lundi 2 septembre 2013

Ces amours-là de Claude Lelouch



Le destin flamboyant d'une femme, Ilva, qui, sa vie durant, a placé ses amours au dessus de tout et se les remémore au rythme d'un orchestre symphonique. Dans cette fresque romanesque, Ilva incarne tous les courages et les contradictions d'une femme libre. Et si ce n'était pas Dieu qui avait créé la femme mais chaque homme qu'elle a aimé ? (AlloCiné)

Avec Claude Lelouch, c’est ou très bon ou très mauvais, le juste milieu existe rarement.
J’avais été emballée par "Roman de gare" qui était un excellent film, je ne parle que par rapport à ses films les plus récents, c’est donc confiante que j’abordais "Ces amours-là".
Grosse, très grosse erreur.


Honnêtement, ce film aurait pu être très bon.
L’histoire d’une femme à travers ses amours et le 20ème siècle était une bonne idée de départ, elle a juste été mal exploitée par Claude Lelouch qui, outre une mise en scène parfois hasardeuse, a commis de grossières erreurs historiques qui ne passent pas.
Quand on veut faire un film historique, la moindre des choses c’est de se renseigner.
Donc non, il n’y avait pas de soldats américains noirs dans la 101ème division aéroportée qui a participé au débarquement en Normandie.
Le pire a sans doute été atteint avec le convoi de déportation, irréaliste quand on sait que les déportés étaient entassés dans des wagons à bestiaux alors qu’ici ils ont de la place pour s’allonger, s’asseoir et bouger ; et le summum avec le camp d’Auschwitz.
Je me suis demandée de quel camp il s’agissait, ça faisait tellement gentil, limite pays des Bisnounours, que je m’interrogeais.
Et là j’apprends que c’est Auschwitz … même Roberto Benigni ne s’est pas permis autant de fantaisie dans "La vie est belle" (à noter qu’il s’agissait d’un conte philosophique, d’une fable).
Tout ça m’a énervée, à tel point que l’envie de couper était tentante, mais je me suis dit que tant qu’à le regarder, autant le faire jusqu’au bout, après on en parlera plus.


Il y a quelques rares pépites au casting : Dominique Pinon, Liane Foly en géniale chanteuse de rue, Judith Magre ; et beaucoup de déceptions : Audrey Dana complètement à côté de son rôle, Raphaël Haroche moins charismatique que lui ce n’est pas possible, Samuel Labarthe pas franchement convaincant en nazi, et Laurent Couson plutôt couçi-couça.
Donc ce n’est pas non plus sur le casting et le jeu des acteurs que le film peut être récupérable, ni sur les dialogues qui font bien souvent grincer des dents par leurs platitudes et leurs lieux communs.


Encore une fois, l’idée première était bonne : ce n’est pas Dieu qui fait la femme mais ses histoires d’amour.
Le principe était intéressant, le contexte historique s’y prêtait bien, mais il ne fallait pas tant de méli-mélo et de mélodrames qui rendent la chose sans queue ni tête avec une histoire romanesque prévisible au final à cent lieues à la ronde.
Claude Lelouch a voulu rendre hommage au cinéma en général et particulièrement à ses films, narcissique me direz-vous ?
Pourquoi pas, sauf que c’est compliqué à la fin, mais compliqué, à tel point que le spectateur en lieu et place de bâillements finit par piquer du nez en se disant que quand le monsieur aura fini il daignera peut-être lancer le générique de fin (ô délivrance !).
Mais la délivrance est longue à venir (à ce stade j’envisageais de ronger le coussin du canapé), car le film se termine sur une séance pour visionner le film (la vie d’Ilva était tellement trépidante qu’elle a inspiré un réalisateur de notre époque. Hasard ou coïncidence ?).
Oui, le film dans le film !
En toute autre circonstance j’aurais certainement crié au génie, sauf que pendant 1h50 tu as rongé ton frein mais, des fois que tu serais endormi(e) ou absenté(e), tu as le droit à une deuxième chance de revoir les grands moments de la vie d’Ilva et là tu frôles l’overdose, celle qui fait que tu bannis Claude Lelouch de tes séances cinématographiques pour les mois ou les années à venir.   


Enfin, qui dit film de Claude Lelouch dit Francis Lai dit musique merveilleuse, sans doute l’un des seuls aspects positifs de ce film.
La musique est magnifique et, au risque de me répéter, Liane Foly campe une chanteuse de rues formidable accompagnée de Zinedine Soualem à l’accordéon.
Je me demande si je n’aurais pas préféré ce film en comédie musicale interprétée par Liane Foly dans le style des années 40.


"Ces amours-là" est à mes yeux un mauvais cru de Claude Lelouch qui retombe dans certains de ses travers qui gâche ses réalisations.
Dommage car Claude Lelouch a incontestablement du talent et il sait mettre de côté certains de ses défauts pour réaliser des films magnifiques, ce ne fut pas le cas pour celui-ci.

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