lundi 29 juin 2015

L'étreinte du mal de Chelsea Cain


Gretchen Lowell continue à tuer, même derrière les barreaux. Placée sous haute surveillance, sans la moindre marge de manœuvre, elle trouve pourtant le moyen de mener la danse en mettant au point un redoutable scénario. Son but ? Que revienne à elle sa dernière victime, la seule qui ait trouvé grâce à ses yeux et à qui elle ait laissé la vie sauve : l'inspecteur Archie Sheridan. Et lorsque la nouvelle de l'évasion de Gretchen se répand, Archie n'a qu'une envie : retrouver celle qui n'a jamais cessé de le hanter. Parce qu'il sait qu'elle peut frapper à chaque instant, mais surtout parce qu'il ne peut résister au désir qui le tenaille de la rejoindre et de s'abandonner, une dernière fois, à l'étreinte du mal… (Pockett)

Autant j'avais aimé le premier volet de cette série, autant je me suis quelque peu ennuyée avec celui-ci, entre temps le soufflé est retombé et les personnages ont perdu une bonne partie de leurs attraits.
Avant de plus développer mon propos, je vous rappelle que Gretchen Lowell est une femme aussi belle que dangereuse, elle a à son actif le meurtre de beaucoup de personnes et a été surnommée "L'Artiste" car la dame ne trouve rien de mieux que de prélever des organes et graver un cœur sur la poitrine de ses victimes.
A ce jour une seule personne lui a survécu : l'inspecteur Archie Sheridan, et parce qu'elle l'a bien voulu.
Depuis, cette "charmante" personne est en prison, et l'inspecteur Sheridan est complètement détraqué dans sa tête, impossible de reprendre le cours de sa vie d'antan : "Pour l'essentiel, il faisait semblant. Semblant de vivre, de respirer, de travailler. Il faisait semblant de croire qu'il allait guérir.", tant il est obsédé par Gretchen.
Malgré l'interdiction pour sa santé physique et mentale de continuer à voir Gretchen en prison (c'est le deal qu'il a passé avec elle : il vient lui rendre visite en l'échange d'une de ses victimes à chaque fois), il ne rêve que d'elle, ne fantasme que sur elle, et bonne nouvelle (ou pas) pour lui : Gretchen s'est fait la malle !
Archie va-t-il retrouver sa Gretchen chérie et succomber à l'étreinte du mal ? Ou bien la capturer de nouveau ?

Je vous rassure, l'intrigue ne tourne pas qu'autour de l'évasion de Gretchen, d'ailleurs c'est ce qui m'a un peu agacée : il faut attendre plus de cent pages pour qu'elle apparaisse enfin, autant vous dire que j'ai trouvé ça plutôt long pour une intrigue qui est normalement centrée sur la relation qu'elle entretien avec Archie Sheridan.
Pour nous occuper pendant ce temps, Chelsea Cain sème quelques cadavres sur le chemin du lecteur, enfin dans un parc plus précisément.
Et balance quelques autres personnages récurrents comme Henry, le collègue et ami d'Archie, et la journaliste Susan qui est passée d'une teinte rose à bleue pour ses cheveux.
C'est bien joli tout ça maus ça n'apporte pas grand chose, les meurtres finissent comme par magie à être liés les uns aux autres ainsi qu'à l'enquête journalistique menée par Susan, et surtout au premier meurtre de Gretchen Lowell.
Je ne vous parle même pas de la fin qui est bâclée en deux temps trois mouvements, ça manque d'inspiration et de création originale tout ça.
Parce que comme d'habitude Susan se met dans de sales draps, ainsi qu'Archie, comme d'habitude Henry leur sauve la mise mais ne se décide jamais à tuer Gretchen quand il en a la possibilité, et l'ex-femme d'Archie tient toujours le rôle de potiche qui essaye de revivre avec son ex mais sans y réussir parce qu'il a Gretchen Lowell dans la peau, dans tous les sens du terme.
Quant à l'explication apportée par l'auteur sur la nature de la relation qu'entretiennent Gretchen et Archie, c'est d'une simplicité et d'une banalité, je n'y vois plus rien d'original tant je m'y attendais en lisant ce roman.
Et si Archie a développé un syndrome de Stockholm vis-à-vis de Gretchen, ce n'est pas très bien exploité ni mis en avant pour servir le récit.
En somme, j'ai désormais la réponse à la question que je m'étais posée lors de ma lecture du premier volet : non, Hannibal Lecter n'a pas trouvé son double féminin, d'ailleurs n'est pas Hannibal Lecter qui veut et Chelsea Cain est très loin d'avoir le talent et la plume de Thomas Harris pour développer des personnages aussi complexes et bâtir une intrigue autour d'eux.

"L'étreinte du mal" de Chelsea Cain est donc une belle déception, je ne sais même pas si je lirai le troisième tome tant j'ai été déçue par celui-ci, ça manque de style, de profondeur de caractère et d'intrigue, bref c'est de la série B littéraire policier/thriller bas de gamme.

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