dimanche 21 septembre 2014

Cassio Tome 4 Le dernier sang de Henri-Joseph Reculé et Stephen Desberg


Cassio est mort assassiné et nous connaissons maintenant l'identité des meurtriers. Mais, une question demeure: d'où lui venait son fabuleux pouvoir ? Le préfet chargé de l'enquête par l'empereur se posait la question. Dans le présent, Ornella Grazzi se la pose également. Et si le dernier des conjurés avait la réponse ? Reptah, dernier serviteur d'un dieu égyptien disparu, semble en savoir beaucoup sur les origines de ce don de guérison qui a fait couler tant de sang... (Le Lombard)

Deux ans que j'attendais de connaître la suite et fin de la série "Cassio", autant dire que je n'ai pas été déçue !
En 145 de notre ère, sous le règne d'Antonin, Cassio, avocat et médecin de l'empereur, meurt sous les coups de couteau de quatre adversaires.
Si les trois premiers sont désormais connus, l'identité du quatrième demeure inconnue et ne sera dévoilée que dans ce tome.
Le scénario de Stephen Desberg aurait pu s'arrêter là, mais il a prévu des rebondissements qui commencent dès à présent, à tel point que le tome se conclut ainsi : "J'ai bien peur que vous ne connaissiez pas encore toute l'histoire de Cassio.", invitant le lecteur à connaître la suite.
L'intrigue se complexifie, il n'est plus seulement question de démasquer l'identité des quatre assassins mais également de connaître l'origine du don dont Cassio bénéficie : "Que signifie ce pouvoir qui me permet de pénétrer dans ta blessure ... de te faire souffrir ? Et quel rapport avec ce mystérieux ... dieu des sables ?".
Entre en scène le troublant personnage de Reptah, un Egyptien qui semble lié à la mère de Cassio qui ici passe du statut de fantôme muet à une puissante magicienne/guerrière : "Tout ce que j'ai fait dans ma vie a toujours été par amour.".
Chaque personnage a son importance, ce n'est ici que trop vrai et je trouve même qu'ils deviennent de plus en plus attachants et complexes, à l'image de Cassio qui prend de l'envergure.
Seule Antinoé reste insaisissable pour moi et je n'arrive pas à comprendre ses motivations : "Je n'ai jamais prêté foi aux petits mystères de ces innombrables religions, les nouvelles comme les anciennes.", elle reste trop mystérieuse, trop complexe, je n'arrive pas à la cerner et à finalement m'y attacher.
L'alternance entre passé et présent fonctionne toujours aussi bien, le scénario est vraiment dense, je me demande même si les années écoulées entre le premier et le quatrième tomes n'ont pas servi à le faire mûrir dans l'esprit des créateurs.
Quant aux dessins, je les trouve très beaux : les personnages se distinguent les uns des autres, la Rome ou l'Egypte Antique sont reconstituées de façon fidèle, tout comme la Rome actuelle qui dégage une atmosphère de mystère.

"Le dernier sang" n'est pas la fin mais bien le commencement d'un nouveau cycle pour la série "Cassio" qui, comme le bon vin, se bonifie avec l'âge et au fil des tomes.

Livre lu dans le cadre du Challenge Il Viaggio


Le mystère du sarcophage d'Elizabeth Peters


« Je réalisai soudain qu'il me serait bien difficile d'amener Kalenischeff à se couper. Il possédait l'art du mensonge à la perfection. Aussi cessai-je de suivre attentivement la conversation. Je compris bientôt pourquoi. Une fois encore, mon instinct de détective luttait avec ma passion pour l'archéologie. Je n'avais pas grand mal à maintenir cette dernière à distance lorsqu'il s'agissait de momies d'époque romaine tardive ou de fragments de poterie. Mais à l'ombre d'une des plus majestueuses pyramides de l'Egypte, tout autre curiosité s'évanouissait, comme la lumière d'une lampe face à l'éclat du soleil. Ma respiration s'accélérait, le sang me montait au visage. Lorsque finalement Morgan nous offrit du café, je dis aussi naturellement que possible : 
- Merci Monsieur, mais je crois que je vais plutôt faire un tour dans la pyramide. 
- Dans la pyramide... rétorqua Morgan, les yeux écarquillés, Madame, vous n'y pensez pas... 
- Mrs Emerson ne plaisante jamais lorsqu'il s'agit de pyramides, conclut son mari. » (Le livre de poche)

