mercredi 18 janvier 2017
Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban de J. K. Rowling
Sirius Black, le dangereux criminel qui s'est échappé de la forteresse d'Azkaban, recherche Harry Potter. C'est donc sous bonne garde que l'apprenti sorcier fait sa troisième rentrée à Poudlard. Au programme : des cours de divination, la fabrication d'une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes... Mais Harry est-il vraiment à l'abri du danger qui le menace ? (Folio Junior)
Ce troisième tome réserve à notre petit sorcier à lunettes bien des péripéties, à commencer par un voyage dans le Magicobus afin d'échapper à la maison de son oncle et de sa tante, en passant par la fuite de Sirius Black de la prison d'Azkaban, un dangereux criminel recherché par le monde magique et les moldus.
Sirius Black, ce criminel que Harry va haïr lorsqu'il apprendra qu'il est lié à la mort de ses parents, à tel point que pour la première fois de sa vie il ressentira l'envie de tuer : "Pour la première fois de sa vie, il aurait voulu brandir sa baguette magique non pas pour se défendre, mais pour attaquer ... et même pour tuer.", mais les apparences pourraient aussi être trompeuses, de nombreuses révélations attendent Harry et ses amis Hermione et Ron au cours de cette troisième année à Poudlard.
Si la noirceur commençait à pointer doucement mais sûrement son nez dans cette saga littéraire, elle prend ici une toute autre dimension, à la fois avec le personnage mystérieux de Sirius Black, le seul sorcier ayant réussi à ce jour à s'enfuir de la forteresse d'Azkaban, mais aussi avec la présence de Lord Voldemort qui se renforce chaque fois un peu plus ainsi que des terribles gardiens d'Azkaban, les Détraqueurs, qui font un sacré effet à Harry : "Les Détraqueurs comptent parmi les plus répugnantes créatures qu'on puisse trouver à la surface de la terre. Ils infestent les lieux les plus sombres, les plus immondes, ils jouissent de la pourriture et du désespoir, ils vident de toute paix, de tout espoir, de tout bonheur, l'air qui les entoure. Même les Moldus sentent leur présence, bien qu'ils ne puissent pas les voir. Quand on s'approche trop près d'un Détraqueur, toute sensation de plaisir, tout souvenir heureux disparaissent. Si on lui en donne le temps, le Détraqueur se nourrit des autres jusqu'à les réduire à quelque chose qui lui ressemble - des êtres maléfiques, dépourvus d'âme.".
Il m'a fallu longtemps pour réussir à visualiser ce qu'étaient exactement les Détraqueurs, et pour tout dire, je n'aimerai pas croiser leur route, mais ils jouent aussi le rôle de mettre, pour la première fois dans la série, Harry en danger.
Fort heureusement, il y a aussi quelques passages assez drôles, notamment grâce aux cours de divination du professeur Trelawney, chargée de leur apprendre à lire les feuilles de thé et dans une boule de cristal : "Les conséquences de nos actions sont toujours si complexes, si diverses, que prévoir l'avenir est une entreprise difficile.", et qui promet à chaque fois à Harry une mort certaine et proche.
Face à ce professeur, la rationnelle Hermione n'y croit pas une seconde et finira par jeter l'éponge sur ce cours, une première pour ce personnage aussi attaché aux études et aux livres.
Dans ce tome, Harry, Ron et Hermione vont connaître leur première dispute, ils commencent à grandir et leurs sentiments changent aussi.
C'est en quelque sorte le début de la maturité, avec Harry qui commence à regarder et à voir les filles, mais c'est aussi un tome dans lequel Harry va grandir un peu plus vite que les autres tout en étant hanté par son passé et par le meurtre de ses parents.
Ce tome marque aussi l'arrivée d'un nouveau personnage que j'apprécie tout particulièrement : Remus Lupin.
J'aime énormément ce professeur, le meilleur de Défense contre les forces du mal selon les élèves de Poudlard, déjà parce qu'il ressent beaucoup d'empathie pour les autres mais aussi pour le lourd fardeau qu'il porte.
