mardi 5 janvier 2016

Top Ten Tuesday #134


Le Top Ten Tuesday (TTT) est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.

Ce rendez-vous a été créé initialement par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani, puis désormais par Froggy.

Les 10 livres de votre PAL à lire absolument en 2016

1) "La poupée et autre nousvelles" de Daphné du Maurier
2) "Frankie et Johnnie" de Meyer Levin
3) "Fils de la providence" de Herbjørg Wassmo
4) "A l'ouest rien de nouveau" d'Erich Maria Remarque
5) "Les ignorants" d'Etienne Davodeau
6) "Infidélités" de Vita Sackville West
7) "Orgueil et préjugés" de Jane Austen
8) "Noire lagune" de Charlotte Bousquet
9) "Une vie bouleversée" d'Etty Hillesum
10) "Adèle Blanc-Sec Tome 6" de Jacques Tardi

lundi 4 janvier 2016

Cinéma - 2015 dans le rétro

En 2015, j'ai été voir quelques films au cinéma, il est temps de regarder en arrière et de sélectionner les 10 films qui m'ont marquée cette année.

A noter une accélération des films vus en deuxième partie d'année 2015, la raison : l'ouverture du nouveau cinéma dans ma ville, qui est passé de trois à six salles, permettant ainsi de diversifier les films projetés et les séances (mon objectif pour 2016 : assister à au moins un événement organisé par le cinéma, par exemple une rencontre avec un réalisateur).

Afin de faire durer le suspens, je vais faire un classement à rebours.

- 10 -

En 10ème position, deux films aux antipodes l'un de l'autre : "Star Wars - Le réveil de la force" de J. J. Abrams et "Au-delà des montagnes" de Zhang-ke Jia.



Pourquoi ces deux films très différents ?
Parce que je tenais à les faire figurer dans mon palmarès 2015 et il s'avère qu'il y avait en tout 11 films, plutôt que d'en éjecter un j'ai choisi de les garder tous les deux.
Le premier parce que j'ai passé un bon moment de cinéma et que c'est un plaisir de retrouver l'univers de Star Wars; le deuxième parce qu'il propose une vision très intéressante et émouvante de la vie d'une femme sur un quart de siècle.
Finalement, il y a une forme de lien entre ces deux films, puisque "Au-delà des montagnes" propose une vision futuriste de 2025, c'est un peu de la science-fiction, comme Star Wars donc.
Cela donne aussi le ton pour mon classement, il va y avoir de tout !

- 9 -

En 9ème position, "Le pont des espions" de Steven Spielberg.


Je me suis posée la question de savoir si je le conservais ou non dans mon classement, la faute au réalisateur qui n'a révélé qu'une partie de la vérité historique, et ça a eu le don de quelque peu me chiffonner.
J'ai réfléchi, je ne peux pas nier que le film soit réussi, bien interprété et bien réalisé, c'est pourquoi j'ai décidé de le conserver.

- 8 -

En 8ème position, "Avril et le monde truqué" de Frank Ekinci et Christian Desmares.


J'ai choisi ce dessin animé Français parce que je l'ai trouvé très bien fait, avec un scénario certes prévisible mais riche et rendant hommage à l'univers graphique de Jacques Tardi, un dessinateur que j'apprécie beaucoup.
J'ai rêvé avec ce dessin animé, et je crois qu'il est essentiel que le cinéma nous fasse rêver, d'où la présence de ce film dans mon classement.

- 7 - 

En 7ème position, "Mon roi" de Maïwenn.


Maïwenn j'aime beaucoup, et j'ai été saisie par cette histoire d'amour qu'elle décortique à l'écran, par cette femme envoûtée par cet homme qui pourtant la blesse (psychologiquement), lui fait mal et auquel elle s'accroche.
Même moi j'étais sous le charme de Georgio, j'avais du mal à détacher mon regard de cet être à la fois solaire et nocif.
Emmanuelle Bercot et Vincent Cassel sont ici au sommet de leur art en terme d'interprétation

- 6 - 

En 6ème position, "Much Loved" de Nabil Ayouch.


Que je les aime ces prostituées Marocaines, à la fois si fragiles et si fortes qui revendiquent haut et fort leur droit à exister dans un pays qui les rejette et pourtant les utilise.
J'ai longuement hésité à mettre ce film ex-aequo avec celui qui figure en 5ème position, finalement je me suis dit que ce film méritait une place à lui tout seul.
J'ai aimé la façon dont l'histoire m'a interpellée, remuée et bouleversée (allez, mange-toi un uppercut dans le ventre), c'est un très beau film de femmes que j'ai souhaité mettre à l'honneur dans mon classement, d'autant plus quand on connaît la polémique qui s'est créée autour de celui-ci au Maroc et les violences subies par son actrice principale, Loubna Abidar.