Suite des aventures de la famille Emerson qui s'est désormais agrandie et compte, outre des chats au nom de dieux et déesses égyptien(ne)s, un garçon connu uniquement par son surnom de Ramsès.
A à peine dix ans, c'est déjà un petit prodige, curieux de tout, qui s'intéresse à beaucoup trop de choses au goût de ses parents et qui a la fâcheuse habitude d'avoir un avis sur tout, de tenir de longs discours et surtout, de se mettre dans le pétrin et de s'attirer des ennuis, enfin plutôt à ses parents : "Je n'ose imaginer tout ce que Ramsès est capable de faire à cette pauvre ville en l'espace de quelques heures. Nous allons certainement recevoir bientôt des délégations de citoyens offensés qui nous présenteront leurs demandes de dommages-intérêts.".
En quelques mots, Ramsès est donc à lui seul la onzième plaie d'Egypte.
A propos d'Egypte, cela tombe très bien car ses parents ont décidé pour la première fois de l'emmener lors de leur campagne de fouilles, fouilles qui commencent mal puisque Radcliffe Emerson n'a pas obtenu la concession qu'il voulait et ne pourra donc pas faire plaisir à sa femme en lui offrant la pyramide qu'elle désire tant.
Qu'a cela ne tienne, ils vont être très occupés par leurs fouilles mais surtout par les événements bizarres qu'ils ne vont pas manquer de s'attirer, notamment concernant la disparition et apparition de cercueils : "J'ai besoin de réfléchir. Avec ces cercueils qui entrent et sortent de ma vie comme des trains dans une gare ... .".

Dans ce troisième tome de la série Amelia Peabody, j'ai retrouvé la patte d'Elizabeth Peters avec ses personnages égaux à eux-mêmes, un humour très présent et qui permet de dédramatiser toutes les situations auxquelles les personnages peuvent être confrontés, voire même leur permettre de s'exprimer par rapport à ceux-ci, notamment lorsqu'ils se retrouvent convoqués à des heures pas possible : "Pourquoi choisissent-ils tous minuit ? C'est une heure très peu commode ... .".
Il y a toujours l'Egypte, pays haut en couleurs, la trame historique est toujours aussi intéressante, notamment en ce qui concerne les premières fouilles et la mise à jour de trésors de l'antiquité, bien que ce point soit un peu relégué en arrière-plan dans ce livre-ci, mais j'ai trouvé que l'intrigue policière manquait sacrément de panache, outre le fait qu'elle soit totalement prévisible et aussi visible qu'un éléphant dans un couloir de métro.
Il n'y a aucun suspens, je dis bien aucun, c'est d'une banalité affligeante et je n'ai frémi à aucun moment, ce qui est bien regrettable.
Au bout de vingt pages j'avais déjà compris de quoi il en retournait, ce qui allait arriver aux personnages et comment cela allait se dénouer.
Il faut ajouter à cela que le personnage de Ramsès en enfant savant est quelque peu irritant, surtout lorsque comme moi on a eu l'occasion de lire d'autres livres de cette série où le personnage est plus âgé et à mille lieux de ce qu'il était enfant.
C'est donc majoritairement déçue que j'ai achevé la lecture de ce livre.

"Le mystère du sarcophage" porte bien mal son titre car pour tout lecteur un tant soit peu averti il n'y aura aucun mystère, ce n'est pas le meilleur cru de la série Amélia Peabody et bien qu'il y ait des touches d'humour cela ne suffit pas pour relever l'ensemble.
J'ai connu Elizabeth Peters plus inspirée et je préfère penser qu'il s'agit d'un faux-pas dans cette série que je prends pourtant toujours autant de plaisir à lire et à découvrir.

Livre lu dans le cadre du Challenge Romancières américaines

Petite descente en librairie en ce samedi 20 septembre 2014


Qui dit Journée européenne du patrimoine dit descente chez les bouquinistes !
(Inutile de chercher le lien, il n'y en a pas !)

Comme je trouve que j'ai été très sage, très raisonnable en faisant descendre ma PAL, j'ai décidé de m'accorder quelques achats pour la re-gonfler.
Il faut dire que j'avais 2 objectifs en partant :
1) Trouver "Long week-end" de Joyce Maynard, j'ai été bouleversée par son adaptation en film, j'étais curieuse de le découvrir en roman;
2) Trouver les 2 autres séries faisant suite au "Livre de Dina", l'un de mes coups de cœur de cet été.