Avec Sirius Black, ce sont deux personnages importants et complexes qui débarquent dans la vie de Harry, ce sont aussi les deux seuls amis restants en vie de James Potter.
Une nouvelle fois, l'intrigue se déroule sur tout le récit, c'est là l'une des plus grandes réussites de J. K. Rowling : avoir réussi à créer une oeuvre aussi riche et à l'exposer avec autant de parcimonie et de justesse.
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban" est sans doute mon tome préféré de cette série pour tous les personnages que l'on y côtoie et les trames narratives qui s'y dessinent, une nouvelle fois le plaisir de la relecture fut intacte.
lundi 16 janvier 2017
Harry Potter et la chambre des secrets de J. K. Rowling
Harry Potter fait une rentrée fracassante en voiture volante à l'école des sorciers. Cette deuxième année ne s'annonce pas de tout repos... surtout depuis qu'une étrange malédiction s'est abattue sur les élèves. Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry et ses amis Ron et Hermione trouveront-ils le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets ? (Folio Junior)
Après une première année à Poudlard, l'école de sorcellerie, Harry Potter n'a qu'une hâte : quitter son oncle, sa tante et son affreux cousin, moldus de leur état, pour y retourner.
Mais voilà qu'une étrange créature nommée Dobby, un elfe de maison, a décidé du contraire et fait tout pour convaincre Harry de rester là où il est et de ne pas retourner à Poudlard : "Mais maintenant, à Poudlard, des choses terribles se préparent, peut-être même qu'elles se produisent en cet instant, et Dobby ne peut pas laisser Harry Potter demeurer ici, à présent que l'histoire est sur le point de se répéter, à présent que la Chambre des Secrets a été ouverte une nouvelle fois.".
Dobby insiste, Dobby n'hésite pas à recourir à des stratagèmes pour faire accuser Harry d'utilisation abusive de la magie afin que ce dernier soit renvoyé de Poudlard, car Dobby garde encore le souvenir cuisant de la période de toute puissance de Lord Voldemort et veut à tout prix sauvegarder Harry Potter, celui qui a réduit Voldemort à pas grand chose : "Dobby se souvient comment c'était quand Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était au sommet de sa puissance ! Nous, les elfes de maison étions traités comme de la vermine, Monsieur !".
Fort heureusement, Harry parvient à déjouer les pièges tendus par Dobby et avec son ami Ron ils font une arrivée plus que fracassante à Poudlard.
Mais il est vrai que cette nouvelle année ne sera pas de tout repos, car il se murmure que la Chambre des Secrets a été ré-ouverte et que l'horreur qu'elle contient circule de nouveau librement et commence à s'en prendre aux élèves issus de famille de moldus.
Mais."A Poudlard, une aide sera toujours apportée à ceux qui la demandent.", et Harry le découvrira bien assez tôt.
Continuant sur ma lancée j'ai commencé ce deuxième tome de Harry Potter tout de suite après le premier afin de rester dans l'ambiance et avec les personnages.
Si une certaine noirceur commençait à poindre le bout de son nez dans le premier, ici elle prend une nouvelle forme et son ombre règne durant une bonne partie de l'intrigue.
Evidemment, l'auteur s'adressant encore à un public jeune il n'y a pas de mort, juste l'évocation de la mort d'une élève il y a plusieurs dizaines d'années de cela, à l'époque où la Chambre des Secrets a été ouverte pour la première fois.
Mais nul ne sait, ou ne veut dire, ce que contient cette Chambre des Secrets, toutefois même les araignées fuient Poudlard pour se réfugier dans la forêt interdite, c'est dire si ce que cette Chambre contient doit être horrible.
C'est aussi l'occasion d'en apprendre plus sur un ancien élève de l'école, un certain Tom Jedusor, avec qui Harry partage beaucoup de points communs : comme lui il était orphelin, il vivait dans un orphelinat en dehors de l'école et sa seule joie dans la vie était de venir à Poudlard, c'est aussi lui qui a permis d'arrêter les agressions et qui a contribué à fermer la Chambre des Secrets.
Mais qui est vraiment Tom Jedusor ? Pourquoi personne jusqu'à présent n'en avait jamais parlé ?