- 5 - 

En 5ème position, "La loi du marché" de Stéphane Brizé.


Oh ce n'est ni glamour ni joyeux, mais alors quel film réaliste ! Comme tout le monde (ou presque) j'ai été bluffée par la performance d'acteur de Vincent Lindon, récompensé d'ailleurs pour la première fois de sa longue carrière, mais j'ai aussi été bluffée par la réalité et la vérité qui se dégagent de ce film.
Oui, c'est une véritable et véridique plongée dans le monde de l'entreprise actuelle, ici à travers le commerce et les grandes surfaces, où les ressources humaines s'illustrent par leur déshumanité.
J'aime que le cinéma soit engagé et véridique, qu'il soit fort et à l'image de ce film.

- 4 - 

En 4ème position, "Birdman" d'Alejandro González Iñárritu.


C'est fou, c'est beau, c'est magique, c'est la renaissance d'un acteur quasi disparu des écrans, "Birdman" a fait partie de mes belles surprises cinématographiques du début de l'année 2015.
C'est un formidable film qui met en abyme le spectateur dans le milieu du show-business, avec un acteur oublié qui essaye de revenir à la une en montant une pièce de théâtre.
Je savais depuis plusieurs mois déjà que ce film figurerait en bonne place de mon palmarès cinématographique 2015.

- 3 - 

En 3ème position, "Vice-Versa" de Pete Docter.


Et oui, cette année il y a deux dessins animés dans mon classement.
Celui-ci est tout simplement formidable, bourré d'émotions (dans tous les sens du terme), à la fois drôle, joyeux, nostalgique et triste, avec un graphisme des plus jolis, il était donc évident qu'il figure parmi mes trois meilleurs films de l'année 2015.
C'est bien simple, ce dessin animé frôle la perfection et cela faisait bien longtemps que je n'avais pas autant rêvé au cinéma (avec un dessin animé, que l'on s'entende bien).

- 2 - 

En 2ème position, "Dheepan" de Jacques Audiard.


Oui, évidemment, Jacques Audiard et son "Dheepan" figurent en très bonne place de mon classement.
Ce n'est peut-être pas le meilleur film de Jacques Audiard mais il est d'un réalisme à couper le souffle et là aussi il envoie un sacré coup-de-poing dans le ventre.
J'ai tout aimé dans ce film : la justesse de propos, le choix d'acteurs non professionnels pour interpréter les personnages principaux, le message qu'il véhicule et la vérité qu'il raconte.
Apparemment il a été boudé par les spectateurs, c'est bien dommage, c'est un peu la raison pour laquelle j'ai aussi choisi de le faire figurer à une très bonne place dans mon classement.


Le suspens est à son comble ... quel va être le film n° 1 de l'année 2015 ?
Réponse après la pub !
Oups, je suis sur un blog sans publicité, donc réponse maintenant !

- 1 - 

En 1ère position, "Le fils de Saul" de László Nemes.


Vous vous y attendiez à celle-là ?
Je crois bien être la seule personne jusqu'à présent et parmi tous les classements cinématographiques 2015 que j'ai pu lire à placer non seulement ce film dans mon "Top Ten 2015" mais à l'y faire figurer en première position.
Et promis, ça n'est pas parce que j'ai été en Hongrie en 2015 qu'il figure en première position.
Du cinéma, je n'attends pas que des belles images et de l'émotion mais aussi d'être secouée, remuée, interpellée (ce n'est pas le hasard s'il y a 3 films que je qualifierai de "coup-de-poing" parmi les cinq premiers du classement).
Non seulement je trouve que le film est maîtrisé dans sa réalisation, d'autant plus remarquable quand on sait qu'il s'agit d'un premier film, mais il m'a remué tripes et boyaux et je n'en suis pas ressortie indemne.
A mes yeux c'est la meilleure fiction cinématographique faite à ce jour sur la Shoah, notamment parce qu'elle a su éviter de tomber dans les pièges et les écueils de ce sujet, et aussi parce qu'elle aborde la Shoah à travers un membre des Sonderkommandos, un sujet rare en littérature et inexistant jusqu'à présent au cinéma.
C'est une oeuvre audacieuse et ambitieuse comme j'aime à en voir, voilà pourquoi elle est, et de loin, placée en numéro 1.

