et la peur, le bavardage stérile, le bruit assourdissant des coups de fusil, le célibat dégradant, les amitiés brèves et superficielles, le caractère humiliant d’un système de castes conçu pour cultiver les formes les plus mesquines de la vanité humaine. Je suis capable de ressasser de telles choses avec une obstination masochiste, comme on peut revivre en pensée une épreuve difficile que l’on a traversée avec succès.»
Cinq nouvelles sur le corps des Marines, entre Seconde Guerre mondiale et guerre de Corée : William Styron s’inspire de son expérience personnelle pour questionner le mélange d’héroïsme et d’absurdité qui fait la vie militaire. (Folio)
William Styron a fait parti du corps des Marines à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et c'est de son expérience qu'il s'est inspiré pour écrire ces cinq nouvelles ayant pour personnage principal le corps des Marines entre la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre de Corée.
Il ressort de ces nouvelles que William Styron était un pacifiste, son engagement militaire devenant alors mystérieux, d'autant plus qu'il aborde également cet aspect du recrutement non pas fait sur un coup de tête mais sans raison apparente, sans vraiment prendre le temps de la réflexion pour mesurer l'impact de cet engagement : "Mais les guerres sanglantes et la puissance des nations, comme l'a remarqué Bismarck, sont fondées sur ce type de consentement irréfléchi.".
Il traite surtout à travers ces cinq nouvelles du mélange subtil d'héroïsme et d'absurdité de l'armée, des raisons qui peuvent pousser des hommes à devenir des machines à tuer : "A n'en pas douter, la famine sexuelle est un élément essentiel pour comprendre la nature de la mystique militaire : un soldat privé de respirer l'odeur d'une femme au point d'en éprouver une véritable rage est le candidat parfait pour s'emparer d'une baïonnette et éviscérer sans états d'âme un représentant de l'Ennemi.", tout en livrant une description précise de la machine à broyer qu'est l'armée et des transformations qu'elle peut opérer sur les gens : "Sa sensibilité n'avait pas été écrasée par la botte impitoyable de cette organisation dont les membres devaient faire preuve de virilité et d'une culture stérile, philistine, voire inexistante.".
J'ai eu le sentiment au fil de ma lecture que l'auteur cherchait surtout à travers ces nouvelles à mener une thérapie sur son histoire personnelle : il a été membre de cette armée alors que cela allait à l'encontre de ses pensées.
Certaines nouvelles sont vraiment très belles et très réussies, comme "Blankenship" ou "Marriott le marine" ou "A tombeau ouvert", celle qui achève ce recueil tient plus de la micro-nouvelle mais a également une certaine forme de beauté; tandis que "La maison de mon père" est non seulement la nouvelle la plus longue mais également celle que j'ai trouvé la plus bancale dans sa construction et paradoxalement reflétant bien l'état d'esprit de l'auteur lorsqu'il l'a écrite.
Cette histoire aurait mérité d'être traitée dans un roman plutôt que sous forme de nouvelle tant le fond était riche, les allers-retours de l'auteur entre le passé et le présent n'aidant pas à stabiliser la narration et pouvant perdre le lecteur.
D'une façon générale, le style de William Styron est intéressant, bien qu'il s'inspire d'autres auteurs américains comme William Faulkner et qu'il l'assume, mais je trouve que ces nouvelles manquent cruellement de dimension émotionnelle.
L'auteur a sans doute trop cherché à décortiquer sa façon de penser et toute l’ambiguïté du monde militaire en oubliant le côté émotionnel qui aurait pu rendre ces nouvelles vraiment captivantes et d'une certaine façon plus humaines.
Par contre, j'ai trouvé intéressant le traitement qu'il fait de ses début d'auteur, de ses doutes et de ses tâtonnements, comme une forme d'apprentissage du métier d'auteur alors que dans le même temps il ré-apprend l'armée et sa discipline.
Et finalement, du pays le lecteur n'en verra pas tant que cela puisque l'auteur n'a pas évoqué la Guerre de Corée, par contre il aura l'occasion de déambuler avec le narrateur dans les rues de New York, une ville en forme de parenthèse par rapport à la vie militaire et où tout semble permis, à commencer par l'amour mais qui illustre surtout la liberté.
