mardi 6 juin 2017

L'éveil de Line Papin


Cela se passe aujourd’hui, mais ce pourrait être il y a longtemps. C’est une histoire d’amour, dont les personnages sont deux garçons et deux filles, dont les voix s’entrechoquent. C’est une histoire d’amour, douloureuse et sensuelle, où les héroïnes ne font que traverser le tumulte de la ville, et se cachent dans l’ombre protectrice des chambres. (Stock)

Quand j’ai entendu parler de ce roman, j’ai tout de suite pensé à "L’amant" de Marguerite Duras.
Une ville lointaine : Hanoï, une jeune femme s’éveillant à la sexualité et à l’amour avec un homme plus âgé. Tous les ingrédients étaient réunis pour un remake de cette histoire.
Enfin, ça c’est ce que je croyais jusqu’à je lise le roman, et que je découvre avec surprise qu’en fait il n’en était rien.
Certes, il y a bien une jeune fille, de bonne famille, qui ressent l’appel du désir dans tout son corps : "Voilà, soudain, c’est le réveil des sens, l’irruption volcanique, l’envie : le désir, jaillit on ne sait d’où, plie son corps.", et qui est attirée par un homme plus âgé qu’elle, croisé au hasard d’une soirée. Cette jeune femme soudain s’éveille : "Ça m’excite, ça m’agace : je suis à l’orée de l’éveil, à l’orée de l’éveil.", découvre l’amour charnel et finit par tomber amoureuse de cet homme : "Parfois, j’ai l’impression de l’avoir sous la peau.", tandis que lui vit cette relation la tête ailleurs.
Car voici une des surprises de cette histoire, c’est qu’il ne s’agit pas que d’un homme et une femme mais de deux hommes et de deux femmes.
Si l’un est l’objet du désir, l’autre est son ami ; quant aux femmes il y a celle qui s’éveille à la sexualité et l’autre, partie de Hanoï et que le premier homme a follement aimé, jusqu’à l’avoir dans la peau et ne penser qu’à elle.

Voilà un premier roman avec du potentiel : quatre personnes qui se croisent, se lient, se délient, dans une ville de Hanoï aux charmes exotiques et voilée de mystère ; une histoire d’amour, ou plutôt deux, puisque l’une est le reflet d’une plus ancienne dont certains personnages portent encore les cicatrices.
La narration se fait à travers ces quatre voix, ces quatre perspectives, où chacun livre son ressenti et ses émotions les plus profondes.
L’histoire est une mise à nu des sentiments que l’auteur a su garder pudique.
C’est aussi un roman d’apprentissage, où une jeune fille bascule dans le monde adulte en découvrant sa sexualité ainsi que l’amour, ou plutôt la passion, tout en gardant les pieds sur terre pour finir par être lucide sur la relation qu’elle vient de vivre : "Notre amourette, ça n’était qu’une insolation.".
L’écriture est sensuelle et dégage une réelle atmosphère, particulièrement l’ambiance de Hanoï assez bien retranscrite et qui donne envie de se plonger à la découverte de cette ville.
J’ai beaucoup apprécié la plume de Line Papin, elle livre un beau premier roman et on sent le potentiel qu’elle a, voilà une lecture découverte que je ne regrette pas.
Au passage, je trouve le titre particulièrement bien choisi car il évoque l’éveil d’une héroïne à la sensualité mais aussi celui d’une jeune écrivain dont je pense que l’avenir est tout tracé.

"L’éveil" de Line Papin a à la fois le charme du premier roman, de la découverte, de l’éveil à l’amour et à la sexualité, et l’exotisme de la ville de Hanoï, une belle surprise de la rentrée littéraire 2016.

lundi 5 juin 2017

Les jours de mon abandon d'Elena Ferrante


Olga, trente-huit ans, un mari, deux enfants. Un bel appartement à Turin, une vie faite de certitudes conjugales et de petits rituels. Quinze ans de mariage. Un après-midi d’avril, une phrase met en pièces son existence. L’homme avec qui elle voulait vieillir est devenu l’homme qui ne veut plus d’elle. (Folio)