dimanche 3 janvier 2016

Au-delà des montagnes de Zhang-ke Jia




Chine, fin 1999. Tao, une jeune fille de Fenyang est courtisée par ses deux amis d’enfance, Zang et Lianzi. Zang, propriétaire d'une station-service, se destine à un avenir prometteur tandis que Liang travaille dans une mine de charbon. Le cœur entre les deux hommes, Tao va devoir faire un choix qui scellera le reste de sa vie et de celle de son futur fils, Dollar. Sur un quart de siècle, entre une Chine en profonde mutation et l’Australie comme promesse d’une vie meilleure, les espoirs, les amours et les désillusions de ces personnages face à leur destin. (AlloCiné)


Le film s'ouvre avec la chanson "Go West" des Pet Shop Boys, des jeunes gens qui dansent dessus, emmenés par une jeune fille souriante, heureuse de vivre.
Elle, c'est Tao (Zhao Tao), derrière il y a Liangzi (Jing Dong Liang) son ami, amoureux d'elle.
Mais dehors, il y a aussi Zhang Jinsheng (Zhang Yi), lui aussi amoureux d'elle.
Nous sommes en 1999, à l'aube d'un nouveau siècle, et Tao va devoir faire un choix entre ses deux amis d'enfance : Liangzi travaille dans une mine de charbon, Zhang est propriétaire d'une station-service et envisage de racheter des mines de charbon.
Tao va faire un choix qui va sceller son destin, et la vie de son fils à venir, un garçon que son père prénommera Dollar, c'st dire toute l'ambition de fortune de celui-ci.
Tao s'est-elle trompée ou non ?
Le film n'est pas là pour répondre à cette question, il est là pour s'intéresser à l'évolution de ces trois personnages à travers les époques et une Chine qui évolue, c'est d'ailleurs un point que j'ai beaucoup apprécié dans ce film, comment le traditionnel se heurte au moderne.
Après une ouverture assez longue qui prend le temps de poser le contexte et les personnages, c'est un bond de quinze ans en avant qui est fait.
Le spectateur retrouve Tao, Liangzi et Zhang dans leur nouvel univers, celui qu'ils se sont créés en fonction de leur choix.
Et puis il y a un troisième bond en avant, en 2025. Cette fois-ci l'action se passe en Australie, l'eldorado de la classe Chinoise riche, et s'intéresse à Dollar devenu jeune adulte et ayant quasiment oublié ses racines Chinoises.
Retracer le destin de trois personnages sur un quart de siècle était une idée à la fois originale et ambitieuse et le réalisateur s'en sort plutôt bien.
Il joue avec la taille de l'écran, passant du carré au scope, pour souligner l'évolution des personnages mais aussi des époques.
J'ai également beaucoup apprécié tous les petits détails qui se voient à l'écran (l'évolution de la ville de Fenyang par exemple), ainsi que l'utilisation qu'il fait de l'ellipse.
Si j'ai beaucoup apprécié le jeu de Zhao Tao, formidable aux trois époques de la vie de son personnage, je suis un peu plus partagée quant au jeu des deux acteurs campant ses amis d'enfance.
Ils font presque ternes par rapport à l'actrice principale qui arrive à communiquer sa joie de vivre, son sourire.
Face à elle, ils ressemblent bien trop souvent à des clowns tristes rongés par leur rivalité sur le soleil que représente Tao.
Au final, je retiens surtout que cette histoire montre à quel point les relations humaines sont en train de se détériorer : le modernisme pousse les gens à s'éloigner les uns des autres et à oublier tous les sentiments que l'on peut éprouver les uns envers les autres.
Il n'y a qu'à voir ce jeune Dollar assailli par les bouffées de nostalgie d'un passé dont il ne se souvient que par bribes et qui pour le combler prend pour maîtresse sa professeur de Chinois, une femme-maîtresse-maman, elle-même Chinoise, qui va le guider et le remettre, sans doute, sur les rails de son passé qu'il a complètement oublié.
C'est en tout cas à espérer.
Tao elle ne baisse jamais les bras et à su marier le moderne avec le traditionnel, mais elle se retrouve bien seule, et pourtant elle garde espoir.
Belle leçon de vie de la part de cette femme qui s'est endurcie au fil des années.
Le film se referme avec la chanson "Go West" des Pet Shop Boys et une Tao plus âgée qui danse toujours sur cette musique, mais seule cette fois-ci, et pourtant toujours souriante et heureuse de vivre.
La boucle est bouclée, la suite appartient à l'imagination du spectateur.