"A tombeau ouvert, Cinq histoires du corps des Marines" de William Styron est plus un plaidoyer pacifiste qu'une déclaration d'amour au corps des Marines qui n'en ressort pas forcément grandi, un recueil de nouvelles que j'ai plus perçu comme un exutoire pour l'auteur afin de livrer sur papier sa culpabilité d'avoir été un Marine alors que cela était en opposition avec ses pensées.
William Styron a du style, et bien que je reproche l'absence d'émotions dans ce recueil de nouvelles ce n'est pas pour autant que j'abandonnerai cet auteur, bien au contraire, je pense même que ce recueil est une bonne façon de mieux le connaître et de saisir son oeuvre par la suite.
Je remercie Babelio et les éditions Folio pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération Masse Critique.
Que vous aimiez Sherlock Holmes ou Harry Potter à l'école des sorciers, Mrs Dalloway ou Mort sur le Nil, Babelio vous invite toute l’année à découvrir des livres en ligne sur le premier réseau social littéraire en allant sur Babelio.com.
Livre lu dans le cadre du challenge New York en littérature.
Hate List de Jennifer Brown
Lorsque Valérie franchit le seuil du lycée, elle sait que rien ne sera plus jamais pareil. Cinq mois plus tôt, Nick, son petit ami, a ouvert le feu dans la cafétéria de l’école, tuant une dizaine d’élèves avant de se suicider. Des élèves agaçants, pénibles et arrogants qui figuraient sur la liste que Valérie et Nick ont tenue pour se défouler. Pourquoi ce qui n’était qu’un jeu est devenu un drame ? Comment va-t-on accueillir son retour au lycée ? Est-elle aussi coupable que Nick ? (Albin Michel Jeunesse)
Tout le monde ou presque a entendu parler au moins une fois des tueries en milieu scolaire, l'une des plus célèbres, ou tout du moins des plus évoquées au cinéma, étant celle de Columbine.
La fusillade scolaire est une partie de ce roman, l'autre s'attachant particulièrement au retour de Valérie au lycée pour sa dernière année et aux émotions qui habitent ce personnage et son entourage.
C'est par le biais d'articles de presse et des souvenirs de Valérie que le lecteur découvre ce qui s'est passé ce matin du 2 mai 2008 lorsque Nick, le petit ami de Valérie, a ouvert le feu sur les personnes présentes dans la cafétéria, plus particulièrement sur celles figurant dans leur liste de la haine.
La liste de la haine, c'est tout simplement les noms des personnes qu'ils ne supportent pas, celles qui se moquent d'eux parce qu'ils sont différents, qui prennent un malin plaisir à les ridiculiser en public ou à les ignorer.
Je ne fais pas l'apologie du principe d'une liste de la haine, mais c'est quelque chose que chacun pourrait faire à un moment donné de sa vie, sans pour autant mettre à exécution un tel plan meurtrier.
Cela fait-il de Valérie une coupable, au même titre que Nick, même si elle n'a tiré sur personne ? Cela doit-il la rendre mauvaise aux yeux de tous, à commencer par ceux de ses propres parents qui n'ont plus aucune confiance en elle, voire même ont envie de la rayer de leur existence ?
Valérie est rejetée par son père et coupable aux yeux de sa mère : "Parce que c'était moi la méchante. Quoi que je dise, quoi que je fasse, jamais je ne changerais aux yeux de ma mère.".
Elle a l'impression que personne ne la comprend, ses anciens amis ne lui adressent plus la parole et chose encore plus surprenante, c'est une de ses anciennes ennemies qui désormais souhaite être son amie.
Aux yeux de Valérie, la seule personne qui la comprenait, c'était Nick, avec qui elle vivait une relation fusionnelle, sans doute trop : "Toi et moi contre le monde entier. Juste nous deux.".
C'est également par le biais de la voix de Valérie que le lecteur découvre la vie actuelle de cette jeune fille, ce qu'elle ressent et comment elle vit son retour au lycée, sa vie familiale, ses relations avec les autres : "En réalité, la plupart du temps, j'avais beau prendre sur moi, j'étais incapable d'éprouver de la reconnaissance. Et j'aurais été incapable de dire dans quel état je me sentais : triste, parfois, ou soulagée, ou alors confuse, ou incomprise. Mais très souvent, en colère.".
Ce roman pose beaucoup de questions mais au final n'y répond pas vraiment, ou plutôt, de manière simplifiée.