J'annonce tout de suite que l'objectif numéro 1 n'a pas été tenu, j'ai bien trouvé un Joyce Maynard en occasion mais pas celui que je cherchais.
Quant à l'objectif numéro 2, il est quasiment rempli !

Voici le bilan des achats :

Boulinier

- "La chambre silencieuse" de Herbjørg Wassmo
- "L'invitation à la vie conjugale" d'Angela Huth

Ce n'était pas la série que je cherchais pour cette auteur (Herbjørg Wassmo), mais à 2,50 euros j'ai pris, me disant que je trouverai bien les 2 autres tomes au cours de l'après-midi.
Merci à Marjolaine d'avoir parlé d'Angela Huth qui s'est donc ajoutée à ma liste avec succès !
J'ai été sérieuse à Boulinier, il y a des jours avec et des jours sans, hier c'était plutôt une journée moyenne et j'ai en prime reposé 2 livres, jugeant que je les trouverai facilement en bibliothèque ("Le signal" de Ron Carlson et "Last exit to Brooklyn" de Hubert Selby Junior.

J'en profite pour signaler aux lectrices du Club que j'ai vu hier à Boulinier dans les bacs grand format un exemplaire de "Pauvre Miss Ficnh" de Wilkie Collins et "Pour seul cortège" de Laurent Gaudé.
A noter que "Rue des voleurs" de Mathias Enard est désormais disponible chez Babel !


Gibert Joseph

Je vais séparer mes achats en 2 parties : les livres de voyage et les romans.

Je ne sais pas encore où je vais voyager l'année prochaine, j'ai beaucoup d'envies mais rien de précis encore pour l'instant, j'en ai profité pour regarder si je trouvais des guides récents en occasion, histoire de pouvoir les feuilleter, me faire une idée, et les avoir sous la main au besoin (de toute façon si ce n'est pas en 2015 ça sera une autre année).
Grand bien m'en a pris, ce fut le cas !

- Routard Venise 2015
- Lonely Planet Venise- Lonely Planet Les lacs italiens
- Routard Nord-Est Etats-Unis 2014/2015
- Lonely Planet Amsterdam



Je suis ensuite passée aux romans.

-"Ciel cruel" de Herbjørg Wassmo
- "La véranda aveugle" de Herbjørg Wassmo
- "Fils de la providence Tome 2" de Herbjørg Wassmo
- "L'héritage de Karna Tome 1" de Herbjørg Wassmo
- "L'héritage de Karna Tome 2" de Herbjørg Wassmo
- "Baby love" de Joyce Maynard

J'ai bien fait de prendre le tome 2 à Boulinier, j'ai trouvé les tomes 1 et 3 d'une série de Herbjørg Wassmo que je ne visais pas forcément au début.
J'ai choisi de repartir avec un Joyce Maynard, même si ce n'est pas celui que j'espérais au début, il s'agit de son premier roman publié en 1981.



Gibert Jeune

J'ai fini à Gibert Jeune pour essayer de compléter les trous de gruyère pour Herbjørg Wassmo.
Plutôt une bonne pioche au final, d'autant plus que j'ai jeté un coup d'oeil pour le Carole Zalberg sans espoir et qu'au final j'ai mis la main sur son dernier roman en occasion (il n'est pas très gros et a été commencé dans le trajet retour).

- "Fils de la providence Tome 1" de Herbjørg Wassmo
- "Feu pour feu" de Carole Zalberg
- "Le laquais et la putain" de Nina Berberova

C'était très pauvre en Joyce Maynard, je n'arrive toujours pas à trouver un Eudora Welty en occasion (auteur américaine dont il n'y a plus qu'un seul livre actuellement édité en France, pour le reste, c'est de l'occasion), et il ne me manque que le tome 3 de "L'héritage de Karna" pour compléter la série de Dina.
J'ai pris au passage un Nina Berberova, il y en avait beaucoup en occasion et comme j'avais beaucoup aimé "L'accompagnatrice" je me suis laissée tenter par celui-ci.