Olga est une femme heureuse, mariée depuis de nombreuses années au même homme et mère de deux enfants, mais son univers bascule le jour où son mari la quitte pour une autre, ainsi que son équilibre mental.
Olga commence petit à petit à perdre pied : "Le seul signe extérieur de mon désarroi intérieur fut ma disposition au désordre et la faiblesse de mes doigts : plus l’angoisse montait, moins ils se refermaient solidement autour des choses.", mais résiste et se cache à elle-même la vérité : "Je n’étais pas une femme mise en pièces sous le coup d’une rupture, d’une absence, jusqu’à en devenir folle, jusqu’à en mourir.", jusqu’à basculer dans une folie dangereuse qui la pousse à faire du mal aux autres mais surtout à elle-même : "Un enchevêtrement de rancœurs, un sentiment de revanche, la nécessité de mettre à l’épreuve la puissance offensée de mon corps étaient en train de détruire tout ce qui me restait en fait de bon sens.", quitte à ce qu’Olga se détruise.

Il me fallait découvrir Elena Ferrante sous un autre jour que celui de "L’amie prodigieuse".
La curiosité de voir son style en dehors de cette saga romanesque, mais aussi, il faut bien le reconnaître, voir ce qu’elle avait dans le ventre et sous la plume.
En choisissant ce roman, je n’ai pas été déçue du voyage et sans doute que si j’avais commencé à la lire avec celui-ci je ne me serai pas du tout attendue à la retrouver à écrire une saga Napolitaine.
Car ici on est plutôt loin de la saga de deux jeunes femmes dans une Italie en mouvement, bien qu’il soit question d’une femme blessée qui va aller très loin dans sa folie pour la raison qu’elle a été abandonnée par l’homme qu’elle aime, celui à qui elle a dévoué sa vie et ses plus belles années.
Son héroïne est une battante, c’est une féroce qui a la rage au ventre, c’est une guerrière qui fonce droit en avant sus à l’ennemi : "J’étais intacte, je resterais intacte. A ceux qui me font du mal, je leur rends la pareille. Je suis le huit d’épées, je suis la guêpe qui pique, je suis le serpent sombre. Je suis l’animal invulnérable qui traverse le feu sans se brûler.", mais qui est avant tout humaine.
Et côté tourments, Elena Ferrante ne va pas l’épargner, tant Olga va plonger dans une folie où le lecteur se demande à de nombreuses reprises si elle va réussir à reprendre pied.
Mais il n’y a pas point à douter, c’est bel et bien du Elena Ferrante, j’ai retrouvé dans ce roman sa plume féroce et son regarde exacerbé sur le monde et les tréfonds de l’âme humaine.
Le roman est écrit dans un style très viscéral qui peut gêner et mettre mal à l’aise certains lecteurs, mais quelle puissance.
Ce roman m’a enfermée, dans le bon sens du terme, dans la folie d’Olga, j’ai eu l’impression d’étouffer ou de me trouver dans une pièce close où la clé a été perdue, mais j’ai ainsi pu toucher du doigt les égarements d’Olga, la douleur de cette femme blessée au plus profond de sa chair par amour.
Que cela peut-être cruel, l’amour, mais aussi "Quel écumeux et complexe mélange est un couple.".
Car étrangement, c’est bel et bien de couple qu’il est question dans ce roman, même si Olga est seule avec ses enfants pendant la quasi intégralité du récit et que le mari, le salopard maudit, ne fait que de brèves apparitions.

Avec "Les jours de mon abandon", Elena Ferrante met sa plume au service de la folie d’une femme bafouée et livre un roman viscéral qui remuera sans nul doute le cœur et les tripes des lecteurs.

dimanche 4 juin 2017

Django d'Etienne Comar

     
     

En 1943 pendant l’occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt, véritable “guitare héros”, est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alors qu’en Europe, ses frères sont pourchassés et massacrés. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk. Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte, Naguine et sa mère Negros. Mais l’évasion est plus compliquée que prévue, Django et ses proches se retrouvent plongés dans la guerre. Pendant cette période dramatique, il n’en demeure pas moins un musicien exceptionnel qui résiste avec sa musique, son humour, et qui cherche à approcher la perfection musicale. (AlloCiné)


