jeudi 6 août 2015

Le dernier train de Gun Hill (The Last Train from Gun Hill) de John Sturges


Le shérif Matt Morgan s'est juré de retrouver les assassins de sa femme. Il découvre que l'un d'entre eux est le fils de son vieil ami Craig Belden. Mais celui-ci refuse de le livrer... (AlloCiné)


Rick Belden et son comparse pensaient qu’ils n’attaquaient, violaient et tuaient qu’une simple Indienne, dont la vie ne valait pas grand-chose et qui ne manquerait à personne.
Le souci, c’est que cette femme était mariée au shérif Matt Morgan, et que celui-ci est bien décidé à retrouver les assassins de sa femme et à les livrer à la justice.
L’autre souci, c’est que Rick Belden est le fils de Craig Belden, l’un de ses vieux amis, un homme puissant qui n’est absolument pas décidé à livrer son fils à la justice et à une mort certaine.
Matt Morgan arrivera-t-il ou non à prendre le dernier train au départ de Gun Hill avec les assassins de sa femme ?


"Le dernier train de Gun Hill" est un western très classique qui reprend le thème d’un shérif bien décidé à traduire des criminels, en l’occurrence ceux qui ont assassiné sa femme, devant la justice.
Mais il y a Kirk Douglas et Anthony Quinn, et ça fait la différence.
Il faut aussi noter que c’est un western en technicolor, et que le film n’a pas trop mal vieilli, il se regarde avec plaisir sans donner l’impression de voir défiler des cartes postales au ton sépia.
La mise en scène est réussie et si le scénario est largement prévisible et sans réelle surprise, le plaisir de voir ce film tient aux deux grandes têtes d’affiche que sont Kirk Douglas et Anthony Quinn, qui excelle comme bien souvent dans un rôle de salaud.
Il n’y a pas à chercher bien loin, ce film condense toutes les ficelles d’un western, mais c’est bien réalisé et bien interprété, donc ça reste très plaisant à voir pour un film de ce genre.
Je préfère en tout cas nettement plus ce genre d’intrigue à d’autres du western, sans doute est-ce mon côté justicière qui ressort, mais le personnage de Matt Morgan se met facilement les spectateurs de son côté, et ça ne canarde pas dans tous les sens à tout bout de champ, c’est plus un western psychologique que spaghetti, et ça me convient bien mieux.
Et qui dit western dit évidemment musique, elle est ici composée par Dimitri Tiomkin, décidément un habitué des belles musiques de western.


"Le dernier train de Gun Hill" est un western classique que je qualifie de psychologique, il se regarde toujours avec plaisir, ne serait-ce que pour voir s’affronter à l’écran Kirk Douglas et Anthony Quinn.

C’est un film de genre que je vous conseille.

mardi 4 août 2015

Top Ten Tuesday #112


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.

Les 10 derniers livres que vous avez offerts ou Les 10 derniers livres que vous avez reçus en cadeau

Ce TTT va être très vite fait, cela fait quelques temps que je n'offre plus de livres (je cherche à varier) ou que l'on ne m'en a plus offert (le dernier remonte à mon anniversaire et sera donc l'unique livre cité)

1) "La chute des géants" de Ken Follett 

samedi 1 août 2015

Retour sur les lectures de juillet 2015


Comme j'ai fini juin et débuté juillet au lit malade (oui, j'aime faire dans l'exotisme, c'est moins banal qu'en hiver), j'ai eu un peu plus l'occasion de lire (quoi que comme je me liquéfiais avec la chaleur, la fièvre, mes paupières se fermaient d'elles-mêmes aussi).
Je pensais être fière de moi pour avoir sorti plusieurs livres de ma PAL et au final petite déception : seulement trois (le quatrième avait été sorti en juin et non en juillet).
A noter qu'à l'heure où j'écris cette chronique juillet n'est pas encore achevé (ça s'appelle prendre de l'avance), j'ai encore quelques jours pour sortir des livres de ma PAL.
Édit au 01/08/2015 : j'ai effectivement sorti 3 livres supplémentaires de ma PAL.
Mais si je raisonne en terme de pages, c'est nettement mieux que les derniers mois !
En fait, j'ai beaucoup utilisé ma liseuse, et pas forcément pour des livres de ma PAL (pas bien), et il faut aussi dire que j'ai lu un pavé de Jules Verne, avant d'attaquer le pavé de l'été pour le Club des Lectrices (un Stephen King), et comme j'ai fait des montagnes russes pendant ma lecture, ça n'a pas aidé (comprendre : par moment j'étais emportée par l'aventure à d'autres je m'ennuyais grave).
Et comme toujours après une pause dans mes lectures, j'ai eu un peu de mal à m'y remettre.
Bientôt les vacances et un peu plus de temps pour lire tranquillement dans une chaise longue à l'ombre !