Si la précédente descente en librairie avait mis à l'honneur les éditions Phébus/Libretto, celle-ci a consacré Actes Sud et 10/18 ! 
J'ai comme objectif de les lire assez rapidement pour continuer à faire diminuer ma PAL, d'autant plus qu'à ces achats il faut ajouter 3 livres pris (gratuitement) à la bibliothèque le matin même : 
- "Nouvelles du paradis" de David Lodge
- "Le diable et le bon dieu" de Jean-Paul Sartre
- Un livre sur Pise des éditions Atlas
Et je ne parle pas des bandes dessinées empruntées à cette même bibliothèque (pour fêter sa ré-ouverture après travaux va-t'on dire) le matin même.
Et sans compter qu'en magnifique cruche j'ai oublié mes livres de lecture vendredi soir sur mon bureau en partant du travail (j'avais donc fini "Une femme vertueuse" de Kaye Gibbons et j'allais commencer "Des souris et des hommes" de John Steinbeck).

Voilà, voilà, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un dimanche littéraire, dans la joie, la bonne humeur, et on l'espère le soleil ! 

samedi 20 septembre 2014

La planète des singes : L'affrontement de Matt Reeves



Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s'est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre. (AlloCiné)


J'ai vu ce film en avant-première pendant mes vacances et j'ai bien cru que je n'allais pas le voir ! (vous apprécierez ma chance avec le cinéma ces derniers temps)
L'hypothèse expliquant que la caisse n'était toujours pas ouverte et le réceptionniste/caissier/projectionniste (Monsieur Cinéma donc) pas présent la plus couramment avancée était celle que les singes s'étaient échappés du film.
En fait non, le retard d'une heure a juste été la faute à pas de chance : des problèmes avec le système de projection et surtout une copie défectueuse obligeant le gérant à aller chercher une copie dans un autre cinéma qu'il gère.
Très beau geste commercial : tarif réduit pour tout le monde ! (comme quoi, quand on aime et que l'on va dans les cinémas de quartier la proximité avec le public est toujours là).
Bref, pendant que je piaffais d'impatience sur le trottoir comme des dizaines d'autres personnes, j'ai eu le temps de m'imaginer le film, de revoir des scènes du premier et d'attendre cette projection qui s'annonçait prometteuse.
En un mot et pour résumer, j'ai été globalement déçue.


Autant le premier film était réussi, avec une belle histoire puissante mettant en scène des personnages charismatiques et soulevant de nombreuses questions, alors que le pari était loin d'être gagné pour les adeptes de "La planète des singes"; autant celui-ci repose sur des ficelles simplistes et sur des situations téléphonées et tombe dans des lieux communs.
César vit donc paisiblement dans la forêt avec les siens, ils se sont créés leur monde avec leurs codes, leurs lois ("Singe pas tuer singe"), ils vivent loin des humains et ne s'en portent pas plus mal, d'ailleurs pendant un certain temps ils se foutent bien comme d'une guigne de ce qui a pu leur arriver (mais apparemment ils sont quand même au courant qu'un virus dévastateur a réduit la population humaine à peau de chagrin).
Le problème, c'est qu'un beau jour des humains débarquent dans la forêt.
Mais comme César est un leader charismatique il arrange tout très vite et les humains promettent la main sur le cœur de ne pas y revenir.
Mais c'est qu'ils ont un gros problème : ils ont besoin d'électricité (il paraît qu'ils ont presque fini d'épuiser leurs stocks de pétrole), et pour cela ils ont décidé de remettre en fonctionnement une vieille centrale hydroélectrique qui justement se situe pile poil dans le territoire des singes.
Là encore, comme César est magnanime, il leur accorde sa protection et leur laisse un délai pour remettre en état la centrale.
Le hic, c'est que dans le camp de César, il y a Koba, un singe rebelle qui cherche à renverser César et à exterminer les humains.


