mardi 29 septembre 2015

Top Ten Tuesday #120


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani, puis désormais par Froggy.

Les 10 meilleures trilogies

1) "Les semailles et les moissons" de Henri Troyat
2) "Le seigneur des anneaux" de JRR Tolkien
3) "Millénium" de Stieg Larsson
4) "Les malheurs de Sophie", "Les petites filles modèles" et "Les vacances" de la Comtesse de Ségur
5) "Le livre de Dina" de Herbjøg Wassmo
6) "Le journal de mon père" de Jirô Taniguchi
7) "Ça" de Stephen King
8) "La lignée" de Guillermo del Toro et Chuck Hogan

lundi 28 septembre 2015

XIII Tome 1 Le jour du soleil noir de William Vance et Jean Van Hamme


Un solide gaillard aux allures de baroudeur se retrouve sans nom, sans passé, sans souvenir, dans un lieu inconnu. Son seul début d'indice pour découvrir son identité est un chiffre, XIII, qu'il porte en tatouage. Sa position est d'autant plus inconfortable qu'une bande de tueurs est à ses trousses. De plus, il découvre que de hautes personnalités civiles et militaires s'intéressent à lui. (Dargaud)

Lui, c'est un homme qui est retrouvé échoué sur une plage et qui a complètement perdu la mémoire : "Un bébé adulte, sans souvenirs, sans famille, sans amis, sans passé, sans identité, sans rien ! J'ai beau me torturer à fouiller ma mémoire, je ne vois qe du blanc. Un blanc uniforme, immense, totalement vide !", son seul signe distinctif est le chiffre XIII tatoué.
Tandis qu'il se remet de ses blessures, des personnes en ont après lui et veulent avoir sa peau à tout prix : "Dans tout cet imbroglio, il n'y a qu'une seule chose certaine, mon pauvre vieux : avant de perdre la mémoire, tu n'étais pas un simple petit employé de ministère comme tout le monde !", mais selon un médecin son amnésie pourrait ne jamais disparaître : "Alors, je risque de ne jamais savoir ? Cette blessure par balle, ce tatouage ... qui suis-je, Martha ? Un flic ? Un gangster ? Un agent secret ? Un mercenaire ? Ou un simple touriste dévalisé par des truands ? Qui suis-je, bon sang ?".
En plus d'être poursuivi par des tueurs à gage et de devoir fuir, d'autres personnes cherchent à le capturer : "Je ne suis ni un flic ni un juge. La seule mission que j'ai reçue, à présent, que je t'ai retrouvé, est de te faire parler, XIII. Par n'importe quel moyen !", car apparemment il détiendrait les clés d'une opération de grande envergure baptisée "jour du soleil noir" (opération qui n'est pas sans rappeler l'assassinat du président Kennedy puisque le président des Etats-Unis nommé ici Sheridan a été abattu au cours de celle-ci).

Je connaissais la série XIII de nom, pourtant je ne m'étais jamais lancée dans sa lecture, et ce n'était pas faute de connaître et d'apprécier le travail de ses deux créateurs : William Vance et Jean Van Hamme.
J'ai (enfin !) remédié à cette grossière erreur en découvrant le premier tome de cette série, et je ne regrette absolument pas car ce premier tome déchire.
Tous les ingrédients sont là pour une histoire palpitante : un héros amnésique dont le lecteur ne sait s'il est bon ou mauvais mais auquel il s'attache très rapidement, une bonne dose de mystère, des rebondissements, et des dessins de qualité.
A ce stade je ne saurai dire la réelle nature de XIII, et j'ai envie de dire qu'importe, car je me suis très vite attachée à ce personnage, la dose de mystère l'entourant n'y étant sans doute pas pour rien.
Je ne peux que louer la qualité du scénario de Jean Van Hamme et c'est fort regrettable que le deuxième tome soit actuellement emprunté à ma bibliothèque car je m'y suis précipitée pour découvrir la suite (je vais donc devoir attendre un peu).
Quant aux dessins de William Vance j'adore, y compris la mise en couleurs réalisée par Petra.

"Le jour du soleil noir" ouvre formidablement la série littéraire "XIII", une bande dessinée conçue sous la forme d'un thriller et de laquelle se dégage une réelle ambiance.
Je vais m'empresser de lire la suite et je ne peux que vous inviter à découvrir cette série de grande qualité.

