vendredi 28 décembre 2012

Citizen Kane d'Orson Welles




A la mort du milliardaire Charles Foster Kane, un grand magnat de la presse, Thompson, un reporter, enquête sur sa vie. Les contacts qu'il prend avec ses proches lui font découvrir un personnage gigantesque, mégalomane, égoïste et solitaire. (AlloCiné)


Mais qui était donc Charles Foster Kane et que signifie sa dernière parole "Rosebud" alors qu’il meurt dans son manoir de Xanadu ?
Voilà un mystère que tente de résoudre un reporter en enquêtant sur la vie de ce riche magnat de la presse.


Construit comme un puzzle, ce premier film d’Orson Welles a, en son temps, révolutionné le cinéma sur bien des aspects.


Tout d’abord, il y a une narration omniprésente qui ne cesse de s’évertuer du début à la fin de percer le mystère de Kane.
Le reporter va, pour se forger une idée, interroger un certain nombre de personnes ayant côtoyé Kane, le problème, c’est que chaque personne a une vision différente de qui était Kane.
Génial homme d’affaires, il se révèle médiocre dans sa vie quotidienne, homme à la limite du détestable pour les femmes qui ont partagé sa vie.


Le scénario construit méthodiquement un puzzle dont le spectateur a, il faut bien l’avouer, beaucoup de mal à assembler, jusqu’à la scène finale qui permet de tout dénouer.
Ce film est donc construit intégralement sur les flashbacks or, à l’époque, cela était contraire aux traditions cinématographiques.
Première révolution, la deuxième intervenant également dans la forme du flashback, une même histoire est racontée du point de vue de deux personnes différentes, autant de pièces pour brouiller le reporter, et le spectateur.
Ensuite, le recours systématique à une longue profondeur de champ casse aussi les codes du cinéma de l’époque.


Enfin, Orson Welles se permet d’inverser l’utilisation de la contre-plongée qui certes, illustre des moments d’exaltation, mais en même temps montre un Kane écrasé par la puissance, dans le doute et/ou l’échec.
Et pour finir, le réalisateur a eu recours à des effets spéciaux pour enrichir son film.

Non, je n’ai pas appris par cœur le manuel du parfait réalisateur, mais il se trouve qu’après le visionnage de ce film j’ai été poussée par la curiosité à me renseigner sur le tournage du film étant donné que j’avais été fortement marquée par la mise en scène.


Car si l’histoire est tortueuse, la mise en scène elle est formidable et j’ai trouvé que ce film comportait de très belles scènes merveilleusement filmées et je dois bien reconnaître qu’à l’heure actuelle il est plutôt rare de voir des films avec une mise en scène aussi soignée et innovatrice.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de voir une leçon de cinéma et ce film d’Orson Welles en est une tant elle innove dans la façon de filmer les scènes et de faire circuler l’histoire entre les images à l’écran et le spectateur.
C’est uniquement en noir et blanc mais ça n’a pas pris une seule ride, quant aux acteurs, ne serait-ce que pour le jeu d’Orson Welles ce film mérite d’être vu, les autres acteurs, issus majoritairement du théâtre, étant eux aussi excellents et justes dans leur rôle.


"Citizen Kane" est à n’en pas douter un monument de cinéma que je ne regrette pas d’avoir vu car c’est, à mon humble avis, un film qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour la modernité dont il a fait preuve en son temps.
C’est également un film qui devrait inspirer un certain nombre de réalisateurs actuels qui ont bien besoin de se reprendre une petite leçon de cinéma.

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