dimanche 5 avril 2015

La mort préfère Ava de Maïté Bernard


Ava se rend cette fois sur Guernesey, où elle doit participer à sa première assemblée de consolateurs. Elle espère obtenir enfin des réponses aux questions qui la tracassent. A commencer par celle-ci : comment peut-on avoir une vie sentimentale quand on cache un si déroutant secret? Un sujet qu'il va devenir urgent de creuser car Marco, son ancien amoureux adepte des pizzas en forme de cœur, semble de nouveau s'intéresser à elle. Sans compter qu'Ava loge chez un garçon si beau qu'il est presque impossible de le regarder et de l'écouter en même temps... (Syros Jeunesse)

Pour ce troisième tome des aventures d'Ava, jeune fille voyant les fantômes depuis l'âge de trois ans et futur consolateur des îles Anglo-Normandes, la Règle numéro 3 de l'art du consolateur aurait dû lui mettre la puce à l'oreille : "Vous ne pouvez pas voler. Vous ne pouvez pas traverser les murs. Vous ne pouvez pas vous télétransporter. Ce sont les fantômes qui peuvent faire tout ça. Vous n'avez aucun super pouvoir, vous n'êtes pas un super héros, vous êtes juste un humain.", car c'est sans doute la première fois de l'aventure qu'Ava va se révéler autant humaine, comparée bien entendu aux fantômes qui croisent régulièrement sa route.
D'ailleurs, Ava aurait aussi dû réfléchir un peu plus à la Règle numéro 11 de l'art du consolateur : "Ne pas rendre sa vie plus compliquée qu'elle ne l'est déjà en ayant une vie amoureuse instable.", car cet été lui réserve de sacrées surprises d'un point de vue sentimental : entre la rencontre sur le ferry avec Marco, son ex, et le sublime Alistair, fils de l'ami de son oncle qui les héberge à Guernesey, Ava va batifoler et papillonner cet été, en plus d'assister à sa première assemblée de consolateurs.

C'est avec un certain plaisir que j'attendais de retrouver Ava pour lire la suite de ses aventures, car comme elle le dit elle-même : "Revenir dans les îles Anglo-Normandes était chaque fois synonyme de liberté et de travail.".
Ava est un personnage attachant, jeune fille d'une quinzaine d'années elle doit à la fois gérer ses premiers émois amoureux et sa découverte de son rôle de futur consolateur des îles Anglo-Normandes.
En attendant, elle profite du temps passé là-bas pour en apprendre le plus possible de Cecilia, son mentor.
Si j'avais hâte de retrouver la jeune fille, j'ai tout de même éprouvé un peu moins de plaisir que précédemment à la lecture de ce tome.
L'unique raison à cela est simple : j'étais bien plus intéressée par les histoires de fantômes, l'étrange relation entre Ava et le terrible fantôme Harald le Viking, l'assemblée de consolateurs et d'en apprendre plus sur cette étrange fonction et les personnes l'exerçant, que par les amourettes d'Ava qui sont certes distrayantes mais auraient dû être au second plan de l'histoire.
C'est de son âge et c'est bien normal que cet aspect de l'adolescence soit abordé, pour ma part en tant qu'adulte j'espérais des détails croustillants, mais plus sur les fantômes que les amours d'Ava (donc non, je ne ferai pas partie de la catégorie de personnes ayant misé sur l'un ou l'autre de ses soupirants).
Or, ce n'est pas le cas, mais hormis cela la lecture de cette série est toujours aussi plaisante.
Après les moins de ce roman, passons à ses points positifs : le lecteur en apprend beaucoup plus sur le personnage de Cecilia, la relation entre celle-ci et Ava se renforce et prend une nouvelle dimension, le décors change pour Guernesey, de nouveaux fantômes font leur apparition, et la fonction de consolateurs est présentée plus en détail, avec bien évidemment une intrigue qui non seulement se déroule sur toute la durée de l'histoire mais qui se continue dans le tome suivant.
D'ailleurs, la fin m'a laissée frustrée et je me suis empressée d'aller chercher le quatrième tome en bibliothèque pour lire la suite sans plus attendre.
La véritable découverte de ce troisième tome, c'est le personnage de Cecilia, je remercie l'auteur de lui avoir donné l’importance qu'elle méritait et surtout d'avoir su mettre en avant la vérité sur cette dame âgée somme toute discrète et qui se contentait de conseiller d'Ava jusqu'à présent.
Cecilia se révèle être un consolateur d'importance, qui a marqué son époque en réformant et en modernisant la fonction de consolateur, en y apportant aussi un nouvel éclairage : "Elle disait que faire des études apprend à réfléchir, et que face à un fantôme qui ne veut pas ou n'arrive pas à partir, l'empathie ne suffit pas, c'est l'argumentation qui débloque les situations.".
Il y a de très grosses révélations sur ce personnage, j'ai trouvé l'auteur astucieuse car elle a su mêler l'Histoire avec un grand H à la petite, tout en continuant à donner du souffle à son histoire, notamment en la transposant sur une nouvelle île afin de ne pas lasser le lecteur.
Outre l'histoire bien bâtie et l'humour pince-sans-rire typiquement Anglais qui la ponctue, l'auteur sait se renouveler et rendre attachant tous ses personnages.
Et puis pour changer, les chapitres présentent une règle de l'art du consolateur en rapport avec le contenu, idée maligne puisque ainsi le lecteur a la sensation d'être quasiment à la place d'Ava et de découvrir avec elle le manuel de l'art du consolateur.
Elle a une idée bien précise de ce qu'elle veut faire de son héroïne, les descriptions des paysages sont très visuelles et parlantes, j'aime beaucoup l'ambiance qui se dégage de ce récit, bref, malgré un bémol je reste sous le charme de cette très bonne série littéraire à destination de la jeunesse (ou pas).

Si comme le dit le titre "La mort préfère Ava" cela tombe mal, car en tant que lectrice je souhaite surtout que la mort ne préfère pas l'attachante Ava dont je me suis empressée de découvrir la suite des aventures dans le quatrième et avant-dernier tome de la série.

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