samedi 28 février 2015
Ellen Foster de Kaye Gibbons
A la mort de ses parents, Ellen Foster, onze ans, est ballottée de foyer en foyer. Chez sa grand-mère peu affectueuse, chez son professeur de dessin où elle connaît un intermède paisible, puis chez sa tante et sa cousine, où les choses se passent si mal que, le soir de Noël, Ellen décide tout bonnement de s'en aller et de frapper à la porte de Laura, une mère d'accueil. (Rivages / Christian Bourgeois)
Ellen Foster a onze ans, elle a assisté au suicide de sa mère poussée par un mari qui la réduisait en esclave et n'aime pas son père qui boit, la frappe parfois, ramène des types louches à la maison et ne s'occupe pas d'elle : "Mon papa, c'est simple, c'est un défaut de fabrication.".
Ellen en a assez, sa mère chérie est morte, son père détesté aussi, il faut dire qu'elle a souhaité sa mort très fortement, sa grand-mère ne l'a recueillie que pour lui faire payer les fautes de son père et elle aussi est morte, et ses tantes ne l'apprécient guère et n'ont pas envie de s'encombrer de cette gamine qui leur rend bien leur non-amour : "Qu'est-ce que vous voulez faire quand le juge est là à parler de la famille, pierre angulaire de la société, alors que vous, vous savez bien que la vôtre elle a jamais rien eu de la colonne dorique ou autre chose, ça serait plutôt et ça a toujours été du genre vieille brique qui s'effrite ?".
Qu'a cela ne tienne, Ellen va alors frapper à la porte de Laura, une mère d'accueil, et se propose d'être l'une des filles de cette "foster family", famille d'accueil.
Si Ellen n'a que onze ans, elle a la sagesse d'une grande et n'a pas eu une vie facile.
Elle est la narratrice de sa propre histoire et son récit alterne entre présent dans sa famille d'accueil et passé dans sa famille de sang qu'elle ne supporte plus.
Ellen s'est prise en charge elle-même, grand bien lui en a fait : "Je trouve que je m'en suis pas si mal tirée si on compare au reste de ma famille, vu que les autres sont tous ou bien morts ou bien cinglés.".
Car niveau famille, Ellen n'est pas gâtée, hormis sa mère ils ont tous plus ou moins un problème d'ego ou psychologique, parfois les deux.
Ou alors ils n'en ont rien à faire d'elle.
J'avais déjà énormément aimé ma première lecture de Kaye Gibbons, "Une femme vertueuse", j'ai eu de nouveau un gros coup de cœur pour cette auteur a la plume si juste et si magnifique.
J'ai été énormément touchée par le destin de cette jeune Ellen Foster qui sait se rendre sympathique auprès du lecteur et ce dès les premiers mots qu'elle prononce.
J'ai suivi avec tristesse et espoir son parcours, priant très fort pour qu'elle s'en sorte et aimant à croire que les contes de fées sont possibles.
Cette petite fille m'a particulièrement touchée car elle ne passe pas son temps à s'apitoyer sur son sort et elle se prend en main pour se permettre de s'offrir un destin à la hauteur de son mérite, mais elle donne aussi l'impression à travers ses mots de ne plus vraiment être une enfant, de ne plus savoir rire ou sourire, car tout chez elle et déjà trop calculé, trop adulte, mais c'est la vie et ses aléas qui l'ont rendue ainsi.
Kaye Gibbons a décidément le chic pour se mettre dans la peau de personnages narrant leur histoire de façon "conte autour du feu", et elle sait surtout retranscrire très justement à l'écrit toute la subtilité du Sud des Etats-Unis.
Ici encore elle dévoile les petites mesquineries de cette région des Etats-Unis, en mettant notamment en avant le racisme omni-présent (même Ellen a du mal à aller au-delà des préjugés raciaux qui lui ont été inculqués dès son plus jeune âge).
Et si Ellen est une jeune enfant ayant trop vite grandi, il n'en demeure pas moins qu'elle sait mettre de l'humour et du grotesque dans son récit même dans les pires situations de sa vie.
Une telle maîtrise m'a fait dire "quel style !" tout au long de ma lecture, et dire qu'il s'agit du premier roman de Kaye Gibbons !
Cela relève du coup de maître et annonçait une carrière très prometteuse à cette auteur qui est une grande conteuse et sait si bien manier les mots,
Parfois au cours de ma lecture je me suis prise à rêver d'une Ellen Foster sur grand écran, il faut dire que ses aventures se prêtent assez bien au jeu de l'adaptation cinématographique.