Si ce n’est pas la première fois que Django Reinhardt se retrouve sur les écrans de cinéma, c’est en tout cas une première réalisation pour Etienne Comar.
Et la première fois que Django fait l’objet d’un film centré autour de sa personne.
Il y aurait beaucoup à dire de ce génial musicien, mais le réalisateur a choisi de ne pas faire un biopic à proprement parler mais d’axer son scénario sur une période bien précise de sa vie : celle en 1943 où Django finit par fuir Paris et se rend à Thonon-les-Bains avec sa mère Negros et sa femme Naguine en attendant de passer en Suisse, tandis que dans le même temps le peuple Tsigane disparaît.
La mise en scène d’Etienne Comar est bien faite et se distingue par une scène d’ouverture particulièrement efficace et porteuse du message sous-jacent à cette histoire : l’extermination du peuple Tsigane dans la relative indifférence de la population, le tout dans un paysage de brouillard.
Le réalisateur récidive sur ce point de l’Histoire, un génocide peu souvent abordé au cinéma, en ayant recours à une métaphore de l’expression "Nuit et brouillard" lorsque le camp des Tsiganes de Thonon-les-Bains est évacué alors que le jour n’est pas encore levé et qu’il disparaît dans un nuage de brouillard puis de fumée des incendies le ravageant, tandis que ses occupants sont emmenés pour une "destination inconnue".
Il y a un réel esthétisme dans la mise en scène de ce film que j’ai apprécié et qui contribue à son charme.


Outre le génocide du peuple Tsigane, ce film montre aussi l’éveil de la conscience d’un homme face aux atrocités qui l’entourent et qu’il refuse dans un premier temps de voir, se contentant de son confort, sa sécurité, sans se soucier de savoir ce qui se passe en dehors de chez lui ou des cabarets dans lesquels il se produit.
Django est en cela égoïste, il a bien évidemment ses raisons pour agir et de la sorte et nul ne peut le blâmer, et c’est le personnage de Louise de Klerk, personnage imaginaire alors que j’ai cru à son existence, qui va jouer le rôle de conscience pour Django et lui permettre d’ouvrir les yeux sur la réalité de l’époque et de ce qui s’y passe.
Louise est une femme de caractère à qui le qualificatif de tête-brûlée va à merveille, elle n’hésite pas à se mettre en péril pour ses idéaux et même si elle évolue dans le monde festif de la nuit, elle porte en elle une immense tristesse et une langueur qui lui permettent de s’attirer les bonnes grâces des spectateurs.
Pour la créer, le cinéaste s’est inspiré de l’Américaine Lee Miller, une femme libre évoluant dans le milieu artistique, notamment Français, et côtoyant les célébrités de l’époque.
La musique ne se contente pas non plus d’être une simple bande son, elle permet à Django de s’extraire du monde et le rend totalement hermétique à ce qui se passe et à la disparition de son peuple, mais à l’inverse elle va aussi lui permettre de créer une œuvre sublime qui ne sera jouée qu’une fois à la Libération et dont la partition complète est aujourd’hui égarée : le "Requiem pour mes frères Tziganes".


Qui dit musique dit entraînement, pour ce rôle Reda Kateb s’est entraîné pendant un an à la guitare pour acquérir l’aisance et les attitudes, et même s’il se fait doubler pour les scènes où il est filmé de près, il a su reproduire à merveille les attitudes et le comportement de cet artiste, et a également dû s’adapter à la prothèse permettant de reproduire le handicap dont souffrait Django Reinhardt : non seulement il était un musicien exceptionnel mais il ne jouait qu’avec trois doigts suite à une grave brûlure lors d’un incendie.
Dans un souci d’authenticité, et dieu sait qu’il y en a dans ce film, les actrices incarnant Negros (Bimbam Merstein) et Naguine (Beata Palya) ne sont pas des actrices professionnelles mais respectivement une Tsigane et une chanteuse Tsigane d’origine Hongroise.
Et cela se voit à l’écran en rendant ses personnages plus vrais que nature. Cécile de France est également à la hauteur de son personnage créé de toute pièce et qui pourtant aurait pu facilement exister.
Elle retrouve ici un rôle intéressant ainsi qu’une place à l’écran, alors qu’elle avait pu être quelque peu transparente dans certains de ses derniers rôles.
Mais celui qui bluffe, celui qui émerge, celui qui crève littéralement l’écran, c’est Reda Kateb.
Quel acteur et quelle performance !
 Voilà sans doute le rôle qu’il lui fallait pour définitivement percer au cinéma et sortir des seconds rôles. Si pour ma part cela ne faisait pas de doute, ce rôle devrait remettre les pendules à l’heure et lui permettre, espérons-le, d’autres grands rôles.