"Au-delà des montagnes" est une fresque ambitieuse plutôt bien réussie dans son ensemble, une oeuvre visuelle qui donne à la fois le tournis et le frisson, un beau spectacle cinématographique en cette fin d'année/début de la nouvelle.



Walking Dead Tome 16 Un vaste monde de Robert Kirkman et Charlie Adlard


La vie reprend doucement son cours pour les habitants de la communauté. Mais le danger n'est jamais très loin... Morts et vivants rôdent. Lorsqu'Abraham et Michonne découvrent l'existence d'un homme avec de fortes aptitudes pour se battre et ne semblant pas éprouver la peur, les souvenirs du Gouverneur resurgissent. Rick et les siens voient leur confiance en l'humain une nouvelle fois mise à l'épreuve. (Delcourt)

Rick, c'est un peu Martin Luther King, il a un rêve : "Je vois un monde sans rôdeurs. Un monde où les enfants jouent dans les champs. Un monde où on n'a plus de raison d'avoir peur.", un monde sûr, sans zombie, où les enfants pourront grandir dans la paix et les adultes vivre la main dans la main.
Après une période d'abattement, il est de nouveau plein d'espoir : "On va pouvoir arrêter de survivre et commencer à vivre.", alors il galvanise ses troupes dans ce sens.
Sauf qu'il va y avoir un petit hic dans toute cette euphorie, en la personne de Paul Monroe, surnommé Jésus, un habitant d'une autre communauté baptisée "La colline" et qui vient rendre visite à la communauté d'Alexandria : "Hé, les gars. Vous croyez que vous êtes les seuls survivants ou quoi ?", pour leur proposer un marché : munitions contre nourriture.
Rick et toute sa joyeuse bande sont un peu sous le choc, à trop vivre derrière les clôtures de leur domaine ils en ont oublié qu'il y a d'autres personnes dehors : "On est en sécurité derrière ces murs, mais on a perdu de vue ce qu'il y a de l'autre côté. Un vaste monde.", et pas que des rôdeurs mais aussi des humains dont certains ne sont pas remplis des meilleures intentions.
Rick et un petit groupe, dont Andrea, Glenn et Michonne, partent donc avec Jésus rencontrer sa communauté.
Bon, il s'avère que Jésus a omis de leur parler de quelques petits détails, dont le plus important : "La colline a des ennemis.".
Mais comme le groupe de Rick a le cœur sur la main, et qu'ils ont compris l’intérêt d'échanger avec d'autres personnes, ils vont se proposer pour résoudre le problème représenté par Negan et son groupe, "les sauveurs".
Et à mon avis ça réserve de belles scènes de bataille dans les prochains épisodes.

Après l’accalmie le temps est revenu pour introduire un nouvel arc narratif dans la longue saga de "Walking Dead".
Une nouvelle fois je n'ai pas été déçue par ce dix-huitième tome, il tient toutes ses promesses et offre une histoire riche en rebondissements à venir.
Il faut une bonne dose d'imagination à Robert Kirkman pour continuer à développer son histoire et faire évoluer ses personnages.
Il s'en sort brillamment, il propose sans cesse de nouvelles choses, ne se répète jamais et son imagination semble sans limite pour introduire e la terreur et des méchants dans l'histoire.
Car rappelons-le, le danger ne vient pas des rôdeurs (juste un peu) mais bien plus des vivants, dont certains ont profité du chaos pour développer un certaine perversité (dois-je vous rappeler le sinistre gouverneur ?).
Il a aussi su faire évoluer ses personnages, je pense notamment à Glenn, Maggie, Michonne, Andrea, mais surtout Rick qui après des hésitations et des interrogations dans le tome précédent retrouve ici de sa superbe : "Ça fait un bout de temps que ça dure, mais j'ai enfin compris pourquoi on a fait de moi un chef. Pour ma façon de voir les choses.", se pose en leader incontesté de son groupe et n'hésite pas à se faire remarquer auprès des membres de la colline.
J'espère par la suite que le scénario se concentrera un peu moins ce personnage pour offrir de nouveau un rôle au premier plan à d'autres personnages tout aussi intéressants qui sont à ce jour un peu plus en retrait.
Après avoir travaillé sur un groupe d'individus, puis une communauté, je trouve malin de la confronter à une autre qui semble tout aussi bien organisée.
Cela permet aussi d'introduire de nouvelles têtes, de nouvelles perspectives pour les personnages et d'agrandir le cercle des survivants pour continuer à innover dans cet univers post-apocalyptique.
Charlie Adlard se fait plaisir au dessin et offre de très belles planches avec des scènes vigoureuses, de l'action et une bonne occupation de la mise en page.
Je trouve à chaque fois formidable qu'une bande dessinée en noir et blanc arrive à être aussi expressive dans son graphisme et dans sa mise en scène.
Visuellement c'est une franche réussite et cela contribue pour beaucoup au succès de cette série.