Après recherche il semblerait qu'un téléfilm ait été fait, je suis curieuse de voir le résultat à l'écran.
"Ellen Foster" de Kaye Gibbons est un premier roman d'une telle maîtrise, d'une telle sensibilité et d'une telle beauté que c'est à en faire pâlir les plus grands noms de la littérature américaine.
Un énorme coup de cœur qui se confirme pour cette auteur très talentueuse.
Livre lu dans le cadre du Challenge Romancières américaines
Livre lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2015 - Catégorie Prénom : ELLEN
Livre lu dans le cadre du Plan Orsec 2015 pour PAL en danger / Chute de PAL
Adèle Blanc-Sec Tome 4 Momies en folie de Jacques Tardi
Momies ramenées à la vie, sectes, sacrifices humains, .. Nous retrouvons dans ce nouvel épisode des aventures d'Adèle Blanc-Sec tous les éléments qui ont fait le succès de cette série. Après la disparition de sa momie, notre héroïne est à nouveau entraînée dans une rocambolesque histoire de savants fous. Échappant de justesse à plusieurs tentatives de meurtres, pourra-t-elle déjouer les plans de la maléfique Clara Benhard et de l'étrange commissaire principal Dugommier ? (Casterman)
Dans ces nouvelles aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, vous serez confronté à : "Un sarcophage ! La sculpture satanique des catacombes et Pazuzu !", mais aussi à des tentatives de meurtre sur la personne d'Adèle Blanc-Sec : "Bon, ce n'est pas grave, l'humanité ne se plaindra pas de la perte de ce grossier personnage, mais par contre elle se réjouira de la disparition d'Adèle Blanc-Sec !", à un nouveau savant fou s'intéressant à la vie après la mort (décidément c'était une marotte dans les années 1910 !) : " "L'étude de la vie après la mort" ! On croit rêver. Encore un qui finira mal ! Ils ont ramené à la vie le ptérodactyle du jardin des plantes et l'ont tué, ils ont ramené à la vie le pithécanthrope et ils l'ont tué ... Tiens, vous avez une momie ! s'est esclaffé Mouginot ... Heureusement qu'elle est morte et bien morte ...", ainsi qu'à la disparition mystérieuse de la momie d'Adèle : "On m'a piqué ma momie ou elle est partie toute seule ? Hier soir j'ai eu l'impression qu'elle bougeait mais n'était-ce qu'une impression ? Est-ce qu'une momie d'Egypte rapportée par un arrière-grand-père peut se faire la malle comme ça ?".
Si tout ça ne vous donne pas envie de découvrir les aventures d'Adèle Blanc-Sec, je ne sais pas ce qui le fera !
De l'aventure, du mystère, encore de l'aventure et encore du mystère, voilà tout ce qui compose ce nouvel opus des péripéties de l'intrépide et fougueuse Adèle Blanc-Sec à qui rien ni personne ne fait peur.
Adèle a repris ses activités d'auteur de livres où elle narre de façon romancée ses aventures et vit sans se soucier des titres des journaux mais en craignant la vengeance de ses ennemis jurés : la maléfique comédienne Clara Benhard et le commissaire principal Dugommier.
Et puis sa momie disparaît, et ça l'inquiète, et puis on essaye de l'attirer dans des guets-apens pour l'assassiner, ça l'inquiète beaucoup, et puis on lui apporte une statuette maléfique et elle s'interroge.
Et pour découvrir la suite, vous n'avez qu'à lire cette bande dessinée !
J'ai retrouvé avec plaisir toute la malice de Jacques Tardi dans sa façon de narrer les histoires d'Adèle, avec une narration qui s'attache à décrire des personnages totalement inintéressants pour l'histoire mais qui vont s'y trouver mêlé contre leur gré, et surtout des personnages machiavéliques qui n'arrivent pas à réussir leur coup, à l'image du dangereux Thomas Rove dont la mission est d'éliminer Adèle : "Récapitulons : j'arrive à l'heure prévue, c'est la bonne adresse; j'ai la clef ... Tout va bien jusque-là ... Je sais où est la chambre ... Je sais qu'elle est chez elle ... Je passe à côté de la vitrine et alors l'affreuse saloperie de momie dégueulasse me saute dessus. Je tire deux fois ... rien à faire : l'épouvantail me balance un morceau de verre dans la gueule. Pour un coup foireux, c'est un coup foireux ...".
Il y a beaucoup d'humour dans cette bande dessinée et c'est l'un de ses points forts, avec la pétillante et attachante Adèle.