Livre lu dans le cadre du Plan Orsec 2015 pour PAL en danger / Chute de PAL




Livre lu dans le cadre du Challenge Destination PAL

dimanche 27 septembre 2015

Le silence des bombes de Jason Hewitt


Juillet 1940. La petite Lydia, 11 ans, traverse un village du Suffolk. Elle porte un masque à gaz. Les magasins sont fermés, les maisons vides, les fenêtres condamnées. Lydia coupe à travers champs et arrive bientôt devant une grande demeure. C'est là qu'elle a grandi. La fillette espère y retrouver sa famille, mais la maison est déserte. Plus tard, dans la nuit, un soldat portant un fusil et un uniforme anglais pénètre dans la maison. Avec un étrange accent, il lui explique qu'il ne lui fera pas de mal, mais qu'elle ne doit pas quitter les lieux et qu'elle doit obéir à certaines règles... Dit-il la vérité ? Que cherche-t-il ? Pourquoi lui semble-t-il aussi familier ? Et surtout, comment connaît-il le nom de Lydia ? (Préludes)

Ce premier roman de Jason Hewitt est un quasi huis-clos, entre la jeune Lydia, 11 ans, qui a fui la maison où elle a été placée en pension pour l'éloigner de la guerre pour revenir chez elle à Greyfriars, et Heiden, un soldat Allemand envoyé en reconnaissance avec un groupe pour préparer l'invasion de la Grande-Bretagne par l'armée du IIIème Reich.
Mais ce soldat n'est pas tout à fait comme les autres, il connaît le prénom de Lydia tout comme les lieux où il se trouve, mais il refuse de répondre à ses questions : "Tu devrais garder tes questions pour toi. Tu n'aimerais pas forcément les réponses.".
Il est parfois violent, parfois presque tendre, et bien souvent il se perd dans ses souvenirs, ce qui permet au lecteur de retracer son parcours, de l'Allemagne des années 30 à son enrôlement dans l'armée du IIIème Reich, de ses passions, de ses amours et des événements qui l'ont forgé et expliquent son attitude d'aujourd'hui vis-à-vis de cette fillette et le but qu'il cherche à atteindre.
Mais rien n'est facile ni évident, et on ne peut pas tirer un trait sur son passé, c'est en tout cas ce que Heiden va apprendre au cours de ces cinq jours : "On croit qu'on peut tout laisser tomber, mais c'est faux. Tout reste, tout s'accroche. Qu'importe ce qu'on fait, où on va.".
Il y a un fort contraste entre ces deux personnages, d'un côté il y a Lydia, jeune, innocente, naïve, croyant aux anges et parlant de Dieu; et de l'autre Heiden, un homme qui a vu la véritable nature du Mal et qui a connu bien des souffrances, il ne croit plus en rien et cherche à secouer Lydia, à faire tomber les oeillères de ses yeux pour qu'elle voit le monde tel qu'il est réellement : "Tu parles d'anges, de Dieu, mais tu n'as aucune idée de ce que tu dis. Ta tête est pleine d'histoires. Tu dois grandir. Tout le monde doit grandir. Même toi. Surtout toi.".
Il y a un aspect méchant dans tout cela, et à la fois tendre, car plutôt que de chercher à la brusquer Heiden tente de lui ouvrir les yeux, mais il s'y prend mal.
C'est en quelque sorte la rencontre de deux maladresses, Lydia ne sachant pas quelle attitude adopter vis-à-vis de cet homme et vice-versa, et de deux souffrances, l'un et l'autre ayant perdu récemment un être proche qu'ils aimaient.
Si j'ai beaucoup aimé ce principe du huis-clos, je regrette néanmoins qu'il finisse par tourner en rond et ne pas trouver de réel aboutissement.
Il fallait que quelque chose d'autre arrive, une sorte d'explosion finale qui mettrait un terme à toute la tension créée.
Mais elle ne vient pas, et c'est quelque peu dommage car les deux personnages étaient vraiment traités de façon intéressante, tout comme le choix du contexte historique.
Il s'agit du premier roman de Jason Hewitt et c'est sans doute ce qui explique cette fin mal aboutie et ces deux personnages qui restent suspendus en l'air plutôt que de redescendre sur terre dans un véritable final.
Le style est agréable, c'est pourquoi outre ces erreurs de débutant j'attends de voir ce que donnera le prochain roman de Jason Hewitt.
Je serai également curieuse de voir ce que ce roman pourrait donner en adaptation, soit théâtrale soit cinématographique, car la plupart des ingrédients sont réunis pour en rendre le traitement visuel intéressant.