L'auteur a su créer une intrigue qui continuera de se dérouler dans les prochains tomes et qui prend sa source ici, sans doute plus que dans le premier tome.
Outre le fait de retrouver Harry, Ron et Hermione, j'ai apprécié de découvrir un peu plus d'autres élèves de Poudlard ainsi que le mystère qui couve pendant une bonne partie de l'intrigue.
Il n'y a pas à dire, J. K. Rowling maîtrise son sujet et ses personnages, c'est bien écrit, il y a du suspens, il n'est donc pas étonnant que cette série littéraire ait eu autant de succès, succès qui ne se dément pas et continue encore.
Décidément, et au risque de me répéter, voilà une série que j'apprécie plus à chaque fois que je la relis car je la découvre à chaque fois avec un nouveau regard.
"Harry Potter et la chambre des secrets" est un très bon deuxième tome à cette série littéraire qu'il n'est plus nécessaire de présenter, le plaisir de la relecture restant intact.
dimanche 15 janvier 2017
La tortue rouge de Michael Dubok de Wit
Un homme, une tortue, une plage *chabadabada chabadabada*
Une rencontre, le destin, la vie *chabadabada chabadabada*
C'est tout cela que raconte ce dessin animé, sans la chanson de Pierre Barouh.
Et sans dialogue, pas un, juste un cri, et puis c'est tout.
Les mots sont d'ailleurs inutiles face à tant de poésie.
Mais qui dit absence de dialogue dit musique soignée, et ici c'est clairement le cas : les silences sont respectés, la musique met en évidence les bruits de la nature comme le vent ou la mer, et parfois elle surgit à des moments inattendus, mais cela sonne toujours juste.
"La tortue rouge", c'est aussi une collaboration historique, ce dessin animé a en effet été cosigné par les studios Ghibli, une première pour eux qui jusque-là n'avaient jamais travaillé pour qui que ce soit d'autres qu'eux-mêmes.
Michael Dubok de Wit a pris son temps pour créer son dessin animé, il y a travaillé de 2006 à 2013, mais le résultat est là : cette histoire, au demeurant toute simple puisqu'elle raconte les grandes étapes de la vie d'un être humain, est tout simplement magnifique.
L'animation est un savant mélange de traditionnel, avec des dessins à la main, et de modernité, avec le recours au crayon numérique pour d'autres aspects du film.
Difficile de dire ce qui a été fait avec quoi, mais j'ai particulièrement apprécié les reconstitutions de la nature, toute cette île créée ainsi que la mer qui l'entoure.
Mais le passage le plus magnifique, et sans doute le plus sombre, est l'épisode du tsunami, peut-être parce que je me demandais ce qui allait se produire et que je n'ai compris qu'au dernier moment, à l'image des personnages; ou alors peut-être parce que cela détruit tout ce qui avait été construit jusque-là, une nouvelle vie qu'il faudra rebâtir.
Beaucoup de poésie dans cette oeuvre à la fois courte et intense : le cycle de la vie, un homme perdu échoué sur une île quelque peu hostile qui cherche à la fuir, mais dont le radeau est inexorablement détruit par quelque chose, une magnifique tortue rouge qui finira par s'échouer sur la plage et se transformer en compagne, puis viendra un enfant, puis cet enfant grandira et à son tour voudra partir pour découvrir ce qu'il y a ailleurs, puis la vieillesse et enfin la mort.
Certes, il n'y a pas de dialogue, mais les personnages communiquent entre eux par les regards, par des dessins, comme cette très belle scène sur la plage où chacun des parents explique à leur enfant d'où ils viennent et comment ils sont arrivés là.
La nature également joue un rôle important dans l'histoire, pendant longtemps elle sera hostile à l'homme puis il finira par s'en accommoder et faire avec.
Non seulement l'animation est réussie au niveau des personnages mais aussi de l'environnement.
Il n'est pas étonnant que ce film, pardon dessin animé, ait été primé à Cannes dans la catégorie Un certain regard, c'est un véritable petit bijou qui se regarde avec beaucoup de plaisir et d'émotion, à n'importe quel âge.