J'aime comment ce tome mélange les trois premiers en y faisant intervenir tous les personnages déjà croisés, il est sûr que pour le lire il faut avoir lu les précédents car il y a de nombreuses allusions à ceux-ci.
Et puis j'apprécie l'univers créé autour de cette héroïne et de Paris, avec des monstres, des fous furieux, des bizarreries scientifiques, c'est de l'absurde comme je l'aime et qui permet de passer un bon moment de lecture.
"Momies en folie" est une aventure savoureuse de la non moins délicieuse Adèle Blanc-Sec qui se dévore avec plaisir et dont je dirai en guise de conclusion qu'il ne faut pas oublier que la mort n'est pas une fin !
Livre lu dans le cadre du Plan Orsec 2015 pour PAL en danger / Chute de PAL
jeudi 26 février 2015
Une fenêtre au hasard de Pia Petersen
Une femme solitaire observe quotidiennement une fenêtre vide de l’immeuble d’en face. Pour tromper son isolement, elle écrit, s’invente des histoires, caressant l’espoir que quelque chose se passe un jour de l’autre côté de la rue des Martyrs. Quand un homme emménage dans l’appartement, il devient l’objet de toutes les attentions de celle qui l’épie désormais tendrement, passionnément – et qui s’achète bientôt des jumelles… (Actes Sud)
Elle est solitaire, elle ne parle pas beaucoup aux autres, elle est rongée par ses démons intérieurs, elle se dit moche, peu intelligente, peu intéressante, en somme elle se confond avec les murs qu'elle rase à longueur de journée.
Mais elle s'est enfin trouvée un sens à sa vie, celle de l'homme de l'appartement d'en face, qu'elle observe et épie dès qu'elle le peut : "Si seulement j'avais été suffisante, plus belle ou intelligente, plus capable ou plus drôle, ma vie aurait été différente mais je ne suis rien de tout cela et finalement mon contenu de vie se résume à une fenêtre par laquelle je regarde une autre fenêtre et faute d'avoir une vraie vie, je vole celle des autres. Celle de l'homme en face.".
Lui, il vient d'emménager dans le quartier, il est journaliste, il a du mal à s'attacher à une femme, il fuit tout lien d'attachement et tout sentiment amoureux, par peur : "Avec l'amour on se perdait et c'était effrayant, il avait peur de se donner et s'oublier et peur qu'on ne lui fasse mal, peur de ne plus pouvoir se raisonner et se contrôler et il se dit que c'était terrible et lâche aussi et pas vraiment une vie.", mais il se sent épié, et il va se prendre au jeu d'imaginer qui l'observe derrière sa fenêtre.
La thématique de ce roman avait beaucoup pour me plaire, car j'aime regarder de temps à autre par la fenêtre pour voir ce qui se passe chez mes voisins, et j'ai encore en mémoire le film de référence sur le sujet, "Fenêtre sur cour" signé d'Alfred Hitchcock.
Au final, je ressors mi-figue mi-raisin de cette lecture, parce que l'histoire et son déroulement me laissent un goût d'inachevé, peut-être aussi parce que j'attendais une autre fin que celle choisie par l'auteur.
Car ce roman est bel et bien une histoire d'amour, dans un Paris en pleine canicule, la chaleur n'est pas que dehors elle habite aussi les deux personnages principaux.
C'est surtout le rendez-vous manqué de deux solitudes, de deux personnes que tout oppose et qui finalement pourraient bien être ce que l'on appelle des âme-sœurs dans la littérature romantique.
Et c'est sur ce dernier point que le rendez-vous a été quasiment raté de mon côté, bien que d'une certaine façon la fin laisse entrevoir un espoir et surtout libre court à l'imagination du lecteur.
Mais si je creuse mon ressenti à l'issue de cette lecture, je dois reconnaître que ce n'est pas tant cette fin qui me gêne mais plutôt le personnage féminin, narratrice de l'histoire en alternance avec son voisin d'en face.
Certes, elle a eu un passé difficile qu'elle évoque dans son journal intime sous forme de lettres rédigées pour son mystérieux voisin dont elle s'est éprise, mais j'ai fini par me lasser voire m'agacer de son dénigrement perpétuel sur elle-même, elle n'est jamais bien, jamais belle, jamais intelligente, à l'écouter c'est un boulet voire même un oubli de la nature, finalement sa solitude n'est pas si étonnante que cela et illustre très bien le propos que pour être aimé des autres et attirer le regard sur soi il faut d'abord s'aimer et s'apprécier, ce qui manque cruellement à cette femme.