"Le silence des bombes" est un premier roman de Jason Hewitt globalement intéressant mais qui souffre de quelques maladresses.
J'en ai profité pour découvrir les éditions Préludes et j'ai été assez séduite par cette maison d'édition qui propose des livres intéressants tout en choisissant intelligemment les couvertures pour les illustrer.

Je remercie Babelio et les éditions Préludes pour l'envoi de ce livre.

samedi 26 septembre 2015

De l'autre côté du miroir de Lewis Caroll


Alice s'endort et rêve qu'elle passe de l'autre côté du miroir. Elle se retrouve alors dans la campagne anglaise, découvre un échiquier et le monde à l'envers.  (Le Livre de Poche)

Après avoir lu "Alice au pays des merveilles", j’ai logiquement enchaîné sur la suite : "De l’autre côté du miroir".
Aïe, autant j’ai aimé le premier autant je me suis ennuyée dans le second et je n’y ai pas retrouvé ce qui m’avait tant plu précédemment.
Par un tour de passe-passe avec un miroir, Alice va justement de l’autre côté et navigue là encore dans un monde où l’absurde est le maître mot.
Et si précédemment les têtes tombaient avec les reines, désormais Alice elle-même va finir couronnée après maintes péripéties : "Jamais je ne me serais attendue à être Reine si tôt.".
Autant Disney avait su garder l’essence du premier roman, autant Tim Burton a pris de très (trop) nombreuses libertés avec celui-ci, ce qui fait que je m’attendais (malheureusement) à lire ce que j’avais pu voir à l’écran.
Or ce ne fut pas le cas et c’est en grande partie la cause de mon ennui au cours de ma lecture, car j’ai trouvé moins de bizarreries et de légèreté dans celui-ci.
L’autre aspect qui m’a gêné c’est que contrairement au premier roman les situations s’enchaînent sans aucune suite logique et je n’ai pas apprécié de sauter systématiquement du coq à l’âne.
Le personnage d’Alice est un peu moins percutant, même si l’auteur continue toujours à se moquer parfois d’elle, notamment à cause de son côté très sérieux.
Je n’ai pas retrouvé la magie du premier, et j’ai envie de dire ni son côté poétique alors que ce roman regorge pourtant de poèmes.
Et c’est fort dommage que j’ai dû attendre la fin (et même la dernière phrase) pour enfin retrouver une belle phrase philosophique qui m’a tant fait aimer le premier tome : "Qu’est notre vie, sinon un rêve ?".
Peut-être est-ce parce que je l’ai lu à la suite, mais j’ai trouvé que ce deuxième tome était nettement plus sombre que le premier, comme s’il marquait la fin de l’enfance d’Alice et son basculement dans l’âge adulte.

"De l’autre côté du miroir" ne me laissera pas un souvenir impérissable et m’a nettement moins transportée qu’ "Alice au pays des merveilles".
Peut-être devrai-je le relire à un autre moment et sous un angle différent pour éventuellement l’apprécier.

Livre lu dans le cadre du Plan Orsec 2015 pour PAL en danger / Chute de PAL



Livre lu dans le cadre du Challenge Destination PAL



Livre lu dans le cadre du Challenge La face cachée des Disney


Lecture numérique

vendredi 25 septembre 2015

Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll


Tandis qu’elle s’ennuie sur la berge d’un fleuve, Alice voit tout à coup passer un lapin blanc, ce qui n’a rien d’exceptionnel, mais, chose plus surprenante, elle le voit également tirer une montre de la poche de son gilet. Intriguée, la voilà qui se lance à sa poursuite. Le lapin disparaît dans un grand terrier : elle décide d’y descendre à son tour. (Le Livre de Poche)