Plan Orsec pour PAL en danger / Chute de PAL / Challenge Destination PAL

Adèle Blanc-Sec Tome 5 Le secret de la salamandre de Jacques Tardi
Les feux de l'automne d'Irène Némirovsky
Les enfants du capitaine Grant de Jules Verne
Une affaire de charme d'Edith Wharton
Meurtre en Mésopotamie de Rivière et Chandre (adaptation BD d'Agatha Christie)
L'homme au complet marron de Hughot et Bairi (adaptation BD d'Agatha Christie)

Services de Presse

Un océan d'amour de Grégory Panaccione et Wilfrid Lupano
Le dictionnaire illustré de Laurent Baffin, dessins de Chaune

Autres

La voleuse de livres de Markus Zusak
Sans télé, on ressent davantage le froid de Titiou Lecoq
Et tu n'es pas revenu de Marceline Loridan-Ivens
Les carnets d'Esther de Florence Roche

vendredi 31 juillet 2015

Sans télé, on ressent davantage le froid : Chroniques de la débrouille de Titiou Lecoq


Comment survivre à une rupture amoureuse ? Comment s'insérer dans une société qui, clairement, n'attend pas les bras ouverts un bac + 5 de sémiologie ?... En adoptant une technique de survie simple : la débrouille. Dans ce journal de bord hilarant se dessine la vie au jour le jour d'une jeune femme d'aujourd'hui, trentenaire, qui passe sa vie entre les boulots, les cartons, ses amis précieux et les histoires ratées. Incapable de survivre sans télé ni ordi, elle doit aussi faire face aux nouveaux rapports hommes-femmes : on discute, on boit, on couche. Le lendemain, on se réveille et on réfléchit. On ne badine pas avec l'amour, ni avec le porno. Un beau jour un enfant naît, et on découvre la vie à trois. Par le prisme de son histoire personnelle romancée et librement adaptée de son blog Titiou Lecoq raconte sans ambages le quotidien de toute une génération. (Fayard)

La première fois que j'ai rencontré Titou Lecoq, c'était avec son premier roman "Les morues", et j'avais beaucoup aimé.
J'ai découvert qu'elle avait un blog, Girls & Geeks, je suis donc allée lire son blog, et non seulement j'ai beaucoup aimé mais je me suis payée une bonne tranche de rire et depuis je le suis régulièrement.
Et puis elle a écrit des articles pour Slate, pour d'autres journaux, et c'est toujours avec plaisir que je lis ses articles.
(Je vous épargne le passage "Je suis allée voir Titiou Lecoq en dédicace au Salon du Livre de Paris", parce que le but premier de cet article n'est pas de vous raconter ma vie trépidante et people).
J'aime son style, elle a une belle plume et de l'humour, aussi quand j'ai appris qu'elle sortait en livre une adaptation de son blog, je me suis dit que la lecture serait truculente.
J'ai un peu attendu pour le lire, mais je confirme d'ores et déjà que la lecture fut truculente (Comprendre : j'ai éclaté de rire dans le RER au cours de ma lecture. Plusieurs fois.).