Son attitude fataliste m'a aussi énervée : "C'est mon histoire d'amour et je la vie toute seule, lui, il n'est pas dans le coup et c'est ainsi et que faire contre ça ?", quelle idée aussi de tomber amortisseuse de son voisin d'en face, et pourquoi être aussi butée, s'obstiner à garder ses sentiments pour soi plutôt que d'essayer de le connaître ?
Cette fuite en avant de la narratrice a fini par me lasser et est la raison de mon sentiment mitigé sur ce roman.
Car sur le style de Pia Petersen, je n'ai rien à redire, il est très beau, recherché, et elle a su donner corps aux personnages en alternant les points de vue.
Pour la découverte de cette auteur c'est une réussite, pour le reste j'avoue que je m'attendais un peu à quelque chose d'autre et que le goût d’inachevé prédomine.
"Une fenêtre au hasard" me laisse un sentiment de frustration vis-à-vis de l'histoire et particulièrement du non développement du personnage féminin mais a le mérite de mettre en valeur la très belle plume de Pia Petersen.
Une lecture en demi-teinte qui ne m'a tout de même pas ôté l'envie de découvrir les autres romans de cette auteur.
Livre lu dans le cadre du Plan Orsec 2015 pour PAL en danger / Chute de PAL
mercredi 25 février 2015
Instantané #5
Ou quand la lecture d'un titre du journal MetroNews fait immédiatement penser à Kill Bill Volume 1 ...
mardi 24 février 2015
Broadchurch vs Secrets and Lies
Je ne regarde pas souvent la télévision, mais en moins d'un an deux très bonnes séries policières ont été proposées par France Télévisions : Broadchurch et Secrets and Lies.
Les pitchs de ces deux mini-séries sont assez similaires : une petite ville tranquille, un enfant est sauvagement assassiné et c'est toute la communauté qui éclate, tous les plus noirs secrets des uns et des autres qui sont exhumés au cours d'une enquête minutieuse servie par des inspecteurs plus ou moins torturés et complètement incorruptibles.
Pour preuve :
Broadchurch : Une petite communauté se retrouve sous les projecteurs des médias après la mort d'un petit garçon. Deux enquêteurs sont chargés de résoudre cette affaire délicate, tout en essayant de garder la presse à distance et de préserver le tourisme. Face à un tel drame, les habitants commencent à s'épier les uns les autres, faisant remonter à la surface bien des secrets... (AlloCiné)
Secrets and Lies : Ben Gundelach, un père de famille ordinaire, retrouve le corps d'un jeune garçon assassiné. La police le suspecte d'être le meurtrier, il n'a d'autre choix que d'enquêter lui-même afin de retrouver le vrai tueur et de prouver son innocence... (AlloCiné)
Si la première série est anglaise, la seconde est australienne, hormis cette nationalité qui diffère ces deux séries présentent beaucoup de similitudes.
Elles ont toutes les deux un scénario rudement bien écrit avec une intrigue qui s'intensifie au fil des épisodes, perd le spectateur car à chaque fois lui propose de nouvelles pistes et un nouvel éclairage sur les meurtres; quant au final n'en parlons même pas, dans les deux cas je n'ai absolument rien vu venir et j'étais (et je n'étais pas la seule) à dix milles lieues d'imaginer cela !
Même les amateurs et les habitués de romans policiers s'y sont laissés prendre, il faut le dire clairement : il est impossible (ou presque) de trouver par soi-même qui est le ou la coupable.
Après les louanges et les fleurs, passons aux quelques points négatifs que j'ai pu relever.
Déjà, je tiens à préciser que cela ne concerne que Secrets and Lies car je n'ai rien trouvé à redire à Broadchurch, cette série frôle la perfection.
Le personnage de l'inspecteur de police tient un discours trop à charge sur Ben Gundelach, ça finit par vite par ne plus être crédible à trop s'acharner sur cet homme, bien que cela puisse se passer ainsi au cours de véritables enquêtes.
Ensuite, j'ai regretté que certains personnages soient laissés de côté une fois qu'ils aient été utilisés dans le scénario, la fin me dérange un peu pour cela, certains disparaissent alors qu'ils ont joué un rôle à un moment donné, bref, je suis restée sur ma faim comme on dit.
Pour en revenir sur le dénouement, j'annonce qu'il peut gêner certaines personnes par son caractère choquant, ce ne fut pas le cas pour moi mais il est possible que cela arrive.
Après ces quelques petits points de pinaillage, passons aux bonnes nouvelles : Broadchurch a une saison 2 qui est en cours de diffusion en Grande-Bretagne :
Ça, c'est une excellente nouvelle, et il paraîtrait que Secrets and Lies pourrait aussi connaître une deuxième saison.