Le personnage de Valérie est très complexe, que la narration se fasse à la première personne du singulier était une évidence, maintenant je suis plus partagée sur la fin de ce roman qui résout un peu trop facilement certains points tout en laissant une porte ouverte, comme si l'auteur s'était ménagée la possibilité d'écrire une suite.
Après avoir lu tant de noirceur, de colère, de douleur, je ne m'attendais pas à ce type de fin et je ne suis pas persuadée qu'il fallait à tout prix délivrer un message d'espoir.
Il y a des passages très beaux, très forts en émotion, de la justesse dans le récit et la réaction des personnages, mais il y a aussi, malheureusement, quelques clichés (par exemple une professeur d'art décalée) qui font que cette lecture, bien qu'étant intéressante, ne me laissera pas non plus un souvenir indélébile.
Jennifer Brown a su se placer dans la tête d'une adolescente de dix-sept ans, elle pose bien souvent des questions justes, notamment sur la façon dont Valérie appréhende son retour au lycée ou la réaction des autres personnes vis-à-vis de ce qui s'est passé quelques mois plus tôt, elle a construit des dialogues intelligents entre Valérie et ses parents, mais elle tombe aussi dans la facilité, notamment par rapport à la relation entre Valérie et son psychothérapeute, je doute qu'une seule année suffise pour régler tous les traumatismes de Valérie, c'est peu crédible; et manque parfois de noirceur et d'une certaine forme de maturité dans la trame de son histoire.
Finalement, la violence n'est présente que par le jeu des flashbacks, comme si l'auteur n'avait pas voulu s'y risquer alors que pour ce type de roman c'est au contraire ce que j'attends : une prise de risque dans la narration des faits, ne pas chercher à épargner le lecteur, la mise en place d'une atmosphère oppressante, autant d'aspects que je n'ai pas trouvés au cours de ma lecture.
"Hate List" est un bon roman pour un lecteur adolescent, moins pour un lecteur adulte, en tout cas un roman qui ne me laissera pas un souvenir impérissable bien que l'idée de départ soit bonne et que certaines questions soulevées sonnent justes.
Il s'agissait là du premier roman de Jennifer Brown, une auteur qui à mon avis à un avenir dans cette tranche littéraire mais qui doit encore acquérir de la maturité dans son style et la maîtrise de ses histoires.
Walking Dead Tome 1 Passé décomposé de Robert Kirkman, Tony Moore, Charlie Adlard
Le monde tel que nous le connaissions n’existe plus. La Terre, ravagée par une mystérieuse épidémie, est devenue un cimetière à ciel ouvert. Pire, les morts ne meurent plus et errent à la recherche des derniers humains pour s’en repaître. Parmi les survivants, Rick, policier, se réveille d’un long coma pour découvrir ce que son monde est devenu. Le choc passé, il doit désormais apprendre à survivre… (Delcourt)
Quand Rick se réveille d'un long coma après avoir été blessé en service, il est seul dans l'hôpital.
Il découvre alors un monde complètement bouleversé, peuplé de zombies errant dans les bâtiments et dans les lieux à la recherche de chair fraîche, un monde où les lois n'ont plus cours, où seul survivre est essentiel : "Ca ne sera plus jamais pareil. On ne retrouvera jamais une existence normale ...".
Rick doit tout apprendre de ce qui s'est passé pendant son "absence", et surtout, essayer de retrouver sa femme et son fils, partis sans doute pour Atlanta.
Il y a du désespoir dans cette série, les morts ne sont pas vraiment morts puisqu'ils errent à la recherche de vivants pour mieux les dévorer, les vivants essayent de survivre dans ce chaos, souvent en ayant vu mourir tous leurs proches ou presque et es espérant une hypothétique aide du gouvernement, enfin, s'il y a encore un gouvernement quelque part : "Le gouvernement a essayé de regrouper tout le monde en ville pour nous protéger plus facilement. Au final, ça a surtout mis toute la nourriture au même endroit. Chaque fois qu'un de ces trucs tue l'un d'entre nous, il devient l'un d'entre eux. En une semaine, toute la ville y est passée. Depuis ... on ne sait rien. Personne ne peut entrer ni sortir.".
Il y a également du chaos, énormément, l'Apocalypse n'est pas très loin et la survie, à mon sens, ne peut être que temporaire.