Depuis le temps que je comptais lire "Alice au pays des merveilles", il était temps que je le fasse.
Car pour être tout à fait honnête, hormis le dessin animé de Disney et la version de Tim Burton, je ne connaissais que les grandes lignes de l’histoire de cette petite fille qui décide un beau jour de suivre un lapin blanc pressé dans son trou de terrier : "Dévorée de curiosité, elle traversa le champ en courant à sa poursuite, et eut la chance d’arriver juste à temps pour le voir s’enfoncer comme une flèche dans un large terrier placé sous la haie.".
Fort heureusement, le dessin animé de Disney est assez proche du livre, aussi n’ai-je pas été trop surprise lors de ma lecture.
J’ai trouvé que cette histoire était loufoque à souhait, que certains passages étaient assez drôles et que les situations s’enchaînaient logiquement.
Il n’y a pas de logique à cherche là-dedans, à moins de vouloir devenir fou comme le chapelier et de perdre ses derniers neurones en cherchant à comprendre par exemple une telle phrase : "S’il est impossible de ne pas penser à quelque chose, il reste encore possible de penser à autre chose.".
La plume de Lewis Caroll permet au lecteur de naviguer sans problème dans ce monde complètement absurde, où les reines n’ont qu’une obsession : trancher les têtes des sujets qui ne les satisfont point.
J’ai pris un certain plaisir à lire ce roman, et je ne regrette finalement pas d’avoir tant attendu pour le lire car je ne suis pas sûre que plus jeune j’aurai pu en saisir toutes les subtilités.

"Alice au pays des merveilles" est un très bon roman loufoque qui ne se démode pas et qui ravira petits et grands.

Livre lu dans le cadre du Plan Orsec 2015 pour PAL en danger / Chute de PAL


Livre lu dans le cadre du Challenge Destination PAL



Livre lu dans le cadre du Challenge La face cachée des Disney


Lecture numérique

jeudi 24 septembre 2015

Mille femmes blanches - Les carnets de May Dodd de Jim Fergus


En 1874, un chef cheyenne demande au Président Grant de lui donner mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers afin de faciliter l'intégration et le mélange de leurs deux peuples. Partant de ce fait historique, Jim Fergus retrace l’odyssée, sur les terres sauvages de l’Ouest, de ces femmes recrutées pour la plupart dans des prisons ou des asiles psychiatriques. (Pocket)

Jamais je n’aurai lu tant de livres sur les Indiens d’Amérique que cette année, et il manquait au palmarès ce roman de Jim Fergus, "Mille femmes blanches", une fiction mettant en scène des jeunes femmes blanches qui obéissant à un programme du gouvernement Américain partent épouser et vivre avec des Cheyennes de la tribu du grand chef Little Wolf.
Soyons clair, c’est de la fiction et un tel arrangement n’a jamais existé, d’ailleurs l’auteur s’est permis quelques libertés quant à la réalité de la vie de Little Wolf et de certains évènements dont il est question en modifiant les dates.

Jim Fergus a bâti son roman sur des carnets fictifs écrits par une certaine May Dodd, une ancêtre du narrateur, qui aurait fait partie de ces femmes parties vivre chez les Cheyennes.
May Dodd était issue d’un milieu aisé, mais parce qu’elle s’est mise en ménage avec un homme dont elle a eu deux enfants et que cela ne se faisait pas à l’époque, ses parents l’ont fait interner.
Son seul salut pour quitter l’asile vient de la proposition du gouvernement, elle choisit alors de retrouver sa liberté, même si pour cela elle doit épouser un Cheyenne et lui faire des enfants.
Autant quitter une prison pour en retrouver une autre, mais en plein air cette fois-ci : "Je n’ai de toute façon aucun pouvoir sur hier ni sur demain. La même leçon vaut certainement pour ma vie ici chez les barbares, mon sentiment étant que j’ai en quelque sorte mis les pieds dans une autre forme d’asile, celui-ci étant le saint des saints de la folie.".
Elle n’aura pas à regretter son choix, car elle épousera Little Wolf, le grand chef, et entre-temps elle aura le temps de tomber amoureuse d’un autre homme, un gradé militaire responsable d’acheminer les femmes blanches aux Indiens.
A travers le regard de May Dodd, l’auteur dépeint non seulement le mode de vie des Indiens mais il fait s’interroger toutes ces femmes blanches sur leurs congénères et les actions qu’ils entreprennent vis-à-vis des Indiens, notamment celle de les parquer dans des réserves pour s’approprier leurs terres et les richesses qu’elles recèlent : "Pourquoi nous rendrions-nous à l’Agence, quand nous disposons de tout ce dont nous avons besoin, et que nous sommes un peuple libre sur une terre libre ?".
Car toutes ces femmes finissent par adopter les coutumes et le mode de vie des Cheyennes, et ça leur plaît car sans doute que pour la première fois de leur vie elles sont réellement libres, à la fois de mouvement et d’opinion.
Et elles s’interrogent : "Je ne peux m’empêcher de me demander ce que nous pouvons bien faire à ces gens pour que leurs vies et leurs moyens d’existence s’abîment à notre contact, qu’ils se "dégradent" à cause de nous, comme disait le capitaine Bourke.", elles se rendent bien compte qu’au contact des Blancs les Indiens perdent une partie de leur essence, ils se transforment et oublient leurs coutumes, à l’image de ces Indiens alcooliques qui errent près des casernes de soldats, ils ne sont plus Indiens mais pas non plus Blancs, ils n’appartiennent plus à aucun peuple.
Je ne sais trop quoi penser de ce livre, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais je ne peux pas non plus dire que c’est un coup de cœur.
Est-ce parce que l’auteur a pris des libertés historiques que j’ai du mal à adhérer complètement à l’histoire ?
Sans doute, car il faut reconnaître que c’est écrit de telle façon que le lecteur y croit, mais comme je savais que ce n’était pas vrai la sauce n’a pas complètement prise.
Ou alors le personnage de May ne m’a-t-il pas assez touchée ?
Certes, son histoire est plutôt triste, mais ce n’est pas non plus le genre de personnage féminin pour lequel je peux ressentir de l’empathie.
Je dois bien dire que ses états d’âme m’ont assez vite lassée.
Et je ne sais trop quoi penser non plus de la vision très simpliste présentée par l’auteur : les Blancs sont les gentils et les Indiens les méchants.
Est-ce volontaire ou non ?
L’originalité de ce récit est qu’il se fait à travers un regard féminin, chose rare dans la littérature traitant des Indiens d’Amérique ; et impossible de ne pas reprocher à l’auteur son implication et la justesse des questions soulevées.