Ces deux séries ayant récolté les louanges des critiques et du public, les Américains se sont empressés d'en faire des remakes, pour Broadchurch il semblerait que l'on puisse passer son chemin, celui de Secrets and Lies va être tourné.
Et nouvelle de dernière minute, les Français vont aussi tourner leur propre version de Broadchurch, le scénario a apparemment reçu l'aval des scénaristes Anglais.
Comme quoi, la mini-série policière n'est pas morte et en prime elle peut être de grande qualité !
Les pitchs de ces deux mini-séries sont assez similaires : une petite ville tranquille, un enfant est sauvagement assassiné et c'est toute la communauté qui éclate, tous les plus noirs secrets des uns et des autres qui sont exhumés au cours d'une enquête minutieuse servie par des inspecteurs plus ou moins torturés et complètement incorruptibles.
Pour preuve :
Broadchurch : Une petite communauté se retrouve sous les projecteurs des médias après la mort d'un petit garçon. Deux enquêteurs sont chargés de résoudre cette affaire délicate, tout en essayant de garder la presse à distance et de préserver le tourisme. Face à un tel drame, les habitants commencent à s'épier les uns les autres, faisant remonter à la surface bien des secrets... (AlloCiné)
Secrets and Lies : Ben Gundelach, un père de famille ordinaire, retrouve le corps d'un jeune garçon assassiné. La police le suspecte d'être le meurtrier, il n'a d'autre choix que d'enquêter lui-même afin de retrouver le vrai tueur et de prouver son innocence... (AlloCiné)
Si la première série est anglaise, la seconde est australienne, hormis cette nationalité qui diffère ces deux séries présentent beaucoup de similitudes.
Elles ont toutes les deux un scénario rudement bien écrit avec une intrigue qui s'intensifie au fil des épisodes, perd le spectateur car à chaque fois lui propose de nouvelles pistes et un nouvel éclairage sur les meurtres; quant au final n'en parlons même pas, dans les deux cas je n'ai absolument rien vu venir et j'étais (et je n'étais pas la seule) à dix milles lieues d'imaginer cela !
Même les amateurs et les habitués de romans policiers s'y sont laissés prendre, il faut le dire clairement : il est impossible (ou presque) de trouver par soi-même qui est le ou la coupable.
Le point de départ de ce séries est également le même : une petite bourgade calme qui voit sa vie basculer du jour au lendemain à la suite du meurtre terrible d'un jeune enfant.
Aussitôt les médias se ruent sur la ville et rôdent comme des vautours, n'hésitant pas à révéler au grand jour les secrets des habitants, quitte à les mettre en danger.
Car oui, il y a énormément de secrets qui sont dévoilés dans ces deux séries, et il faut bien avouer que c'est aussi ce qui nous intéresse en tant que spectateur.
Ensuite, ce sont des séries d'ambiance : Broadchurch a une ambiance très british digne des grands romans policiers de ce pays, les personnages ne tombent jamais dans la caricature mais cadrent bien avec l'image que l'on peut avoir des Anglais; quant à Secrets and Lies elle permet de mettre en avant la vie dans une ville Australienne, le climat est chaud et moite, dans tous les sens du terme ai-je envie d'ajouter, là encore, cela cadre bien avec l'image que l'on se fait de ce pays.
Et que dire du casting ! Dans les deux cas c'est un sans faute sur toute la ligne : David Tennant, alias Doctor Who, campe un capitaine de police névrosé par son passé et rongé par la maladie plus vrai que nature, Olivia Colman a été une révélation pour moi, un peu comme les autres acteurs de la série que je ne connaissais pas franchement; riche idée de choisir Martin Henderson pour camper Ben Gundelach, ce bon père de famille qui va se trouver pris dans la tourmente policière et médiatique suivant le meurtre du petit Thom, à lui tout seul il justifie les heures de vol pour aller en Australie, quant aux autres acteurs du casting je ne les connaissais ni d'Eve ni d'Adam mais ils étaient très justes dans l'interprétation de leurs personnages.
Après les louanges et les fleurs, passons aux quelques points négatifs que j'ai pu relever.
Déjà, je tiens à préciser que cela ne concerne que Secrets and Lies car je n'ai rien trouvé à redire à Broadchurch, cette série frôle la perfection.
Le personnage de l'inspecteur de police tient un discours trop à charge sur Ben Gundelach, ça finit par vite par ne plus être crédible à trop s'acharner sur cet homme, bien que cela puisse se passer ainsi au cours de véritables enquêtes.