J'attendais de ce film des scènes de combat, d'affrontement comme le titre l'indique.
Au final, j'ai assisté à un simili de bataille vite réglée, dommage car j'aurais aimé plus de bagarre, d'autant plus que j'ai espéré pendant un moment que le film allait prendre la tournure que j'attendais.
Le personnage de Koba est intéressant à plus d'un titre, il vient mettre la pagaille dans le monde bien organisé de César et y sème les graines de la révolte des singes qui aboutira à l'esclavage de l'espèce humaine, partie d'ailleurs abordée dans le film.
Malheureusement, l'histoire ne va pas assez loin à mon sens et je n'ai pas franchement apprécié cette espèce de happy end, uniquement faite pour créer une suite à ce film.
Je regrette d'avoir à la dire, mais ce film-ci suffisait, inutile de prolonger la franchise.
J'y ai déjà trouvé des invraisemblances, à commencer dans le scénario : comment les réserves de pétrole ont-elles pu tenir pendant 10 ans ? Et comment cette centrale hydroélectrique re-fonctionne quasi miraculeusement ?
Ce qui est bien, c'est de constater que les hommes ont toujours les mêmes préoccupations matérielles sur leur petit confort : si les singes ont évolué il n'en est rien de l'espèce humaine.
C'est là tout le paradoxe du film : il y a de très bonnes choses dedans et d'autres beaucoup moins bonnes.
Les personnages humains sont tous à peu près effacés et à la limite de l'inutile, ils servent d'éléments du décors, tandis que les personnalités des singes sont bien plus intéressantes.
Ce sont d'ailleurs ces derniers qui offrent les plus belles scènes du film, je pense notamment à la scène de chasse en ouverture du film.
Le fonctionnement de ce clan est très intéressant et à mettre en parallèle par rapport à la semi-désorganisation des humains : il y a un paradoxe entre ces deux espèces et le fossé ne fait que se creuser.
Mais l'affrontement n'est finalement peut-être pas celui auquel on pense : hommes/singes est trop évident, je crois que le vrai affrontement est entre singes et singes, et c'est de là que découlera toute la suite.
Quant à Andy Serkis, c'est sans doute l'acteur qui sera le moins apparu dans des films sous son physique réel, mais il faut lui reconnaître qu'il a su donner vie avec justesse et brio au personnage de César.
Dommage tout de même que je sois ressortie de là avec la sensation que cela aurait pu être un très bon film et qu'au final c'est plus une déception qu'autre chose.


"La planète des singes : L'affrontement" est un film purement commercial uniquement fait dans le but de réaliser une suite, et sans doute encore une autre, et ainsi de suite.
Ceci est fort regrettable car il y avait dedans tous les éléments pour expliquer la genèse de "La planète des singes" et, naïvement, pendant un temps j'y ai cru.
Je suis ressortie de là avec la sensation de m'être fait berner, autant dire que je ne suis pas sûre de me laisser prendre au piège de nouveau.











vendredi 19 septembre 2014

L'arrière-saison de Philippe Besson


« Au commencement, il y a cette peinture d'Edward Hopper qu'on peut voir à Chicago. J'ai dû l'apercevoir à plusieurs reprises avant de m'en procurer une reproduction, un dimanche d'ennui. Un soir, sans intention particulière, j'ai observé la femme en robe rouge de la peinture, assise au comptoir d'un café nommé Phillies, entourée de trois hommes. Alors, çà s'est imposé à moi, sans que j'aie rien cherché. J'ai eu l'envie impérieuse de raconter l'histoire de cette femme et des trois hommes autour d'elle, et d'un café de Cape Cod. »
Philippe Besson (10/18)