"Un vaste monde" est un excellent seizième tome à la série "Walking Dead" qui ne cesse de proposer une oeuvre de qualité, il me tarde de découvrir ce que les auteurs réservent à leurs personnages dans la suite de cette aventure palpitante.

samedi 2 janvier 2016

Le pont des espions de Steven Spielberg



James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé. (AlloCiné)


Après un prologue assez long et quasi silencieux, hormis le bruit du quartier de Brooklyn, un homme est arrêté.
Désigné comme Rudolf Abel (Mark Rylance), il est arrêté et jugé comme espion pour le compte de l'URSS.
Nous sommes en pleine période de guerre froide et les russes comme les Américains envoient des taupes de chaque côté de l'Atlantique pour s'espionner mutuellement, se piquer des secrets et savoir où chacun en est dans la maîtrise d'armes de plus en plus puissantes et perfectionnées.
La défense de Rudolf Abel est confiée à un avocat de Brooklyn spécialisé en assurance, James Donovan (Tom Hanks), qui va y mettre tout son cœur et toute sa force de persuasion, mettant ainsi sa famille en péril ainsi que sa carrière.
Ça, c'est la première partie du film.
Une partie assez longue, dans laquelle l'action se passe uniquement au tribunal, et même si les scènes de plaidoirie sont bonnes, j'avoue que j'ai trouvé le temps un peu long.
Mais il fallait bien cela pour mettre en place l'histoire et les personnages et ainsi arriver à la deuxième partie du film, nettement plus vivante et intéressante à mes yeux.


Pendant que James Donovan évite la peine de mort à son client, un pilote espion Américain, Francis Gary Powers (Austin Stowell) est capturé par les Russes.
Et là, la CIA n'a qu'une seule envie : récupérer cet homme qui a contrevenu aux ordres qui lui avaient été donnés - à savoir se tuer avec une capsule de cyanure en cas de capture par l'ennemi - avant qu'il ne se mette à parler.
Pour cela, la CIA fait appel à James Donovan, c'est lui qui va aller négocier Powers contre Abel.
Car il faut dire qu'en faisant emprisonner à vie son client, James Donovan a eu une riche idée, il a gardé sous le coude une monnaie d'échange en cas de pépin avec les Russes.
Et pendant ce temps à Berlin, un mur est en train d'être érigé pour séparer définitivement la partie occidentale de la ville de celle dirigée par les Russes.
Un étudiant Américain, Frederic Pryor (Will Rogers), se fait bêtement arrêté par la police et se retrouve emprisonné.
Qu'à cela ne tienne, James Donovan se met alors en tête, contre l'avis de la CIA pour qui seule la vie de Powers importe, de négocier Powers et Pryor contre Abel.
Et c'est direction Berlin pour James Donovan, pour une négociation qui doit rester secrète.