Ensuite, j'ai regretté que certains personnages soient laissés de côté une fois qu'ils aient été utilisés dans le scénario, la fin me dérange un peu pour cela, certains disparaissent alors qu'ils ont joué un rôle à un moment donné, bref, je suis restée sur ma faim comme on dit.
Pour en revenir sur le dénouement, j'annonce qu'il peut gêner certaines personnes par son caractère choquant, ce ne fut pas le cas pour moi mais il est possible que cela arrive.
Après ces quelques petits points de pinaillage, passons aux bonnes nouvelles : Broadchurch a une saison 2 qui est en cours de diffusion en Grande-Bretagne :
Ça, c'est une excellente nouvelle, et il paraîtrait que Secrets and Lies pourrait aussi connaître une deuxième saison.
Ces deux séries ayant récolté les louanges des critiques et du public, les Américains se sont empressés d'en faire des remakes, pour Broadchurch il semblerait que l'on puisse passer son chemin, celui de Secrets and Lies va être tourné.
Et nouvelle de dernière minute, les Français vont aussi tourner leur propre version de Broadchurch, le scénario a apparemment reçu l'aval des scénaristes Anglais.
Comme quoi, la mini-série policière n'est pas morte et en prime elle peut être de grande qualité !
En guise de conclusion, la comparaison entre ces deux séries n'est pas valable car elles sont toutes deux de grande qualité et méritent largement d'être vues, même si mon cœur penche plus vers Broadchurch pour la quasi perfection de cette mini-série.
J'espère vous avoir donné envie des les découvrir l'une comme en l'autre en replay ou en DVD/Blu Ray et c'est avec plaisir que j'attends vos commentaires si vous les avez vues !
Top Ten Tueday #89
Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.
Les 10 albums préférés pour enfants
Me voilà bien en peine pour ce TTT, je ne lis pas franchement d'albums pour les enfants ...
Replongeons dans les souvenirs d'enfance !
Les 10 albums préférés pour enfants
Me voilà bien en peine pour ce TTT, je ne lis pas franchement d'albums pour les enfants ...
Replongeons dans les souvenirs d'enfance !
1) La série "Ernest et Célestine" de Gabrielle Vincent;
2) La série des" "Monsieur" et "Madame" de Roger Hargreaves;
3) Les livres illustrés par Benjamin Lacombe (en tout cas ça me plairait de lire ça à des enfants);
4) La série des "Martine" de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier;
5) "Le vilain petit canard" de Hans Christian Andersen;
6) "Caramel le gentil caniche", collectif;
7) "Bussi l'ours" (et oui, j'ai été longtemps lectrice ou l'on me faisait la lecture de ce journal ! En fait, j'ai épuisé mes parents avec ça car je connaissais par cœur le texte et je les reprenais s'ils se trompaient);
8) "Le jamais-content" de Vassilissa (que j'ai eu du mal à retrouver ce titre !).
Je vais m'arrêter là sur ce thème !
4) La série des "Martine" de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier;
5) "Le vilain petit canard" de Hans Christian Andersen;
6) "Caramel le gentil caniche", collectif;
7) "Bussi l'ours" (et oui, j'ai été longtemps lectrice ou l'on me faisait la lecture de ce journal ! En fait, j'ai épuisé mes parents avec ça car je connaissais par cœur le texte et je les reprenais s'ils se trompaient);
8) "Le jamais-content" de Vassilissa (que j'ai eu du mal à retrouver ce titre !).
Je vais m'arrêter là sur ce thème !
lundi 23 février 2015
L'Ambulance 13 Tome 4 Des morts sans nom d'Alain Mounier et Patrick Cothias
En plein cœur de la bataille de Verdun, la religieuse Isabelle de Ferlon est condamnée au peloton d’exécution pour être intervenue en faveur du sous-lieutenant Bouteloup, accusé de haute trahison. Parallèlement à ce drame personnel, l’horreur collective de la guerre continue. Mais une lueur d’humanité apparaît en la personne de Marie Curie, mandatée sur le front pour y présenter son invention de radiographie mobile destinée à soulager blessés et médecins d’opérations inutiles : l'autochir .L’Ambulance 13 est choisie pour l’expérimentation. C’est l’occasion pour Émilie, la dessinatrice montmartroise auteure des plans de l’appareil, de revoir son amour, Bouteloup. (Bamboo Editions)
"Sainte mère de Dieu, où est passé votre fils ?", telle est la question tandis que la bataille de Verdun fait rage, que les morts s'accumulent dans les tranchées et qu'Isabelle de Ferlon attend le peloton d'exécution qui doit mettre fin à sa jeune vie : "C'est mieux de mourir un matin de pluie. On a moins de regrets.".