"Django" est un film sensible qui évoque non seulement la vie de ce musicien de talent pendant la Seconde Guerre Mondiale mais aborde aussi d’une façon très belle et très touchante le génocide Tsigane.


     
     

samedi 3 juin 2017

Aurore de Blandine Lenoir

     
     

Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ? (AlloCiné)


Aurore (Agnès Jaoui) a la cinquantaine, des bouffées de chaleur parce qu’elle est en période de retour d’âge – la ménopause donc, la période où l’on est plus vraiment une femme, en fait on ne sait pas trop ce que l’on est –, un nouveau patron qui l’exaspère et à cause de qui elle quitte son boulot, son aînée qui lui annonce qu’elle va être grand-mère et ne voilà t’y pas qu’elle croise complètement par hasard Christophe (Thibault de Montalembert), dit Totoche, son amour de jeunesse.
Et si la nouvelle vie d’Aurore ne faisait que commencer ?


Avant la sortie du film, j’étais sceptique : beaucoup de louanges, des qualificatifs comme coup de cœur, je craignais l’arnaque à plein nez.
Et puis, j’ai vu la bande annonce, qui m’a arraché quelques sourires. Et je me suis rappelée que par un curieux hasard que je n’explique pas, Agnès Jaoui avait le don de m’exaspérer lorsqu’elle écrit et réalise ses films mais que je la trouvais géniale lorsqu’elle n’était qu’interprète (ou alors co-scénariste, comprendre : sans Jean-Pierre Bacri).
Notez que je vis ce même phénomène avec Jean-Pierre Bacri, les deux ensemble ça ne passe pas, pris séparément aucun problème.
Donc, un film apparemment féministe qui traite de la vie d’une femme à la cinquantaine, point de départ plutôt rare, c’était pour moi.


Et bien oui, je valide, je redis oui, ce film m’a beaucoup plu.
Et pas uniquement parce qu’il a été tourné en Charente Maritime et que je frétillais sur mon siège en reconnaissant quelques endroits de La Rochelle.
Mais bel et bien parce que "Aurore" est un beau portrait de femme dans la fleur de l’âge, pas la chronique d’une mort annoncée mais au contraire l’ouverture vers une nouvelle vie, de nouvelles expériences, bref, la ménopause n’est pas la fin de tout.
Mais ce film ne s’arrête pas à ce sujet, il aborde aussi beaucoup de thèmes comme le harcèlement de rue (avec deux scènes très savoureuses), la sexualité à tout âge, la précarité, bien que ce dernier thème ne soit malheureusement qu’effleuré.
Le sujet aurait pu être lourd et traité gravement, fort heureusement Blandine Lenoir a fait le choix de la comédie, un genre qui va très bien pour véhiculer certains messages.