Les Rôdeurs de la nuit d'Edward Hopper

"Les arrière-saisons ont parfois quelque chose de déchirant.", ou encore de troublant lorsqu'un fantôme du passé resurgit dans un café, un amour que l'on a tout fait pour oublier après la trahison et qui revient, pour implorer ou pour se rassurer en constatant que les choses n'ont pas changé : "Leurs visages pourraient se frôler mais c'est comme s'ils s'ignoraient. Leurs mains pourraient se rejoindre mais ils optent, inconsciemment ou pas, pour l'immobilité, les peaux pourraient entrer en contact mais ils prennent garde de ne pas faire, surtout pas, un faux mouvement. Et, au fond, lorsqu'ils vivaient ensemble, ils se comportaient déjà ainsi, toujours au bord de s'enlacer et toujours jaloux de leur indépendance. C'est vrai qu'ils n'ont pas changé, qu'ils ressemblent à ceux qu'ils ont été.".
Parti du tableau d'Edward Hopper "Les rôdeurs de la nuit", Philippe Besson s'est intéressé à la femme à la robe rouge en imaginant son histoire.
Elle, c'est Louise, une actrice ratée mais une auteur à succès de pièces de théâtre.
Lui, c'est Stephen, l'homme qui l'a quittée il y a cinq ans pour en épouser une autre dont il a divorcé aujourd'hui.
Et enfin lui, derrière le comptoir, c'est Ben, l'éternel serveur de ce café à Cape Cod, le spectateur de l'histoire passée qui renaît aujourd'hui de ses cendres : "Il essaie de comprendre comment deux jeunes gens flamboyants et amoureux, dans l'appétit de leurs vingt ans et un peu plus, sont devenus ces trentenaires peut-être aigris, en tout cas amers, et qui, sans l'avouer, se consument dans le douloureux regret de ce qu'ils ont été.".
Louise a réussi professionnellement, d'actrice sans talent ses pièces sont aujourd'hui jouées tous les ans au théâtre : "Elle n'a pas le sentiment d'avoir pris une revanche, simplement d'avoir réussi à entrer dans l'ascenseur juste à l'instant où la porte se refermait.", mais sa vie sentimentale est un fiasco.
Stephen relève du type à qui l'on collerait des baffes, parce qu'ils ont tout : l'argent, le métier, la reconnaissance, une belle femme, et aussi parce qu'ils gâchent tout ce qu'ils ont : ici Stephen a abandonné une femme simple et indépendante pour une qui correspondait plus à son milieu.
A la réflexion, à Louise aussi je collerai une baffe, pour retomber aussi facilement dans les bras de Stephen.
Quant à Ben, il observe, il parle, il attend quoi on ne le sait trop, mais il est le témoin des retrouvailles entre deux personnes qui cinq ans après n'ont pas changé : "Tout à coup, ils ne sont plus uniquement leur passé ou leur passif, leurs amnésies criantes ou leurs remontrances muettes, ils ont des corps, des formes qu'ils connaissent bien, des peaux qu'ils ont souvent caressées, des bras qui leur ont servi à s'étreindre, des bouches qui se sont touchées chaque jour pendant cinq ans. Le désir, il est palpable. La violence qu'ils ressentent, qui les heurte tous deux ensemble, elle est physique. Ils s'en retournent aux origines.".
J'ai du mal à qualifier ce livre de roman, il tient plus de la nouvelle voire de la pièce de théâtre.
L'action se passe dans un lieu unique, sur quelques heures, il s'agit d'un huis-clos qui est le prétexte pour revisiter les vestiges d'une histoire.
Le style n'est pas extraordinaire, c'est du Philippe Besson ai-je envie de dire en ce sens qu'il n'y a pas de prise de risque, c'est entre le simpliste et l'élaboré. Les thèmes abordés ont tendance à toujours aller dans le même sens avec au moins un des personnages qui écrit, mais ça se lit tout de même bien et facilement.
Je n'ai pas été transportée par l'histoire et les personnages, j'ai lu ça avec curiosité et sans me faire de nœuds au cerveau mais je regrette la fin trop facile et trop prévisible, ainsi que des personnages qui n'évoluent pas et qui restent les mêmes des années plus tard.
Un peu du "tout ça pour ça" alors que j'attendais autre chose.
De plus, l'exercice littéraire de partir d'une image pour créer un texte est intéressante mais la beauté du tableau choisi méritait du pus flamboyant à l'image de la robe de la femme.

Ni drame ni romance, "L'arrière-saison" de Philippe Besson fleure bon la mélancolie d'un été qui s'achève et d'un automne qui s'esquisse, à l'image de cette histoire d'amour phénix.

jeudi 18 septembre 2014

On a failli être amies d'Anne Le Ny



Marithé travaille dans un centre de formation pour adultes. Sa mission : aider les autres à changer de métier et à trouver leur vocation. Se présente alors Carole, qui vit et travaille dans l’ombre de Sam, son mari, énergique et talentueux chef étoilé. Ce n’est cependant pas tant de métier, dont Carole semble avoir besoin de changer, mais de mari. Marithé se donnera à fond pour aider Carole à se projeter dans une nouvelle vie. Mais quelle est la nature profonde de ce dévouement, quand Marithé ne semble pas insensible au charme de Sam, ni à sa cuisine ? (AlloCiné)