Titiou Lecoq avait commencé son blog suite à une rupture amoureuse, l'amorce du livre est donc la même.
J'aime particulièrement sa comparaison de la rupture amoureuse à une maladie : "Une rupture amoureuse, ça s'apparente à une maladie auto-immune. Vous vous trouvez à lutter contre un élément qui était naturellement constitutif de votre vie - le couple.".
Certes, le récit pourrait se résumer en "mes ami(e)s, mes amours, mes galères, mes emmerdes", mais ça va un peu plus loin que ça.
Parce qu'il y a toujours de l'humour, parce que sous le ton léger se cache aussi de la gravité et des vraies questions de fond, parce qu'il y a aussi des réflexions de fond derrière les problèmes de la vie quotidienne, parce qu'il y a toujours un très beau style qui fait de cette suite de récits quelque chose de mieux et de moins banal qu'un simple récit de vie personnelle d'une trentenaire qui choisit de quitter le confort de son CDD pour se lancer dans ce qui lui tient à cœur : le journalisme et surtout écrire un roman et être publié.
Le rêver, le dire, c'est facile, le faire beaucoup moins.
Titiou Lecoq ne s'impose pas de barrières, elle parle d'argent comme elle parle de porno, de boulot comme de sexe, c'est un fourre-tout sous forme de journal intime romancé mais ça nous parle forcément à un moment ou à un autre.
Je ne la remercierai d'ailleurs jamais assez d'avoir désacralisé l'accouchement (ah l'épisode du foie de veau !), déjà qu'avant cela ne me faisait pas du tout fantasmer (plus beau jour de ta vie, mais oui bien sûr, et la marmotte ...) mais après avoir lu le récit de son accouchement ça a achevé de me convaincre que c'était bel et bien l'enfer quasiment du début à la fin : "La seule révélation que vous avez, c'est que l'inventeur de la péridurale devrait être béatifié.".
Si j'ai relu avec plaisir quelques-unes des chroniques présentes sur son blog, j'en ai aussi découvert d'autres, et c'est là aussi l'un des avantages du livre : ce qui n'a pas été raconté sur le blog s'y trouve.
C'est parfois grinçant et c'est aussi ça que j'aime chez Titiou Lecoq, elle ne s'épargne pas et a toujours une bonne pelle d'auto-dérision à portée de main dans ses récits.
Pas toujours évident de prendre un tel recul en s'inspirant de son vécu pour écrire, elle y arrive en tout cas très bien.
Je comprends que cela ne plaira pas forcément à tout le monde, mais il n'y a pas à tourner autour du pot, Titiou Lecoq sait parfaitement mettre en mots la vie actuelle des trentenaires Parisiennes, un peu branchées quand même.

"Sans télé, on ressent davantage le froid" est un roman décapant signé de la plume non moins décapante de Titiou Lecoq qui garantit de passer un bon moment de lecture à suivre les chroniques plus ou moins heureuses de cette jeune auteur qui jusqu'à présent ne m'a pas déçue.

jeudi 30 juillet 2015

Le train sifflera trois fois (High Noon) de Fred Zinnemann



Alors qu'il s'apprête à démissionner de ses fonctions de shérif pour se marier, Will Kane apprend qu'un bandit, condamné autrefois par ses soins, arrive par le train pour se venger. Will renonce à son voyage de noces et tente de réunir quelques hommes pour braver Miller et sa bande. Mais peu à peu, il est abandonné de tous... (AlloCiné)


"Le train sifflera trois fois" est un film sur la lâcheté ordinaire.
Il suffit de le transposer à notre époque et le scénario fonctionne toujours.
C’est l’histoire d’un homme qui va se retrouver seul, qui va douter, être enfermé dans sa solitude et abandonné par tous : amis, mentor, femme, ex-amante, mais qui va rester droit dans ses certitudes ; un homme, un vrai.
J’aime beaucoup son attitude à la fin car il a enfin compris qu’il ne méritait pas de rester et que les habitants ne le méritaient pas plus, lui seul a gardé ses convictions tandis que les autres se sont barricadés chez eux, ont fui leur responsabilité en reportant à demain ce qu’ils pouvaient faire le jour même, en refusant de prendre leurs responsabilités et d’aider un homme qui était dans le besoin et qui jusqu’à présent les avait défendu et leur avait offert de vivre dans le calme, la sécurité.
Ce n’est pas vraiment un western, d’ailleurs John Wayne n’aimait pas ce film (si vous n’aimez pas John Wayne il y a donc de fortes chances pour que vous l’appréciez).
C’est un film qui joue sur la psychologie et les nerfs.
Il y a une tension qui se met en place, il est beaucoup question de Frank Miller mais il faut attendre près des trois-quarts du film pour voir à quoi il ressemble et ce dont il est capable.
Ce que je reproche au film, c’est qu’il y a une vraie tension qui s’instaure, le spectateur commence à attendre impatiemment la scène de confrontation tant attendue, mais finalement elle est exécutée trop rapidement alors que la tension nerveuse était à son comble.
Le titre original est un peu plus évocateur que sa traduction en Français et retranscrit d’ailleurs plus cette tension nerveuse.
C’est un western en noir et blanc, mais cela n’est pas gênant.
Ce film vaut aussi le coup d’œil pour ses acteurs, avec Gary Cooper dans le rôle de Will Kane, la douce Grace Kelly dans le rôle d’Amy Kane, sa toute jeune épousée, et Katy Jurado dans le rôle de Helen Ramirez, l’ancienne maîtresse de Will Kane.
Je n’irai pas jusqu’à dire que les femmes sont mises à l’honneur, mais elles font en tout cas preuve de plus de courage que bien des hommes et ont plus de caractère.
Elles sont l’opposée l’une de l’autre mais trouvent un terrain d’entente, c’est là aussi une confrontation intéressante à voir.
Et bien entendu, je ne peux pas finir sans parler de la musique de Dimitri Tiomkin, avec cette chanson (signée aussi par John William) lancinante reprises moultes fois dans le film et qui a fini par devenir un air célèbre dans le monde entier : "Si toi aussi tu m’abandonnes …".