Si se retrouver dans un petit groupe de survivants permet de s'organiser et de ressentir un pseudo sentiment de sécurité, tout comme la possession d'armes à feu, cela ne peut être que temporaire et c'est dans une quête permanente de sécurité que va se lancer le petit groupe dans lequel Rick a échoué, un peu par hasard mais avec beaucoup de chance : "Si on va dans un endroit plus sûr, peut-être qu'on aura plus besoin d'être secourus. Je préfère passer une bonne nuit de sommeil plutôt que me retourner toute la nuit à espérer que le gouvernement soit encore en état de nous trouver.".
Il y a surtout beaucoup d'illusions dans cette histoire : celle de pouvoir trouver un endroit sûr où la nourriture ne manquera pas, celle d'être secouru par le gouvernement, celle que cette épidémie s'arrête d'une façon ou d'une autre, celle lorsqu'un proche passe de vie à trépas qu'il sera possible de le raisonner quand il se réveillera en mort-vivant, celle que la vie pourra un jour redevenir comme elle était avant, et surtout, celle qu'il est possible de finir par créer une cohésion de groupe et que tout le monde arrive à s'entendre.
En cela, le scénario de Robert Kirkman est savamment construit, il revisite le mythe archi connu du mort-vivant et en propose une version quelque peu différente, inspirée de plusieurs courants littéraires ou cinématographiques; mais également celui de la survie des humains après une catastrophe, en analysant finement la psychologie de chacun : les leaders, les suiveurs, les rebelles, et les réactions toujours très humaines que chacun peut avoir en de telles circonstances.
Il ne faut pas se fier aux apparences et s'arrêter à une énième histoire de morts-vivants, sous couvert de ce genre littéraire c'est une oeuvre plus complexe qu'a créée Robert Kirkman.
Je regrette toutefois que cette histoire soit limitée à un petit secteur des Etats-Unis, le lecteur comprend que cela est sans doute général au pays, mais qu'en est-il pour le reste du monde ?
Il est vrai qu'il est difficile de le savoir sans moyen de communication, j'espère que cet aspect sera abordé par la suite.
Quant aux dessins de Tony Moore et Charlie Adlard, je les trouve très réussis, contribuant à renforcer cette atmosphère étouffante de fin du monde où le chaos règne et où la discipline et l'ordre ne sont plus que de lointains souvenirs.
Enfin, le parti pris des auteurs d'une trame en noir, blanc et niveaux de gris va très bien à l'histoire et à l'atmosphère que les auteurs ont voulu créer.
Depuis le temps que j'entendais parler de ces comics et de la série télévisée qui en a été tirée, il était temps que je commence à me pencher sur ce phénomène.
"Passé décomposé" est un très bon premier tome qui plante le décors et l'histoire d'une série qui selon moi n'est pas prête de se finir et qui offrira au lecteur de nombreux rebondissements.
Essayer "Walking Dead", c'est l'adopter.
mardi 22 octobre 2013
Top Ten Tuesday #19
Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.
Les 10 noms de personnages
préférés ou les 10 personnages les plus inhabituels
1) Les Shingouz dans "Valérian
et Laureline" : totalement improbables mais 100% formidables, je les
adore ;
2) Le transmuteur de ? dans
"Valérian et Laureline" : bien pratique cette petite
bestiole ;
3) Milou, dans le sens où Hergé lui
donne une forme de parole ;
4) Mark Darcy : parce que Mark
Darcy ;
5) Jane Eyre : j’adore tout
simplement cette héroïne ;
6) Catherine (hauts hurlevent) :
une héroïne forte, sombre, torturée, qui figure d’ailleurs dans la chanson de
Kate Bush "Wuthering Heights" ;
7) Cyann du "Cycle de Cyann"
de François Bourgeon : un prénom peu banal évoquant plus une couleur
qu’une héroïne ;
8) Isabeau de la série "Les
passagers du vent" de François Bourgeon : j’aime le décalage entre ce
prénom sonnant Moyen-âgeux et la modernité de pensée et d’attitude de
l’héroïne ;
9) Stephanie Plum créée par Janet
Evanovich : un personnage très drôle et que j’aime à retrouver pour une
lecture détente ;
10) Arria Marcella de la nouvelle du
même nom de Théophile Gautier : une femme morte à Pompéi lors de
l’éruption de 79 après Jésus Christ et dont s’amourache Octavien, un personnage
à la fois fantôme, troublant, ensorcelant, et mortel.
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