mardi 2 juillet 2013

La nuit éternelle de Guillermo del Toro et Chuck Hogan


Une nuit sans fin s’est abattue sur la Terre depuis l’apocalypse nucléaire déclenchée par le Maître. Les vampires, qui ont proliféré à un rythme vertigineux, ont réduit les humains à l’état de bétail, car, à leurs yeux, seul leur sang a encore de la valeur. 
Un groupe de survivants résiste encore. Mais Ephraïm Goodweather, leur leader, n’est plus que l’ombre de lui-même : il ne s’est jamais remis de l’enlèvement de son fils et de la liaison entre sa petite amie, Nora, et son allié, Fet. Profitant de son désespoir, le Maître lui propose d’épargner son fils en échange de l’Occido Lumen. Dans ce très ancien manuscrit, préservé au prix du sacrifice du professeur Setrakian, se trouve la clé pour détruire le Maître. 
Ephraïm fera-t-il passer la vie de son fils avant le salut de l’humanité ? (Presses de la Cité)

Suite et fin de la trilogie vampirique de Guillermo del Toro et Chuck Hogan, série qui se sera illustrée par des moments forts et d'autres plus en-dessous.
A l'issue de ma lecture, trois livres étaient sans doute trop pour traiter cette histoire qui aurait pu tenir en deux volumes.

Ce dernier tome s'illustre par un virage radical vers la dimension mystique des vampires, bien que celui-ci ait été légèrement ébauché dans le deuxième volume.
Après un démarrage laborieux auquel je reproche le côté rabâchage des deux premiers opus, les auteurs ont choisi de donner une grande part mystique aux vampires qui trouvent leurs origines dans la religion et sont liés quasi-directement à Dieu.
Sans être révolutionnaire car déjà abordé dans la littérature fantastique dédiée aux vampires, c'est déroutant pour le lecteur.
Pour ma part je ne m'attendais pas à une telle direction et j'ai eu un temps d'adaptation.
Je regrette que ceci ne soit intervenu que dans cette conclusion, tout comme certains thèmes traités qui ne sont qu'effleurés alors qu'ils mériteraient d'être approfondis (les camps de détention des humains par exemple).
Le Maître est fidèle à lui-même : "Chaque fois que je te regarderai, pour le reste de l'éternité, je verrai une reddition représentative de la faiblesse de ta race d'animaux civilisés." et a, pour l'instant remporté la manche, sauf qu'il cherche à acquérir l'Occido Lumen, seul manuscrit qui donne la façon de le détruire.
Plus présent dans ce volume, notamment par des dialogues, je trouve qu'il a perdu de son prestige et de la crainte qu'il pouvait inspirer.
C'est d'ailleurs un reproche global que je fais à cette trilogie, autant le premier tome faisait peur autant les deux autres ne m'ont plus procuré de frissons.
Les vampires avec leur dard sont devenus banals, les quelques scènes de violence ne sont pas aussi angoissantes et même la relation entre le Maître et Zack n'est pas aussi dérangeante et malsaine qu'elle devrait l'être.
Certains personnages ont franchement perdu de leur panache, à l'image d'Ephraïm que j'ai trouvé lamentable d'un bout à l'autre, avec le charisme d'une moule accrochée à son rocher, tandis qu'un Setrakian manque cruellement à l'histoire.
Ceux qui, à mes yeux, s'en sortent le mieux sont Nora et Fet, ils restent fidèles à eux-mêmes et à leurs convictions, ils sont la bouée à laquelle le lecteur peut se raccrocher sans avoir l'impression d'un troisième volume complètement déconnecté des deux autres.
Que dire de l'Enfanté, à part que l'idée était bonne mais pas assez développée à mon goût, un chapitre n'était pas suffisant pour faire le tour de ce personnage complexe et qui sera amené à jouer un rôle clé dans le dénouement.
J'ai vraiment eu la sensation au cours de ma lecture que les auteurs avaient de nouvelles idées mais manquaient de temps pour les explorer, alors ils les écrivaient, les survolaient, et passaient à une autre et ainsi pendant tout ce volume.
Il reste que malgré les reproches que je fais à ce roman, l'histoire devient captivante, une fois passé le début laborieux et répétitif, les événements s'enchaînent rapidement, sans doute un peu trop, et j'avais envie de connaître la fin.
J'espérais une fin un peu différente, en tout cas une qui ne finit pas dans la guimauve de bons sentiments avec des phrases telles que : "Quand on regarde en arrière et qu'on fait le bilan de sa vie, on se rend compte que l'amour a été la réponse à tout.", c'est un thriller fantastique avec un côté apocalyptique, pas une simple aventure romanesque.
Il reste New York, ville omniprésente dans l'histoire, et que j'ai pris plaisir à redécouvrir dans une vision apocalyptique : zoo de Central Park à l'abandon, Belvedere Castle en QG de Zack, les Cloisters celui du Maître lorsqu'il s'abrite des deux heures quotidiens de pseudo soleil, Harlem, les grandes avenues désertes, Macy's le plus grand magasin du monde à l'abandon, les buildings vides de toute personne.

"La nuit éternelle" clôt cette trilogie de Guillermo del Toro et de Chuck Hogan mais me laisse un peu sur ma faim/fin, dans les deux sens du terme, et je dois bien avouer que ce dernier opus tout comme son prédécesseur n'ont pas eu l'attrait de la nouveauté et des frissons au cours de la lecture que m'a procurés le premier volume et qui reste pour moi le meilleur et le plus surprenant des trois.

Livre lu dans le cadre du challenge New York en littérature 2013

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