"Le train sifflera trois fois" est un film qui se regarde avec toujours autant de plaisir et dont la trame de fond est non seulement universelle mais toujours d’actualité et pourrait tout aussi bien se passer de nos jours.

Et puis cela donne l’occasion de voir un film avec Gary Cooper, une grande figure du cinéma de Hollywood dans les années 30 à 50.

mardi 28 juillet 2015

Top Ten Tuesday #111


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.

Les 10 personnages qui aiment la littérature (qui aiment lire, écrire, qui travaillent dans une librairie ou qui tiennent un blog littéraire, etc.)

1) Thursday Next;
2) Montag, "Fahrenheit 451" de Ray Bradbury;
3) Helene Hanff;
4) Rouletabille;
5) Tintin;
6) Les personnages dans "Les combustibles" d'Amélie Nothomb;
7) Le libraire de "Flourish & blotts" dans "Harry Potter" de J.K Rowling;
8) "Comme un roman" de Daniel Pennac;
9) Monsieur Sempere et son fils Daniel dans "L'ombre du vent " de Carlos Ruiz Zafon;
10) Jane Eyre.

lundi 27 juillet 2015

Là où je vais tous les matins (ou presque)

Je me suis dit qu'il était temps de vous parler du lieu où je me rends tous les matins, tout du moins du lundi au vendredi hors période de congés : au travail.
Plus particulièrement au bureau.
Mais le bureau (aka le lieu de travail) pour y arriver, il faut lutter déjà.
Prendre les transports, avec des personnes pas toujours très sympathiques, pas toujours très zen, pas toujours très propres.
Et quand tu sors du bain de foule, juste avant de sortit à l'air libre, on (= la RATP et/ou la ville) te vend du rêve.

Voici ce que je vois dès que je sors du RER de luxe privatisé :


Depuis toutes ces années je me fais encore avoir tous les matins.
Je m'attends à voir les hérons, grues et autres oiseaux campagnards que me vend cette image (on dirait même qu'il y a une raie volante, là ça m'inquiète plus, je n'ai pas encore vu de raie voler. A moins que tous les jours je ne franchisse la quatrième dimension, là où les raies voleraient).
Je m'attends à trouver une petite pièce d'eau charmante dans laquelle ces oiseaux s'ébattraient avec plaisir.
(Un jour il faudra que je vous montre les pièces d'eau, vous verrez, on s'attend plus à y voir les poissons flotter le ventre à l'air que les oiseaux s'y ébattre).

Au final, point de pièce d'eau ou d'oiseaux, mais ça.


Ça oscille entre le paquebot maritime et le paquebot aérien, sauf que ça n'a rien d'une machine volante sortie toute droite de l'imagination de Hayao Miyazaki.
Et que ce n'est pas franchement "La croisière s'amuse".
Donc quand je vois ça, tout de suite je n'ai plus envie de chanter en petite tenue "C'est sexy le ciel de N...y, sous ma peau je l'ai en overdose", ni de me faire "un strip en plein midi".

Mais apparemment, c'est beau.
Enfin, certaines personnes trouvent ça beau, parce que réalisé par un grand architecte connu (architecte = personne qui a une vision pour un bâtiment sous l'effet d'une drogue plus ou moins forte. Ici, ça devait être de la bonne.).
Comment je le sais ?
mais parce qu'à proximité il y a des hôtels, et que les touristes prennent tout le temps en photo ces bâtiments, voire même se prennent en photo devant.
A mon avis, ils doivent être recensés dans les guides touristiques, à la rubrique "Architecture".

Mais le bâtiment qui détient le pompon, c'est celui-là, signé par Ricardo Bofill.