Si vous vous souvenez bien, je devais à la base aller voir ce film et je m'étais retrouvée à voir celui-ci (le problème quand on regarde le programme du mauvais cinéma).
Cette fois-ci je n'ai pas failli, j'ai bel et bien réussi à voir "On a failli être amies" !
Loin d'être le film du siècle, il n'en reste pas moins une comédie sympathique qui repose essentiellement sur son trio d'acteurs et particulièrement sur Karin Viard et Emmanuelle Devos.
La première travaille dans un centre de formation pour adultes, la deuxième cherche à se reconvertir et à fuir son étouffant travail auprès de son mari, cuisinier de renom; c'est ainsi que les deux femmes se rencontrent.
Elles sympathisent, l'une entre dans le jeu de l'autre pour faire croire au mari qu'elles sont amies et font de la gym ensemble, le problème c'est que cette même femme est loin d'être insensible au charme du mari de l'autre et à sa cuisine !
C'est drôle, il y a des rebondissements, les deux actrices sont employées dans des rôles à contre-courant : je n'avais jamais vraiment eu l'occasion de voir Karin Viard dans un rôle comique, c'est désormais chose faite, quant à Emmanuelle Devos elle campe une femme en apparence innocente, là aussi je n'avais pas l'habitude de la voir dans un tel personnage.
Et au milieu, j'ai envie de dire qu'il y a le mari un peu comme un chien dans un jeu de quilles.
Le scénario est très fouillé sur les relations humaines, plus particulièrement sur celle entre les deux femmes et sur le jeu de domination qui finit par régner entre elles : l'une prend l'ascendant sur l'autre et celle que l'on croyait forte finit par partir littéralement à la dérive.
Ça finit par sombrer dans une forme de folie qui fait froid dans le dos et montre qu'au final on est vite capable de perdre les pédales et de faire n'importe quoi pour une chose qui n'en vaut pas forcément la peine.
J'insiste sur le côté très féminin de ce film, les deux femmes sont vraiment mises à l'honneur et sans elles le film n'aurait aucun intérêt, j'ai d'ailleurs clairement senti que les rôles avaient été écrits pour ces deux actrices (ayant joué dans les précédents films de la réalisatrice).


Avec "On a failli être amies", Anne Le Ny signe un film drôle qui amène à réfléchir sur jusqu'à où chacun de nous est prêt à aller par amour, servi par un duo d'actrices épatantes dans des rôles à contre-courant de leur registre habituel.
Il aurait été dommage que je me contente de rester à avoir failli aller voir ce film.

mercredi 17 septembre 2014

Namibia Episode 4 de Rodolphe - Léo - Marchal


Dans ce 4e épisode de Namibia, le MI5 commence à prendre au sérieux l'hypothèse selon laquelle une civilisation extraterrestre serait à l'origine des phénomènes inquiétants survenus en Namibie : l'invasion d'insectes géants, la découverte de mines gigantesques, le développement de maladies inexplicables et l'apparition d'un messie, tous ces événements auraient donc un lien ! Les Anglais auraient également trouvé des documents prouvant que les Allemands, durant la guerre, avaient imaginé un V7 ressemblant à s'y méprendre à une soucoupe volante. Au même moment, l'avion de miss Austin est attaqué par un engin volant non identifié... La menace extraterrestre se précise ! (Dargaud)

Dans ce quatrième volume, le mystère s'épaissit et quelques clés de la solution commencent à être distillées.
Kathy Austin n'a désormais plus de doute sur le fait que les phénomènes viennent de l'espace : "C'est juste une hypothèse, bien sûr ! Mais quelle explication apporter à cet ensemble de phénomènes qui ont brusquement surgi ? Les insectes géants, les maladies inexplicables qui vieillissent la population, cette mine abritant des installations de haute technologie !", mais il reste difficile de convaincre son supérieur de cela.
Elle retrouve Robert ainsi qu'une autre connaissance rencontrée lors de "Kenya", ils lui révèlent une partie de l'identité du responsable de ces phénomènes : "Voyez-vous, à l'autre bout de la galaxie, se trouve une petite planète habitée par une race conquérante. Peu importe leur nom, il est de toute façon imprononçable pour votre palais. Leur natalité est terriblement élevée et sans cesse, ils cherchent des lieux nouveaux où essaimer. Le dernier qu'ils ont découvert, c'est ici, votre planète, la Terre.".
Il n'y a pas de surprise dans le scénario, cela faisait un moment que je m'en doutais, il n'empêche qu'il est toujours aussi plaisant et prenant, d'autant plus que les auteurs n'ont pas hésité à faire revenir d'anciens personnages afin de créer une liaison entre les deux saisons de cette série.
Le caractère de science-fiction de cette bande dessinée est bien exploitée, toutes les ficelles du genre sont présentes et j'aime toujours autant le traitement qu'il en est fait ainsi que la collaboration entre les trois auteurs.
Le scénario à quatre mains est construit de façon intelligente et il serait trop facile de croire que les auteurs ne réservent pas encore quelques surprises pour la suite, quant aux dessins je les trouve bien faits tout comme la mise en couleurs.
Il est très difficile de s'arrêter à ce quatrième tome tant je suis impatiente de connaître la suite, c'est le problème quand on se lance dans une série inachevée, d'autant plus que la fin est ouverte avec l'arrivée en scène d'un personnage historique prêt à repartir en guerre contre le nouvel ennemi : "Pauvre Angleterre ! En espérant que cette fois, je puisse lui offrir autre chose que du sang, de la sueur et des larmes !", je parle bien entendu de Sir Winston Churchill.

