mardi 25 décembre 2012

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows


Janvier 1946.Tandis que Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale, Juliet Ashton, jeune écrivain, compte ses admirateurs par milliers. Parmi eux, un certain Dawsey, habitant de l'île de Guernesey, qui évoque au hasard de son courrier l'existence d'un club de lecture au nom étrange : « Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates »… Passionnée par le destin de cette île coupée du monde, Juliet entame une correspondance intime avec les membres de cette communauté. Et découvre les moyens fantaisistes grâce auxquels ces amis bibliophiles ont résisté à l'invasion et à la tragédie. Jusqu'au jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey. Pour Juliet, la page d'un nouveau roman vient de s'ouvrir, peut-être aussi celle d'une nouvelle vie… (10/18)

"J'ai grande envie d'en apprendre davantage sur ce Cercle d'amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates, et pas seulement pour satisfaire ma curiosité malsaine - il est désormais de mon devoir professionnel de fourrer mon nez là-dedans.", voilà une phrase qui illustre relativement bien ce qui m'a poussée à enfin lire ce livre.
Je dis bien "enfin" car depuis le temps que ce livre est devenu un phénomène littéraire grâce au bouche à oreille il était temps que je me penche sérieusement dessus.

Au final, qu'y ai-je découvert ?
Un livre écrit sous forme épistolaire dont l'histoire se passe en 1946, juste au sortir de la Seconde Guerre Mondiale.
Le personnage principale est Juliet, une anglaise trentenaire qui durant toute la guerre a signé une chronique dans un journal sous un nom de plume et qui reçoit un beau jour un courrier d'un habitant de l'île de Guernesey qui est entré en possession d'un de ses anciens livres de Charles Lamb.
S'ensuit alors une correspondance entre Juliet et Dawsey qui très vite lui parle du club de littérature qui a vu le jour à Guernesey durant l'occupation allemande : le cercle d'amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates, alors qu'à l'origine il ne s'agissait que d'un repas clandestin : "Je crois qu'ils s'ennuyaient tellement avec ce couvre-feu et les autres vilaines lois nazies que ce cercle n'était qu'un prétexte pour passer une nuit dehors. Ils ont choisi la lecture comme ils auraient pu choisir autre chose.".
Mais les membres de ce club se sont très vite piqués au plaisir de la littérature et leur club a pris une envergure, après Dawsey ce sont d'autres membres du club qui vont correspondre avec Juliet, jusqu'à la venue de celle-ci sur l'île.

"Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais.", lire des livres moyens vous permet par contre d'apprécier les bons à leur juste valeur.
Ce livre est pour moi catalogué dans la catégorie des livres moyens, c'est mignon et relativement plaisant mais ça ne casse pas non plus quatre pattes à un canard.
L'histoire est gentille, j'ai fini par me prendre au jeu de la correspondance et à vouloir en apprendre plus sur les habitants de Guernesey et sur les membres de ce club littéraire, mais il n'y a rien derrière d'exceptionnel, juste une belle histoire humaine d'amour et d'amitié qui manque toutefois d'un petit je ne sais quoi pour en faire une grande histoire.
Ce livre se lit rapidement et avec une certaine curiosité mais il souffre aussi de quelques défauts, à commencer par un ton uniforme quelque soit le personnage écrivant.
Or, c'est problématique car la plume n'est pas tenue que par Juliet mais également par d'autres personnages mais jamais le style ne change, il reste le même or, chaque personne a un style littéraire différent et toutes n'expriment pas la même chose de la même façon.
Ce livre a pourtant été écrit à quatre mains mais j'ai eu l'impression tout au long de ma lecture que c'était une seule et même personne qui l'avait écrit et qui racontait les évènements.
J'aurai aimé des styles différents, des personnages plus tranchés et plus affirmés dans leur style narratif et pas seulement du point de vue de leur caractère.
Ensuite, les ficelles de l'histoire sont assez grosses et la fin se devine assez facilement, sans doute est-ce dû au quatrième de couverture qui en dévoile un peu trop.
Je dirai qu'il y a deux personnages principaux : Juliet, présente physiquement du début à la fin du roman, et Elizabeth, présente moralement quasiment du début jusqu'à la fin.
Elizabeth est sans doute le personnage qui m'a le plus intriguée et je trouve que par moment ce personnage n'est qu'effleuré, c'est dommage car c'est sans doute celui qui a le plus de relief et le plus apte à construire une histoire autour.
Ils sont tous attachants à leur façon, mais Elizabeth est vraiment le noyau de l'histoire et j'ai eu le sentiment en refermant ce livre que toutes les facettes du personnage n'avaient pas été présentées.
Quant au contexte historique, il est certes intéressant mais pas non plus forcément bien exploité. Les personnages racontent l'occupation de l'île, Juliet les bombardements et la destruction d'une partie de Londres, mais tout cela ne reste que des mots et je n'ai jamais ressenti une réelle émotion poignante à lire ces descriptions, il a toujours subsisté une barrière entre le récit et moi, je le regrette car selon moi l'un des objectif d'un roman est justement de faire tomber les barrières entre le récit et le lecteur.
Il est vrai que les auteurs ont privilégié les ellipses narratives, là il y avait un peu trop de place à l'imagination pour que je puisse ressentir toutes les émotions des mots.
Certaines lettres sont extrêmement bien réussies et poignantes, d'autres un peu moins, par contre j'ai apprécié le point de vue diamétralement opposé d'Adelaide Addison, ceci apporte une petite touche d'humour au récit.

"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" est un livre sympathique à lire qui finit par piquer l'intérêt du lecteur, mais ce n'est pas non plus un grand livre, dans le sens où il n'a pu me toucher qu'en partie et non complètement.
Il suscite sans doute de l'enthousiasme auprès de nombreux lecteurs, auprès de moi c'est un enthousiasme limité.
Je regrette toutefois que Mary Ann Shaffer soit décédée juste avant la publication du livre qu'elle a co-écrit avec sa nièce, sa plume aurait sans doute gagné en maturité au fur et à mesure de ses écrits.
Ce livre est donc un premier roman, cela se ressent à la lecture, mais c'était un galop d'essai tout de même relativement réussi, dommage qu'il ne puisse désormais plus se concrétiser.
J'invite toutefois qui le veut à lire et découvrir ce livre afin de se forger sa propre opinion.

Livre lu dans le cadre du club de lecture Babelio - Décembre 2012

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