En principe, Steven Spielberg et Tom Hanks c'est une recette qui fonctionne, et là, le film n'y déroge pas.
J'ai beaucoup aimé Steven Spielberg comme réalisateur pendant un moment, un peu moins par la suite mais ici il se rattrape et me donne de nouveau envie de regarder ses films.
Quant à Tom Hanks, cela faisait un petit moment que je ne l'avais pas vu dans un film, au passage je trouve qu'il vieillit bien et que son jeu d'acteur reste percutant.
"Le pont des espions" est un excellent film d'espionnage qui sait tenir le spectateur en haleine.
Pour ma pat, j'ai nettement plus apprécié la deuxième partie que la première, non seulement parce qu'elle est plus vivante mais aussi plus riche visuellement et d'un point de vue caractère des personnages.
C'est dans la deuxième partie que James Donovan prend toute son ampleur et déploie ses talents de négociateur, la première n'était qu'un échauffement, une mise en jambe en quelque sorte.
J'ai énormément apprécié les échanges entre James Donovan et ses interlocuteurs à l'ambassade de Russie à Berlin, il y a une forme de jeu, chacun jauge l'autre, et au final c'est une forme de respect qui s'instaure.
Il en va d'ailleurs de même avec la relation entre James Donovan et Rudolf Abel, les deux hommes s'apprécient et éprouvent l'un envers l'autre un respect mutuel.
Le scénario est signé par les frères Coen et ils sortent plutôt très bien leur épingle du jeu, démontrant ainsi qu'ils peuvent écrire aussi en dehors de leurs propres films.
L'autre aspect que j'ai beaucoup aimé dans ce film, c'est de voir Berlin à l'époque de la construction du mur et tout ce que cela engendre de déchirements et de drames.
C'est une période et une ville assez peu représentées que ce soit au cinéma ou dans la littérature et c'est fort regrettable.
Le film reconstitue parfaitement l'ambiance qui régnait à cette époque, visuellement il est très réussi et donne même lieu à quelques très belles scènes, notamment celle de l'échange de prisonniers sur le pont.
Cette fois-ci Steven Spielberg n'a pas fait appel à John Williams pour la musique et peut-être que ce n'était pas un choix judicieux, je ne garde pas de souvenirs de la bande originale, c'est un peu dommage.
Mais avec une première partie un tantinet longuette c'est bien tout ce que je reproche à ce film qui est maîtrisé du début à la fin.
Là où j'en veux un peu plus à Steven Spielberg, c'est qu'il aime faire des films s'inspirant de faits réels, avant celui-ci je pense particulièrement à "La liste de Schindler", et qu'ici il présente en quelques phrases ce que sont devenus James Donovan et Rudolf Abel.
Jusque là rien à redire, sauf que je suis curieuse, j'ai donc fait des recherches sur internet, pour découvrir que Steven Spielberg a fait le choix de ne présenter qu'une partie de la réalité, et pour ça je lui en veux.
Quand on s'attache à raconter des faits historiques, on le fait jusqu'au bout ou alors on s'abstient (pour rappel, "La liste de Schindler" suscite plusieurs polémiques depuis sa sortie, notamment une certaine idéalisation d'Oskar Schindler).
Mon propos peut sembler un peu dur mais je n'aime pas voir des faits historiques arrangés à la sauce Américaine pour faire plus joli, et surtout que l'on prenne limite le spectateur pour un imbécile incapable de faire des recherches par soi-même.
Sachez donc que Rudolf Abel n'est en fait pas Rudolf Abel (et ça, Steven Spielberg s'est bien gardé de le dire), le véritable Rudolf Abel était déjà mort à l'époque des faits et c'est son collègue et ami du KGB William Fischer qui a été arrêté aux Etats-Unis et échangé, il a volontairement usurpé cette identité et l'a conservé jusqu'à sa mort.


"Le pont des espions" est un très bon film d'espionnage, à voir d'autant plus car il retranscrit d'une belle façon la peur qui régnait à cette époque et qui agite aujourd'hui malheureusement notre quotidien.









Walking Dead Tome 15 Deuil & espoir de Robert Kirkman et Charlie Adlard


Malgré l'horreur des récents événements, les rescapés parviennent à surmonter leur douleur et se concentrent déjà sur la reconstruction physique et psychologique de leur communauté. Andrea supervise l'enseignement du tir à l'ensemble des survivants, Abraham dirige l'équipe chargée de fortifier l'enceinte de la ville. Mais Rick est sans doute celui qui a le plus de mal à se remettre. Et pour cause... (Delcourt)

Comme le titre l'indique, aujourd'hui le temps est au recueillement, au deuil après les morts suite à l'attaque massive de zombies dans le tome précédent, mais aussi à l'espoir, avec un Rick qui essaye de convaincre les personnes de la communauté que l'avenir leur appartient et qu'il sera ce qu'ils décident d'en faire tous ensemble : "Maintenant que j'ai vu ce qu'on pouvait faire quand on travaille ensemble, je pense à ce qu'on pourrait accomplir. Je vais vous dire ... je pense à plein de choses.".
Car Rick est convaincu d'avoir trouvé son paradis, son coin sur terre où il va pouvoir vivre avec son fils dans une relative harmonie, car l'enfer, lui et les autres membres de son groupe l'ont connu : "Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous avez, ici. Vous n'avez pas vécu ce qu'on a vécu. Ici, vous avez un véritable paradis.".
Mais c'est sans compter sur les sombres pensées de Rick : "Je suis une coquille vide. J'ai l'impression d'être mort depuis longtemps.", un homme qui a beaucoup souffert, beaucoup vécu, qui fait semblant d'être fort devant les autres mais qui en réalité a du mal à se remettre de tout ce qu'il a vécu.
D'autant plus que son fils Carl a été profondément changé par tous les événements de ces deux dernières années : "J'espérais que ça passerait ... Toute la souffrance qu'il a endurée ... Les horreurs qu'il a vues ... J'espérais revoir cette étincelle dans ses yeux ... Cet espoir ... Mais en fait, ça a empiré.".
Il faut que ce père accepte que son fils n'est plus le même et ne le sera plus jamais, pas évident pour un parent.

