dimanche 30 septembre 2012

Camille redouble de Noémie Lvovsky



Camille a seize ans lorsqu’elle rencontre Eric. Ils s’aiment passionnément et Camille donne naissance à une fille… 
25 ans plus tard : Eric quitte Camille pour une femme plus jeune. Le soir du 31 décembre, Camille se trouve soudain renvoyée dans son passé. Elle a de nouveau seize ans. Elle retrouve ses parents, ses amies, son adolescence… et Eric. Va-t-elle fuir et tenter de changer leur vie à tous deux ? Va-t-elle l’aimer à nouveau alors qu’elle connaît la fin de leur histoire ? (Allociné)

Replonger dans son adolescence à 40 ans et revivre des moments clés qui conditionneront sa vie d'adulte, tel est le propos du film "Camille redouble".

Si mon avis sur ce film est plutôt enthousiaste, je me suis tout de même posée de sérieuses questions pendant les 10/15 premières minutes.
Je trouve que la mise en scène de Noémie Lvovsky souffre de maladresses, et clairement, le début est construit de façon très maladroite et n'est pas du tout le reflet de la suite du film.
On y voit une femme amère, à 40 ans, qui gagne sa vie en tenant des petits rôles dans des films de série Z, en train de se séparer de son mari et qui ne s'exprime avec lui qu'à travers des cris et les objets qu'elle lui balance au visage.
A ce moment-là, je me demandais où j'étais et quelle allait être la suite tant je n'accrochais pas au film.
Et puis vient cette fameuse nuit du réveillon où Camille retrouve ses amies de lycée (au passage on comprend que cela fait quelques années qu'elle n'a plus de leurs nouvelles) et où elle s'écroule à minuit et se réveille ... à 15 ans, à l'hôpital après une cuite et où ses parents viennent la récupérer.


A partir de là, le film décolle et prend son sens véritable.
Il y a un changement complet de registre, il y a de l'humour, des scènes et des répliques très drôles et surtout, le personnage de Camille a changé du tout au tout.
Aux yeux de tous c'est une adolescente, sauf à ceux du spectateur puisque c'st toujours la même de 40 ans, mais c'est une adolescente un peu particulière, puisqu'elle a gardé son âge adulte dans sa tête et qu'elle sait ce qui va se produire dans sa vie : dans quelques mois la mort de sa mère, sa rencontre avec Eric, leur premier baiser, leur première nuit ensemble, la conception de leur fille ... .
Il est vrai que Noémie Lvovsky aurait pu être rajeunie par le maquillage pour coller à son personnage de 15/16 ans, que des jeux de lumière auraient pu être utilisés, mais le parti pris est une utilisation minimale du maquillage et cela passe très bien, car c'est dans ses gestes et dans ses attitudes que Camille est une adolescente, le physique finalement ne compte pas tant que cela.
A noter que ceci a surtout été utilisé pour le personnage de Camille, ses amies ou son futur compagnon ont eux été rajeunis par le maquillage.


Le film entre alors dans un revival des années lycées et surtout des années 80 : changement de look, de musique, d'ambiance.


Les chansons sont entraînantes, les quatre amies partagent une joie de vivre et une solide amitié qui fait plaisir à voir, mais là où les scènes sont les plus hilarantes c'est lorsque Camille rencontre Eric, son futur mari.
Elle aura beau tout faire, lutter, rien n'y fera, elle ne changera pas sa destinée et retournera avec lui.
Même si elle sait qu'au prochain lampadaire il l'embrassera, qu'une prochaine nuit ils concevront leur fille, que 25 ans plus tard il la quittera pour une femme plus jeune (c'est ce que dit Camille mais cela n'est pas vérifiable).
Camille a beau avoir fait un retour dans son passé, elle ne changera pas le cours de sa vie. Elle pourra juste se rendre compte à quel point ses décisions sont déterminantes, mais que finalement elles aboutissent toutes à la même conclusion.


Même si Noémie Lvovsky est sans concession sur l'adolescence et ne l'auréole pas comme une période bénie de la vie, bien au contraire, cette partie souffre aussi de quelques travers vers la fin.
Ainsi, le personnage de Denis Podalydès prend une place trop importante et surtout inappropriée à mon sens.
Quel besoin avait le personnage de Camille se se rapprocher autant de lui ?
J'en cherche encore la raison.
Et Noémie Lvovsky n'aurait-elle pas pu être plus mordante ou plus ironique dans certains des propos d'une adolescente de 16 ans avec l'esprit d'une quadragénaire ?
Je pense qu'elle aurait pu creuser un peu plus en profondeur l'histoire fantastico-réaliste qui sert de base à son film, mais là, c'est parce que je chipote un peu trop, pour une fois que ce genre est adapté au cinéma en France.

Servi par une belle brochette de comédiens, "Camille redouble" de Noémie Lvovsky est une histoire fantastico-réaliste pleine de fantaisie et de mélancolie, dont les bons moments atténuent quelques maladresses de mise en scène.


Je ne peux pas résister à l'envie de vous laisser écouter quelques chansons du film.





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