lundi 20 octobre 2014

Blond cendré d'Eric Paradisi


Alba et Maurizio se rencontrent à Rome pendant la guerre. Elle transmet les messages de la Résistance, il est coiffeur dans le ghetto. Déporté à Auschwitz, Maurizio survit en devenant le barbier de sa baraque, sans jamais renoncer au souvenir d'Alba, à la délicatesse de son visage dessiné sur du papier volé. Ce portrait, comme sa souffrance, Maurizio l'a confié à sa petite-fille. Des années plus tard, au cours d'une interminable nuit, elle raconte à l'homme qu'elle aime cette histoire qui est son héritage. Mais à mesure que la nuit avance, le drame resurgit… (JC Lattès)

Ce roman se présente comme un chant à deux voix : celui d'une femme adressant à son amant des mots d'amour et celui de cette même femme racontant, toujours à son amant, l'histoire de son grand-père Maurizio.
Maurizio a connu Alba à Rome, durant la Seconde Guerre Mondiale.
Lui est Juif et habite le ghetto, elle est dans la résistance et transmet des messages.
Maurizio aime cette femme à la chevelure blond cendré si particulière, elle l'aime aussi son coiffeur, mais c'est la guerre, Maurizio est arrêté, déporté à Auschwitz et ne doit sa survie qu'en étant devenu le barbier de sa baraque.
Inutile d'en dire plus car la vie de Maurizio a connu de nombreux drames qu'il a réussi à surmonter à chaque fois, l'amour ayant toujours été le plus fort, y compris de la mort : "Tu sais qu'un sentiment plus fort que moi t'oblige désormais à vivre. C'est peut-être ça l'amour, quelque chose qui t'oblige à vivre."; et celle de sa petite-fille n'est pas plus exempte de drame car au fur et à mesure de la narration s'en est un autre qui prend corps et finit par tout emporter sur son passage.
Cette narratrice a, comme le dit la chanson, reçu l'amour en héritage, c'est en tout cas ce qui ressort des propos qu'elle tient à l'homme qu'elle aime et avec qui elle partage sa vision de l'amour : "Je le sais à présent, mon amour, que l'amour est le coma de tout être vivant.", mais également de la mort.
Vie et mort se côtoient effectivement beaucoup tout au long de cette histoire, l'une n'étant finalement pas dissociable de l'autre, il faut apprendre à faire avec et à continuer de vivre, c'est en tout cas ce que je retiens principalement de ce roman.
Je n'ai jamais caché aimé en littérature la période de la Seconde Guerre Mondiale, c'est même ce qui m'a poussée vers ce livre.
Ici, j'ai pu y découvrir la guerre vécue de l'intérieure de l'Italie, avec les ghettos Juifs mais également les mouvements de résistance qui luttaient contre le régime fasciste.
Mais cela n'est qu'une partie de ce roman, l'autre se déroulant à Auschwitz et enfin en Amérique du Sud.
J'ai trouvé le parcours de Maurizio beau et dur, c'est un homme marqué par le destin qui aurait pu sombrer et ne jamais reprendre goût à la vie, il va finalement y arriver, s'investir dans quelque chose qui lui tient à cœur : la coiffure pour dames, avec pour seul guide la couleur blond cendré si particulière des cheveux d'Alba, sa petite-fille ayant au passage hérité de la même teinte de cheveux.
Je suis plus partagée sur la narration de la petite-fille que j'ai trouvée plus brouillon, pendant longtemps je me suis interrogée sur le pourquoi de ses propos, pourquoi tenait-elle autant à rassurer l'homme qu'elle aime en lui disant à quel point il compte pour elle, qu'il est le seul et l'unique et sera le dernier.
La réponse vient tardivement et je n'ai pas apprécié de marcher à l'aveugle dans ma lecture car je sentais bien qu'une clé de l'histoire me manquait pour en saisir toute la nuance.
Un peu de mystère soit, autant cela donne un récit brouillon qui perd un peu le lecteur voire même pourrait le décourager.
J'aurais aussi aimé y lire bien avant que cela ne soit évoqué les points communs entre le grand-père Maurizio et sa petite-fille.
Au final j'ai suivi le devenir des personnages mais sans jamais réellement m'attacher à eux et vibrer avec eux, ce qui me fait dire qu'il manque à mon sens un petit quelque chose à ce récit.
Quant au style d'Eric Paradisi, j'ai assez aimé, c'est à la fois simple mais évocateur, ça se lit facilement même si je ne suis pas sûre de garder un souvenir ému de cette lecture d'ici quelques mois.

"Blond cendré" d'Eric Paradisi est un roman agréable de cette rentrée littéraire qui a le mérite de ne pas tomber dans le drame comme cela aurait pu être le cas avec l'histoire traitée mais est au contraire tourné vers la vie et vers l'amour.
Je ne suis pas sûre d'en garder un souvenir éternel mais il a éveillé ma curiosité pour lire d'autres livres de cet auteur.

Je remercie Babelio et les Editions J C Lattès pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération Masse Critique

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