Si vous n'avez pas eu l'occasion de voir "La tortue rouge" lors de sa sortie dans les salles obscures, je vous invite à vous rattraper avec le DVD de ce dessin animé, l'un des plus beaux et des plus poétiques de l'année 2016.
Merci Claire et Wildside pour ce DVD !
samedi 14 janvier 2017
Manchester by the sea de Kenneth Lonergan
Après le décès soudain de son frère Joe (Kyle Chandler), Lee (Casey Affleck) est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick (Lucas Hedges). Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi (Michelle Williams) et de la communauté où il est né et a grandi. (AlloCiné)
Il est des réalisateurs, comme Kenneth Lonergan, que l'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam, et qui un beau jour sortent un film au titre passe-partout avec en tête d'affiche un acteur talentueux mais plutôt discret (pour ne pas dire rare) à l'écran, et alors là c'est la surprise, la révélation, le choc.
Oh bien sûr, vous avez déjà entendu ces mots pour parler de ce film, vous vous dites que trop de compliments tue le compliment, voire même vous passe l'envie de le voir.
Oui mais là non, ce n'est pas le cas, tous les éloges pour ce film sont justifiés et il serait vraiment regrettable de passer à côté de ce si beau drame.
D'une simple histoire familiale, au décès de son frère Joe Lee vient s'occuper de son neveu Patrick dont il est désigné comme tuteur, Kenneth Lonergan va sublimer l'ensemble et les personnages pour livrer une histoire émouvante, qui touche au plus profond de soi.
Il faut dire que Kenneth Lonergan est dramaturge et scénariste à l'origine, les codes du drame il connaît donc, et il est ami avec Matt Damon, producteur du film et envisagé pendant un temps dans le rôle de Lee, lui-même ami avec la famille Affleck.
Aucune surprise donc de retrouver au casting Casey Affleck, dans l'un des plus beaux rôles de sa carrière.
Le film a un rythme lent mais maîtrisé, la mise en scène est non seulement harmonieuse mais elle est aussi calculée au millimètre près, il n'y a aucune fausse note, aucun dérapage, tout est sous contrôle pour le plus grand plaisir des yeux.
Il n'y a pas de pathos ni un côté larmoyant, ce qui aurait pu très vite arriver avec un film de ce genre, il y a au contraire beaucoup d'empathie.
C'est en tout cas ce que j'ai ressenti à l'égard du personnage de Lee, cet homme démoli intérieurement à la suite du drame qu'il a vécu à Manchester avec sa femme Randi de qui il est aujourd'hui séparé, incapable de se reconstruire et de vivre, tout simplement.
Il est condamné à vivre à perpétuité avec ce drame, tout comme Randi qui pourtant a choisi un autre chemin mais reste marquée à jamais par ce passé qui les unit.
Mais Patrick également a appris à vivre avec le spectre de la mort, son père souffrant d'un problème cardiaque qui devait inexorablement entraîner sa mort, ce qui s'est effectivement passé après quelques années.
Tout cela, le spectateur le découvre par le biais de flash-back savamment orchestrés.
Outre l'histoire, les personnages et la mise en scène, "Manchester by the sea" brille par un casting de choix sans pour autant être du quatre étoiles.
On ne va pas se voiler la face, elle a bien grandi Michelle Williams, et à chaque fois que je l'ai vue dans un film j'ai apprécié son jeu d'actrice.
Ici, pour ne pas déroger à d'habitude, elle est tout simplement juste et illumine tragiquement l'histoire et les personnages.
De la série "Demain à la une" au cinéma il n'y avait qu'un pas qu'a franchi Kyle Chandler, acteur qui j'ai eu l'occasion de voir dans un autre grand film de 2016 (i.e. "Carol"), outre celui-ci.
Quant à Casey Affleck, j'avais eu l'occasion de le découvrir dans l'excellent "Gone Baby Gone" signé par son frère Ben, il est tout simplement fabuleux dans ce rôle d'un homme physiquement présent mais mentalement figé dans le drame qui s'est déroulé il y a plusieurs années, à tel point qu'il ne réagit plus vraiment à rien, y compris lorsque son ex-femme lui avoue, en pleurs, l'aimer encore, sans doute l'une des scènes les plus émouvantes de ce film qui en contient pourtant un certain nombre.