Isabelle a-t-elle peur à la pensée de mourir exécutée ? Sans doute, mais elle se dit aussi que ce n'est rien comparé à la mort qui attend les soldats dans les tranchées boueuses : "Il n'y a pas de vrai courage sans peur véritable.".
Des morts, il ne va presque y avoir que ça dans ce nouveau tome qui s'avère sombre, très sombre.
Après l'entrée en jeu de Marie Curie dans le tome précédent, cette fois-ci elle se rend sur le front avec sa machine et c'est l'occasion pour la jeune et dégourdie Emilie de revoir son sous-lieutenant Bouteloup.
Et c'est là que je me rends compte que je n'ai jamais abordé cette seconde figure féminine qui entoure le personnage principal, Emilie, la jeune fille pauvre qui se débrouille dans la vie, qui n'a pas sa langue dans sa poche et qui n'a aucune illusion quant à son amour non réciproque pour ce jeune homme de la haute société.
Emilie, c'est aussi la femme à la morale irréprochable qui sait si bien mettre leurs torts à la face des hommes, mais je le pressens, même si elle est droite dans ses bottes comme on dit, elle ne fera pas partie du clan des vainqueurs.
Disparition également de la première figure féminine entourant le sous-lieutenant Bouteloup, Isabelle de Ferlon disparaît, sacrifiée sur l'autel de la politique.
Alors que reste-t-il dans cette guerre ?
L'entente entre les hommes de l'Ambulance 13, qui va pourtant être mise à mal par la dureté des combats, et celle plus générale des soldats sur le front.
Première fois que les soldats des colonies intégrés aux bataillons français apparaissent dans l'histoire, et un constat : le racisme vis-à-vis d'eux des dirigeants des bataillons, mais la mort elle ne fait pas de distinction : "C'est sûr, la mort elle s'en fout. Arabe, juif, nègre, socialiste, elle met tout le monde d'accord.".
Un autre constat est fait également en fin de volume, les soldats gênent des civils restés à l'arrière qui aimeraient bien que l'on arrête de parler d'eux, de les glorifier, sans doute parce que cela leur renvoie à leur condition d'hommes plus en âge ou pas en capacité de partir combattre : "Faites donc attention, jeune homme. Ce n'est pas parce que vous portez un uniforme que vous pouvez prendre toute la place ! Vous, les poilus, vous devenez encombrants, vous savez ?".
Je ressors de cette lecture bouleversée et triste, avec un monde qui ne sait plus qui le dirige ni où il va, simplement que les morts s'accumulent et que bientôt toute la terre ne sera qu'un vaste champ de ruines.
Un sentiment sans doute partagé par le personnage principal qui a vu en peu de temps disparaître des personnes auxquelles il s'était attaché, des personnes de valeur connues par le passé qui étaient brillantes et promises à un bel avenir et dont le destin s'est brutalement arrêté dans une tranchée de Verdun ou fusillé par un peloton d'exécution.
Une nouvelle fois, le scénario est de grande qualité, tout comme les dialogues; et les dessins sont irréprochables et mettent en valeur de façon saisissante la dureté et l'horreur des combats.
Il y a des têtes qui volent, des membres arrachés, du sang, un ciel gris qui crache une pluie discontinue qui transforme en bourbier la moindre parcelle de terre.
Parce que c'était ça les tranchées, parce que c'était ça la Première Guerre Mondiale.
"Des morts sans nom" est un quatrième tome au titre tristement évocateur de l'envers de celle sale guerre qui clôt avec brio le deuxième cycle de "L'Ambulance 13", une série littéraire de qualité qui s'attache à retracer le quotidien des soldats de la Première Guerre Mondiale, une lecture de circonstance en cette période de commémoration.
dimanche 22 février 2015
L'Ambulance 13 Tome 3 Les braves gens d'Alain Mounier et Patrick Cothias
Février 1916, dans le Bois des Caures. Le sous-lieutenant Charles-Louis Bouteloup et les gars de l’Ambulance 13 sont désormais rattachés aux 56 et 59ème Chasseurs, dit les “Diables bleus”. Commandés par le légendaire et adoré lieutenant-colonel Emile Driant, les hommes de l’Ambulance 13 vont se retrouver au cœur du premier choc de la bataille de Verdun. Parallèlement, sœur Isabelle de Ferlon, d’origine allemande, est arrêtée, interrogée au sujet de l’affaire de haute trahison dans laquelle était mouillé Bouteloup, avant d’être jetée en pâture à l’opinion publique par Clémenceau. Pour tous, c’est un pas de plus vers l’enfer, d’où tout le monde ne réchappera pas vivant... (Bamboo Editions)
Février 1916, début de la bataille de Verdun, c'est dans ce secteur qu'a été affectée l'unité du sous-lieutenant Bouteloup, l'Ambulance 13.