J'ai l’impression que cela devient la norme avec cette série, après un tome avec de l'action le suivant est plus calme, plus posé, avant de remettre le couvert au suivant.
"Deuil & espoir" est un tome de transition, qui permet à la fois au lecteur de redécouvrir un peu plus les différents personnages et de se préparer à ce qui va suivre.
Car il serait illusoire de croire que cette charmante petite ville fortifiée va se transformer en réplique de Wisteria Lane où tous les rescapés vivront en parfaite harmonie et se prépareront mutuellement de bons petits plats qu'ils iront savouré les uns chez les autres.
Rick est un homme qui pense beaucoup, sans doute trop, et j'avoue que je commence à trouver qu'il s'apitoie vraiment trop sur lui-même.
Il fait peser un poids trop important sur ses épaules, c'est à la fois sa plus grande qualité mais aussi son plus grand défaut.
Heureusement qu'Andrea est là pour le secouer, d'ailleurs j'aime beaucoup la relation qui se met en place entre ces deux personnages, elle est somme toute assez logique.
J'ai également trouvé malin d'intégrer à l'histoire la révolte d'un des habitants, cela permet de mettre un peu d'action dans le scénario de ce tome.
Je ne me fais pas d'illusion, les auteurs ont certainement préparé du lourd pour la suite et une nouvelle fois je ne peux qu'admirer la capacité qu'ils ont à entretenir et à développer cette histoire sur le long terme.
Par contre, j'ai trouvé que cela se relâchait un peu au niveau du dessin, certains personnages ont des traits plus flous dans le sens où ils sont moins reconnaissables, je pense notamment à Maggie et à Glenn, j'ai failli les confondre l'un avec l'autre plusieurs fois.

"Deuil & espoir" est un tome de transition afin d'introduire un nouvel arc scénaristique dans l'excellente et désormais incontournable série "Walking Dead", une série que je prends toujours autant de plaisir à découvrir et à lire.

vendredi 1 janvier 2016

La veuve de Gil Adamson


Canada, 1903. Mary Boulton, 19 ans, vient de tuer son mari. Poursuivie par ses beaux-frères, des jumeaux géants et roux assoiffés de vengeance, la jeune veuve s'enfuit. En chemin, elle rencontre une série de personnages hauts en couleurs auxquels elle s'attache un temps avant de toujours reprendre la route... Gil Adamson bâtit un grand récit picaresque, à la fois captivant et émouvant, la plongée volontaire d'une jeune femme dans les espaces du grand Nord américain. (Christian Bourgois)

Nous sommes au Canada, en 1903.
Mary Boulton commence très bien dans la vie : "Dix-neuf ans et veuve déjà. Mary Boulton. Veuve par sa faute.", comprendre qu'elle a tué son mari et que désormais elle fuit ses deux beaux-frères bien décidés à lui faire la peau pour ce crime.
Jusqu'à un certain point, Mary Boulton a tout fait comme les autres : apprendre à lire, grandir, se fiancer, se marier, avoir un enfant; et puis tout a commencé à par changer avec la mort de son nourrisson, et là, Mary Boulton n'a plus rien fait comme les autres, lassée de la violence, de l'indifférence et des infidélités de son mari elle a fini par lui tirer une cartouche de sa propre carabine (ô l'ironie).
Contrairement à l'adage : "Le veuvage n'est pas un choix; c'est la vie qui vous l'impose.", Mary Boulton son veuvage elle l'a choisi.
Malgré son geste, Mary Boulton se trouve désemparée : "On lui avait tout enlevé - son père, le lieu où elle était née, le peu d'argent qu'elle avait eu, sa bague de fiançailles, son unique enfant et à présent son mari.", il ne lui reste plus qu'à fuir à travers le Canada, les grands espaces, la nature sauvage, et faire plusieurs rencontres qui changeront le cours de sa vie.