Il a un côté je-m'en-foutiste, alors qu'il n'en est rien, qui va parfaitement avec le personnage de Lee, son jeu semble totalement naturel, voire même inné, et si ce n'est pas peu dire qu'il a un regard magnifique il a également une présence à l'écran.
Casey Affleck dégage quelque chose, c'est sûr, et cela ne m'étonnerait pas que ce rôle lui permette de remporter quelques prix, cela serait en tout cas pleinement justifié.
Malgré les dialogues et les flash-back, il y a aussi quelques silences magnifiques, qui permettent de faire passer l'émotion.
Ainsi, Patrick finit par comprendre la raison des réactions de son frère et son impossibilité à s'occuper de lui, non pas parce qu'il ne l'aime pas ou quoi que ce soit d'autre, tout simplement parce qu'il n'est plus possible à Lee de revenir vivre à Manchester, comme si de rien n'était, car le passé est toujours présent, tout le temps, partout où il va, et cela est trop dur pour lui.
D'ailleurs, le jeune acteur, Lucas Hedges, incarnant Patrick est juste dans son interprétation, son personnage offrant d'ailleurs les quelques piques d'humour échangées avec son oncle.
Il y a peu de musique mais elle est toujours admirablement utilisée, elle est assez simple et cadre bien avec les paysages, l'histoire et les émotions qu'elle véhicule.
Il n'y a bien que le cinéma Américain, ou presque, capable de faire un drame aussi magistral.
Quelle claque cinématographique !
J'ai commencé l'année 2016 au cinéma en beauté avec "Carol" de Todd Haynes, je l'ai clôturée avec tout autant de brio avec ce "Manchester by the sea".
"Manchester by the sea" est un superbe film dramatique, l'un des plus beaux films de 2016 qui touche l'âme et le cœur et dont il serait fort dommage de se priver.
lundi 9 janvier 2017
Ballerina d'Eric Summer et Eric Warin
Félicie (Camille Cotin) habite un orphelinat en Bretagne et n'a qu'une passion : la danse.
Avec son meilleur ami Victor (Malik Bentalha), dont le rêve est de devenir un grand inventeur, ils ambitionnent de s'enfuir pour aller à la Paris, la Ville Lumière afin que Victor puisse assouvir son rêve, la Tour Eiffel étant en construction, et Camille le sien : intégrer le prestigieux Opéra de Paris afin d'y devenir danseuse étoile.
Mais l'arrivée à Paris est semée d'embûches, Victor, séparé de Félicie, est embauché sur le chantier de la Statue de la Liberté, tandis que Félicie est recueillie par Odette (Magali Barney), femme de ménage à l'Opéra de Paris mais dont le passé pourrait être tout autre qui finit par s'attacher à la fillette et l'aide à réaliser son rêve, d'autant que face à Félicie il y a la redoutable et riche Camille (Kaycie Chase).
J'ai eu envie de voir ce dessin animé dès la bande annonce, la première chose m'ayant tapé dans l’œil étant la qualité du graphisme.
Et bien je n'ai absolument pas été déçue, ce dessin animé est très beau, parfaitement bien réalisé avec un important travail pour reconstituer le Paris de 1879 ainsi que l'Opéra de Paris.
Visuellement, il est tout simplement merveilleux, les décors sont magnifiques, qu'il s'agisse de la Bretagne de Félicie et Victor ou du Paris de 1879 avec une Tour Eiffel balbutiante.
L'intérieur de l'Opéra de Paris est saisissant pour qui connaît ce lieu.
Les chorégraphies sont également soignées, orchestrées par Aurélie Dupont et Jérémie Bélingard.
Bon, maintenant on ne va pas se mentir, pour des raisons d'esthétisme certaines figures sont tout simplement impossibles à faire, mais ce n'est pas très grave, l'important étant que l'ensemble soit harmonisé.
Tant que je suis à sourciller sur quelques détails, j'ai aussi trouvé quelque peu anachronique le short de Félicie comme habit, et puis certains personnages s'expriment en langage d'aujourd'hui.