A quand la fin de cette série passionnante ?
"Namibia Episode 4" n'a fait que piquer encore plus ma curiosité et j'ai hâte de connaître le dénouement de cette série qui connaîtra peut-être, et c'est à l'espérer, une troisième saison.

Namibia Episode 3 de Rodolphe - Léo - Marchal


Ce 3e épisode de Namibia nous replonge en Namibie à la fin des années 1940. On y retrouve Kathy Austin qui, depuis son accident, a perdu la mémoire des événements récents. Elle n'est donc pas en mesure de raconter ce qu'elle a vu lors de sa mission, notamment la fameuse base souterraine. Sujette à des cauchemars, elle revit pourtant certaines scènes effrayantes qui, progressivement, lui permettent de retrouver le fil des événements. Au même moment, un mystérieux prophète venu des États-Unis et soi-disant capable d'accomplir des miracles fait de plus en plus parler de lui. Le MI5 est d'autant plus inquiet de cette popularité que ce prophète semble avoir un lien avec les événements de Namibie... (Dargaud)

Ce troisième épisode de "Namibia" s'ouvre de façon fort étrange sur un prédicateur, un illuminé qui se prend pour le fils de Dieu et s'est fixé comme mission de recueillir le plus d'adeptes possible, aidé par un homme mystérieux qui lui insuffle le courage qui lui manque : "Certains soirs comme celui-ci, il sait que le doute te prend. Alors je suis venu r'apporter du réconfort ! Crois en moi comme en l'envoyé du seigneur !".
Ce personnage reste assez étrange, il inquiète le MI5 par le nombre de recrues : "On ne sait pas d'où sortent ces gens ni ce qu'ils veulent réellement. On note juste qu'ils se répandent à travers le monde comme une traînée de poudre, et cela est très inquiétant.", pour ma part je me pose beaucoup de questions sur son rôle dans cette intrigue.
J'ai l'impression qu'il vient à la fois comme un cheveu sur la soupe et de l'autre qu'il va avoir un rôle déterminant par la suite.
Pendant ce temps en Namibie, Kathy Austin se remet comme une fleur et repart, soit-disant, à Londres, mais c'est mal la connaître car plus on la chasse plus elle persiste, rejointe cette fois-ci par son supérieur : "C'est qu'on veut à tout prix nous éloigner de la Namibie, tout particulièrement de cette mine. Vous en avez vous-même fait l'expérience. Je suis sûr que c'est là-bas au cœur de cette drôle de mine, que se trouve le nœud de notre affaire !".
J'ai du mal à définir la relation exacte entre Kathy Austin et son supérieur, elle l'appelle "mon oncle" mais le vouvoie, cela reste un petit mystère.
L'histoire mêle à la fois des éléments graves, n'oublions pas que la fin de la Seconde Guerre Mondiale est proche et donc que l'arrivée d'un nouveau prédicateur sur la base de la religion et du fanatisme peut être dangereux; mais aussi des moments plus insouciants à l'image d'une Kathy Austin qui s'émerveille encore de partir à l'aventure : "Partir comme ça, sans bagages, sans même une brosse à dents, c'est vraiment l'aventure !".
Le scénario se densifie et l'intrigue se complexifie, les dessins restent de très bonne qualité et l'ensemble est toujours aussi agréable à lire.

"Namibia Episode 3" redistribue les cartes d'une intrigue qui se complexifie et qui arbore désormais ouvertement son caractère de science-fiction, pour le plus grand plaisir de tous !