La réalisatrice a offert un très beau rôle à Agnès Jaoui, je l’ai littéralement adoré dans ce personnage, elle a su lui apporter de la luminosité, de la fantaisie, un humour et une ironie grinçante.
J’ai été obnubilée par la présence d’Agnès Jaoui à l’écran, c’est sans doute la première fois que j’ai autant pu apprécier son jeu d’actrice.
Il faut dire qu’un personnage comme Aurore apporte du piment et du soleil à la vie de tous les jours.
Tout comme son amie Mano (pascale Arbillot), le duo formé avec Aurore est toujours drôle et on sent un réel soutien et entraide entre ces deux femmes.
Certaines scènes m’ont franchement fait rire, comme celle avec la conseillère Pôle Emploi qui pète un câble sur les femmes se retrouvant sans droit après avoir travaillé pendant des années pour leur mari, d’autres m’ont touchée, notamment celles musicales où Aurore danse et repense aux années passées lorsque ses enfants étaient plus jeunes.
Parlons-en de la musique, elle a un rôle dans ce film et j’ai également apprécié le choix des chansons.
Evidemment, il n’y a pas que des femmes mais aussi quelques hommes, même s’il faut reconnaître qu’ils ont une part moins belle et qu’ils concentrent pour certains quelques gros défauts (pour ne pas citer : Bernard, l’ex-mari d’Aurore).
C’est un feel-good movie diront certains, bien sûr qu’il y a quelques faiblesses dans ce film, mais pour ma part il m’a permis de relativiser sur certaines choses de mon quotidien et de ressortir de la salle en me sentant bien, fraîche et pleine de bonnes résolutions pour croquer la vie à pleine dent.
Que demander de mieux ?


Alors les filles, on se serre les coudes, on est solidaires et on va voir "Aurore" parce que malgré quelques petits défauts ce film est une bouffée d’oxygène libératrice et une ouverture sur la vie et le bonheur.


     
     

     
     

Justice League - Aux origines de Geoff Johns et Jim Lee


Il y a cinq ans, nul ne connaissait l'existence des surhommes, et encore moins celle des super-héros... Avec l'apparition de Superman, Batman, Green Lantern et Wonder Woman, les autorités, effrayées par la puissance de ces individus, les déclarèrent hors-la-loi. Cependant, lorsque Darkseid projeta de conquérir la Terre, les Humains durent se placer sous la protection de leur héros. Voici le récit de la première union des plus grands justiciers qui allait bientôt devenir la célèbre Ligue de Justice. (Urban Comics)

Cet album s'inscrit dans la renaissance des comics, en proposant une nouvelle version de la rencontre de super-héros qui créeront la Justice League. Il y a cinq ans, apparaissaient les premiers surhommes en public : "Il fut un temps où le monde ignorait jusqu'au mot "super-héros". Cette période où personne ne savait qui étaient "Superman" et "Batman", c'était il y a cinq ans.", mais ils ne sont pas aimés : "Personne ne nous aime.", voire même plus : "Tout le monde nous craint, nuance.".
Le monde n’est pas encore prêt à les accepter et à les reconnaître pour ce qu’ils sont : des justiciers protégeant le monde, Batman et Superman sont déjà connus, Wonder Woman travaille avec les militaires, mais d’autres gardent leur identité cachée.
Mais une série événements va avoir lieu et va déjà les amener à se rencontrer et à devoir conjuguer et unir leurs talents pour vaincre un ennemi commun : "Un groupe en apparence solidaire inspirera confiance aux autorités.".

Ce nouvel opus se différencie des précédents par son septième membre : Cyborg en lieu et place de J’onn J’onnz, pour le reste les personnages sont déjà plus ou moins connus de tout un chacun.
J’ai retrouvé une Wonder Woman bien différente de la version comics que j’ai lue il y a peu (ici elle travaille avec des militaires), mais qu’importe car le but était de découvrir la plupart de ces super héros, et de redécouvrir les plus connus, comme Batman ou Superman.
J’ai beaucoup aimé l’intrigue et son déroulement, avec la présentation progressive des différents super-héros et leur rencontre, ainsi que des bribes sur leur genèse.
Le comic serait-il un genre pour lequel je vais me découvrir une passion ?
Et bien peut-être, j’ai trouvé que ce petit opus était une belle façon de revisiter ce mythe ainsi que les personnages, d’autant que le graphisme contient beaucoup de mouvement, donc de vie, ce qui rend la lecture d’autant plus agréable.
La mise en couleur est elle aussi très réussie, il y a de très belles planches que je ne m’attendais pas forcément à trouver dans un format aussi petit et compact.
Si l’histoire relève de la cavalerie lourde, d’un autre côté c’est tout à fait ce à quoi on s’attend avec ce type de roman graphique, j’ai toutefois noté un aspect particulièrement intéressant dans les relations entre les personnages, qu’il s’agisse des super-héros entre eux mais aussi leur rapport avec les gens non dotés de supers pouvoirs (acquis soit parce qu’ils viennent d’une autre planète soit suite à un accident ou une transformation plus ou moins volontaire).
Cette dualité est selon moi le cœur même des comics, c’est aussi l’une des raisons qui nous attire vers eux mais elle est aussi le prétexte pour explorer les relations entre humains et/ou non humains sous un angle différent de l’ordinaire.