Ceci étant dit, cela n'enlève rien à la qualité de ce dessin animé qui brille par son travail sur la mise en scène et la reconstitution du Paris historique.
Outre un travail soigné sur le graphisme, les personnages présentés sont également très attachants, à l'image de Félicie avec ses yeux verts pétillants, sa grande natte rousse et son visage parsemé de tâches de rousseur; ou encore Victor, son si gentil et meilleur ami qui éprouve de tendres sentiments pour elle; ou encore Odette, cette femme de ménage affublée d'un boitement qui cache son prestigieux passé et se décide à prendre sous son aile la jeune Félicie et la former pour devenir une danseuse accomplie, une danseuse étoile.
Une Odette qui se retrouvera bien seule lorsque Félicie sera arrachée de Paris pour être ramenée temporairement dans l’orphelinat de Bretagne.
D'ailleurs, je crois bien que c'est le personnage d'Odette qui m'a le plus touchée dans ce dessin animé, par le prisme de sa relation avec Félicie mais aussi celle plus subtile avec le maître de danse, avec celui de Félicie, cette petite fille qui a un rêve, qui y croit, qui va se brûler les ailes et finalement comprendre que pour réussir à toucher son étoile il faut travailler dur.
Voilà ce que j'ai aussi aimé dans ce dessin animé, la belle morale qu'il y a derrière : nos rêves sont accessibles mais pour y parvenir il faut travailler dur car rien n'est jamais acquis.
Qui dit danse laisserait à penser que c'est un truc de filles et bien non, ce dessin animé s'adresse à tout le monde par son scénario riche en personnages, en aventures, en poursuites, avec évidemment une méchante très méchante.
Bon, c'est un peu manichéen mais qu'importe, on a de toute façon des étoiles plein les yeux en regardant ce dessin animé, ce qui relègue au second voire au troisième plan les quelques chipotages que j'ai pu faire.
Pour ne rien gâcher, il y a aussi de l'humour, ce qui confère à ce dessin animé une grande classe et l'empêche de sombrer dans les travers de ce genre cinématographique.
"Ballerina" est un film d'animation qui ravira petits et grands, un divertissement idéal pour ce début d'année si vous ne l'avez pas encore vu.
dimanche 8 janvier 2017
Wonder Woman L'Odyssée Tome 2 de Joe Michael Straczynski, Phil Hester et Don Kramer
Qui a changé le passé de Diana et des Amazones ? Quel effet cela a-t-il eu sur ses plus grands ennemis comme ses plus proches alliés ? Wonder Woman est-elle prête à affronter les Dieux et modifier le cours de l'histoire ? Les réponses s'enchaînent dans un final cataclysmique qui oppose Diana à... elle-même ! (Urban Comics)
Autant le premier tome de cette nouvelle version de Wonder Woman m'avait séduite, autant celui-ci m'a quelque peu égarée.
Il faut dire que dans le premier tome, la ligne narrative était claire, ici il y a beaucoup de rebondissements, de changements de situations, de personnages qui apparaissent, bref, Wonder Woman va connaître plus d'une réalité et plus d'une vie antérieure.
Mais "Les souvenirs ne disent jamais la vérité.", et Wonder Woman va se retrouver à devoir faire le tri entre le vrai et le faux, particulièrement avec les Dieux de l'Olympe pour qui, ainsi que pour elle-même, elle va devoir affronter la redoutable Némésis : "Némésis ne règne pas sur l'Olympe, Diana; elle règne sur terre. C'est la déesse des morts injustes, des assassinés, des victimes de guerre. Leur souffrance, leur chagrin, et ceux de leurs êtres aimées coulent dans ses veines. Leur vengeance anime son épée. Le monde des hommes, livré aux tueries en masse durant tant de siècles, a fait déborder ses coffres de pouvoir. Sa force est incalculable, mon enfant. Elle tire sa puissance du puits des atrocités humaines, et ce puits est sans fond.".
C'est clairement un parcours initiatique pour Wonder Wiman, mais si ce n'était pas gênant de ne pas trop connaître la genèse du personnage dans le premier opus, ici cela pourrait être un frein.