Comme si cela n'avait pas déjà suffi, l'Ambulance 13 va se trouver au cœur d'une des batailles les plus sanglantes de cette période.
Les hommes sont désabusés et ne croient plus en grand chose, même les hommes d'église : "Parfois, il faut ça pour qu'il réponde. Il lui arrive de regarder ailleurs, vous savez ? Jurer, c'est aussi prier.", il n'y a plus de sens aux mots vie ou mort, encore moins à celui de liberté : "Quelle liberté ? Liberté de crever, oui ! Être libre, c'est être vivant. Et les Boches pensent la même chose.", et finalement les soldats au front ont bien compris que cette guerre n'a aucun intérêt et qu'il n'y aura aucun vainqueur, et que la pensée est la même du côté Allemand.
Dans le même temps, la religieuse Isabelle de Ferlon a été dénoncée comme agent double du fait de son origine Allemande, c'est Clémenceau en personne qui vient lui rendre visite en prison pour lui apprendre qu'il la sacrifie à l'autel du pouvoir : "La politique va donc me fusiller ?", pour apaiser pendant un temps les esprits .
Je ne sais pas bien qui désigne exactement le terme de "braves gens" du titre, sans doute les soldats sur le front qui bien braves partent à la boucherie tous les jours, ou alors de façon plus ironique ces messieurs des beaux salons qui élaborent de grandes stratégies de loin et dirigent ainsi les batailles, ou alors les civils qui vivent à l'arrière, certains dans la luxure et la quiétude, d'autres dans la misère et dans l'inquiétude; en tout cas ce titre est particulièrement bien choisi.
Une fois encore, cette bande dessinée s'attache à montrer le côté dur, impitoyable de cette guerre qui n'est plus qu'une vaste machine destinée à broyer les chairs et les esprits.
Les dessins et les reproductions des scènes de batailles sont tout simplement stupéfiants tant ils sont réalistes et arrivent parfaitement à retranscrire toute l'horreur de ces moments.
Cette bande dessinée rend particulièrement bien hommage aux combattants de cette guerre tout en montrant les travers des généraux qui la dirigent bien tranquillement dans leurs états-majors loin du front et de la violence des combats.
Les ordres sont absurdes, tout comme les comportements, car il faut bien reconnaître qu'emprisonner et juger militairement une sœur infirmière dont le seul tort est d'être née Lorraine n'a aucun sens : "Je le répète, je suis née Lorraine par un accident de l'histoire, mais Dieu n'a pas plus de camp que de patrie.".
Qu'à cela ne tienne, Clémenceau dénommé "le tigre" a compris qu'il lui fallait un bouc émissaire, ça sera Isabelle de Ferlon qui s'y prêtera.
Pour le moment, ai-je envie d'ajouter, car cette guerre n'est plus à un paradoxe près comme les exécutions de soldats Français "pour l'exemple" le montreront à plusieurs reprises.
Je trouve le destin d'Isabelle particulièrement dur et elle paie bien cher les errances de sa jeunesse dorée, une douce époque à laquelle elle éconduisait des soupirants pour un teint brouillé ou un bouton de fièvre, comme elle se le remémore en prison.
C'est aussi la première fois que cette série met autant à l'honneur les dessous de l'histoire, en intégrant le personnage réel de Marie Curie qui joua un rôle important dans la façon de soigner les blessés grâce à ses unités de radiologie mobile, une invention capitale qui permit d'éviter bien des amputations mais qui disparut dans les tréfonds de l'histoire pour n'être remis au grand jour que très récemment.
Autant dire que ce deuxième cycle commence très fort et est de qualité égale au premier, c'est un véritable régal à lire et à suivre les aventures du sous-lieutenant Bouteloup et de son unité, L'Ambulance 13, avec des dessins de grande qualité qui illustrent fidèlement la dureté des combats ou la guerre aérienne qui se joue entre les as aériens du volant.
Décidément, comme le dit la chanson "les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux", les braves gens étant ici incarnés par les hauts dirigeants qui rêvent à d'hypothétiques victoires pour reconquérir quelques mètres de terrain au prix d'un lourd sacrifice humain.
"Les braves gens" est un troisième tome de grande qualité à la série "L'Ambulance 13" et ouvre avec brio ce deuxième cycle qui s'avère tout aussi captivant que le premier.
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