"Mille femmes blanches" de Jim Fergus mérite d’être lu mais ce n’est pourtant pas ce roman que je citerai en premier pour un aperçu littéraire de l’extermination des Indiens d’Amérique ni que je retiendrai cette année dans mes lectures sur ce thème.


Livre lu dans le cadre du Prix des Lectrices 2015

mercredi 23 septembre 2015

La dernière réunion des filles de la station-service de Fannie Flagg


Point Clear, Alabama. Après avoir marié la dernière de ses filles, Sookie Poole aspire à un repos bien mérité. Elle aimerait se consacrer enfin à elle, à son couple, faire avec Earle, son mari, les voyages dont elle rêve. Mais elle doit encore compter avec sa mère, l'incroyable Lenore Simmons Krackenberry qui, à 88 ans, épuise les infirmières à domicile les unes après les autres. Si certains de ses coups d'éclat récents peuvent laisser penser qu'elle souffre de démence sénile, le diagnostic n'est pas aisé à établir car, toute sa vie, son comportement a été des plus excentriques.
Le jour où un mystérieux interlocuteur révèle à Sookie un secret de famille parfaitement inattendu, son existence vole en éclats, à commencer par ses rapports avec sa mère. Afin de comprendre qui elle est vraiment, Sookie va alors se mettre sur la piste d'une femme exceptionnelle, Fritzi, qui, en 1940, tenait avec ses trois sœurs une station-service dans le Wisconsin. Le destin incroyable de Fritzi donnera-t-il à Sookie une nouvelle inspiration pour sa propre vie ? (Cherche-Midi)

Sookie Poole est le parfait exemple de la femme américaine au foyer : elle a un gentil mari qui a une bonne situation, des enfants charmants – elle vient d’ailleurs de marier la dernière de ses filles, elle a une belle maison, un magnifique jardin ; bref, tout pour avoir une vie heureuse et enfin prendre un moment pour elle, pour respirer et se reposer.
Mais voilà, Sookie a aussi deux problèmes : une mère en incroyable forme qui est une véritable tornade, et un cruel manque de confiance en elle : "Tout le monde aimait Sookie, sauf elle-même.".
Et puis bientôt, elle a un troisième problème : un mystérieux interlocuteur lui révèle un secret de famille qui va tout simplement bouleverser Sookie et sa petite vie bien rangée, et la met sur la piste d’une femme au destin exceptionnel : Fritzi.