Peut-être qu'il y a fort, fort longtemps c'était magnifique, aujourd'hui c'est plutôt décrépi.
Mais bon, ça a du succès auprès des touristes, et même auprès des réalisateurs de cinéma !
Car mesdames et messieurs, je vous annonce que ce superbe bâtiment a servi il y a quelques mois pour y tourner des scènes du dernier volet de "Hunger Games" (oui, Jennifer Lawrence était dans le coin et certaines personnes l'ont vue, malheureusement pas moi. Pour tout dire, je l'ai presque aperçue, derrière les vitres teintés de la voiture qui la ramenait dans Paris).
(Jennifer, next time, take the subway ! It will be more fun !)
Là, j'applaudis et je présente mes respects aux personnes chargées de faire les repérages, parce que dégoter cet endroit, il fallait le faire, donc "Congratulations !".
"Jennifer, we are going near Paris. You will see, it's a great place, you're going to love it !"
J'image la tête de Jennifer en arrivant sur place : sourire extérieur, grimace intérieure (avec l'armée de fans qui hurlait son nom et attendait de l'apercevoir).

Bref, je ne suis qu'une ingrate insatisfaite qui ne sait même pas profiter des chefs-d'oeuvre architecturaux qui entourent mon bureau !

dimanche 26 juillet 2015

Valley of Love de Guillaume Nicloux



Isabelle et Gérard se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils Michael, photographe, qu'ils ont reçue après son suicide, 6 mois auparavant.
Malgré l'absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael... (AlloCiné)


Tout lien avec des personnages réels ou des situations réelles n’est pas fortuit.
Certes, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu n’ont pas eu d’enfant ensemble, mais ils sont acteurs tous les deux, ils ont tourné ensemble, et Gérard Depardieu a perdu l’un de ses fils il y a quelques années.
On ne peut pas dire que ce film brille par son scénario, il est plutôt classique et peu fourni, mais il s’en dégage quelque chose de particulier : un côté mystique.
C’est finalement une histoire très biblique qui est ici racontée, il y est question de signes, de résurrection, de pardon.
Et si finalement ce n’est pas la possibilité pour Isabelle et Gérard de se parler franchement, de s’ouvrir l’un à l’autre et de se retrouver qui est le véritable cadeau fait par leur fils Michael ?
Celui que l’on ne voit jamais, que l’on ne verra plus, mais dont il est souvent question dans le film.
Et le décor de la Vallée de la Mort contribue à renforcer cet aspect religieux, il s’agit du désert, du pays de la chaleur et de la soif, du pays où il faut se dépasser soi-même pour découvrir la vérité.
Il y a de belles phrases pleines de sens qui sont mises dans la bouche des acteurs, particulièrement celle de Gérard Depardieu, et qui font écho à leur vraie vie.
Il est touchant Gérard Depardieu dans son personnage d’homme mal dans sa peau qui aujourd’hui peut se payer le luxe d’accepter ou non un film en lisant simplement le titre.
Elle est touchante Isabelle Huppert dans le rôle de cette mère qui s’est éloignée de son fils et qui n’est même pas allée à son enterrement, parce que ça fait des années qu’elle n’y va plus, et qui aujourd’hui se pose des questions, essaye de comprendre ce qu’elle a raté avec cet enfant qui a choisi de mettre fin à ses jours.
Mais au-delà de ce côté mystique, ce qui transcende vraiment ce film, c’est le jeu éblouissant de deux monstres sacrés du cinéma Français.
Car inutile de se voiler la face, ce qui fait toute la beauté du film et qui le porte, c’est le jeu incroyable de justesse de ces deux acteurs qui n’ont plus rien à prouver.
Et c’est presque la première fois que j’ai autant remarqué la qualité de jeu d’Isabelle Huppert, son côté rugueux qui laisserait croire qu’elle est dénuée d’émotions dans sa palette de jeu, alors que c’est tout le contraire.
Et puis j’ai bien aimé la mise en scène de Guillaume Nicloux, avec cette longue scène d’introduction qui filme de dos une Isabelle Huppert traînant sa valise dans un motel Américain perdu dans le désert.
Ce film est d’un esthétisme fou, mine de rien.
Le lieu est oppressant, tout comme le deuil que les personnages n’ont pas achevé, mais finalement ils arriveront à se libérer des chaînes qui les ont entravés pendant de si longues années.


"Valley of Love" est un éblouissant bad trip dans la Vallée de la Mort servi par deux acteurs au sommet de leur art et qui a failli passer inaperçu au dernier Festival de Cannes.

Je dis bien failli car je vous invite vraiment à aller voir ce film qui oscille sans cesse entre rêve et réalité, jusqu’à son dénouement quelque peu inattendu.