"Justice League" est une découverte réjouissante à 1 euro dans le cadre des 48h de la BD, une lecture qui donne envie d’approfondir l’univers des comics Américains que je découvre petit à petit.

vendredi 2 juin 2017

Par amour de Valérie Tong Cuong


Valérie Tong Cuong a publié dix romans, dont le très remarqué Atelier des miracles. Avec cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, elle trace les destinées héroïques de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire. (J. C. Lattès)

"Par amour", cela aurait pu être le titre d'une chanson.
"Par amour", c'est finalement le titre du dernier roman publié par Valérie Tong Cuong, une auteur découverte avec "Noir dehors", retrouvée avec "L'atelier des miracles" et il y a moins d'un an avec le très beau "Pardonnable, impardonnable".
Dans ce roman, Valérie Tong Cuong traite d'un thème qu'elle affectionne : la famille, mais à l'inverse des trois romans cités plus haut, elle plonge son histoire dans la grande Histoire, en s'intéressant à deux familles de 1940 à 1945, soit la période de la France sous l'occupation, dans la ville du Havre mais aussi en Algérie.
Valérie Tong Cuong affectionne tout particulièrement l'écriture sous forme de roman chorale, un genre qu'elle maîtrise à la perfection, il n'est donc pas étonnant de le voir comme clé de voûte de son roman.
Elle aurait d’ailleurs eu bien tort de s’en priver.
En alternant les voix narratives, elle offre à chacun la possibilité de s’exprimer : les deux sœurs livrent leur point de vue de la Guerre et de l’Occupation, tout comme les enfants ; et ainsi de fournir un panorama de la Guerre vu par les adultes mais aussi par les enfants.
L’autre atout de ce style, c’est qu’il permet à l’auteur des sauts dans le temps afin de couvrir les cinq années entre l’Exode et l’Armistice.