En débutant le récit avec Sookie et son quotidien, Fannie Flagg plante tout d’abord le décor et finit par emmener le lecteur dans le passé en lui faisant vivre le destin incroyable de Fritzi et de sa famille, jusqu’à le conduire à une probable rencontre entre ces deux personnages, mais avec bien entendu les craintes et les incertitudes de Sookie : "Ça mènerait à quoi, si je la rencontrais ? C’est peut-être une vieille femme acariâtre, qui ne me plaira pas.".
J’ai beaucoup aimé le personnage de Sookie, ainsi que celui de Fritzi, mais j’ai une tendresse toute particulière pour la première car c’est une femme peu sûre d’elle, qui doute uniquement d’elle-même et qui est son pire problème, et qui va pourtant se révéler à cinquante ans.
J’ai aimé parce que c’est un personnage tout à fait banal qui va être transfiguré par une aventure quelque peu exceptionnelle, et un secret de famille qui aurait pu la détruire va au contraire l’aider à s’émanciper du joug un peu trop fort de sa mère et enfin l’aider à s’accepter et à s’aimer tel qu’elle est.
Et c’est tout à fait plausible dans la vie de tous les jours, et cela peut arriver à n’importe qui.
C’est sans doute ce qui m’a le plus touchée à travers ce personnage, son côté très banal et familier.
Sookie pourrait être n’importe quelle femme ou mère de famille rencontrée dans la rue.
Malgré ses doutes elle conserve une bonne dose d’humour et d’autodérision, tout en craignant de finir comme d’autres membres de sa famille, en asile psychiatrique, car comme le dit sa mère : "On est comme ça, chez les Simmons, un peu fêlés.".
Le personnage de Fritzi m’a lui plus intéressée d’un point de vue historique, déjà car c’est une femme forte qui va faire un choix de vie contraire aux habitudes de son époque, et aussi car elle va révolutionner la place des femmes dans le noyau familial.
Elle va être une féministe avant l’heure, apprendre à piloter un avion et vivre de son art, et s’émanciper quelque peu des hommes.
Après avoir géré la station-service familiale avec ses sœurs elle va intégrer le WASP (Women Airforce Service Pilots) durant la Seconde Guerre Mondiale, ainsi que d’autres de ses sœurs, et œuvrer ainsi à l’effort de son pays.
J’étais très intriguée de découvrir cette organisation para-militaire qui a réellement existé et qui est aujourd’hui quasiment passée sous silence.
En somme, Sookie et Fritzi n’ont pas vraiment de points communs, et pourtant … .
Depuis que j’ai lu le formidable et émouvant "Beignets de tomates vertes" j’attendais avec impatience un nouveau roman de Fannie Flagg, et bien je n’ai pas été déçue.
J’ai retrouvé avec grand plaisir la plume de cette auteur qui a une nouvelle fois réussi à créer une histoire mélangeant passé et présent avec beaucoup d’émotion et de rebondissements.
C’est tout à fait le genre de livre que j’apprécie pour me détendre car c’est bien écrit, il y a beaucoup de sentiments et c’est surtout tout à fait crédible et complètement réalisable dans la vie de tous les jours.
Arrivée à un certain stade, j’avais du mal à le lâcher tant je voulais connaître la fin, et même à ce moment-là l’auteur a réussi à me surprendre avec certaines révélations auxquelles je ne m’attendais pas.
Le seul petit reproche que je ferai à ce roman c’est que l’histoire s’accélère un peu trop à la fin, alors que l’intrigue avait bien pris son temps pour être posée j’ai regretté ce petit coup d’accélérateur et d’avancée dans le temps, car je n’aurai pas été contre quelques dizaines de pages en plus, bien au contraire.

"La dernière réunion des filles de la station-service" de Fannie Flagg est dans la droite lignée de "Beignets de tomates vertes".
C’est un roman tout à fait succulent qui se dévore avec bonheur et procure une bonne dose d’émotion, je ne peux que le recommander chaudement.


Livre lu dans le cadre du Challenge Romancières américaines

mardi 22 septembre 2015

Top Ten Tuesday #119


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani, puis désormais par Froggy.

Les 10 livres de ma PAL pour cet automne 2015

1) "La dernière fugitive" de Tracy Chevalier
2) "Les ignorants" d'Etienne Davodeau
3) "Trente-six chandelles" de Marie-Sabine Roger
4) "La poupée - Nouvelles" de Daphné du Maurier
5) "Le roman de la momie" de Théophile Gautier
6) "La Bible selon le chat" de Philippe Gelluck
7) "Le prédicateur" de Camilla Läckberg
8) "Le sillage de l'oubli" de Bruce Machart
9) "La route" de Cormac McCarthy
10) "Le fait du prince" d'Amélie Nothomb