Ou alors, comme dans mon cas, j'ai quelque peu décroché à l'ensemble car trop de changements, trop de personnages, une histoire qui part dans beaucoup de sens et m'a perdue, un peu comme Wonder Woman, jusqu'à la fin où elle finit par retomber sur ses pieds.
Notez qu'il ne faut sans doute pas faire comme moi et lire les deux volumes à la suite l'un de l'autre, je ne l'ai pas fait et je regrette un peu car cela a sans doute contribué à mon décrochage.
Du côté du graphisme, si le premier tome m'avait beaucoup séduite, notamment du côté des tenues de Wonder Woman, ici j'ai trouvé le personnage moins beau à l'image (rien que la couverture déjà), il y a moins de vie et de mouvement dans les planches, d'un autre côté Wonder Woman est en mauvaise posture, ceci explique peut-être cela.
La palette de couleurs est par contre très développée, c'est tout à fait le type de comics que j'aime lire, il faut dire que je débute à peu de choses près dans cet univers mais je compte bien continuer à le découvrir.
"L'Odyssée" est un récit initiatique de Wonder Woman qui saura séduire les aficionados de ce personnage de comics tout comme les novices à qui ce double volume pourra donner envie de découvrir d'autres aventures de la belle et formidable Wonder Woman.
samedi 7 janvier 2017
Fais de beaux rêves (Fai Bei Sogni) de Marco Bellochio
Massimo, un jeune garçon de neuf ans, perd sa mère dans des circonstances mystérieuses. Quelques jours après, son père le conduit auprès d’un prêtre qui lui explique qu’elle est désormais au Paradis. Massimo refuse d’accepter cette disparition brutale. Année 1990. Massimo est devenu un journaliste accompli, mais son passé le hante. Alors qu’il doit vendre l’appartement de ses parents, les blessures de son enfance tournent à l’obsession… (AlloCiné)
Massimo (Valerio Mastandrea) a neuf ans lorsque sa mère (Barbara Ronchi) meurt tragiquement dans des circonstances gardées secrètes par son père (Guido Caprino).
Adulte, Massimo est devenu journaliste mais reste hanté par son passé, la disparition de sa mère et cela influe dans ses relations avec les femmes.
Jusqu'au jour où il doit vendre l'appartement familial et où son chemin croise celui d'Elisa (Bérénice Bejo), une médecin qui va dans un premier temps l'aider à surmonter une crise d'angoisse.
Marco Bellochio ne m'est pas totalement inconnu, j'ai vu il y a quelques années son très réussi "Vincere", un film qui m'avait marquée sur une facette plutôt méconnue de Mussolini.
Ce film, adapté du récit autobiographique "Fais de beaux rêves, mon enfant" de Massimo Gramellini, traite cette fois-ci du deuil et des répercussions que celui-ci peut avoir sur sa vie d'adulte lorsqu'il est vécu en étant jeune et entouré de mystère.
Ce thème est extrêmement bien traité dans le film, l'acteur incarnant Massimo réussissant de façon saisissante à donner vie à l'écran à un homme torturé, qui ne sourit ou ne rit jamais, qui traîne cette blessure de son enfance dans sa vie d'adulte et qui l'handicape dans ses relations amoureuses.
Le réalisateur a également introduit un parallèle intéressant avec le film "Belphégor" avec Juliette Greco, un film que Massimo enfant regardait avec sa mère et qui terrorisait cette dernière.
Le personnage de Belphégor jouera un rôle important pendant une bonne partie de la vie de Massimo : c'est un souvenir d'une époque tendre et heureuse avec sa mère, c'est aussi lui qui l'aidera à vivre son deuil en étant enfant, Belphégor étant la seule personne que Massimo écoutera, c'est encore ce même personnage qui lui déclenchera une crise d'angoisse qui lui permettra de rencontrer Elisa, une médecin qui réussira à briser l'armure de Massimo et l'entraînera de nouveau vers la vie.
La mise en scène du film est impeccable, il y a de très belles scènes dans l'appartement familial de Turin.