Le roman s’ouvre sur l’Exode de 1940 et voit deux familles, portées par deux sœurs : Emélie mariée à Joffre, concierges d’une école et parents de deux enfants, et Muguette dont le mari est prisonnier de guerre, plutôt insouciante avec deux enfants également, qui sont jetées sur les routes pour fuir Le Havre.
Mais bien vite l’armistice est signée et la vie reprend son cours, ou presque, entre les arrestations et les bombardements : "Il n'y avait plus d'endroit ou d'envers, de tort ou de raison, de bon ou de mauvais côté : tout cela venait de disparaître dans le fracas de la défaite. Désormais, il y aurait seulement la vie et la mort.".
Et la maladie de Muguette.
La tuberculose.
Qui la condamne quasiment à une mort certaine, mais en attendant c’est au sanatorium qu’elle va aller, et en Algérie qu’elle va envoyer ses enfants, pour les protéger de la guerre.
Car oui, pendant la Seconde Guerre Mondiale de nombreux enfants ont été envoyés de France vers les colonies de l’époque pour les protéger des bombardements, un pan de l’histoire plutôt méconnu qui est ici mis en avant.
Outre la maladie, il y a la guerre, cette guerre terrible qui divise les familles : "Un an avait suffi pour que notre famille soit en morceaux. Je me demandais, tandis que nous marchons, quand tout cela finira-t-il ? Combien de temps faudra-t-il pour reconstruire ? Même ceux qui ne sont pas forts en sciences savent que l'on tombe toujours plus vite que l'on ne se relève.", éclate les amitiés ou renforce les liens, cette terrible machine de destruction impitoyable : "La guerre était une immense vague qui nous portait de creux en crêtes, gare à ceux qui quittaient l'écume, ils seraient envoyés par le fond.".
Ce roman s’attache à décortiquer de l’intérieur le quotidien d’une famille durant cette période terrible, entre ceux basculant vers la résistance et ceux se laissant guider par le maréchal Pétain, entre les moments tristes et les quelques éclaircies de bonheur, les heures sombres, les bombardements, les arrestations, la mort qui rôde en permanence.
Valérie Tong Cuong fait dire à l’un de ses personnages la phrase suivante : "Le monde est une roue qui tourne vite, à peine es-tu en haut, que te voilà déjà en bas.", c’est d’autant plus vrai en période troublée.
Et c’est une véritable roue d’émotions que fait vivre l’auteur à ses lecteurs, il y a des moments tendres, d’autres durs, des incompréhensions mais toujours de l’amour, beaucoup d’amour et rien que de l’amour.
Certaines villes ont été fortement touchées par les bombardements, pour ne pas dire totalement détruites.
Ce fut le cas de la ville du Havre qui a particulièrement souffert, ce roman permet de s’en rappeler et de rendre hommage à ses habitants.
De façon très pudique et très humble, sans voyeurisme ou exagération.
J’ai été touchée par cette histoire, parce qu’elle se passe dans un contexte historique qui m’intéresse, mais aussi parce qu’elle traite d’une cellule familiale et qu’il n’y a jamais de moralisation ou de vision très manichéenne de cette époque et des choix des personnes.
Décidément, Valérie Tong Cuong a le chic pour explorer l’âme humaine d’un regard scrutateur et évoquer à travers sa plume les émotions qui nous habitent.
Voilà une auteur que j’apprécie à chaque lecture un peu plus, elle sait mettre du baume au cœur et des pansements sur les plaies, en prime elle est tout à fait charmante et abordable avec ses lecteurs.

"Par amour", on peut faire beaucoup de choses, de grandes choses : se surpasser, s'oublier soi pour ne plus penser et vivre que pour l'autre, taire sa vérité pour protéger ceux que l’on aime le plus, les tenir éloignés pour qu’ils souffrent moins ; et comme Valérie Tong Cuong l‘a fait, on peut écrire un beau roman qui touche le cœur et l’appeler ainsi.

jeudi 1 juin 2017

Retour sur les lectures de mai 2017


Mai est rarement un mois trop propice à la lecture, j'ai consacré une bonne semaine à de la lecture culturelle à travers Le Routard et le Lonely Planet de Prague, pour le reste les chroniques viendront ... un jour, patience, une nouvelle fois.
Le livre qui m'a incontestablement marquée en ce mois de mai fut "La servante écarlate" de Margaret Atwood, formidable roman de science-fiction auquel je repense bien souvent.
Plus qu'un coup de cœur, ce roman m'intrigue aujourd'hui encore, je n'ai qu'une hâte : voir la série télévisée qui va en être faite, et aussi me procurer le film de 1990.
Et puis il y a aussi eu "Le grand marin" de Catherine Poulain, mais j'en parlerai bientôt et plus longuement.

Divers

"La tristesse des éléphants" de Jodi Picoult
"Le grand marin" de Catherine Poulain
"La servante écarlate" de Margaret Atwood
"L'italienne" d'Adriana Trigiani
"Les animaux fantastiques - Le texte du film" de J. K. Rowling
"A la croisée des mondes - Les royaumes du nord" de Philip Pullman

mercredi 31 mai 2017

Retour sur les lectures d'avril 2017


Le temps a filé, des vacances sont passées par là, qu'ai-je lu déjà en avril ?
Patience pour les chroniques, elles arriveront lorsqu'elles auront fini de mûrir dans mon esprit et que j'aurai du temps pour les coucher sur l'écran.

PAL

"Mon Antonia" de Willa Cather
"Justice League"
"Dad Tome 1 Filles à papa" de Nob

Service de presse

"S'enfuir - Récit d'un otage" de Guy Delisle

Divers

"Par amour" de Valérie Tong Cuong
"Les jours de mon abandon" d'Elena Ferrante
"L'éveil" de Line Papin
"Le maître du haut château" de Philip K. Dick (abandon)