L'auteur n'est pas vraiment tendre avec son héroïne, il ne la désigne quasiment que sous le terme de "la veuve", et il lui fait endurer bien des souffrances avant qu'une éclaircie ne pointe à l'horizon de la vie de la jeune femme.
Grâce à sa fuite et aux rencontres qu'elle va faire, Mary Boulton va apprendre à vivre avec ses démons : "Tout était comme avant et pourtant entièrement différent. Telle une femme qui, après une fièvre, émerge de ses draps moites, la veuve contempla la vie nouvelle qui s'offrait à elle. Ne restait plus que son crime.", elle va peut-être y gagner une nouvelle vie, un nouvel espoir.
Elle va aussi devoir apprendre à ouvrir son cœur à un homme : "Quelle folie d'accueillir un homme dans son cœur, de lui concéder un tel pouvoir.", mais un qu'elle aura choisi cette fois-ci, pas qui lui aura été imposé par le devoir de se marier à tout prix.
Parfois, j'ai eu du mal avec ce livre, particulièrement avec son héroïne.
Parce que j'avais sans cesse à l'image le personnage de Dina, cette femme forte qui elle aussi connaît mille tourments mais qui a un véritable caractère, qui est une dure à cuire comme on dit, pas une gentille Mary Boulton qui ne cesse de ressembler à un oiseau tombé du nid trop tôt.
Je sais que ce n'est pas bien de comparer deux romans, deux personnages, deux univers, deux auteurs, pourtant c'est ce que j'ai fait, parce que cela a été plus fort que moi.
Et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai été moyennement prise par l'aventure proposé dans ce récit, je n'ai pas vraiment ressenti d'empathie pour cette femme.
Par moment il y a de très beaux passages, et puis à d'autres cela manquait de souffle, je commençais presque à m'ennuyer.
Ce roman m'a fait penser au film "Jeremiah Johnson" : paysages magnifiques, présence des Indiens, un homme vivant en solitaire, et un scénario bien souvent creux avec peu de dialogue.
Pourtant, cette veuve croise des personnages hauts en couleur au cours de sa fuite (je pense notamment au "Coureur des crêtes"), mais comme je n'ai jamais réussi à m'attacher complètement à ce personnage il en a été de même pour ses aventures.
J'ai par contre beaucoup apprécié le rôle de la religion à travers la Bible dans ce récit, particulièrement sur le personnage de Mary Boulton.
Il y a même une certaine ironie là-dessous, cette femme cherchant à expier un crime qu'elle a commis et ne pouvant se séparer de ce texte dans lequel elle se réfugie.
Je reconnais que la plume de Gil Adamson est assez belle, il s'agit d'un premier roman, cet auteur est donc plutôt prometteur.

Si "La veuve" n'a pas su totalement me transporter dans son univers peut-être en sera-t-il autrement pour vous.

Retour sur les lectures de décembre 2015


En décembre, c'est un livre qui a pris beaucoup de mon temps (et pour cause, c'est un pavé) : "La vérité sur l'affaire Harry Quebert" de Joël Dicker.
Et j'ai très moyennement apprécié ce roman pourtant encensé par la critique et les lecteurs.
Sinon, j'ai lu de la bande dessinée, de la très bonne bande dessinée avec l'excellentissime quatrième tome du "Transperceneige", et du manga.
Ma foi, ce n'est pas trop mal, j'aurai juste apprécié être un peu plus emballée par mes lectures de roman que je ne l'ai été.
Et dire qu'il me reste encore un énormissime pavé à lire, "Le chardonneret" de Donna Tartt, autant dire que le mois de janvier est d'ores et déjà bien rempli en terme de lecture.
Comme je l'ai annoncé hier, en 2016 j'arrête les challenges et de vouloir vider ma PAL à tout prix en m'imposant un nombre de lecture par mois.

En 2016 c'est "Freedom" (de Jonathan Franzen, oui une autre lecture prévue en janvier), j'arrête de me fixer des limites, de m'imposer des contraintes, et je retourne acheter des livres.
Ça c'est de la bonne résolution ou je ne m'y connais pas !

Service de presse

"Transperceneige - Terminus" de Jean-Marc Rochette et Olivier Bocquet

Emprunté à la bibliothèque

"Walking Dead Tome 15" de Robert Kirkman et Charlie Adlard
"Walking Dead Tome 16" de Robert Kirkman et Charlie Adlard
"Silex and the City Tome 4 : Autorisation de découverte" de Jul
"Silex and the City Tome 5 : Vigiprimate" de Jul

Divers

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" de Joël Dicker
"La veuve" de Gil Adamson
"Le problème Spinoza" d'Irvin Yalom (commencé en décembre, sera achevé en janvier)

Il ne me reste qu'à vous souhaiter :