A ce propos, le film a été entièrement filmé à Turin et le réalisateur a dû faire appel à des technologies modernes pour incruster en arrière-plan des bâtiments aujourd'hui disparus, comme le stade de football sur lequel donne le balcon de l'appartement.
Le film est bâti sur trois niveaux narratifs temporels.
Le premier, consacré à l'enfance, m'a particulièrement émue, il faut dire qu'il renferme sans doute les moments les plus forts du film, avec cette si belle relation entre une mère et son fils.
Il abrite également la présence d'Emmanuelle Devos dans un rôle secondaire.
Le second présente présente brièvement son adolescence, tandis que le troisième aborde de façon plus approfondie sa vie en tant que quadragénaire.
J'ai assez aimé sa relation avec Elisa, mais j'ai néanmoins trouvé que le film s’essoufflait quelque peu en son milieu avant de connaître une nouvelle fraîcheur, sans doute est-ce l'idylle naissante entre les deux personnages qui entraîne une chute de rythme.
L'autre atout indéniable de ce film, c'est sa musique particulièrement léchée, avec une merveilleuse scène d'ouverture sur "Twist Night" de David Richard Mindel, résumant à elle seule la relation liant Massimo à sa mère, mais aussi de très belles chansons Italiennes comme "Resta Cu'Mme" et des standards Américains des années 90.
Ne vous laissez par contre pas abuser par l'affiche, Bérénice Bejo n'a pas un rôle majeur et l'actrice incarnant la mère aurait mérité d'y figurer, mais j'imagine que cela a été fait ainsi pour rendre le film plus vendeur en France, pays où il a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2016.
"Fais de beaux rêves" de Marco Bellochio est un film à la fois classique et émouvant, malheureusement passé quelque peu inaperçu dans les sorties cinématographiques de la fin d'année 2016 mais qui mérite que l'on en parle.
dimanche 1 janvier 2017
Retour sur les lectures de décembre 2016
J'ai fini l'année glorieusement, c'est le cas de le dire.
Oh je ne parle pas en terme de lectures, il suffit de regarder plus bas pour comprendre qu'il y a eu quelque chose.
Et ce quelque chose s'appelle "Shirley", une lecture très exigeante qui met beaucoup de temps à démarrer et que j'ai dû laisser de côté une première fois avant de la reprendre et de la finir.
Et ça a grandement occupé mon mois de décembre.
Mais je trouve glorieux d'avoir fini ce roman (oui, c'est la période où j'ai décidé de m'auto-jeter des fleurs).
D'ailleurs, "Shirley" c'est ma seule sortie de PAL pour ce mois de décembre 2016.
Même ça j'en suis hyper fière, vu que le mois dernier le nombre de livres sortis de la PAL s'élevait à zéro.
Et comme je me trouve méga géniale, j'ai emprunté Wonder Woman histoire de voir ce qu'elle avait dans le short et dans le décolleté et constater qu'elle ne m'arrivait même pas à la cheville.
Normal, Wonder Woman elle est en fait tellement au-dessus de moi, donc de mes chevilles ... (mais Wonder Woman elle n'écrit pas de retour sur ses lectures du mois passé. D'ailleurs, elle lit Wonder Woman ?).
Comme ma vie manquait de magie je suis repartie faire un tour à Poudlard.
C'est formidable, je n'en décolle plus (sauf sur un balais), je me demande même si je vais réussir à rouvrir un autre livre.
En attendant j'ai fini l'année avec le prisonnier d'Azkaban (il était fun au réveillon !) et j'ai commencé la nouvelle avec lui également.
A ce propos :
BONNE ANNEE 2017 !
PAL
"Shirley" de Charlotte Brontë
Emprunté à la bibliothèque
"Wonder Woman L'Odyssée Tome 1" de Joe Michael Straczynski, Phil Hester et Don Kramer
"Wonder Woman L'Odyssée Tome 2" de Joe Michael Straczynski, Phil Hester et Don Kramer
Divers
"Harry Potter à l'école des sorciers" de J. K. Rowling
"Harry Potter et la chambre des secrets" de J. K. Rowling
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